29/06/2008
Temps et plus
Je relatais il y a peu les changements qui s'annoncent d'ici à fin janvier.
Les choses vont vite.
Elle est hautement courtisée, espérée, attendue, dans un service de soins palliatifs d'un hôpital de la proche banlieue. Après trois entretiens très positifs avec le chef de service, l'équipe et l'ancienne titulaire du poste, la rencontre avec le DRH se transforme en bérézina : ancien modèle, rien ne l'amuse plus que de mettre en doute tout le parcours de la candidate, depuis le premier stage, de manière agressive, allant jusqu'à douter de la réalité de son expérience professionnelle ! Tout cela pour conclure que dans sa grande mansuétude, il lui pourrait lui proposer un CDD de six mois ou un an, renouvelable, avec le salaire d'une débutante sortie de fac. 100% démotivation, ça c'est un recruteur !
Mais, comme la vie est riche de surprises, à peine rentrée, Elle découvre un mail du chef de service lui demandant des nouvelles de l'entretien, et de le rappeler très vite... Ce qui fut fait, avec compte-rendu de la forme et de la teneur de l'entretien, et des conséquences sur l'envie de prendre le poste. Emotion du chef de service, qui annonce prendre les choses en main.
La suite lundi.
De mon côté, un collègue me fait part d'un poste dans lequel il me verrait bien, sur une zone géographique qui me passionne et où tout est à faire.
Seule question : comment annoncer mon envie de postuler à mon patron, dans la période troublée actuelle ?
Quant à Solal... il a découvert l'art de prendre son pied, sa première purée de carotte, sa première compote de pommes, un merveilleux hochet qui fait beaucoup de bruit (pauvres parents !) et la manière de focaliser l'attention de ses grands-parents.
Ce qui nous permet de nous enfuir à Tours, pour quelques courses (et cette fois, nous ne sommes pas rentrés bredouilles).
13:15 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tours, soldes
26/06/2008
Obsession acheteuse
Premier jour des soldes.
Elle et moi partons vers dix heures du matin, Solal confié à sa grand-mère.
Direction les grands magasins et le Marais.
Résultat : rien. Rien de rien de rien. Tout est laid, vulgaire ou moche. Costumes du siècle précédent (au moins...), chemises tout droit sorties de Wall Street (le film avec Michael Douglas), chaussures de fille de l'année certes, mais lourdingues, bling bling au cuir épais.
Où sont donc les fameux "sur-stocks consécutifs à un mauvais printemps" dont on nous rebat les oreilles ?
Devant le si faible goût vestimentaire français, il se confirme que les soldes parisiens ne sont qu'un attrape-gogo, avec quelques exceptions, pendant lesquels les magasins sortent de la cave les produits les plus invendables.
Où sont d'ailleurs ces accros aux soldes censé(e)s se battre pour le moindre sac à main ? Il n'y avait personne côté hommes et pas tant de monde côté femmes.
Seules découvertes du jour : la boutique L'Eclaireur pour son cadre extraordinaire (un atelier réaménagé), et l'ambiance village méditerranéen de la rue des Rosiers, à l'heure du déjeuner.
Et une belle journée sous le soleil de Paris.
08:55 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, soldes
04/05/2008
A long journey, ou tout comme (2)
Copenhague.
Peut-être en accord inconscient avec la campagne alentour, la ville est plate et basse. Quelques tours semblent exulter hors de l'uniformité à six étages, hôtels de luxe avec vue sur l'horizon.
Après quelques heures intenses et décontractées en réunion - le style danois, sûrement : profusion de pauses nourrissantes, powerpoints imprimés, le patron soixantenaire en jean clair et cravate - dans la banque ! -, bureaux clairs en perspective sur un petit lac animé de quelques pêcheurs : totalement hors norme pour le Français travaillant à la Défense ! -, je décline l'invitation d'un taxi partagé et m'éclipse à pied dans le centre-ville.
De ces quelques heures passées, reste l'impression d'un respect urbain, d'une cohabitation tranquille entre voitures, vélos (en très grand nombre !), bus et piétons.
Le Tivoli, immense lieu de récréation - son jardin, son théâtre, son exposition temporaire, ses attractions, point nodal d'une ville au ralenti.
La gare, en réfection, des centaines de vélos le long des flancs, ouvre sur l'horrible immeuble décati de SAS, apogée du non-style des années soixante. De l'autre côté, commence un étrange quartier d'immeubles ternes, tous devenus hôtels, tandis que des femmes, jeunes et âgées, attendent au carrefour le passage du client en voiture.
Tous les voyages du monde ont le sexe tarifé en arrière-cour.
J'ignore pourquoi.
A quatre heures, c'est le rush : sortie des bureaux, un long week-end qui commence. Je comprends mieux ma difficulté à trouver un taxi pour l'aéroport. Eux aussi font le pont.
Retour à l'aéroport.
La foule des grands départs.
Les boutiques duty-free dégorgent de produits chers, certains de luxe. Le Danemark n'est pas bon marché.
A nouveau la carlingue étroite d'un A321.
Le vol se pose à Roissy à 22h.
Onze heures : le taxi me dépose au pied de l'immeuble.
Porte ouverte. Elle. Le chat.
Et Solal qui sort un bref instant du sommeil pour me sourire.
*****
Levé à 4h, couché à minuit.
Une longue journée.
12:10 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, copenhague, paris, roissy
03/05/2008
A long journey, ou tout comme (1)
Paris - Copenhague, et retour.
A cinq heures du matin, la pluie noie la nuit et freine le petit matin. Le taxi se prend pour un surfeur au milieu de l'autoroute A3 : bref moment d'effroi. 'électronique allemande corrige le mauvais réflexe - freiner - du chauffeur, et la route reprend son défilement épileptique : bandes blanches, phares rouges.
Charles-de-Gaulle terminal 1
Le vieux terminal camembert en béton projeté se rhumatise à devoir respecter les nouvelles règles de sécurité. L'élégance initiale des salles d'embarquement en pétales se trouve pénétrée par l'ombilic obscur des scanners, un de chaque côté du satellite, qui transforment ces loges privées en enfilades chitineuses de sas ouverts.
Le Boeing du vol Scandinavian Airlines de sept heures est quasiment vide. Quelques hommes d'affaires, une famille de quatre, jeunes gens et jeunes femmes épars. Une personne d'âge mûr, connue de l'hôtesse.
Vol au-dessus d'un glacier de nuages ridés, vallonnés, rarement percés. Le soleil, le ciel bleu : hors-terre du voyage aérien.
L'avion plonge dans le blanc, la mer gris-vert et son port-container en sillage, quelques fermes, un ou deux clochers.
Copenhague.
19:05 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, copenhague, paris, roissy
11/04/2008
Découverte gourmande : Philippe Pascoët, maître chocolatier
Enfin une belle journée parisienne !
Le congé paternité approche de sa conclusion, et nous profitons d'un tendre soleil, température douce, pour harnacher Solal dans le porte-bébé et partir à l'aventure.
La fin de la rue d'Odessa est barrée par les CRS. Tout le carrefour, en fait. Camions à vitres grillagées, policiers en tenue anti-émeute, bouclier au pied. Y aurait-il une manifestation ? (oui, de lycéens...)
Etrange de marcher rue de Rennes sans aucun bruit de voitures. Par habitude, on reste sur les trottoirs, piétons égarés parmi les autres, alors que les quatre voies de circulation sont vides.
Rue Saint-Placide.
Les effluves d'un marchand de chocolat - on ne peut décemment pas appeler cela un chocolatier - nous chatouillent les narines. Nous ne restons que quelques secondes : masses informes de chocolat blanc, noir, aux noisettes, quelques tablettes gigantesques, tout indique la mauvaise qualité et l'attrape-gogo, ce travers typique des boîtes à bouffe qui confondent profusion et dégustation.
Vite, sortir.
Deux ou trois numéros plus loin, une devanture cérusée. L'échoppe est petite, presque vide, à la limite du spartiate. "Philippe Pascoët, maître chocolatier, Genêve, Paris".
La vitrine est sobre : une calebasse, quelques tablettes, arrangées avec goût.
La vendeuse, accueillante et souriante, nous propose de goûter un raisin sec au sauternes entouré de chocolat noir. Incroyablement délicieux !
Ici, pas de noms ésotériques, pas de pétasses au regard méprisant coincées dans leur uniforme de deuil, qui attendent, souveraines de maison close, que le client ose leur adresser une requête ("La carte de fidélité ? Il fallait me la demander avant, monsieur. Je ne peux pas annuler la transaction." - on approchait de Noël, je venais d'en avoir pour plus d'une centaine d'euros...). On est très, très loin, donc, de La maison du chocolat...
Thym, romarin, mangue, passion, menthe, thé, framboise, miel, ... : les chocolats annoncent la couleur - et la saveur. Pendant que la vendeuse nous prépare un coffret (même demande qu'à LMC : "noir uniquement, sans alcool, pas de pralinés, que des ganaches"), elle nous explique l'ouverture récente de la boutique parisienne, que toutes les saveurs ne sont pas présentes, que Ph. Pascoët a été plusieurs fois récompensé en Suisse, ...
Et nous propose, encore !, un chocolat à tester. Je le prends à la réglisse... car je N'AIME PAS la réglisse : un bon crash-test pour savoir si l'arôme écrase le chocolat. Surprise : c'est délicieux, à nouveau.
Nous repartons avec notre ballotin de 550 gr., 47 euros.
*****
De retour à la maison, et après quelques tests purement scientifiques et totalement désintéressés (bien sûr), le verdict :
le chocolat est craquant, fondant, parfumé, amer sans jamais tomber ni dans l'amertume ni dans le côté poudré des noirs trop noirs ; les ganaches sont très fines, aux arômes subtils, parfois francs, rarement violents (menthe, safran) et sans ce côté beurré qui finit par lasser chez Robert Linxe.
Philippe Pascoët flirte entre l'excessive retenue et la perfection de la réalisation. Sa nature suisse, probablement.
Un très grand chocolatier.
Philippe Pascoët
52 rue Saint-Placide (près de la rue de Rennes)
75006 Paris
[Edit du 13 avril : LA FRAMBOISE ET LE CITRON VERT SONT ORGASMIQUES !!!]
08:50 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : pascoët, chocolat, paris
25/03/2008
Fractions de la quatrième dimension
Jour de semaine, fin de journée. La musique aux oreilles : Jacques Brel. La rame arrive, je monte. Face à moi, pendant quelques instants, je vois... Jacques Brel, époque des Maldives (cheveux mi-longs, raie de côté, ...). Sursaut. En fait non, juste un homme qui lui ressemble beaucoup. L'ouïe et la vue ensemble : l'image devient imaginaire.
Jour de week-end, le coiffeur. Ciseaux, tondeuse, rasoir. Et l'angoisse diffuse au ventre, pendant toute la coupe. La main de la jeune coiffeuse qui n'arrête pas de trembler. Attention ma nuque !
Jour de week-end, le dimanche. Un corps de petite fille de treize mois, habité de peurs, d'angoisses et d'appels. Petit monstre grognant, criant et hurlant. Tout ce qui passe à sa portée se retrouve au sol. Le "diable de Tasmanie" aurait trouvé sa maîtresse. C'est si triste pour la maman, si épuisant pour tous !
Tout cela en si peu de jours : le printemps s'évacue dans d'invisibles sphères en décalage, la réalité se joue en dérapages.
11:24 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, metro
29/02/2008
In-carnet
J'en (encore) perdu un petit carnet Muji.
De ceux qui me suivent partout, sur lesquels je note, ou pas, tout et n'importe quoi.
Et je ne suis pas sûr qu'il sera retrouvé par une hôtesse d'Air France, celui-là (vu que j'ai pris l'avion APRES l'avoir perdu).
Rien de bien grand, ni de très heur(eux). Rien de bien grave.
Mais j'ai l'impression d'une page manquante au milieu du "livre" (livré/délivre/l'ivre, etc.).
*****
Souvenir.
Mes grands-parents m'avaient offert Ivanhoé dans une collection au grammage épais et à la couverture façon début vingtième siècle.
J'avais commencé à le lire.
Chez l'imprimeur, une machine avait dû s'emballer. Quelques pages étaient déchirées.
Je n'ai pas continué.
Je n'ai jamais lu Ivanhoé.
*****
Il a pourtant la possibilité d'un hasard :
mon téléphone dans le carnet.
14:25 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris
12/02/2008
Mettre au coeur
Elle était habillée de noir, bottes à boucle métallique. Brune, une frange au ras des sourcils, les yeux dessinée par le khôl. Ce qui attirait le plus le regard était ce long tube rouge accroché à ses cheveux, côté droit. Etrange accessoire.
Lui, de dos.
A eux deux, quarante ans au maximum.
Elle lui souriait, timide, les yeux grands ouverts. Une expression d'encore enfant, émerveillée et tendre.
Un puis deux baisers. Un câlin furtif, dans l'attente du bruit terminateur.
Qui sonne.
Le métro quitte le quai de la Défense, emportant le jeune homme.
Sur le quai, elle l'a regardé partir.
15:11 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, metro
23/01/2008
La traversée de Paris
Paris de nuit, le tumulte de l'avenue du Maine. Les bars et bistrots, derrière les mêmes vitres à la propreté aléatoire, ont changé : une nouvelle texture, plus claire, les couleurs qui ressortent, bois vernis, skaï brillant. Il n'y a plus de fumée.
Le dimanche, le plaisir-addiction se joue du gendarme : une sèche allumée au bec d'une gavroche stéréotypique, dans le coin sombre, protégé de plantes hautes, d'un bar de la rue de la Gaîté. Un narguilé au bar voisin. La peur de l'amende est une peur des jours ouvrés.
La vie de couple est une étonnante re-découverte. Se connaître tant, et pourtant des détails ont changé. Se savoir et pourtant, c'est l'ambiance des premiers instants. S'étonner d'être les mêmes, et différents. La texture aussi y a changé, en bien ni en mal : juste incomparable.
Reconfigurer un couple au sein de la triade nouvelle : du passé se souvenir, et se détacher. Vivre sans vouloir "re-vivre".
Une vie nouvelle, à trois points de vue.
14:30 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris
28/12/2007
A l'air libre
Plus que trois jours, et l'on pourra retourner dans les bars, bistrots et brasseries de Paris.
Y compris avec un nourrisson.
Enfin !
20:46 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris








