24/06/2006

Emotion superlative

medium_568307435694093749.jpg Pièce extraordinaire : ça faisait longtemps que je n'avais pas eu une telle émotion au théâtre.

Le texte est subtil et magnifique, tout en nuances - bourrins adeptes de Ruquier s'abstenir.
La comédienne est... au-delà des mots, en finesse et émotions.
La mise en scène de Jacques Weber, belle, logique et discrète : elle sert le texte et la comédienne au lieu de s'en servir.

Un moment très (trop) court (à peine une heure...), mais la plus belle pièce de théâtre vue depuis... depuis Dejeuner chez Wittgenstein, tiens (bien que ça n'ait rien à voir).

Dernière semaine cette semaine : courrez-y, si vous trouvez encore des places !

02/09/2004

Une page de pub

Dans les errances capitales, on trouve parfois des lieux perles, magie enserrant la magie. C'est le cas du Lucernaire, dans le VIème.

Théâtre, cinéma, café, rue pavée couverte, foutoir ambiant à la population bigarrée, c'est le genre de lieu subtilement émouvant, sans pathos ni chromos ringardisés.

Et, en ce moment (puis reprise le 17 septembre), "Le joueur d'échecs", d'après la nouvelle de Zweig. Un seul acteur. Quatre personnages. Une mise en scène légère et très contrôlée. Ames faibles, s'abstenir : la force du jeu se transforme en tsunami des émotions, on en ressort vidé, lessivé, essoré, même les néons du boulevard du Montparnasse en perdent leur réalité, comme un film dans lequel on flotterait. J'ai rarement (jamais ?) été aussi emporté par un jeu d'acteur, chahuté au point de vouloir en même temps continuer à ressentir et fuir, fuir, échapper à cette lumière noire paroxystique. Aliénation dans la poétique.

Soyez prudent.

C'est un moment de vie concentrée : à ceux qui ont peur, n'y allez pas. A ceux qui savent se sentir irradiés : voyez et Vivez.

On en est sorti un peu assommés, tous les deux. Dîner royal chez Bébert *elle était facile, celle-là* et retour aux bercails pour une nuit gagnée.