13/10/2006

De la connerie humaine (mode Hervé Resse, mais sans le style)

- Robert Redeker, qui, dans sa tribune, déforme le discours du Pape citant trois lignes d'un dialogue du XIVe siècle pour en faire "une analyse de Benoît XVI sur l'Islam et la violence" - ce qui prouve qu'il n'a pas lu le texte ; amalgame l'extrêmisme musulman à tout l'Islam - ce qui dénonce qu'en plus de ne pas lire, il ne veut pas observer ne serait-ce que la réalité géographique ; tire pour preuve de sa thèse imbécile islam=violence le fait qu'il y a des passages violents dans le Coran - ce qui prouve qu'il n'a pas lu l'Ancien Testament, qui en matière "d'inouïe violence" se pose quand même là ; reprend en contrepoint l'image d'Epinal du Christ pacifique et paisible - ce qui indique qu'il n'a pas lu l'Evangile selon St Mathieu et qu'il ne se rappelle plus, c'est très commode, l'épisode des marchands du temple ; bref collectionne les poncifs, accumule les préjugés et organise le tout dans une vitupération idéologique qui n'a rien de philosophique.

- les crétins islamistes appelant au meurtre de Robert Redeker. Aucun mot ne justifie le recours à la violence, pas même la pire offense (conception hélas de moins en moins répandue, que ce soit ici ou ailleurs). Et d'autant plus que si une instance légale est habilitée, sur son territoire, à limiter (ou pas) la liberté d'expression de ces citoyens pour garantir la paix sociale, aucun groupuscule extra-légal ne saurait revendiquer un droit de condamnation sur un non-ressortissant. Ah si, ça s'appelle du terrorisme.

- les imbéciles bien-pensants, murmurant que R. Redeker "récolte ce qu'il a semé" et "qu'il faut faire attention". Pas d'accord : il avait tout à fait le droit, la liberté, d'exprimer son opinion. Nous sommes en France, le crime d'opinion puni de mort n'existe doublement pas.

- Robert Redeker se fendant d'une supplique larmoyante pour regretter que la protection que lui fournit la République "l'oblige à déménager" et que "tous les frais sont à [sa] charge". Ainsi, ayant librement exercé son droit constitutionnel d'exprimer son opinion ; son opinion ayant entraîné de la part de fanatiques pousse-au-crime une menace de mort ; la République offrant sa protection légitime à un citoyen menacé ; il faudrait encore que cette même République prenne en charge tous les frais ! ce qui reviendrait à dire : j'ai exprimé librement mon opinion, mais je ne veux subir aucune conséquence de ce que ça a pu déclencher. Jolie revendication d'irresponsabilité, monsieur le philosophe !

- dans le même registre des crétins obtus, les fanatiques ultracatho ayant agressé des employés du château de Versailles lors de la dernière Nuit Blanche, au prétexte qu'exposer une installation de robes de mariée d'un grand créateur dans la Chapelle Royale était une "profanation" et un "sacrilège", à la seule lecture du programme (dont je reconnais l'idiote phraséologie culturo-branchouille provocatrice)... Hormis l'intensité de la réponse (je ne sache pas qu'on ait lancé un appel au meurtre contre les organisateurs de la Nuit Blanche), c'est exactement dela même nature que les violences islamistes.

 

Ajouter l'imbécillité idéologique à des crispations politiques, c'est faire le lit de la violence.

 

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Heureusement, il reste des hommes de mesure : Abdelhawab Meddeb, dans un chat du Monde