19/03/2008
Audacity of Hope
Je ne me sens pas, pour le moment, capable d'avoir des idées suffisamment claires pour parler de l'effroyable demande de Mme Sebire. [Edit à 23h : Mme Sébire a été retrouvée morte, chez elle. Les questions théoriques s'éteignent, au moins pour quelques heures.]
Je ne vois aucun intérêt à commenter le vide, le creux, l'inanité des joutes post-municipales, la nomination de ministricules dont on espère, surtout pour Nadine Morano, que ce sera l'occasion qu'ils ferment leur gueule et arrêtent de sortir des monstruosités.
Je me tamponne le coquillard de la chute des marchés, que j'ai annoncée depuis deux ans au moins, et dont la rationalité économique - c'est-à-dire ce qu'on ne lit que rarement dans la presse, et ne voit jamais à la télé - oblige à dire qu'elle n'est pas finie.
Les émeutes au Tibet ? Rien ne changera, avec ou sans boycott des JO, pardon, de la cérémonie d'ouverture des JO, une menace propre à faire peur aux dirigeants chinois, n'est-ce-pas... Ils doivent en trembler la nuit.
Mais il y a quelque chose qui m'a impressionné, aujourd'hui.
Je n'ai pas envie d'être ironique, anti-américain, si franco-français, quand je lis l'adresse de Barrack Obama à Philadelphie.
Je ne peux qu'espérer que cet espoir-là n'est pas qu'une envolée lyrique, que les moyens lui seront donnés de vivre et s'épanouir.
Lisez-le, en oubliant l'Irak, les multinationales, Monsanto et le reste.
16:25 Publié dans Des mots m'émerveillent , Détours du monde , Polis, -itis : la Cité , Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, philadelphie, obama
02/03/2008
Découvertes musicales (8)
Cela fait quelques temps que je tournais en rond, musicalement.
Et puis, par la grâce de Taratata, et bien que l'émission n'ait plus cette magie de l'époque France 2, deux découvertes. Et une troisième par une simple affiche dans le métro.
Yael Naim. Vous connaissez ce nom, ou au moins la chanson-phare, depuis quelques semaines. Je l'ai entendue pour la première fois il y a plusieurs mois, dans une reprise au piano, époustouflante d'humour et de grâce, de l'insupportable Toxic de Britney Spears. Sur l'album du même nom (le premier qui dit "éponyme", tarte à la crème journalistique au moins aussi agaçante que "concrètement", sort !), une autre version de la même chanson, ou comment changer le plomb en or. La voix est douce, la femme est belle, ou l'inverse. Un album chanté en anglais et en hébreu, magnifique.
Asa. "Fire on the mountain" trace son chemin sur différentes radios. Une voix claire et chaude, un album léger aux influences folk et reggae. Les influences africaines, nigérianes, sont présentes bien que légères, comme une citation - rien à voir avec les scies à la Amadou et Mariam... Des titres en anglais et en yoruba, d'une musicalité tendre et accueillante.
Lizz Wright. Régulièrement, station Champs-Elysées Clémenceau, sur la ligne 13, un panneau affiche les concerts à venir du New Morning ou de la Maroquinerie. Je note les noms des artistes ; de retour à la maison, une rapide recherche sur iTunes et je tente l'écoute. Beaucoup ne me convainquent absolument pas - Renan Luce, Miky Green -, mais la magie opère parfois. C'est le cas avec The Orchard, album bluesy servi par la voix dense et légèrement voilée de Lizz Wright. Parfait le soir, après une longue journée, pour s'abstraire de la violence urbaine.
Et j'ai commandé un iPhone 16Go par une entremise américaine pour pouvoir stocker toutes ces musiques que j'aime (yeah !)...
20:07 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, asa, yael naim, lizz wright
29/02/2008
In-carnet
J'en (encore) perdu un petit carnet Muji.
De ceux qui me suivent partout, sur lesquels je note, ou pas, tout et n'importe quoi.
Et je ne suis pas sûr qu'il sera retrouvé par une hôtesse d'Air France, celui-là (vu que j'ai pris l'avion APRES l'avoir perdu).
Rien de bien grand, ni de très heur(eux). Rien de bien grave.
Mais j'ai l'impression d'une page manquante au milieu du "livre" (livré/délivre/l'ivre, etc.).
*****
Souvenir.
Mes grands-parents m'avaient offert Ivanhoé dans une collection au grammage épais et à la couverture façon début vingtième siècle.
J'avais commencé à le lire.
Chez l'imprimeur, une machine avait dû s'emballer. Quelques pages étaient déchirées.
Je n'ai pas continué.
Je n'ai jamais lu Ivanhoé.
*****
Il a pourtant la possibilité d'un hasard :
mon téléphone dans le carnet.
14:25 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris
12/10/2007
Peut-on encore regarder les Guignols ?
Depuis quelque temps, les Guignols de Canal + ont entrepris une sorte de croisade hystérique contre les expulsions de clandestins.
Et c'est de pire en pire.
Après avoir parodié hier une pub Air France en la concluant par "Faire de la France le pays le plus blanc de la terre", ce qui est profondément insultant pour les Antillais, les Guyannais, les Polynésiens et les Réunionnais, entre autres, ce soir, ils ont osé "faire un sketch" adaptant "La vie est belle" avec Roberto Begnini.
C'est-à-dire : comparer la police française aux exterminateurs nazis.
Peu importe ma position personnelle par rapport à cette politique. Mais il y a des symboles qui font tache, des comparaisons qui me choquent, des attitudes qui quittent le droit de critiquer, le droit légitime de caricaturer.
Les Guignols ont franchi ce soir la limite de la liberté d'expression : ils sont entrés dans le champ du nauséabond, en franchissant le point Godwin.
Comme Gringoire et Je suis partout, Staline et les khmers rouges : amalgames en miroir, où une partie de la population est désignée à la vindicte populaire (les Juifs, les koulaks, les intellectuels ; ici : la police).
Il n'y a aucune différence de fond.
Aucune.
20:15 Publié dans Polis, -itis : la Cité , Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guignols, canal +, police
10/10/2007
"Victoire" des Bleus ?
Euh, j'voudrais pas casser un mythe, mais il me semble bien avant entendu plusieurs fois, lors des reportages, que l'essai qui a permis à la France de devancer les Blacks résultait d'un "en-avant" de Michalak.
Or, un "en-avant", c'est une faute.
Et au rugby, contrairement au football, on ne conteste pas les décisions (ou l'absence de décision) de l'arbitre.
Les Néo-zélandais auraient-ils raison d'en vouloir plus à l'arbitre qu'aux Bleus ?
12:57 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rugby, bleus, blacks, en-avant
01/10/2007
Parfois, se taire...
B.O. de Lost Highway.
Piste 20.
Rammstein, "Hierate Mich".
Elle : "Tu sais que c'est de l'allemand."
Moi : "Oué, comme Tokio Hotel"
Gros moment de solitude. Comparer Tokio Hotel et Rammstein...
C'est bloguable. :-D
18:55 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rammstein, tokio hotel
09/09/2007
Cinéma et musique
1. As time goes by, dans Casablanca
Au-delà de sa réputation de "chef d'oeuvre absolu", il n'y a pas une scène de ce film qui ne m'émeuve, un personnage qui ne me trouble. Le mélange entre les archétypes (les méchants, le traitre, les gentils, l'amant, le mari, la femme, ...), entre les valeurs (l'honneur, le devoir, la corruption, la lâcheté, l'amour, ...) est en constant et magique équilibre.
La chanson est indissolublement liée au film : aucune reprise (Sinatra ou autre) ne sait rendre la magie de ce morceau, à ce moment du film.
Remarquez que, contrairement à ce qui est presque devenu un proverbe, Ingrid Bergman n'a jamais dit "Play it again Sam"...
2. Roxane d'après Sting, dans Moulin Rouge
Depuis ce film, il m'est impossible d'entendre Roxane "comme avant". En fait, je trouve même cette version meilleure que l'originale, toute en tension alors que la première faisait pleurnicharde.
3. Little Star de Stina Nordenstam, dans Romeo + Juliet
Je ne connaissais pas cette artiste, et je suis immédiatement tombé pour sa voix. Quand il m'arrive de la réentendre, le film surgit.
4. (j'ai honte, oula j'ai honte) I've got the power de Snap, dans Bruce Almighty
Daube de dance années 90, dans un film "de consommation courante". Et pourtant, cette scène totalement crétine est jouissive.
(je n'ai trouvé que la version allemande... il y avait russe, aussi :-D. Environ 40-50 secondes pour la chanson.)
5. (erm...) I like to move it move it de Reel 2 Real, dans Madagascar
Sourire banane en voyant ce film, et en cherchant les dizaines de citations d'autres films...
A chaque fois que le ventre de Elle s'agite, j'ai envie de la chanter :-D
(... et je cherche à qui passer le relais : my sis', Alecska, mamzelle roüge, ça vous dit ?)
10:30 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06/09/2007
iPod Touch : la fin du lecteur MP3
Ok, il est beau. Le Classic et le Nano prennent un sacré coup de vieux.
Ok, l'interface tactile est toujours aussi "Wow !".
Ok, la fonctionnalité wifi est sympa (marre de ce câble à la maison).
Mais juste deux remarques qu'il ne me semble pas encore avoir lues.
1. L'iPod Touch et l'iPhone sont conçus sur la même base, avec le même système (une version spéciale de MacOs X, c'est-à-dire un Unix), hors téléphonie pour le premier.
Depuis que l'iPhone est sorti, des dizaines de "hacks" et autres bidouilles ont été trouvés pour rajouter des fonctions ou contourner les limitations posées par Apple. Je ne parle pas du "desimlockage" de la puce AT&T, mais de fonctions additionnelles, purement logicielles.
Il me paraît donc logique de prédire qu'il en sera de même pour l'iPod Touch. Il lui manque une application d'e-mail ? Ca ne devrait pas prendre longtemps avant d'y retrouver celle de l'iPhone...
Messieurs les bidouilleurs, à vos claviers !
Edit du 14.09.2007 : Il n'aura pas fallu attendre longtemps ! Hack the iPod touch
2. L'iPod Touch marque aussi la fin de l'iPod comme évolution du concept de lecteur de musique portable. Et le premier élément du versant mobile de "votre vie numérique", dont le Macintosh (iLife, AppleTV, ...) est l'élément fixe et .mac et iWeb les éléments online.
Exemple : de retour de vacances, je charge les photos de mon APN sur le Mac, les traite, les organise dans iPhoto. Je crée un album, que j'envoie vers l'iPod Touch par synchronisation wifi. Arrivé chez mes amis, il me suffit soit de faire défiler les photos sur l'iPod, soit de brancher un câble vers la télé ou mieux, de le diffuser en wifi sur leur ordinateur ou la télé (équipée d'AppleTV).
Ce qu'Apple est en train de réaliser, à son rythme, c'est la convergence que l'on voit à l'oeuvre dans tous les romans de science-fiction, celle qui s'affranchit de l'outil (ordinateur, téléphone, lecteur multimédia, ...) : toutes les données qui vous importent, dans la paume de votre main, partout, tout le temps.
Et personne ne me semble avoir pris la mesure de ce que cela implique.
13:55 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ipod, touch, iphone, macintosh, apple
03/09/2007
A LIRE : L'aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza
En suivant, avec son accord et au plus près, Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, Yasmina Reza écrit un drôle d'objet littéraire.
Collection, juxtaposition d'instants, de remémorations, de bribes de conversation, la structure du livre épouse celle de la campagne : de "juste avant" l'entrée dans l'arène officielle, à "juste après" le 6 mai. Ce pourrait être un blog, s'il n'y avait cette structuration profonde, rivière souterraine de l'interrogation de l'auteur : saisir l'insaisissable, le mystère du qui ?
Unité de temps : une campagne. Unité de lieu : "à côté de", où que ce soit. Unité d'action : découvrir l'homme qui...etc. Ce qui aurait pris, selon le poncif, un parfum de tragique en cas de défaite n'est pourtant pas une comédie.
Y. Reza est évidemment emportée par le tourbillon épique du jeu politique, et par son sujet. C'est on ne peut plus normal. Et tout à son honneur de s'en rendre compte et de nous en rendre compte. Cette utile distance offre sa respiration à la collection de notules qui tentent de suivre le rythme asphyxiant d'une telle épopée.
Les convaincus y liront l'image du chef, les opposants la dureté du caractère. Les journalistes, surtout Philippe Ridet du Monde, assassiné - par lui-même ! - lors de la remise en main propre de l'ouvrage de Nicolas Sarkozy ("y a-t-il une dédicace ?"), pleurnicheront que, vraiment, elle a refusé leur camp, qu'on ne saurait y lire quoique ce soit d'objectif... Les beaux esprits de la gauche confortable se gausseront de la fascination (qui les trouble tout autant).
Mais peu importent les prurits ré(d)actionnels.
Ce court livre, c'est l'histoire d'un rendez-vous manqué. En gommant "l'accessoire" : dates, lieux, noms, (à quelques exceptions indispensables au sens), il ne reste que deux personnages réels : lui, et elle.
Un auteur en quête de personnage, tandis que le personnage est son propre auteur - mais à la manière d'Emile Ajar.
11:10 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, reza, sarkozy, l'aube le soir ou la nuit
22/08/2007
La dictature de l'émotion
D'où vient que la majorité (62% au dernier sondage) de mes contemporains semble incapable de prendre le nécessaire recul sur l'abjecte réalité qui est la nôtre ?
Dans ce terrible fait divers qu'est l'enlèvement et le viol d'un petit garçon, que nous dit-on en réalité ?
1. Pourquoi un homme dangereux a-t-il été libéré ?
Parce que c'est la loi. Sa peine est arrivée à son terme, il a été placé sous le régime de la surveillance judiciaire, c'est-à-dire d'un suivi après sa peine. N'importe quel criminel, à la fin de sa peine, est libre. Pas, heureusement, les criminels pédophiles, grâce à de récentes lois. Non, il n'a pas été "lâché dans la nature". Il y a des défaillances du système (libération le 6 juillet pour une convocation de surveillance judiciaire le 24 août...), mais pas de vide juridique complet.
2. Comment se fait-il que le Président ne parle que du suivi des agresseurs sexuels après la fin de leur peine ? (Mme Guigou, sur Europe 1, hier matin)
Parce qu'il existe déjà des lois régissant la peine des criminels sexuels pendant leur peine, lois dont Mme Guigou est à l'origine, et qu'on ne va pas refaire ce qui existe déjà (obligation de soins en contrepartie de la réduction de peine normale pour tout autre condamné, ...). Mais ça n'est pas politiquement "utile" de rappeler que cela existe déjà. Politicienne minable.
3. D'où vient que personne ne s'interroge intelligemment sur la notion de "collège médical" pour décider du sort d'un criminel sexuel ?
Si Quand la future loi sera passée, je peux déjà prédire qu'il y aura un jour, le cas d'un criminel pédophile libéré car considéré comme "non dangeureux" par le collège médical, et qui aura récidivé. Je prend les paris, hélas. On dira alors : "C'est la faute aux experts.". Ce qui conduira à l'établissement d'une loi encore plus stricte, encore plus anti-humaniste, de privation de liberté sans condition de soins.
4. Comment se fait-il que la seule réaction à "l'hôpital fermé pour délinquants sexuels" est "le bagne de Cayenne", ce qui, comme tout ce qui est excessif, est totalement crétin et insignifiant ? (cf. le Monde de ce jour)
La question est plus large que cela. Certains pédophiles sont capables de faire le chemin vers le suivi médico-psychiatrique qui peut leur permettre de sortir de leurs pulsions. D'autres non. Doit-on enfermer ces derniers hors de tout système de justice, à vie ? Je pose la question. La pédophilie est une construction déviante de la personne. Pas une maladie biologique ni une prédétermination génétique.
5. Les pédophiles sont-ils des monstres ?
Dire qu'un pédophile est un monstre, c'est nier son humanité. Non, les pédophiles ne sont pas des "monstres". Leurs actes sont immondes, monstrueux, mais eux sont humains : c'est pour cela que l'on peut les juger, les condamner et tenter de les guérir s'ils y sont prêts. Par tant, l'enfermement à vie sans jugement (ce à quoi revient "l'hôpital fermé après la peine") me pose un sérieux problème moral.
6. Un pédophile a-t-il le droit d'être en liberté ?
Se rend-on compte de l'horreur sous-jacente à la seule formulation de cette question ? Une catégorie d'êtres humains pourrait être, sans que ça ne choque personne, interdite du droit humain le plus fondamental, celui d'être libre, parce qu'une partie (une partie seulement) d'entre eux vont récidiver (on ne sait quand, on ne sait où) ?
Il n'y a pas de réponse simple à un problème aussi complexe. Je n'ai pas la solution. Il semble que des ensembles de mesures fonctionnent, cf. cet article (excellent, informatif et non engagé, pour une fois) de Rue89.com (lien trouvé chez Christophe).
Il y aura toujours un "risque pédophile", comme un "risque viol" ou un "risque tueur en série". On peut le limiter, on peut le diminuer.
Mais, hélas, le risque zéro n'existera jamais.
Et il nous faut vivre aussi avec cela, en tant que parents.
11:27 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pedophilie, justice, morale
19/07/2007
Petits riens, en bien, en mal

En bien : on a découvert la meilleure glace du monde :-)
Le premier contact eut lieu un après-midi ensoleillé, au sortir de la première échographie. Une petite boutique-épicerie, des étagères d'eaux minérales (dont des millésimées !), de produits rares et la vitrine tentatrice d'un congélateur... Une marque inconnue (de nous), des parfums peu fréquents ("tiramisu" !!!), on craque.
Ciel ! Oh my God ! Carajo ! Crédiou que c'est bon !
Mais c'est PLUS que bon. C'est fabuleusement bon. Pas gras comme les Häägen Dasz, pas sucré/vanillé comme les glaces françaises, pas "saveur pure" un peu stérile comme les Berthillon : un miracle d'équilibre, de saveurs et de bonheur.
Deuxième contact : on en trouve au Monoprix... et sur Ooshop.
Youpi !!! (surtout après une dure journée)
En mal :
J'ai fait tomber l'ordinateur juste derrière, sur la photo. Pile sur un angle, heureusement sur un tapis, d'environ cinquante centimètres de haut.
Bilan : la coque en titane s'est fendu dans l'angle, le fond est légèrement déformé, le tour de l'écran (en titane aussi) est déformé, l'écran ne ferme plus.
Mais le Powerbook (de 2002) marche encore, tout fonctionne, même l'écran. Apple, c'est du solide...
On a eu de la chance... mais on n'a plus de "portable" (tant que celui de Elle est à Caen) !
Pff...

PS : un message secret pour Jean-Xanax s'est glissé sur la première photo. Sauras-tu le découvrir ? ;-)
18:40 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : movenpick, apple, powerbook, titanium, j2xmmufc
14/07/2007
Mezzo voce
Il y a plusieurs semaines de cela, mon fournisseur d'accès (une ex-blonde) avait fait passer un sondage en ligne sur son offre de chaînes télé. Et notamment sur les absences regrettables.
J'adore le classique.
Et l'on ne peut pas dire, à part sur Arte pendant les festivals, que l'offre actuelle soit généreuse.
Hier, de retour des USA, un mail m'informait de la disponibilité de Mezzo.
Un saut sur le programme : "L'enlèvement au sérail" de Mozart (avec l'extraordinaire acteur Klaus-Maria Brandauer en sultan - le sultan ne chante pas), à partir de 15h55.
Mouais, de toute façon, si je clique sur "Valider", ça va bien prendre 48h minimum pour être activé.
Ah non. "L'activation est immédiate."
15h47 : vous êtes abonné.
15h55 : son télé renvoyé vers la chaîne hi-fi. Ca commence.
Je sens venir de grandes soirées musicales :-)

Spécial Folie Privée : un de tes chiens est un tout petit peu transgenre, non ?
10:00 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : opera, mezzo, classique
02/05/2007
Tout change, rien n'a changé
Deux monstres politiques - au sens le plus laudatif du terme - s'affrontent à nouveau, par le biais de deux immenses comédiens.
Chose étonnante au théâtre, Balmer et Weber servent un texte qui n'a jamais été écrit. Pourtant, quelle dramaturgie !
Si l'on se souvient du "monopole du coeur" en 1974 et de "l'homme du passif" de 1981, il serait ridicule de restreindre ces deux heures à quelques phrases : comme dans un western, la tension monte continûment, jusqu'au paroxysme de la mise à mort.
Hallucinant aussi de constater comme 1981 est la revanche de 1974 : le débat démarre de la même façon, sur le même sujet, comme une conversation trop tôt interrompue. Mais Mitterrand a appris, en sept ans...
Un détail à noter : en 1981, Mitterrand parle du chômage comme d'une maladie mortelle, avec une immense émotion - très bien rendue. Il avait appris quelques semaines auparavant qu'il avait un cancer de la prostate, qui le condamnait à très brêve échéance. Double lecture des phrases...
Immense, une leçon de politique, de rhétorique, d'échecs et de chasse.
A voir absolument !!!
20:32 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, giscard, mitterrand
16/04/2007
Là Caen*
Lundi matin, 5h. A nouveau, Elle se prépare à partir pour Caen. Sac au dos, la musique chargée dans le MacBook, une pile de DVD pour passer les soirées.
J'essaie d'imaginer la différence de rentrer dans un studio meublé plus convenablement, plutôt que dans l'ancienne cellule quasi-monacale d'avant jeudi (un lit, une table, quatre chaises...).
Il manque encore de quoi égayer les murs.
Et des tas de photos.
Nos photos.
Suki da.
(* triple jeu de mots, au moins...)
16:57 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : caen
15/04/2007
A voir : Les contes de Terremer
Dans une terre d'allure moyen-âgeuse, aux villes construites sur les ruines d'époques disparues, les humains découvrent avec crainte et désarroi que sécheresse et maladie surgissent, tandis que la lumière, et avec elle la magie, s'affaiblissent.
Après un acte fou, un jeune garçon s'enfuit, en proie à d'intenses conflits intérieurs. Un magicien parcourt le monde, à la recherche de l'origine du déséquilibre. Ils rencontreront une jeune fille au visage marqué.
Difficile d'en dire plus sans dévoiler les premiers ressorts de l'intrigue.
Réalisé par le fils de Miyazaki, les contes de Terremer est une très belle épopée à plusieurs niveaux : film d'apprentissage, récit gentiment philosophique, réflexion sur la volonté de vivre. Et contrairement aux Disney, pas moralisateur pour deux sous !
Le monde de Goro Miyazaki a cependant une tonalité moins contemplative, plus sombre que celui de son père. On n'y rit moins légèrement, on y voyage d'un pas moins alerte, on y croise des périls extérieurs (marchands d'esclave, revendeurs de drogue, ...). Son écriture, plus "efficace", perd parfois le charme des tours et détours que l'on rencontre dans Porco Rosso ou Chihiro : cela donne une construction plus ramassée, dans laquelle une ou deux pauses "hors sujet" auraient été bienvenues.
Le style graphique du Studio Ghibli est reconnaissable, malgré une qualité de dessin que j'ai trouvée légèrement inférieure à Mononoke ou Chihiro.
Mais une fois encore, la magie opère : on est sorti sourire au ciel, émus et heureux.
Evidemment, et comme toujours, à voir absolument en VO si vous ne voulez pas perdre la magie délicate de la langue japonaise.
(Attention : ne pas y emmener des moins de six-sept ans, deux ou trois scènes sont violentes.)
09:50 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, terremer, miyazaki
31/03/2007
Zhang Yimou goes to Bollywood...
On a vu "La Cité Interdite", très mauvaise traduction du titre anglais "Curse of the Golden Flowers".
J'aime beaucoup le cinéma asiatique. Sa finesse, son esthétique, la beauté des scènes de guerre, une certaine retenue imposée par les conventions sociales couplée à la violence des sentiments : je suis fan. De "Tigre & Dragon" à "Hero" en passant par "Le secret des poignards volants", vraiment j'aime beaucoup.
Mais là, c'est impossible.
Si je comprend que la Chine est à son apogée à l'époque du film, l'indigestion visuelle de couleurs s'ajoute à la multiplication des figurants (certains numériques, d'ailleurs) pour créer une sorte de dégoulinade pastel. On se croirait à Bollywood : il ne reste plus que le pied des lanternes pour être blancs...
Les scènes de combat ? Misérables ! Un duel maladroitement filmé au début, de l'équarrissage en gros à la fin, une musique lourdingue. Si Zhang Yimou a bien appris son "Seigneur des Anneaux", il a oublié que l'intensité des combats tient aussi à la présence de seconds rôles... Ici, la piétaille n'est que de la viande et n'a qu'à peine le droit de pousser son dernier cri.
Les très très méchants ? Grotesques : on dirait Scream...
Alors quoi ? C'est le genre de film dont les critiques mesurent la qualité à l'aune du nombre de costumes et de pots de chrysanthèmes... Et puis, on va être un peu obligés de dire que c'est bien, parce que Yimou, parce que Gong Li (excellente actrice, mais qui s'empâte en vieillissant), parce que Chow Yun Fat (impérial, parfait dans tous les registres !).
Ben en fait non. C'est lourdingue, sans aucune finesse, plein de longueurs.
Mais comment a-t-on pu gâcher un scénario d'une telle ampleur ? Une histoire qui convoque TOUT le registre de la tragédie, de la Grêce antique à Shakespeare, avec un détour par Freud ?
Quel gâchis, mais quel gâchis !
20:05 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cite interdite, yimou, curse golden flowers, cinema
25/03/2007
On a vu La Môme
Marion Cotillard hallucinante.
Mais pourquoi insister autant sur la maladie et la mort de Piaf, pourquoi ces figures de style, ce montage court, ces allers-retours entre les époques ? Vouloir faire intelligent, c'est pénible, à la longue...
Un film typiquement français : ça aurait pu être grandiose, mais les affèteries de style plombent le propos.
Ah, et rater l'histoire d'amour Cerdan-Piaf, c'est impardonnable...
22:11 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la mome, piaf, cinema
26/02/2007
Arrêtez tout et lisez
J'avais dans l'idée de faire une note sur le séjour auvergnat, la cathédrale de l'Ordre secret du culte jambonnidé, toussa.
Et puis j'ai lu ça. (<- cliquer sur "ça")
Alors, à chacun sa priorité, à chaque jour suffit sa peine ou sa dose de sagesse : c'est comme vous voulez.
Mais lisez-le, vous n'aurez pas perdu votre temps.
"À trop parler de la politique des autres, on oublie qu'on devrait d'abord avoir la nôtre, notre propre droiture et capacité d'action. Le courage, l'envie, les gestes simples ne se délèguent pas."
14:17 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : folie privee
15/02/2007
Où et Caen ?
Je crois que la décision est prise. A deux.
Merci aux lecteurs qui ont participé au sondage (40% pour Caen, 20% pour cumuler deux CDD), et un immense merci à ceux qui ont commenté plus bas. Vous, et d'autres (nos parents, mon patron - qui a vécu un peu la même situation entre Paris et Bruxelles -, sa chef, son ancienne maître de stage, les collègues, ...), nous avez permis d'affiner la réflexion, d'écarter de mauvais compromis (Rouen, une chambre de bonne à Caen, ...), de clarifier certains aspects.
Reste à voir les conditions du contrat - le salaire notamment.
Si tout se met en place, la liste des choses à faire :
- trouver un bel appart en centre-ville de Caen, entre le C.H.U. et la gare
- acheter une carte Fréquence pour le trajet Paris-Caen
- meubler, équiper, décorer, rendre le plus confortable possible
- aller à la S.P.A. pour qu'Elle trouve un chat
- acheter un MacBook, souscrire une offre ADSL tout compris
- rappeler à mon patron qu'il est ok pour que je travaille à distance le lundi
- prendre rendez-vous avec les Impôts pour voir ce qui est considéré comme "frais réels", dans un tel cas
et surtout, surtout
- acheter un calendrier pour barrer les jours.
18:44 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07/02/2007
Le "wow" effect selon Microsoft
Le troisième en partant de la gauche, c'est Steve Ballmer, le patron de Microsoft. Tenues strictes, mains croisées, jambes croisées, avachis ou assis, pas souriants. Une cata en terme de communication.
Z'ont l'air emballés par leur produit...
Je n'aurais pas le mauvais esprit de comparer avec l'attitude corporelle de Steve Jobs, le patron d'Apple : debout, vêtu "cool", mobile sur l'estrade, souriant et les bras ouverts. Non, je ne le ferais pas :-)
Petit rappel de (bonnes) techniques commerciales : un bon vendeur ne dit JAMAIS à un client ce qu'il doit penser du produit. Il lui donne tous les arguments/démos/essais pour que le client en arrive, de lui-même, à penser : "Wow !".
Petit rappel de (bonnes) techniques de prise de parole en public : JAMAIS assis. On utilise l'espace pour marquer les temps du discours. Exemple : un côté de la scène pour un exemple, au centre pour le message, l'autre côté pour une digression.
Petit rappel de (bonnes) techniques de communication : la posture EST le message. Quoique vous disiez. Faites l'essai : dites "je t'aime" à votre conjoint, avachi, les bras croisés, les épaules rentrées, légèrement penché en arrière et sans sourire...
"Wow !", ça ne se décrète pas : ça n'est pas un stimulus, c'est une réponse.
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Psychologue, c'est un métier sans débouchés
Le titre est probablement vrai, en général.
Mais pas en particulier. Surtout quand le "particulier", c'est Elle.(*)
Lundi, départ à Caen. Le jour est gris, presque pluvieux. L'hôtel réservé est le plus proche du C.H.U., dans un quartier sans âme où se croisent deux routes, un début de zone d'activités et la voie du tramway. La silhouette de l'hôpital se découpe sur le fond uniformément terne d'une fin d'après-midi en basse-normandie : un peu plus décrépi, on dirait un immeuble de pays de l'Est, période brejnevienne.
La ville "détruite à 80% pendant la guerre" nous dit le chauffeur de taxi, n'est pourtant pas sans charme. Quelques rues aux bâtisses préservées (du 16ème au 19ème siècles), essentiellement commerciales. Les très belles abbayes érigées sous Guillaume le Conquérant (en 1063 - trois ans avant Hastings et le début de l'épopée anglaise, se souviendront les férus d'histoire) émergent incongrues de la forêt de toits modernes. Le petit port au bout du canal de Caen à la mer abrite quelques voiliers, quelques pêcheurs. L'Orne n'est pas loin, bien que peu visible de ce côté-ci de la ville.
On marche, on se promène, à la fois inquiets de la petitesse de l'endroit et surpris du charme qui s'en dégage un 5 février, à l'heure de l'apéro du thé. Dîner dans très mauvaise brasserie, pourtant réputée, le Carlotta. La nourriture est lourde, la serveuse fait la gueule, le chef de rang se croit triple-étoilé : une catastrophe commensale... On s'en fout, on est ensemble, un week-end en semaine n'a pas de prix.
Mardi matin, tôt levés, tôt préparés, Elle est à l'heure, le C.H.U. est à une station de tram. En route. Je l'attend à la cafétéria du lieu. A 10h30, Elle est de retour, s'en veut d'avoir dit ceci, d'avoir oublié de mentionner cela, bref en état normal après un entretien de recrutement (face à quatre personnes : le "patron", un médecin, un psychiatre et la cadre infirmière).
Retour à la gare. Il est environ midi. Téléphone de Bourges, où son C.V. reçu la veille semble avoir fait suffisamment impression pour qu'on la rappelle le lendemain. Arrivée à Paris : un numéro en 02 a tenté de la joindre. Elle rappelle. C'est Caen.
Elle est "retenue en première position parmi toutes les candidatures". Champagne ce soir.
Il y a donc un poste qui l'attend à la fin du mois. A 250km de chez nous.
Etape 1bis : continuer à postuler pour, sait-on jamais, mieux plus près ou aussi bien dans une plus grande ville (Lyon ou Marseille, ça nous irait bien).
Etape 2 : brainstorming préliminaire sur la vie à deux à distance, Paris ? Rouen (à mi-chemin) ? Caen ?, voiture ou train ? qui s'occupe du chat et des cactus ?
Moralités : faites des stages, trouvez la voie qui vous passionne. Préparez-vous aux entretiens en "simulation". Une étape à chaque fois : inutile de s'inquiéter de l'intendance avant d'avoir réussi l'entretien. Une fois l'entretien réussi, ne relâchez pas l'effort.
Les grandes décisions se prennent au calme, une fois la victoire assurée.
C'est notre programme des jours à venir.
(* comment ça, je ne suis pas objectif ?)
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30/01/2007
Lectures récentes
Un vieux juif polonais émigré aux Etats-Unis se souvient de son unique amour... Une jeune fille est prénommé Alma en référence à un livre, offert par son père disparu à sa mère... Un écrivain publie au Chili, dans les années 50, le livre d'une amour absolue, l'histoire de l'amour.
Six destins se croisent et s'entremêlent entre New-York, la Pologne pendant la Guerre, le Chili d'il y a un demi-siècle. Papillonnant du souvenir à l'envie, de la perte à l'espoir, Nicole Krauss écrit la sarabande improbable de parfaits inconnus, sans histoires, pour composer celle, unique, qui donne son titre au livre.
Un roman d'une grande maîtrise littéraire, exigeant, couronné par le prix du meilleur livre étranger 2006.
(lecture en cours) Immense roman au substrat analytique, sur l'inqualifiable (au sens propre) relation entre Marilyn Monroe et Romi Greenson, son dernier psychanalyste.
Extraordinaire et profondément humain.
10:40 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : krauss, schneider, marilyn dernieres seances, histoire de l'amour
24/01/2007
Heureux qui comme Ulysse...
Il aimait la mer et la connaissait.
Il allait où le portait le devoir et l'honneur, là où le guidaient ses valeurs profondément humanistes.
Il était un homme à la parole chaude, légère, au courage intense.
Il donnait l'impression de mettre ses actes en conformité avec son verbe, et réciproquement.
Il était de ceux que l'on avait envie de suivre.
En mer ou en livre.
Ecrivain, homme d'Etat, voyageur, humaniste, engagé dans le siècle : Jean-François Deniau est mort aujourd'hui.
"Et pourtant rien, jamais rien n'est inutile" (Mémoires de sept vies : croire et oser)
15:40 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : deniau
18/01/2007
Coïncidence ?
Hier soir, au JT de France 2 de David Pujadas.
Reportage sur Airbus, filiale d'EADS. Pour la première fois, l'avionneur enregistre une perte (comptable, certes) de 1,7 milliard d'euros !
Le journal continue.
"L'Europe veut lancer un robot sur Mars". Avec reportage sur le robot pas fini et guidé au joystick par un gentil ingénieur. Sur quasiment TOUTES les images du reportage, et en gros plan sur le robot, que voit-on ?
"EADS Astrium".
1. Parler d'un projet européen déjà vieux de plusieurs années simplement pour dire qu'il est "en cours", est-ce une info ?
2. Montrer plusieurs fois, et en gros plan, la marque du fabricant, est-ce un usage journalistique courant ?
3. Par quelle incroyable coïncidence ce reportage sans caractère d'urgence est-il diffusé le jour où EADS annonce des pertes pour sa filiale Airbus ?
Je suis allergique au conspirationnisme en tout genre, mais là, je trouve la coïncidence... intéressante.
Ils ont des spin doctors, chez EADS ?
15:45 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : EADS, Airbus, Astrium, Pujadas, France 2, journalisme
12/01/2007
A LIRE : Kafka sur le rivage (Haruki Murakami)
Fabuleux roman, à déconseiller aux esprits trop cartésiens.
Un jeune garçon de quinze ans décide de fuguer. Il parle souvent au "garçon qui s'appelle Corbeau". Il porte en lui le poids d'une malédiction lancée par son père.
Une classe entière, seize enfants s'évanouissent simultanément lors d'une sortie en forêt, en 1945, puis se réveillent sans aucun souvenir des heures passées.
Un vieux monsieur, simple d'esprit, retrouve des félins perdus. Il parle aux chats qu'il croise et rencontre Johnny Walker (le personnage du whiskhy).
Murakami écrit un roman magnifique. Dans une structure classique - des fils narratifs qui convergent vers l'événement final -, il déploie un style imagé et descriptif, par touches délicates, pour créer un ouvrage d'une finesse, d'une érudition et d'une richesse magiques. Son Japon est habité d'un très léger décentrement par rapport à la réalité : on y fabrique une flûte à partir d'âmes de chats, on y rencontre des soldats déserteurs de 1940 au coeur d'une forêt, il y pleut des maquereaux (les poissons). On pense souvent aux dessins animés de Miyazaki, en moins candide.
Tout cela sans fausse note, sans ficelle visible : ce qui arrive... arrive ; ce qui doit être fait, est fait. Chercher une explication n'a pas beaucoup de sens pratique : mieux vaut agir. Le destin, le fatum, est une force meilleure accompagnatrice qu'adversaire - de toute façon, on ne saurait y échapper. Se l'approprier, c'est en devenir l'acteur, et non plus le jouet.
Là est ce qui nous rend libre.
(Difficile d'en parler sans trop déflorer les nombreux rebondissements, les très belles idées, le foisonnement culturel, la subtilité du roman.)
13:30 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : murakami, kafka sur le rivage
05/01/2007
A LIRE : Les Bienveillantes, J. Littell (2)
Maintenant que le tumulte s'est apaisé, et après quelques semaines de recul personnel sur ce livre troublant, que penser des Bienveillantes ?
J'ai rarement été aussi secoué par un roman. "Secoué" est le terme facile pour dire cette oscillation osbcène entre l'horreur et le burlesque, l'indicible et le grotesque, le démontage de l'effroyable mécanique et le trajet personnel d'un homme qui, ses pulsions mises à part, serait un bon compagnon de conversation.
Ce livre est terrible en cela : la fragmentation en multiples approches d'une représentation de l'horreur nazie. Pour aboutir à la seule conclusion logique : l'absurde.
Documenté jusqu'à l'obsession : la neutralité du corpus historique, par l'accumulation comptable des faits, des décisions, des descriptions du mode de fonctionnement théorique et politique du nazisme exterminateur laisse finalement une alternative : la lecture détachée, comme on lirait un mode d'emploi, ou la lecture humaniste, qui emmène au dégoût. ON PARLE DE MILLIONS D'HOMMES ET DE FEMMES, REELS.
Burlesque comme ces passages où le personnage principal (peut-on en ce cas écrire "le héros" ?) regarde avec ironie les frasques nazies ; comme cette longue discussion pour savoir si, par la nature de leur langue, tel peuple du Caucase est "d'origine juive" ou si sa "judéité" s'est dissoute au fil des siècles ; comme ces conflits d'intérêts entre les exterminateurs de Juifs et ceux qui les forcent à travailler - objectifs contradictoires qui ramène l'infâme à son niveau le plus humain, une bagarre de chefs de service...
Indicible comme l'irreprésentable du massacre des Juifs d'Ukraine, au bord d'un ravin ; comme l'irreprésentable de ce qui SORT du camion à gaz ; comme l'odeur flottant au-dessus de Birkenau.
Grotesque comme un mauvais trip : les pulsions sexuelles du Dr Aue se développent jusqu'à un dénouement des plus ridicules. Là sont pour moi les longueurs du livre - on pourrait d'ailleurs s'arrêter à cent pages de la fin, au moment du départ de Berlin, sans que rien n'en soit changé.
Le Dr Aue est un homme cultivé, sympathique, un peu naïf : il est très difficile de ne pas se lier d'empathie avec lui. C'est peut-être pour cela, hypothèse personnelle, que J. Littell en fait un "monstre intérieur" au regard des tabous les plus primordiaux (inceste, parricide, matricide).
Le Dr Aue se rend compte de l'horreur à laquelle il participe activement, sait que "cela est mal" et fait le choix conscient d'accomplir sa tâche du mieux possible. En cela, il est le pire des bourreaux : ni fou, ni sadique, ni inconscient, mais calme, lucide et raisonné. Aucune rédemption, aucun pardon n'est possible pour un homme qui savait ce qu'il faisait et qui choisit de le faire.
Le lecteur se trouve régulièrement agressé dans les postures confortables de la bien-pensance ambiante. Oui, un bourreau peut être un homme agréable - et le rouge de la honte monte à notre front : comment puis-je oser penser cela ? Oui, après l'horreur d'un massacre, ces gens rentraient dans leur caserne pour écouter une sonate - et le moralisme totalisant (tout blanc, tout noir, pas de gris) en prend un coup. Oui, l'absurde de la guerre rend fou de braves types - les pages sur Stalingrad m'ont rappelé "pigeon, vole !", lugubre jeu des tranchées dans Ceux de 14 de Genevoix. Oui, un directeur de camp de concentration peut avoir deux enfants qu'il aime. Oui, ces enfants peuvent jouer innocemment à quelques mètres des barbelés.
C'est en cela que le roman défie l'entendement. A rebours de notre époque de confort moral étroit, si prompte à catégoriser et condamner, à ranger "les bons" et "les méchants", à purifier les coupables par l'excuse de "la société" et à accuser les victimes au nom "du contexte", Jonathan Littell nous montre que bourreaux et victimes, passants et acteurs, nous sommes tous les mêmes, tous "frères humains".
Ce n'est qu'une question de choix personnel, ce propre de l'homme.
C'est cette humanité en partage qui est intrinsèquement absurde.
[Edit du 05/09/2007 : l'avis de [moi]]
11:05 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bienveillantes, littell
02/01/2007
Note scandaleusement égoïste, qui fera encore dire que vraiment, les blogs, c'est de l'intime étalé en public
Et voilà, année neuve.
La dernière quinzaine a clôturé en beauté une année 2006 riche, dense et intense. Auvergne - Touraine - Gironde. Beaucoup d'amour, de bons moments, de la très bonne chère, du champagne et des vins, de beaux cadeaux. Des feux de cheminée en pagaille.
Et un lapin blanc.
Retour au bureau ; le RER presque vide n'est pas encore hostile.
Retenir de 2006. L'important : amour, mariage, familles, amis, Venise, des rêves vécus. Le nécessaire : quelques succès professionnels, pour les deux, de belles sorties.
Oublier de 2006. Le vent, le creux, l'obscur. Sur les blogs ou pas.
2007 : ma boule de cristal me dit "changements". Elle qui construit sa carrière professionnelle, moi dont le projet sera terminé en fin d'année. Tout est donc ouvert. Et d'autres choses aussi, du ressort du très intime.
136 000 miles sur la carte Air France, Elle qui a enfin un passeport, un sac pour l'appareil photo et ses objectifs : en 2007, on bouge ! Et un voyage de noces à rêver...
Ceci est la 648ème note de ce blog. La première de l'an 2007.
Et pas la dernière.
(Bonne année à tous !)
11:00 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20/12/2006
Deux films à voir
Un peu intoxiqués par les fâcheux de la critique, nous n'étions pas allé voir Cars au cinéma.
C'était un tort.
C'est un film drôle, tendre, qui fourmille d'idées et de clins d'oeil. Les personnages vont au-delà de leur stéréotype (jeune premier arrogant, "jeune première" amoureuse, second rôle âgé, second rôle humoristique, etc.) pour construire un monde où "Carrera" est un tatouage sur le dos d'une Porsche aguicheuse, tandis que le marchand de pneus italien (Fiat 500...) ne jure que par Ferrari.
Pas vraiment de "méchant" dans ce film, juste l'arrogance des arrivistes capables de mauvais tours.
Tout cela fait un film du même (très haut) niveau que Toy Story ou Monstres & Cie.
(Et regardez le générique jusqu'à la fin.. comme d'habitude chez Pixar !)
Est-il bien raisonnable de vouloir louer une chambre dans une maison avec cave en terre, tenue par une stricte vieille dame, pour organiser des répétitions de musique de la Renaissance, à quelques centaines de mètres d'une péniche-casino ?
Les frères Coen se sont visiblement amusés à cette histoire loufoque, subtile et aigre-douce. Du même registre que Fargo ou O'Brother, The Ladykillers virevolte de registre en registre, servi par de très belles lumières et une bande musicale très "Sud" (blues, gospel, ...).
Beaucoup d'humour noir, des situations décalées, des personnages loufoques et attachants, un casting parfait (mention particulière pour Irma P. Hall en vieille dame à principes éducatifs stricts - la gifle - et Tom Hanks en invraisemblable universitaire capable de réciter Edgar Allan Poe à une assemblée de vieilles dames) : excellent !
09:25 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cars, ladykillers, tom hanks, cinema
06/12/2006
Prête-moi ta main
Excellent film !!
J'étais un tantinet inquiet a priori, je redoutais les lourdeurs, les gags téléphonés, les facilités. J'avais tort.
Ce film est un prodige de finesse, de bonnes idées, de gentilles caricatures. Les dialogues sont joliment écrits, les personnages bien campés. Les situations sont parfois surprenantes, dans le sens comique du terme.
Il y flotte un parfum de légèreté enivrante : on en sort avec le sourire.
(mais qu'est-ce qu'on se prend, nous, les hommes...)
13:56 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : prête-moi ta main, chabat, gainsbourg
22/11/2006
A 11h11, j'ai un orgasme*
J'ai toujours aimé les lignes. Mondrian, par exemple. Le design. La pureté des gratte-ciels. La ligne d'horizon, légèrement courbe au milieu de l'Atlantique - du moins c'est le souvenir que j'en garde. Les costumes structurés, très dessinés. Paul Smith, Christian Lacroix, Givenchy.
Peut-être cela vient-il de ce souvenir de personnage râleur passant son temps à parcourir La linea, à enguirlander son créateur, à sauter d'une idée à l'autre comme un retour chariot ?
J'étais plutôt excité à l'idée de revoir ce personnage en DVD. Grosse déception : la qualité de la numérisation est franchement mauvaise. Les "escaliers" cassent la douceur de la ligne, à l'époque mise en valeur par le tube cathodique.(Je n'ai pas de souvenir de La Noiraude. A la première vision, donc, on en retire une jolie impression de poésie, un peu décalée. Hélas encore, la numérisation laisse à désirer, même si c'est moins visible.)
En fait, je ne suis pas sûr que l'on puisse re-vivre ses souvenirs d'enfant. Que ce soit le Manège Enchanté, Barbapapa ou La linea, on se retrouve à savoir qu'on a adoré, mais sans beaucoup d'émotions à la re-vision. Mais là où je suis heureux, c'est que mon petit frère de six ans (fan des deux premiers) va découvrir cela... avec ses yeux d'enfant.
(*le premier qui trouve l'auteur de cette citation gagne une boîte à meuhDesproges, forcément... bravo Elise !)
[disclaimer : avis basé sur le DVD envoyé par une société de buzz]
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