17/08/2007

Pitoyable rentrée

Bientôt la rentrée. Et ce que l'on en perçoit n'est pas des plus réjouissants quant à une supposée capacité d'intelligence humaine.

 

Le pourtant raisonnable Michel Sapin qui affirme calmement que le fait que le Conseil Constitutionnel ait retoqué l'article sur la déductibilité des intérêts des emprunts passés est "un échec de Sarkozy". On doit donc en conclure que la validation de la loi sur le service minimum par le même Conseil est un succès de Sarkozy. De même, un autre socialiste juge bon de dire que cet article "ne concernait que les plus riches". Acheter sa maison à crédit est donc un privilège de riche. Qu'en pensent tous les ouvriers, employés, fonctionnaires, retraités qui sont propriétaires à crédit ? Au moins, cela clarifiera, pour M. Hollande qui "n'aime pas les riches", le fait que oui, il ne s'aime pas. Puisqu'il est propriétaire.

 

De l'autre côté, la botoxée Ministre de l'Economie Mme Lagarde court les plateaux-télés pour dire que "non, ce n'est pas une crise boursière, mais un réajustement brutal". Outre que cela ne veut rien dire, faut-il être naïf (ou banque centrale) pour croire qu'une incantation étatique, fût-elle ministérielle ou à coups de milliards, peut redonner confiance (= faire changer d'avis) des agents économiques irrationnels qui, après avoir mis tous leurs oeufs dans le même panier, les retirent tous en même temps ? La crise est nécessaire, la bulle de crédit DOIT exploser : est-ce maintenant, est-ce à cette vitesse ? On verra dans deux mois.

 

Pendant ce temps, la presse et l'Internet bruissent de l'angélisme froissé de Wikipedia. Ciel, des personnes modifieraient à leur avantage les articles les concernant ? Mon Dieu quelle horreur au paradis du savoir désintéressé ! Sont-ils donc si naïfs ? Bien sûr, c'est beaucoup plus intéressant quand c'est signé CIA ou TF1 que quand il s'agit d'agités conspirationnistes rédigeant des articles à la gloire de leurs hallucinations. Non, je n'ai pas dit "11 septembre".

 

En parallèle, des crétins moyens de diverses nationalités réduisent toute personne ressemblant de près ou de loin à un musulman à un terroriste, du moment qu'il prend l'avion (et je ne regrette pas d'avoir fait exprès de lire le Coran bien ostensiblement, dans le métro, en 1995...); d'autres, souvent journalistes, sélectionnent les faits ou les bribes de faits qui les intéressent pour en faire des opinions, voire des anathèmes, surtout quand ça touche l'Eglise catholique ou l'Islam ; d'autres encore, quand un accident arrive, et par définition accidentellement c'est-à-dire de manière imprévisible, n'ont de cesse de chercher des responsables-coupables ou pire, de récrire le déroulement des faits pour y trouver "ce qu'il aurait fallu faire" ; d'autres enfin, quand un récidiviste récidive, en appellent à l'Etat - qui en joue, le minable - pour exorciser leur peur, quitte à mettre tout le monde en prison à vie.

 

C'est peut-être la fatigue, peut-être le découragement.

 

Mais j'ai peur que l'époque ne soit plus à l'esprit critique, ni à la raison.

 

Comment peut se résoudre une crise d'imbécillité généralisée ?

 

Au jeu du plus crétin, c'est toujours le manipulateur qui l'emporte.

16/02/2007

La conjuration des hypocrites : le journaliste objectif

Pour être l'épouse d'un ministre, une présentatrice du journal de 20h a été obligée de "se mettre en retrait" pendant la campagne.
Pour être la compagne d'un ancien ministre, une autre présentatrice a préférée se retirer du journal pendant la campagne.
Pour avoir dit quel candidat avait le plus ses faveurs, un chroniqueur politique est privé d'antenne.

 

Outre, dans les deux premiers cas, le vieux relent machiste consistant à penser qu'une femme ne saurait avoir une opinion politique différente de celle de son mari/compagnon et n'aurait pas la capacité à se comporter en professionnelle, suis-je le seul à trouver tout cela d'une hypocrisie lamentable ?

 

Que vaut-il mieux ? Entendre une chronique de la part d'un journaliste dont on sait le bord, et l'apprécier en connaissance de cause, ou écouter celle d'un chroniqueur qui cache ses préférences, au risque de la manipulation ?

 

Ainsi les médias veulent-ils nous faire croire qu'ils sont de purs esprits, détachés de toute opinion partisane, regardant la campagne du haut d'une sorte d'Olympe éthéré de l'objectivité. Mais bien sûr... Il n'y a qu'à se rappeler le tropisme balladurien (en 1995) ou sarkozyste des derniers mois du Monde ou le tropisme anti-Royal du Figaro aujourd'hui. Libé, c'est plus simple, préfère depuis toujours faire rentrer les faits dans sa grille politique, quitte à y aller au burin...

 

En voulant continuer à entretenir ce fantasme d'objectivité, on laisse la porte ouverte à toutes les accusations de collusion.

 

C'est le fonds de commerce des extrêmes, des complotistes, de la méfiance généralisée depuis des années.