03/09/2007

A LIRE : L'aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza

49394f9ec9901a33a1c35ec250ccdc30.jpgEn suivant, avec son accord et au plus près, Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, Yasmina Reza écrit un drôle d'objet littéraire.

 

Collection, juxtaposition d'instants, de remémorations, de bribes de conversation, la structure du livre épouse celle de la campagne : de "juste avant" l'entrée dans l'arène officielle, à "juste après" le 6 mai. Ce pourrait être un blog, s'il n'y avait cette structuration profonde, rivière souterraine de l'interrogation de l'auteur : saisir l'insaisissable, le mystère du qui ?

Unité de temps : une campagne. Unité de lieu : "à côté de", où que ce soit. Unité d'action : découvrir l'homme qui...etc. Ce qui aurait pris, selon le poncif, un parfum de tragique en cas de défaite n'est pourtant pas une comédie.

 

Y. Reza est évidemment emportée par le tourbillon épique du jeu politique, et par son sujet. C'est on ne peut plus normal. Et tout à son honneur de s'en rendre compte et de nous en rendre compte. Cette utile distance offre sa respiration à la collection de notules qui tentent de suivre le rythme asphyxiant d'une telle épopée.

 

Les convaincus y liront l'image du chef, les opposants la dureté du caractère. Les journalistes, surtout Philippe Ridet du Monde, assassiné - par lui-même ! - lors de la remise en main propre de l'ouvrage de Nicolas Sarkozy ("y a-t-il une dédicace ?"), pleurnicheront que, vraiment, elle a refusé leur camp, qu'on ne saurait y lire quoique ce soit d'objectif... Les beaux esprits de la gauche confortable se gausseront de la fascination (qui les trouble tout autant).

Mais peu importent les prurits ré(d)actionnels. 

 

Ce court livre, c'est l'histoire d'un rendez-vous manqué. En gommant "l'accessoire" : dates, lieux, noms, (à quelques exceptions indispensables au sens), il ne reste que deux personnages réels : lui, et elle.

 

Un auteur en quête de personnage, tandis que le personnage est son propre auteur - mais à la manière d'Emile Ajar.

05/07/2007

Quand le journaliste se fait corbeau...

Affaire Clearstream, le retour.

 

Je n'ai aucune affection particulière pour D. de Villepin, mais le traitement qui lui est infligé rappelle les pires heures de la chasse aux sorcières. Cela dit, il est en tout point conforme à ce que nous subissons depuis le début de l'affaire Clearstream : amalgames, à peu près, manque d'esprit critique, déformation du "possible" en "réel", etc.


La Croix équilibre l'attaque par la défense : "En cause dans l'affaire Clearstream, Villepin dénonce des accusations infondées", ce qui est totalement factuel.
Le Figaro reste proche des faits, grâce au conditionnel : "Clearstream : Villepin aurait donné des instructions à Gergorin" - il aurait fallu ajouter "selon Lahoud", pour être exact.
Libé prend le témoignage indirect pour un fait : "Clearstream: nouvelles notes de Rondot sur Villepin et Chirac", ce qui n'est pas faux, mais pas complètement vrai. Les notes de Rondot ne sont pas sur Villepin mais citent Villepin. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose...
Le Monde - comme d'habitude et malgré le tag de l'article "les faits" - fait fi de la vérité la plus basique dans un titre à la Plenel : "Clearstream : devant les juges, le général Rondot accuse M. de Villepin" (ce qui est absolument faux). Euh non, pas du tout. Rondot a simplement reconnu devant les juges que les notes reconstituées par l'expertise judiciaire de son ordinateur étaient correctes, lesquelles notes rapportaient que Lahoud lui a dit que Gergorin avait dit avoir reçu des instructions de Villepin... et que Gergorin lui a dit que Villepin était très excité par cette affaire. Ca fait beaucoup de on-dits, tout ça.

 

Mais bien sûr, Gergorin est l'archétype de l'honnête homme, incapable de mentir. Tout comme Imad Lahoud, autre parangon de vertu.

 

Les deux l'ont suffisamment prouvé depuis le début de cette affaire, n'est-ce pas.

 

Un autre point, qui a moins été médiatisé : toujours d'après les notes reconstituées de Rondot, Sarkozy était au courant depuis 2004. Pourquoi ne suis-je pas étonné ? :-D (note aux conspirationnistes : et non, le fait qu'il ait été au courant n'en fait pas l'organisateur)

 

Tout cela est d'un ridicule...

11/06/2007

Une certaine idée de la France...

A lire : comment le journaliste suisse du Temps a vécu cette conférence de presse

Sarkozy complètement à l'ouest, la vidéo

On notera la conception du choix selon Sarkozy :
"Qu'est-ce que vous préférez ? Que je réponde aux questions ? Alors... y a-t-il des questions ?"
Un choix à une seule option : je comprend mieux le ralliement de certains. ;-)

Pour info : Michel Dardenne est un ministre belge, connu pour son alcoolisme, et que la télévision belge a interrogé en état d'ébriété avancé - qu'il a reconnu en direct...

[Edit du 13 : ce dont on parle en France, ce n'est pas de l'état du Président, mais du fait qu'un journaliste belge ait osé insinué que NS "n'avait pas bu que de l'eau", alors qu'il paraît qu'il ne boit pas d'alcool. Outre le côté minable de reprocher à un journaliste de diffuser une séquence politique officielle (ok, le commentaire qui l'accompagnait l'était beaucoup moins, officiel...), je trouve cela encore plus inquiétant. Personne ne peut dire que NS est dans son état normal dans cette vidéo, ni dans celle, plus longue, où on le voit traversé de tics bizarres, se rengorger comme pour retenir plusieurs rots, etc. Donc, si l'on convient que NS n'était pas dans son état normal, que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui a pu le mettre dans cet état ???!!!]

15/05/2007

Cultissime !

Ce blog-là, je ne sais pas qui en est l'auteur, mais quelle finesse dans l'analyse, quelle élégance dans l'expression, quelle perfidie dans l'understatement ! Message de l'au-delà ou thuriféraire apocryphe ?

 

Hop, linké d'office.

 

François Mitterrand est de retour

Edit du 15 mai : MAIS QUI EST LE REDACTEUR ? Il semble au courant de tout !!! Journaliste ? Ancien sherpa ? C'est visiblement quelqu'un d'informé, au-delà de la lecture des journaux. RHAAAAAAA ! QUI EST-IL ?

09/05/2007

Le bal des faux-culs (histoire sans fin)

Et alors ?

"Invité par un ami" sur un yacht, le FUTUR président est l'objet de toutes les critiques.

Ah bon ?

Bien sûr, AUCUN dirigeant socialiste n'a JAMAIS été invité par un riche ami dans une villa luxueuse du Lubéron, n'est-ce pas...


Alors oui, c'est une faute politique. Mais de là à en faire une "polémique", il n'y a que les journalistes pour transmuter ainsi l'actualité en bouse.


Au fait.


Rationnellement, le président d'un pays fait partie de l'élite.

L'élite est aussi composée d'artistes, de magnats, de capitaines d'industrie.

C'est le même monde.

Et ça ne me choque pas : De Gaulle est mort depuis longtemps.


Si Mitterrand avait la faveur du lit de certaines artistes, pourquoi attaquer Sarkozy sur quelques jours de vacances ?

06/05/2007

Bienvenue en Sarkoland

Blam blam.

54/46 - comme je l'avais annoncé, l'écart a augmenté APRES le débat...

Bon, on se bourre la gueule, on digère, et on s'inscrit au MD.



La bataille des législatives commence.

Il reste aussi le Conseil Constitutionnel, garant des libertés fondamentales.



PS1 : deuxième baffe en 15 jours pour Le Pen, avec 86% de participation ! Youpi !!!!

PS2 : au fait, où est Cécilia ?

PS3 : mon pronostic d'il y a quelques jours pour le PS (chez Jean Veronis) reste d'actualité : un front Hollande-DSK, avec Chevènement en supplétif, pour faire basculer le PS vers, enfin, une position sociale-démocrate. Perdants : Fabius - il a retourné sa veste une fois de trop le soir du premier tour -, Emmanueli. Et Montebourg en dindon de la farce, comme d'habitude (et il le mérite).

02/05/2007

Royal-Sarkozy (live-blogging)

Stratégie de Royal : faire sortir Sarkozy de ses gonds... et ça marche plus ou moins au bout de 15 minutes de débat ! Problème : ça la rend agressive.
Stratégie de Sarkozy : renvoyer à Royal les positions du PS, pour montrer l'incohérence de celle de la candidate. Ca n'a pas encore marché, à 21h15 minutes. Mais ça le montre calme et posé.

A 21h20 il lui renvoie les 35h dans la fonction hospitalière. Blam.
21h23 : Royal EXPLOSE EN VOL "je demande que les pédophiles ne soient pas relâchés tant qu'un comité d'experts ne garantit pas leur non-nocivité" !!!! Hallucinant !!! Il y a dès aujourd'hui deux types de condamnés : les normaux (assassins, serial killers, cannibales, ...), relâchés à la fin de leur peine, et les pédophiles, qui ne seront plus relâchés (car AUCUNE commission n'osera relâcher un condamné pour pédophilie). Le retour des lettres de cachet...
A 21h27 Sarkozy va à la faute : il se la joue Giscard, contre Mitterrand 74 - le professeur... Royal le rembarre, à juste titre.
21h30 : Royal a perdu sa stratégie. Elle ne fait que réagir à ce que dit Sarkozy. Elle ne maîtrise plus le débat.
21h32 : Balle de set pour Sarkozy. Il vient de la piéger sur les budgets de l'Etat et de la fonction publique hospitalière...
21h39 : Deuxième balle de set pour Sarkozy. L'institut Rexecode, "dont le directeur est M. Didier, nommé expert économique par M. Jospin"... alors que Royal essayait d'en faire "l'institut du Medef".
21h44 : Royal est sur la défensive. "Vous voyez que je peux regarder la réalité telle qu'elle est."
22h04 : la faute ! Elle rappelle aux Français que Sarkozy a promis une énorme baisse d'impôts !
22h05 : sur les retraites, Royal : "moi j'ai une recette". "C'est d'une précision bouleversante" répond-il <- voilà la phrase qui devrait rester de ce débat
22h06 : "parce que moi j'ai une recette" ! Elle le répète, en plus !!!
22h08 : Royal "cessez de m'interrompre !" ! On dirait Fabius contre Chirac en 1986 ("Vous parlez au premier ministre de la France"). C'est la bérézina !

Game over. Il a gagné, comme prévu. Je ne pensais pas que ça arriverait si vite, dès la première demi-heure...
Sarkozy maîtrise les dossiers au niveau national, tandis que Royal ne fait que se raccrocher à son statut de présidente de région. Ils ne boxent pas dans la même catégorie...

22h55 : Royal s'emporte contre "l'immoralité" de Sarkozy... Quelqu'un sait-il ce qu'est le plan "handiscole" (quel horrible nom) ?

22h59 : il vient de lui balancer "vous n'avez pas le monopole du coeur" à deux mots près !!!! HALLUCINANT !!! On se rejoue 74 !!!!

23h11 : Sarkozy, à propos de la Turquie de l'Europe : "quand on aura fait du Kurdistan un problème européen, on n'aura pas fait avancer les choses." Blam blam.

23h15 : Sarkozy : la "justice commerciale chinoise"... Le "commercial", excuse post-gaffe de Royal, permettant de ne laisser aucune prise à la critique. C'est petit, mais ça marche...

Depuis une heure environ, les plans larges montrent Royal qui parle, et Sarkozy qui prend des notes... comme Giscard en 1974 : c'est clairement elle qui est sur la défensive.

23h20 : "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" (DJ Sarko featuring Rocard...)



Mais où est la classe, ancienne et magistrale, des monstres de la politique :-) ?

(A destination des socialo-agressifs : je suis centriste, tendance CDS (la gauche du centre, donc), et je vote Royal au second tour en fait, je ne sais plus.)

Conclusion : Sarkozy va gagner, par une majorité plus grande que celle que prédisent les sondages.

29/04/2007

Ecran plat

Est-ce de vivre des moments personnels autrement plus forts que les échanges d'amabilité convenue entre les candidats du second tour ?

Est-ce de suivre avec gourmandise l'occupation médiatique du terrain par un François Bayrou déjà positionné sur les élections législatives ?

Est-ce de n'être que dans l'attente DU moment fort, le "duel" du 2 mai ?


Mais je trouve que le quotidien de la campagne, hormis la geste béarnaise, est plutôt morne...

25/04/2007

Sarkozy sur TF1, Royal sur France 2

Lui : VRAIMENT inquiétant.
Exemple : sur le service minimum, "je donnerais aux syndicats jusqu'au mois d'août pour arriver à un accord avec leurs entreprises. S'il n'y a pas d'accord, je ferais voter une loi en septembre 2007." Ca, c'est de la conception du "dialogue social" et de la "négociation laissée aux partenaires" !

Elle : étonnamment bonne, mais vraiment bonne -rien à voir avec sa prestation catastrophique de l'après premier tour- jusqu'à 21h55. Question sur les enfants scolarisés de clandestins : "ils seront regularisés au cas par cas, sur critères". "Quels critères ?" "Mais... euh... je ne peux pas vous le dire, puisque ce sera au cas par cas."

Et merde ! Elle avait failli me convaincre qu'elle commençait à avoir la carrure.

Encore raté !

(mais je vote toujours Royal au second tour)

23/04/2007

Pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle !

On a quand même un peu oublié de se réjouir d'un fait majeur :

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Le Pen à 10%

et surtout, cette image de Le Pen dépité, furieux, insultant les Français et en particulier les électeurs de Sarkozy ("des cocus").

La vie est belle :-)

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