13/08/2004
Bacon
Le ciel est changeant comme une âme errante, déluges d'eau volcanique sur le zinc des toits gris, lumineuse clarté d'un août oblitéré. Les effluves mouillées s'envolent du goudron.
En route pour l'expo Francis Bacon - ça va bien avec le temps qu'il fait.
On y voit sous chaque visage le masque grimaçant du cadavre/squelette, sans-sourire rayé de dents. Les personnages ne sont plus assemblages de fruits et légumes, mais morceaux de chair collées Frankenstein sur la toile brute ou sur le fond aux noirs différents. Les membres se perdent dans l'espace, seuls restent le visage, le dos, clown papal au violet grimaçant, structures en leitmotive du cercle et du cube. D'ailleurs, bientôt, plus tard, les têtes seront coupées et les membres amputés.
Même en costume, cheveux gominés à la Reagan, le sourire certain du mâle est balafré de la main du peintre, comme deux lèvres transparentes laissant voir la mort annoncée.
Je n'ai pas tout compris - pourquoi ces triptyques ? Les plans parfois s'entrechoquent en une vision surréaliste. Le mouvement aussi - ces chiens à l'échine courbée.
Et les yeux creux, accusateurs du portrait imaginaire de Pie XII.
Pourtant, ce n'est pas effrayant. Il y a quelque chose de vibrant.
20:30 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, expo, francis bacon





