24/11/2008

42 : on a enfin trouvé la question !

Depuis le Guide du routard intergalactique, on savait que la réponse ultime à "la Vie, l'Univers et tout ce qui est" est : 42.

 

On cherchait la question.

 

Ca y est, on l'a trouvée.

 

Espérons que cela ne conduira pas à la disparition de la Seconde Terre.

 

(Ironique, moi ?)

22/11/2008

Bush-Kerry, Florida results

Au terme d'une des élections les plus contestées de son histoire, où le recompte des voix s'est poursuivi tard dans la nuit, dans l'expectative fébrile des résultats des votants d'outre-mer, Martine Aubry devance Ségolène Royal de 42 voix.

 

Autrement dit, de rien.

 

Après

 

"Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font",

 

il y eut

 

"Aimez-vous les uns les autres".

 

Et maintenant :

 

"Mon Dieu, ils sont devenus fous !"

 

A moins qu'elle ne s'imagine Simon de Montfort :

 

"Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !"

 

Personnellement, je ne vois plus que cela...

30/05/2007

Renouveau politique (note futile)

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Le renouveau politique, c'est plutôt pas mal.

(pour les aigris : un peu de légereté ne nuit pas à la santé)
(pour les féministes obtuses : non, je ne réduis pas un candidat, homme ou femme, à son physique)

06/06/2006

La révolution pragmatique ?

Ségolène Royal est-elle en train, sans le dire, de lancer la révolution pragmatique au PS ?


Alors que certains éléphants, ex-libéraux sociaux, lancent le réveil de l'Hibernatus du "à gauche toute, camarade !" ; que d'autres en appellent aux mânes du Sphinx pour rappeler qu'"au premier tour, on rassemble son camp ; on deuxième, on rassemble une majorité" - position qui implique qu'un sympathisant socialiste votera PS par "fidélité" (on a vu ce que ça a donné en 2002...) - ; que d'autres, enfin, polissent des petites phrases qu'ils veulent assassines, qui ne sont que ridicules et méprisantes ("juste l'ordre", par le juste condamné Cambadélis ; "la chasse aux petits blancs" de Mélenchon) ; je me demande si Ségolène Royal ne sait pas EXACTEMENT ce qu'elle fait.

 

Qu'a perdu, ces dernières années, le PS ?
1. Le "monopole du coeur", comme disait Giscard. Le PS n'est plus crédible en donneur de leçons depuis un bon moment déjà. Ses antiennes sont datées. Il n'y a plus que Libé pour s'étonner que 80% des sondés, y compris de gauche, soient d'accord avec le projet immigration de Sarkozy ou les idées sur la sécurité de Royal.
2. La crédibilité de l'approche angélico-marxiste selon laquelle si l'économie va mieux, l'insécurité diminuera. Cf. l'échec de Jospin. Non, tout n'est pas qu'économie.
3. Le vote dit "populaire", qui s'est éparpillé de l'extrême-gauche à l'extrême-droite. Sarkozy et Royal ont tous les deux compris, avec des stratégies différentes, qu'on n'est pas élu président par un parti, mais par le peuple, soutenu par un parti. Et que pour rassembler plus de 50% des votes, il faut aller chercher les gens sur leur terrain, et non plus leur proposer du prêt-à-voter idéologique.
4. La vision européenne, pacifiste et progressiste, explosée dans les déchirements réactionnaires du "NON" au traité constitutionnel.
5. Un chef, un vrai, qui soit capable de cornaquer les éléphants.

 

Comment se positionne Royal dans ce contexte ?
1. Elle ramène l'humain à la dimension de la vie quotidienne des gens : sécurité, 35h vécues (et pas idéologiques), ...
2. Elle réaffirme que la sécurité est AUSSI une question de sanction des délinquants et de protection des autres citoyens. Ce qui avait fait scandale du temps des "sauvageons" est aujourd'hui vu comme normal car vécu au quotidien par le téléspectateur moyen.
3. Elle reparle aux gens. Si je dis au "peuple", on va parler de populisme... Ce faisant, elle supprime le monopole du "parler vrai" que s'arrogeait Sarkozy ("moi je parle comme les gens") et qui taillait des croupières sur sa droite, rendait inaudible (modulo les gesticulations de Bayrou) le centre et n'avait pas besoin de rendre invisible le PS, aphone sur le sujet depuis le constat de naïveté de Jospin.
4. Elle reste silencieuse, pour le moment, sur les vrais sujets qui fâchent : l'Europe, les grands choix sociaux et économiques, ...
5. Elle poursuit une stratégie de conquête non pas de l'appareil (elle n'a pas de courant) mais des électeurs et des adhérents. D'où la panique des éléphants face à tous ces nouveaux adhérents SANS COURANT et recrutés SUR L'IMAGE DE SEGOLENE seule (Cf. la réaction de l'archéo Dolez, qui regrette qu'une certaine idée du militantisme se perde avec tous ces nouveaux venus...). D'ici peu, elle n'aura pas besoin de courant : elle aura la majorité...

 

Quels pièges va-t-elle rencontrer ?
Pour le moment, son capital de sympathie est tel que toute attaque pachydermique soit est inaudible soit se retourne contre son auteur. Bien sûr, cela tient en partie à l'attitude de la presse à son égard (mais la presse ne sert que son propre intérêt. Cf. Clearstream, qui emmerdait les Français mais faisait bander les journalistes).
Plus difficile sera pour la probable future candidate de "porter le projet socialiste" alors que ses idées seront différentes (la "renationalisation d'EDF", laissez-moi rire...). Parlera-t-elle de "suggestions pour amender le programme" ? Passera-t-elle ce qui ne l'intéresse pas aux orties, contraignant les pachydermes et les militants au silence par l'acceptation populaire (par les sondages) ?

 

Quelle est cette stratégie ? C'est celle du décentrement.
1. Alors que les éléphants se battent sur "voici ce qu'il faut faire", Ségolène dit aux gens : "quelles sont vos difficultés ? que pensez-vous que nous devrions faire ?" Cf. son blog
2. Alors que certains dogmes intouchables paralysent les éléphants, qui ne peuvent mettre en péril leur courant, Ségolène, sans courant, est plus libre de sa parole.
3. Alors que le mot d'ordre est "contre Sarkozy", elle ne le mentionne jamais. C'est-à-dire qu'elle focalise son propre discours sur elle-même et non sur le "grand méchant loup"...
4. Alors que les courants se battent sur le partage d'un gâteau existant (les militants "à l'ancienne"), elle change de dimension et invente un gâteau plus grand, constitué pour partie de "novices" en militantisme et donc moins sclérosés que les archéo : les "adhérents".

 

En résumé et en termes de marketing ou de gestion du changement :
1. Repartez de la base : écoutez vos clients.
2. Créez une cellule indépendante de la hiérarchie de l'entreprise, libre de ses mouvements. (ex/ mon job ! ou ce qu'a fait Carlos Ghosn en débarquant chez Nissan)
3. Quoique vous dites de vos concurrents, vous lui faites de la pub : n'en parlez jamais. Mais parlez de vous non en termes de catalogue de promesses, mais de vision. (ex/ Apple)
4. Votre clientèle traditionnelle vieillit et se rétrécit ? Changez votre message pour toucher de nouveaux consommateurs (ex/ Club Med)

 

Think different. (et là, si un graphiste veux reprendre le style des campagnes Apple et mettre Ségolène et la rose du PS à la place, j'accepte volontiers)