18/12/2007

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Pot de départ en retraite d'une collègue de La Compagnie.


Les mots "professionnalisme", "patience", "humour", "gentillesse" sont bien évidemment prononcés, avec toute l'emphase du discours écrit entre deux présentations Powerpoint et un tableau budgétaire sous Excel. Le mot "patience" renvoit d'ailleurs la partante à son statut d'assistante : Dieu que supporter un directeur est méritoire !

 

Le champagne tiède, les petits fours mous, les inévitables "verrines" en plastique. Cette fausse familiarité entre collègues de différents sites. Le directeur adjoint aux ressources inhumaines, surnommé "mord-les !", avec son costume croisé ringard, son nez légèrement couperosé et son sourire tartuffe. Effusions, cadeaux (des collègues d'un côté, de l'entreprise de l'autre - ne pas mélanger les torchons et les serviettes !), petits souvenirs et autres attentions, certaines vraiment émues.

 

Ceux qui partent ainsi sont en réalité ceux qui sont restés. Ca n'est pas une aussi grande lapalissade que ça en a l'air.

 

Que D*, oubliée depuis dix ans dans son grand bureau à plantes vertes, qui s'est pourtant adaptée avec le sourire à toutes les réorganisations, toutes les innovations techniques, tous les caractères - parfois odieux (la mémoire en reste après leur départ, couche parasite sur la "culture d'entreprise") - de patrons de droit divin ou dit-vin, va nous manquer maintenant qu'elle part "vivre pleinement sa retraite" ! On en vient même à rappeler le douloureux vide de ceux qui l'ont précédée dans la cérémonie d'expulsion, et dont la jeune génération ne supportait plus l'humour Almanach Vermot et les souvenirs "d'avant-l'informatique" depuis plusieurs années déjà !

 

L'époque change.

 

Peut-on encore rester TRENTE ANS dans une entreprise ?