10/04/2007
Le gêne de la pédophilie localisé en Inde
(à lire au second degré, au moins)
Après la révélation de haute teneur scientifique, digne d'un prix (ig)Nobel, du candidat Nicolas Sarkozy, selon lequel "on naît pédophile", une étude récente nous apprend que l'endroit où ce gêne s'exprimerait le plus est l'Inde, quatre régions de l'Etat-continent en particulier.
En effet, une étude commandée par le gouvernement indien révèle qu'un enfant sur deux en Inde subit des abus sexuels. Dans 88.6%, le ou les agresseurs sont des parents.
On peut donc en déduire, à la lumière de la brillante intuition du future Génie des Carpettes français, que le gène responsable de ce comportement est présent chez au moins un parent de ces enfants.
Comme il s'agit d'un gène, et non d'un comportement acquis, les enfants seront, avec une probabilité de 50%, porteur de ce gène, et, avec une probabilité de 25% (le gène pourrait être récessif), futurs agresseurs. Cependant, la constance de ces comportements violents, dénoncée par les associations sur place, ne plaide pas en faveur du caractère récessif.
Je propose donc qu'à titre scientifique, une étude génétique soit menée sur la population indienne, pour identifier le fameux gène. Et qu'à titre humanitaire, politique et sécuritaire, on envoie quelques bombes atomiques sur les régions concernés de ces pays, de manière à éradiquer les auteurs actuels et les futurs auteurs (les victimes actuelles ou leurs frères et soeurs) de ces agressions.
"Demain, tout est possible." qu'il disait.
Mais à ce niveau de connerie avérée, ça devient dantesque. Le premier cantique, surtout.
Plus sérieusement, NS se rend-il compte que chercher une origine génétique à des comportements :
- entraîne logiquement une totale exonération de responsabilité pour les agresseurs, et par là rend caduc le code pénal sur ces crimes-là. Comme disait Jessica Rabbit : "je ne suis pas mauvaise, je suis juste dessinée comme ça".
- a pour conséquence une condamnation automatique à vie : si c'est génétique, c'est incurable.
- conduit naturellement à un dépistage et une contrainte légale AVANT tout acte, comme dans Minority Report, c'est-à-dire à la totale négation d'un fondement philosophique majeur de notre civilisation, la liberté individuelle de ses choix, corollaire de la responsabilité individuelle de ses actes.
- prive une partie de l'humanité de son caractère d'être humain, puisque ni libre de ses choix, ni responsable de ses actes.
- dans le cadre des agressions sexuelles familiales, interdit à la victime tout espoir de reconstruction et de résilience quant à sa volonté de mener sa vie, puisque la simple présence du gène indiquera qu'elle pourrait être le prochain agresseur - épée de Damoclès qui devrait augmenter le nombre de suicides. Ah, j'oubliais, "les suicides, c'est génétique" aussi.
- en fait, tout bien considéré, une victime d'inceste familial devrait immédiatement être soumise au dépistage du "gène de la pédophilie", puisque les gènes, ça se transmet.
- rend caduc, mais est-ce le plus important, un pan entier de la psychologie - tout ce qui se rapporte à la construction narcissique du sujet.
(PS : les lecteurs habituels connaissent la mesure de mon expression, et seront surpris par le ton de cette note. Mais là, c'est tellement énorme que j'en perds mon calme. Jusqu'ici, je n'étais que très gêné à l'idée de devoir peut-être voter au second tour pour NS. Maintenant, c'est carrément en dehors du champ des possibles : entre "l'efficacité de la justice chinoise" royaliste et le "on naît pédophile" sarkoziste, je préfère la connerie appliquée à la connerie conceptuelle.)
14:35 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, inde





