22/05/2007

Le monde n'est jamais acquis

Après des années de maljournalisme, de couverture de pertes financières par une politique de rachat agressive, JMC est désavoué.

Youpi.

Jean-Marie Colombani désavoué

09/05/2007

La curée commence

"Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme" (François Mitterrand, discours lors de l'enterrement de Pierre Bérégovoy)

 

Lues dans un magazine auquel je conservais une certaine estime, malgré son biais péniblement gauchiste tendance bobo, les soit-disant "bonnes feuilles" d'un "livre" de deux "journalistes au Monde" (ah déjà, je comprend mieux).

 

Comment dire ?

 

Je me fous que ce soit vrai ou faux. C'est de l'immondice. "De la merde dans un bas de soie", en paraphrasant un autre grand personnage.

 

Mais à ce niveau de ragots, de sous-entendus et d'insinuations malsaines, c'est la pire de l'affaire Clearstream appliqué au couple Hollande-Royal.

 

Les chiens seront bien nourris, cette fois encore...

 

Vae victis.

19/04/2007

Jean-Marie Colombani, ce visionnaire

Après avoir soutenu à longueur de colonnes Edouard Balladur en 1995, JMC s'était fait fervent défenseur de Lionel Jospin en 2002. Depuis, Le Monde n'a pas eu de mots assez durs sur Raffarin, Villepin et Chirac. Contre Sarkozy ? Tout au plus des "recommandations".

 

Aujourd'hui, il signe un éditorial appelant de ses voeux au imposant comme un "impératif démocratique" le vote NS-SR dès le premier tour, de manière à ce que le second se joue entre Nicolas Sarkozy, candidat "le mieux préparé", qui "a travesti sa nature de républicain sincère. C'est du moins ce que l'on voudrait croire." et dont le projet "s'appuie sur une force politique capable de gouverner", et Ségolène Royal, qui "devra s'assumer telle qu'elle est en réalité, c'est-à-dire convaincue de cette nécessaire évolution ["faire émerger une force social-démocrate moderne"], et non telle que le PS voudrait qu'elle soit" - autrement dite : seule.

 

Bayrou ? une candidature qui ne soit son succès qu'à "une posture nouvelle (une forme d'union nationale)" et qui "[spécule] sur un enchaînement miraculeux autant qu'improbable"... (Dieu que les Français sont cons de se laisser séduire par une posture !)

 

Mais bien sûr, comme chacun sait, et notamment depuis l'affaire Clearstream, l'objectivité est le paradigme fondamental du "quotidien de référence" et de son directeur...

 

Jean-Marie Colombani s'est toujours trompé dans ses analyses politiques : il oublie toujours le même paramètre.

 

Les Français.

 

Ca va être à ce point une surprise, dimanche ?

09/02/2007

Question naïve

Pourquoi ai-je de plus en plus le sentiment que le bon sens est de moins en moins partagé ?

 

Il y a quelques années, au lancement du premier quotidien gratuit en France, Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, comme beaucoup de ses confrères, n'avait pas de mots assez durs pour critiquer "les fossoyeurs de l'information de qualité donc payante". Aujourd'hui, il signe dans le Monde un court article sur le lancement par son groupe d'un quotidien "d'information de qualité" mais gratuit !

 

Il y a quelques années, chaque nouvelle invention liée à l'internet était dénoncée comme portant en germe "la fin de ...". On a ainsi annoncé la fin de la presse, la fin des concessions automobiles, la fin des fleuristes, ... De la même manière, le législateur était accusé de vouloir "tuer Internet" ou le logiciel libre, rien que ça. Pourtant il suffisait à l'époque d'observer que livre, radio et télé cohabitaient depuis un paquet de décennies ; que si le CD avait tué la K7, le vinyl existait encore ; etc.

 

Aujourd'hui, malgre toutes ces "mises à mort", Internet est toujours là, le logiciel libre aussi, la presse idem, la musique itou, le cinéma tout pareil. Ils traversent une crise de transformation mais certainement pas une crise d'existence.

 

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, certes. La rumeur est plus sexy que la vérité, certes. La prédiction est un art difficile, certes.

 

Mais quand même, un peu de bon sens et de recul historique ne permettraient-ils pas d'éviter ces prises de position fausses dès le départ ?

15/05/2006

Clearstream ou fearstream ?

A peine la plainte pour "violation du secret de l'instruction" déposée, Jean-Marie Colombani himself se fend d'un éditorial pré-emptant la position de victime d'un "pouvoir" ayant ourdi une "ténébreuse machination" et dont le seul mode de défense serait de "multiplier les contre-feux".

 

Vieux diction : "Qui se sent morveux, qu'il se mouche".

 

Plus sérieusement, le contenu de cet édito est typique de certains tics du Monde selon Colombani :
1. "Le pouvoir a décidé d'ouvrir une information contre X... pour violation du secret de l'instruction." Traduction : eux ont le pouvoir, pas nous, pauvres citoyens-journalistes. Dans le contexte actuel où l'on voit des complots partout, surtout de "eux, les puissants", l'emploi du mot "pouvoir" est déjà l'incitation faite au lecteur à penser qu'il s'agit d'un coup fourré. Confirmé quelques lignes plus bas : "Multiplier les contre-feux, cibler margistrats et journalistes, serait, aux yeux du pouvoir, une réponse appropriée."
Les faits : le ministre de la Justice, comme il en a le droit (et le devoir, vu le foutoir ambiant), a demandé au Parquet d'ouvrir une information. Qui peut nier (comme dirait Sarkozy) qu'il n'y a pas "violation du secret de l'instruction" ?
2. "Nos lectrices et nos lecteurs doivent savoir que leur journal est particulièrement visé par cette offensive judiciaire décrétée au sommet." Ah bon ?
Les faits : aucun. En revanche, vu la façon dont Le Monde (et les autres journaux) a accès à des pièces d'instruction censées ne pas sortir du cabinet des juges, il est évident que le juge chargé d'instruire cette plainte va FORCEMENT poser des questions au journal sur ses sources.
Les postulats : la demande d'ouverture d'enquête est "une offensive judiciaire décrétée au sommet" (au fait, c'est qui, le sommet ? Chirac ou DDV ?). Elle est dirigée "particulièrement" contre le Monde (pourquoi ? ils ont quelque chose à se reprocher dans le traitement journalistique de cette affaire ? alors que toute la presse publie allègrement les actes d'instruction, seul le Monde serait visé ? ah oui, j'oubliais : "Le Monde, ultime rempart de la démocratie citoyenne" comme disait JMC à propos du livre de Péan et Cohen).
3. "Nous avons en effet de solides raisons de penser que[...]". Alors, celle-là, elle est magnifique. "De solides raisons de penser", cela veut dire : rien, aucun fait, aucune information. Comme disait Coluche : "On s'autorise à penser dans les milieux autorisés".
Que le "pouvoir" soit en colère contre le Monde en particulier et la presse en général me paraît normal et évident, vu le contexte, les fuites, les amalgames, les insinuations, les thèses, etc. Qu'au cours d'une conversation téléphonique avec un proche du pouvoir, le message "DDV est furieux contre Le Monde" ait été passé, me paraît humain et logique. Mais transformer cette colère en une espèce de complot particulièrement contre Le Monde, parangon de la vertu journalistique, de la vérité, que dis-je, du sacerdoce, c'est à hurler de rire (ou de dépit, au choix).
4. "Cette attitude [...] vient confirmer les doutes que nous avions émis[...]". Autre morceau magnifique. De l'hypothèse creuse "nous avons des raisons de penser", on passe à un factuel "cette attitude", et en plus, raisonnement circulaire, "cette attitude", qui n'est en fait qu'une hypothèse du Monde, "confirme les doutes"... du Monde, c'est-à-dire : ses hypothèses.
Ca, ça s'appelle de la manipulation, claire et nette.
Exemple ludique : "que fais-tu avec cet aérosol ?" "ben, c'est un anti-girafe" "mais il n'y pas de girafe par ici" "c'est bien la preuve que ça marche !". Hypothèse : l'anti-girafe fonctionne. Fait : il n'y pas de girafe. Donc l'hypothèse est bien un fait. CQFD.
5. "Ne soyez donc pas surpris, dans les jours qui viennent, si nous devons subir des perquisitions ou d'autres faits de justice manifestement déclenchés, à la demande de ce pouvoir, pour nous intimider." Est-il prévisible que le journal "subisse" (ah bon ? je croyais qu'on "faisait l'objet" d'une perquisition) une perquisition et des voies de fait auditions de journalistes. Oui, à 99%. On est ici encore dans la manipulation, même technique. Hypothèse : comme nous sommes victimes d'un complot, on va être "victimes" d'actes judiciaires. Fait : le juge d'instruction, en bonne logique, devrait procéder dans les prochains jours à une perquisition ou à des auditions. Conclusion : Donc nous sommes bien victimes d'un complot... "manifestement déclenché" (c'est à dire, on en sait rien, on en a aucune preuve), "à la demande de ce pouvoir" (Le Monde, seul contre-pouvoir en France), "pour nous intimider" (autre hypothèse creuse).
6. "Dans une affaire d'Etat, comme l'est devenue Clearstream, invoquer le secret de l'instruction revient à réserver l'accès aux informations aux seules personnalités du pouvoir concernées, et à en priver les citoyens." Etrange phrase. Respecter la loi serait priver les citoyens de l'information (ben oui, c'est le principe du secret de l'instruction), mais pas le pouvoir ? Et Le Monde n'a pas enfourché son cheval blanc sur le thème du : "eux peuvent violer impunément le secret de l'instruction, quelle honte !" ? Mais que fait Le Monde (et les autres), en ce moment et depuis des années, si ce n'est justement profiter impunément du viol du secret de l'instruction ?
7. "En outre, la réforme du code pénal était censée ne pas astreindre les journalistes au respect de ce secret." Elle est belle aussi, celle-là. "était censée" = présomption que la loi n'est pas respectée (sous-entendu : puisque eux ont le pouvoir). (Tiens, Le Monde fait dans le conspirationnisme, maintenant.)
Les faits : ce n'est pas le journaliste qui viole le secret, c'est son informateur. C'est contre lui que va être dirigée l'enquête - donc en interrogeant le journal. C'est purement logique : celui qui viole le secret est FORCEMENT partie prenante à l'instruction - ce qui n'est pas le cas du Monde. Mais pour remonter à la source, il faut interroger les "receleurs" du viol du secret, c'est-à-dire les journalistes... même s'ils ont un statut à part au regard du délit.

 

A quoi sert un tel éditorial ?
1. A postuler par avance l'innocence du journal, alors que pour les médias, "perquisition" et "auditions" sont des preuves a priori de culpabilité. Quand le Monde sera perquisitionné, on aura droit à un article : "Le Monde perquisitionné sur ordre du pouvoir : la liberté de la presse menacée". Mais je subodore que l'on n'aura pas droit à "la Police judiciaire au Monde"...
2. Si le juge d'instruction peut identifier un jour "l'informateur", Le Monde pourra dire : ce n'est pas notre faute, nous avons tout fait pour protéger notre source, ça n'est pas de notre fait, c'est "le pouvoir" (bouh ! le vilain !).
3. Quand on se rendra compte que tout cela n'était finalement que beaucoup de bruit pour pas grand chose, Le Monde pourra rejeter sa légèreté sur "la nécessaire information du public". Comme d'habitude, il n'y aura pas d'excuses. Vous vous souvenez de l'affaire Baudis ?
3. A passer les nerfs de JMC, qui doit être absolument furieux que la logique judiciaire d'une plainte pour violation du secret de l'instruction fasse courir le risque d'une perquisition ou d'auditions à son journal, être hors de lui que Le Monde, ce "journal de référence" que l'univers (au moins) nous envie, ne soit pas intouchable par essence. :-)

 

Vous avez dit "contre-feu" ? Pourquoi, il y aurait "le feu" à la maison Le Monde ? Le Monde n'aurait-il pas fait preuve de la plus grande rigueur journalistique, de la déontologie la plus "de référence", dans le traitement de cette histoire ?

 

*le plus rigolo serait que l'on apprenne que l'informateur du Monde est un proche de Nicolas Sarkozy... Comme disent Les Guignols, NS :"Le Monde, je les connais, j'y travaille" ;-)*

02/05/2006

Le Monde, parfois...

... est riche d'articles intéressants, surtout quand ils ne sont pas écrits par leurs journalistes (pique gratuite, mais je répète que je suis un vacciné de l'époque de l'approximation comminatoire à la Plenel, Orange, etc.)

Ici, en creux, pourquoi ça marche moins bien en France qu'à Londres. Bon, ça oublie aussi pourquoi c'est plus dur là-bas qu'ici... mais c'est le principe du livre. J'aime beaucoup, notamment : "L'employeur britannique ne sacralise pas le diplôme, qui est surtout, à ses yeux, la preuve que son détenteur possède une capacité à comprendre." C'est exactement ce que je vois avec mes collègues d'outre-Manche : aucun n'a le diplôme de sa fonction. Et ils sont bons dans leur métier.

Et là, un article sociologique intéressant, même si je n'en partage pas la conclusion inutilement alarmiste (la référence à 1932 en Allemagne, tiens donc...) et stupidement Etat-providentielle ("Mais rien ne dit qu'elles seront vraiment écoutées."). En revanche, le reste de la tribune de M. Chauvel est passionnant. Et surtout, permet de faire le lien avec ce que je vois/crois/pense : dans tous les domaines, on passe d'une structure en losange (peu en bas, beaucoup au milieu, peu en haut) à une structure en sablier (beaucoup en bas, peu au milieu, beaucoup en haut).

Un récent échange sur les TAZ offre d'ailleurs une piste de réflexion : est-ce que les membres de ces "temporary autonomy zones" qui se mettent hors du système sont les enfants de ces classes moyennes ? Je crains que oui... (alors que les punks des années 80 étaient plutôt enfants des classes défavorisées, si j'ai bien retenu).

Food for thought

22/02/2006

Le Monde, évidemment...

Titre en une du site : "Philippe Seguin : le modèle anglais est plus efficace que le modèle français". Horreur ! Scandale ! L'infâme libéral ! Le traître au gaullisme social ! (Au fait, on parle d'immigration.)
En fait, le titre exact de l'article, en "pages intérieures", est : "Le modèle canadien ou anglais est plus efficace que le modèle français non appliqué". (c'est moi qui souligne) Ce qui change complètement le sens, non ?

 

Lire le Petit traité de désinformation... ça devient urgent !