21/01/2006
Proviseur, blogueur, mais plus révoqué ?
Trouvé grâce à Embruns, qui décidemment aura été une des sources d'informations fiables sur l'affaire Garfieldd : un communique de presse du ministre de l'Education.
Petite analyse :
1. Rien n'oblige le ministre à rendre public le fait qu'il va revoir le dossier dans une approche "mieux proportionnée". Au contraire, serais-je même tenté de dire.
2. Quelle est alors la cause de ce communiqué ? Certainement l'emballement médiatique (Libé avant et après correction, TF1, Le Monde, RTL, L'Express, ...). PAS les blogs.
3. Mais cet emballement médiatique est né de l'incendie blogosphérique qu'a déclenché la décision de la commission paritaire et du premier article complètement à côté de la plaque de Libération.
Peut-être venons-nous d'assister à quelque chose d'intéressant : une première manifestation des blogs comme pouvoir d'influence SUR UN SUJET NON BLOGOSPHERIQUE.
A noter aussi que, à ma (faible) connaissance, c'est la première fois que les citoyens (blogueurs) ont contrôlé les journalistes et leur on fait remarquer EN NOMBRE et AVEC SUCCES leurs erreurs factuelles. Jusqu'ici, c'était plus de l'ordre du chouinage (ouinnn, c'est même pas vrai ce que tu dis dans ton journal) ou de l'ironie creuse (pffff, encore une connerie des journalistes).
Donc.
Un groupe de citoyens auto-saisis a réussi à se fédérer en quelques heures, en un mouvement "boule de neige", d'ailleurs ; a contraint un journal national a publier un correctif et des excuses ; a créé un tel "buzz" autour d'un sujet que les médias traditionnels ont jugé utile de reprendre l'info Y COMPRIS DANS SON LIEN AVEC LES BLOGS ; tout cela a finalement conduit un ministère a publier un communiqué de presse critiquant explicitement le caractère disproportionné de la décision d'une commission administrative et annonçant une décision à venir !
Au passage, l'honneur d'un homme est sauvé.
C'est NOUS qui sommes en partie à l'origine de tout ça ????
Je suis très heureux pour Garfieldd.
Je suis heureux pour les blogueurs.
Je suis intrigué par ce qu'annonce cette prémice : une presse plus libre, car plus contrôlée sur la réalité des faits ; un rapport plus direct des citoyens au politique ; un engagement rapide et fort ("shock and awe" *oops pardon*).
J'ai hâte de vivre la suite.
09:25 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : proviseur, blogueur, revoque, liberation
19/01/2006
Ce qui devient "l'affaire Garfieldd"
Une interview sur Pointblog de "Garfieldd", proviseur blogueur révoqué.
A lire, notamment pour éviter les procès d'intention.
Ce type est un GRAND monsieur.
Pour ma part, j'IGNORE, n'en ayant pas la preuve, quelle est la cause première de la révocation de Garfieldd.
Je SAIS, en revanche, pour avoir lu son blog autrefois, que l'accusation de "pornographie" ne tient absolument pas la route.
Mais je suis un blogueur, et je SAIS faire la différence entre billet, commentaire et requêtes Google. Pas le journaliste de Libération, au vu de son article initial - qui s'est finalement excusé et a publié un correctif -.
Peut-on préjuger, comme le font ceux qui prêtent une intention discriminatoire, que la commission paritaire est au courant de ce savoir blogosphérique ? Je n'en suis pas sûr. Si la commission paritaire, tout comme ce journaliste, s'est emmêlé les pinceaux entre billet, commentaire et requêtes Google, alors je peux admettre que le blog contient des termes très crus pouvant être interprétés comme "un blog pornographique" par des personnes ne maîtrisant pas cette technologie. Est-ce que ça serait si improbable que la commission ait tout simplement pêché par ignorance ?
Je SENS et me REVOLTE contre la disproportion de la sanction (révocation immédiate) et ce que je perçois, de mon point de vue de blogueur, de la faute commise (transgression du devoir de réserve, à tout le moins ; maladresse des confessions intimes, au pire).
Je PENSE que le ministre a certainement signé la révocation en faisant confiance à la commission. Les quelques billets stigmatisant Gilles de Robien voire l'accusant d'homophobie ou appelant à sa démission sont tout simplement ridicules. Me Eolas a bien transcrit mon sentiment dans la façon dont il interpelle le ministre.
J'ai PEUR, hélas, que mon analyse pèche par naïveté. Mais c'est ma peur, je la garde pour moi (dit-il en la publiant sur un blog...) et n'en fait pas nécessairement une intention pour la commission.
De là, trois hypothèses :
- la commission a vraiment PERCU le blog comme pornographique et s'est plantée dans l'analyse des faits. La sanction repose sur des bases fausses. Ca ne tiendra devant aucun tribunal administratif, si jamais le ministre refusait le recours gracieux.
- la commission a eu "peur que ça se sache" : "Mon Dieu Marx, que ferons-nous si un parent découvre ce blog et apprend que le proviseur est homosexuel ? Il faut protéger l'institution contre tout risque de scandale". Un bon coup de panique, suite à différentes affaires et au raccourci stupide mais hélas toujours en vigueur "pédé=pédo", et hop, pour le salut de l'institution, un homme est jeté à la rue. C'est malheureusement possible, notamment à l'Education Nationale (il y a des précédents, hélas).
- la commission avait une intention homophobe assumée et se retranche derrière la défense "pornographique". Là, ils vont vraiment avoir un problème, car leur ligne de défense ne tient pas, et ils ont commis un délit... En effet, le lien logique entre "homosexualité" et "pornographie" est impossible à établir en partant du matériau que constitue le blog de Garfieldd (et dans le contexte de notre société française actuelle). J'imagine mal les membres de la commission se dire "Quand même, un pédé ! On n'a qu'à dire que c'est de la pornographie." Je les imagine plus facilement se dire "C'est pornographique, regardez ce qui est écrit" et peut-être, pour certains, penser "Et en plus, il est pédé." Ce qui n'est pas tout à fait la même chose (cause première/cause seconde) - même si c'est immonde de la part de gens qui pensent cela.
Alors je m'ABSTIENS de procès d'intention. Je ne sais pas la cause première de la sanction ; je me bats, à mon petit niveau, pour qu'elle soit à tout le moins revue, car tout me hurle qu'elle est injuste. Et j'attend la suite. Peut-être que "je ne veux pas croire que". Peut-être est-ce de la naïveté. Mais s'il s'agit juste d'une bête erreur par ignorance de la part des membres de la commission, je me dis que je n'aimerais pas être à leur place et accusé injustement d'homophobie. Je ne veux pas prendre le risque de commettre une injustice pour réparer une injustice, surtout quand je peux l'éviter.
Le SEUL moyen de savoir de façon certaine ce qui a motivé la sanction serait que les minutes de la commission (pas la décision, les minutes) soient rendues publiques. Ou "parviennent à notre journal", comme on dit.
Mesdames et messieurs les journalistes, reconciliez-moi avec le journalisme d'investigation.
16:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : proviseur, blogueur, revoque, liberation
18/01/2006
Je suis un monstre (coming-out)
J'ai participé à et animé des parties de jeu de rôle quand j'étais au lycée.
Les pratiques satanistes du jeu de rôle.
J'ai lu des romans sombres et désespérés (Moorcoock, ...) - on dirait "goth" aujourd'hui ?
Ces romans qui poussent les jeunes au suicide.
J'ai regardé des séries américaines (Profiler, par exemple).
Fan d'une série télé, il prend les armes et tue sa petite amie.
J'ai vu des films (Tueurs-nés, par exemple).
Il tire dans la foule en sortant du cinéma.
J'ai joué à des jeux sur ordinateurs.
Le jeu vidéo, monde de violence et de sexe sans limites.
Ah, j'ai lu Cioran, aussi.
Cioran, apologue du suicide.
Et Artaud.
Antonin Artaud, la folie destructrice.
(Pas encore Althusser, heureusement...)
Je connais des techniques de communication.
Techniques de communication : comment on vous manipule.
J'ai un téléphone portable.
Par téléphone, il donne rendez-vous à sa victime.
Je navigue sur Internet.
Internet, repère de terroristes et de nazis.
Je chatte sur Internet.
Le chat sur Internet : vos enfants en péril.
J'ai même fait des rencontres sur Internet.
Les dangers des rencontres sur le Net.
J'ai un blog sur Internet.
Un proviseur est révoqué pour avoir publié un blog.
Bref,
JE SUIS UN MONSTRE !
VITE ! QUE QUELQU'UN ME DENONCE !
P.S. 1 : le plus pitoyable, c'est qu'avec les mots de ce texte, je vais attirer un paquet de malades par les recherches Google ou Yahoo.
P.S. 2 : ce texte est à prendre au second degré, messieurs les journalistes, hein !
15:45 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : proviseur, blogueur, revoque, liberation





