19/06/2009

Depuis la savane

Après quelques mois dans ce nouveau poste, je commence à mieux cerner les caractères.

 

Une vraie animalerie, crocodile de marigot, vieux singe (à qui...), renard mielleux et zébu fatigué.

 

Un Disney à l'humour las.

12/03/2009

Transitionnels

Bientôt un mois à mon nouveau poste.

 

Passées les premières semaines de prise de connaissance des dossiers, je m'affronte maintenant à l'épineuse question de la reprise en propre de certains projets, sans pour autant repartir de zéro, vexer les anciens responsables ni paraître débarquer de la Lune. Je n'ai pas encore la réponse.

 

Je me familiarise aussi avec les us de mes nouveaux patrons : le fonctionnel est aux abonnés absents (et je sais qu'il surgira comme un diable de sa boîte quand il en sentira le besoin), le hiérarchique a son propre agenda ; et ceux de mes collègues.

 

Bref, j'ai conscience que j'entre dans une période difficile.

19/02/2009

Puits gravitationnel

Au bureau, ma prise de fonctions déclenche des effets intéressants.

Un de mes anciens collègues est tombé dans le syndrome "MRVC" (Ma Relève Verra Ca, en militaire) et considère que, sur tel ou tel projet, la relève, c'est moi. Sur le fond, il a raison. Mais la forme qui consiste à m'envoyer un e-mail avec le compte-rendu de la dernière réunion (sous forme de liste de choses à faire mais sans indication de qui doit faire quoi pour quand) en m'indiquant qu'une réunion doit être organisée (par moi) la semaine prochaine... me, dira-t-on, chagrine.

Retour à mon ancien boss, qui confirme le fond et modifie la forme : on fera une vraie réunion de transmission, avec toutes les parties.

 

Quant à mes nouveaux collègues, ils voient arriver avec soulagement "l'homme qui va s'occuper des aspects d'organisation et de production". Je me retrouve donc avec une liste de tout ce qui est à améliorer, à mettre en place, à déployer sur la totalité de la zone, à prise d'effet immédiate... Passé le sentiment d'avalanche, je promets de leur revenir avec leur liste mise en forme, hiérarchisée par enjeu pour que l'on puisse ensemble la prioriser : tout ne peut pas être pour tout de suite, partout !

 

Pendant ce temps, mes deux nouveaux patrons (hiérarchique et fonctionnel) me mitonnent une liste d'objectifs (quoi pour quand) qui tient déjà sur deux pages.

 

Vivent les créations de poste...

21/08/2008

Tout change, rien ne change

Dans La Compagnie, la réorganisation avance.

 

Après une jolie bataille diplomatique, il se confirme que très peu changera pour nous, si ce n'est notre "référent" fonctionnel et quelques dossiers en moins. D'autres en plus, aussi, d'une nouvelle ampleur.

 

Cependant, des événements connexes (prise d'indépendance de certains pays) me conduisent à penser que nous sommes en train de perdre la main-mise sur nos objectifs, la liberté d'agir sur nos projets et la capacité d'intervenir en amont partout dans le monde. Nous ne serons plus responsables de la mise en place, mais coupables des imperfections de fonctionnement.

 

Nous gagnons en revanche un dossier très complexe (multi-pays, multi-lingue, multi-activités, tout à faire...), des tonnes de guides de procédure à construire, des audits techniques dans les pays.

 

Nous ne construisons plus une organisation au niveau mondial, nous gérons des capacités de production sous contrainte des volontés des grands pays.

 

Et je n'ai pas une grande passion pour la gestion des emmerdes de production.

22/07/2008

Au chevet libéral

Il est assez étonnant de constater les ravages de l'annonce d'une réorganisation sur un corps social.

 

Un peu comme si, à l'annonce du bistouri, les organes se muaient en cartilages, s'enkystant au plus profond pour échapper à la lame.

 

Nous n'avons de cesse d'imaginer toutes les raisons pour lesquelles le plan directorial est mauvais. A vrai dire, ce n'est pas difficile, il suffit de ramasser les restes de l'actualité. Crise de crédit (notre matière première), crise de croissance (notre énergie), crise informatique - les grands chantiers qui patinent faute de ressources - (notre usine), tout enjoint à la critique mezzo-voce sur l'air du "ce n'est vraiment pas le moment de lancer une réorganisation".

 

Je ne partage pas ce point de vue.

 

D'une part, il est trop tard pour s'inquiéter de la perspective des changements à venir : ils sont en cours. Plutôt se consacrer aux points de chute, parachutes et autres amortisseurs.

 

D'autre part, c'est clairement le meilleur moment : si jamais le plan ne se déroule pas parfaitement, la cause est toute trouvée, externe, "indépendante-de-notre-volonté".

 

A l'annonce du bistouri, si l'opération se passe mal, ce sera la faute du chirurgien.

 

***** 

 

(Pour filer la métaphore : le système immunitaire est en surchauffe, ça bombarde dans tous les sens...)