01/09/2008
L'Histoire begaie ?
Titre facile, certes.
Pourtant. Né en 1972, je suis de la génération qui apprenait la guerre froide dans ses livres d'histoire - mais pas encore la fin de la guerre froide. La rhétorique martiale des Soviétiques et des Américains, la chaussure de Krouchtchev à l'ONU, les missiles SS20, les fusées Pershing, la capacité nucléaire "capable de rayer les principales villes soviétiques de la carte", ...
Il est étrange, ce sentiment de déjà-vu, quand Medvedev reconnaît l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, quand un général russe annonce que tout agresseur qui s'en prendrait à la Russie sera "anéanti" - des mots disparus du vocabulaire diplomatique depuis si longtemps !
Sauf qu'entre la guerre en Irak, la guerre en Afghanistan, la crise économique, la campagne électorale et les ouragans, les USA ont d'autres chats à fouetter que s'occuper de la Géorgie. Et que l'Europe à 27 dont trois "non" au Traité européen (version "constitution" ou version "simplifiée") est à peu près aussi audible qu'un canton suisse.
Comme plaisantait Staline : "Le Vatican, combien de divisions ?"
L'Histoire ne bégaie pas : c'est plus triste. Les Russes, les Chinois (pour d'autres raisons) ont une "fenêtre" d'actions sans aucun risque. Quelle que soit la nature de l'action.
Et ils ne vont pas se gêner : ils n'ont rien à craindre.
13:25 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : onu, europe, france, russie, usa, géorgie, politique
19/03/2008
Audacity of Hope
Je ne me sens pas, pour le moment, capable d'avoir des idées suffisamment claires pour parler de l'effroyable demande de Mme Sebire. [Edit à 23h : Mme Sébire a été retrouvée morte, chez elle. Les questions théoriques s'éteignent, au moins pour quelques heures.]
Je ne vois aucun intérêt à commenter le vide, le creux, l'inanité des joutes post-municipales, la nomination de ministricules dont on espère, surtout pour Nadine Morano, que ce sera l'occasion qu'ils ferment leur gueule et arrêtent de sortir des monstruosités.
Je me tamponne le coquillard de la chute des marchés, que j'ai annoncée depuis deux ans au moins, et dont la rationalité économique - c'est-à-dire ce qu'on ne lit que rarement dans la presse, et ne voit jamais à la télé - oblige à dire qu'elle n'est pas finie.
Les émeutes au Tibet ? Rien ne changera, avec ou sans boycott des JO, pardon, de la cérémonie d'ouverture des JO, une menace propre à faire peur aux dirigeants chinois, n'est-ce-pas... Ils doivent en trembler la nuit.
Mais il y a quelque chose qui m'a impressionné, aujourd'hui.
Je n'ai pas envie d'être ironique, anti-américain, si franco-français, quand je lis l'adresse de Barrack Obama à Philadelphie.
Je ne peux qu'espérer que cet espoir-là n'est pas qu'une envolée lyrique, que les moyens lui seront donnés de vivre et s'épanouir.
Lisez-le, en oubliant l'Irak, les multinationales, Monsanto et le reste.
16:25 Publié dans Des mots m'émerveillent, Détours du monde, Polis, -itis : la Cité, Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, philadelphie, obama





