12/10/2006
A LIRE : Les sirènes de Bagdad, Y. Khadra
Quelque part en Irak, Kafr Karam est un village où rien ne se passe vraiment, et que le tumulte de la guerre n'atteint qu'à grand peine. Mais quand on se croit oublié de l'Histoire, elle se rappelle à vous. Trois événements tragiques vont ramener ses habitants à la triste réalité, et surtout lancer un jeune fils de famille bédouine modeste sur le chemin personnel et politique de la vengeance et du terrorisme, parce qu'il n'y a pas d'autre possibilité.
D'un style direct, percutant, au vocabulaire précis et imagé, mêlant avec fluidité l'observation de la folie qui l'entoure et les positions intimes du narrateur, Yasmina Khadra nous projette dans le chaos irakien, vu de l'intérieur par un jeune homme assez éduqué, plutôt apolitique et indolent. Avec didactisme, Y. Khadra explique pourquoi telle action faite par un soldat américain est une offense impardonnable.
Roman à une seule voix, mais une voix qui varie, questionne, doute, s'engage, s'enferme, s'aliène, Les sirènes de Bagdad est de ces livres qu'on ne lâche pas, l'épopée triste d'un homme dont la culture moderne, y compris dans son propre pays, nous dit "Quels principes arriérés !" et qu'il est pourtant difficile, jusqu'à un certain point, de condamner.
En contrepoint, les personnages secondaires incarnent les multiples facettes d'une réalité que certains voudraient nous faire croire uniforme, manichéenne et condamnable.
Qui est le salaud, qui est la brute ? Qui est le lâche, qui est le héros ? Le traître, le collabo ? C'est parce qu'il n'y a pas vraiment de réponse que ce livre est à la fois passionnant et profondément humain.
15:55 Publié dans Des mots m'émerveillent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : khadra
10/10/2006
Prochain(e)s heur(e)s
"Beyrouth retrouve sa nuit et s'en voile la face." (Les Sirènes de Bagdad, Yasmina Khadra)
"Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça c'est passé." (Les Bienveillantes, Jonathan Littell)
Impressions de première page : je préfère le style court, dense du premier au style plus classique du second. (oui, "première page" au singulier)
J'en ai les neurones qui pétillent :-)
07:15 Publié dans Des mots m'émerveillent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : khadra, littell





