08/01/2007
Oser Joséphine (titre facile)
Par une coïncidence dont le trouble le dispute à l'improbable, le Père Noël nous a régalés de deux billets pour "Looking for Josephine" à l'Opéra-Comique, pile à la date que mon père nous avait conseillé de "bloquer". Magie de Noël !
On a passé une très excellente soirée.
Prétextant la mission d'un producteur à la Nouvelle-Orléans, peu après l'inondation, J. Savary nous emporte pour un voyage au long cours, des côtes d'Afrique à la Louisiane, en passant par Haïti, Cuba et l'Amérique latine. A chaque fois, la musique s'enrichit, se croise, se mélange, pour donner le plus beau des métis : le Jazz.
Servi par une très belle distribution, la suite de tableaux (car il ne s'agit pas vraiment d'une pièce) nous a emportés dans une soirée musicale, joyeuse et intelligente. Ca ressemble un peu aux "montreurs" d'autrefois : "Entrez, entrez, mesdames et messieurs, découvrez avec nous la fabuleuse histoire du jazz ! Admirez comment le menuet devient salsa, comment le flamenco se fait blues ! Revisitez les années 30, la voix de Joséphine Baker !"
C'est un vrai beau moment de musique et d'intelligence.
Seul hic : Jérôme Savary lui-même. Outre le cabotinage éhonté qu'il y a à reprendre "J'ai deux amours" avec la chanteuse jouant Joséphine (au fait : Jérôme Savary ne sait pas chanter...) ou à se lancer dans un minable solo de trompette, le laïus "moi je n'ai pas de subventions" (mais peut-être était-ce du à la présence de Bertrand Delanoé ce soir-là), l'ironie "bientôt les élections" déplacée et la très pénible explication de la genèse de la pièce (près d'un quart d'heure...) cassent salement l'ambiance à la toute fin du spectacle... C'est catastrophiquement dommage.
Hors ce dernier quart d'heure, un spectacle merveilleux - au sens le plus premier : on aurait pu l'appeler
Le Mystère du Jazz
11:40 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : looking for josephine, savary, opera comique, paris





