20/04/2007
Le jour de ma rupture avec Nicolas Sarkozy*
(* titre recopié de Nuesblog)
Quand NS est arrivé au ministère de l'Intérieur, j'ai été séduit par son parler vrai, sa capacité à rebondir, sa volonté d'action, son discours de la preuve par l'acte. Son intelligence et son côté "grand fauve politique", qui me faisaient penser, sous des manifestations différentes, à Mitterrand.
J'ai aimé que l'on dise enfin qu'un agresseur est d'abord un agresseur, et une victime est une victime. Je n'adhère pas au discours "ce n'est pas la faute de l'agresseur, c'est le contexte qui l'a amené à ça" : on a toujours le choix de ses actes. Bien sûr, des circonstances peuvent atténuer la responsabilité. Mais jamais ni l'excuser ni l'exonérer.
Et puis, il y a eu le projet de loi sur la détection des troubles de conduite chez les très jeunes enfants. J'avais signé, chose rare, la pétition "Pas de zero de conduite pour les enfants de trois ans", qui s'élevait contre les conclusions d'une étude de l'INSERM. Je mettais ce projet de loi sur le compte d'un affichage politique. Il est tellement imbécile, après des années où l'on nous a seriné "ce n'est pas leur faute, c'est le contexte" - un bon moyen d'évacuer la question de la responsabilité et de l'éducation -, de basculer dans le "ils sont prédestinés à cela et on peut le détecter dès le plus jeune âge" - un bon moyen de ne pas se poser la question du contexte - que je n'imaginais pas que le texte passe en l'état. Le dépistage précoce a finalement été sorti du texte.
Je n'ai pas rompu à ce moment-là. La politique est aussi un jeu : j'ai cru que c'en était une carte.
Mais il y a eu l'entretien à Philosophie Magazine.
Ce que j'y ai lu m'a fait froid dans le dos. Je n'ai aucune passion pour Michel Onfray : ses positions caricaturales sur les religions, sa philosophie en recyclage des idées d'extrême-gauche m'indiffèrent. J'étais plutôt intéressé de voir un politique prendre du recul et discuter avec un philosophe.
Mais à la lecture de TOUT l'article, ce que je n'imaginais pas m'est apparu comme un choc : oui, Nicolas Sarkozy est convaincu que violence, pédophilie, suicide, que des comportements procèdent d'un déterminisme personnel (peu importe ici qu'il soit génétique). Cela met en lumière toute sa pensée, toute son action à l'Intérieur : si déterminisme il y a, il n'y a alors que deux réponses.
Détecter les déviants et en protéger la société.
Bienvenue à Gattaca et Minority Report.
Je suis un humaniste : je crois en la capacité de l'homme à s'améliorer, à changer, à évoluer, à se libérer des ses chaînes, de ses peurs, de ses pulsions. A dépasser la violence primordiale qui est en chacun de nous, au plus profond, avant tout rapport à l'autre, toute éducation, toute morale. Je ne dis pas que c'est toujours possible, mais que c'est toujours à essayer, pour soi et pour les autres. Je crois aussi que l'on est ce que l'on choisit de faire.
Pas lui.
Le jour de la parution de cet article, j'ai su que JAMAIS je ne voterai pour lui.
(J'aurais un vrai problème de conscience si le second tour est Sarkozy-Le Pen...)
12:04 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, presidentielle, humanisme, anti





