06/11/2006

Le point Saddam de l'Histoire

Saddam Hussein est condamné à mort.

 

Je suis contre la peine de mort, par position philosophique et morale. Philosophique : de quel droit nous arroger un droit définitif sur la vie de l'autre ? Morale : quid de l'erreur judiciaire ? (ce qui n'est certes pas le cas de Saddam).

 

Je comprend la liesse des anciennes victimes du dictateur. J'entend l'argument "plutôt mort que héros de la résistance". Tout comme son inverse : "attention à n'en pas faire un martyr". Même si les terroristes sunnites n'ont pas besoin de lui vivant pour massacrer. Ni mort, d'ailleurs. (Les terroristes chiites et al-qaeda, c'est hors sujet.)

 

Est-il plus probable que la paix revienne, lui mort ? Nul n'en sait rien. A-t-il commis les pires crimes ? Objectivement, à part les camps de concentration serbes, le Rwanda et le Darfour, je ne vois pas à quel titre lui refuser ce (dés)honneur.

 

Saddam a perpétuité ? Non merci.
Saddam pendu ? Oui mais non.

 

Comme tout monstre, Saddam défie la logique et l'Histoire. Une singularité dans l'Histoire moderne, au même titre qu'Hitler, Staline, Pol Pot et quelques autres. Une singularité qui rend inopérantes nos options, notre réflexion, nos valeurs. Comme le Jour J, Hiroshima et Nagasaki, Auschwitz, aussi (*).

 

Ne reste alors que le choix de quelques hommes.

 

Pour le meilleur et pour le pire.

 

(* qu'aucun imbécile ne vienne me dire que je mets tout cela au même niveau moral : ce n'est pas le cas. Uniquement du point de vue de la rupture de la capacité à raisonner l'événement.)