05/07/2007
Quand le journaliste se fait corbeau...
Affaire Clearstream, le retour.
Je n'ai aucune affection particulière pour D. de Villepin, mais le traitement qui lui est infligé rappelle les pires heures de la chasse aux sorcières. Cela dit, il est en tout point conforme à ce que nous subissons depuis le début de l'affaire Clearstream : amalgames, à peu près, manque d'esprit critique, déformation du "possible" en "réel", etc.
La Croix équilibre l'attaque par la défense : "En cause dans l'affaire Clearstream, Villepin dénonce des accusations infondées", ce qui est totalement factuel.
Le Figaro reste proche des faits, grâce au conditionnel : "Clearstream : Villepin aurait donné des instructions à Gergorin" - il aurait fallu ajouter "selon Lahoud", pour être exact.
Libé prend le témoignage indirect pour un fait : "Clearstream: nouvelles notes de Rondot sur Villepin et Chirac", ce qui n'est pas faux, mais pas complètement vrai. Les notes de Rondot ne sont pas sur Villepin mais citent Villepin. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose...
Le Monde - comme d'habitude et malgré le tag de l'article "les faits" - fait fi de la vérité la plus basique dans un titre à la Plenel : "Clearstream : devant les juges, le général Rondot accuse M. de Villepin" (ce qui est absolument faux). Euh non, pas du tout. Rondot a simplement reconnu devant les juges que les notes reconstituées par l'expertise judiciaire de son ordinateur étaient correctes, lesquelles notes rapportaient que Lahoud lui a dit que Gergorin avait dit avoir reçu des instructions de Villepin... et que Gergorin lui a dit que Villepin était très excité par cette affaire. Ca fait beaucoup de on-dits, tout ça.
Mais bien sûr, Gergorin est l'archétype de l'honnête homme, incapable de mentir. Tout comme Imad Lahoud, autre parangon de vertu.
Les deux l'ont suffisamment prouvé depuis le début de cette affaire, n'est-ce pas.
Un autre point, qui a moins été médiatisé : toujours d'après les notes reconstituées de Rondot, Sarkozy était au courant depuis 2004. Pourquoi ne suis-je pas étonné ? :-D (note aux conspirationnistes : et non, le fait qu'il ait été au courant n'en fait pas l'organisateur)
Tout cela est d'un ridicule...
17:05 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, villepin, sarkozy
16/06/2006
Florian Bourges connaît-il Nicolas Sarkozy ?
Un article du Parisien, reprenant (peut-être) l'info que j'ai trouvée selon laquelle Florian Bourges est président d'une association subventionnée par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, pose hâtivement la question de l'existence d'un lien entre les deux. Est-ce crédible, probable, possible ?
Relations F. Bourges - CG Hauts de Seine : subventions en 2005 pour l'association "Toupty" dont Bourges est président.
Sarkozy est-il au courant de cette association de Bourges ? Uniquement si l'on suppose que le Président de la République connaît tous les récipiendaires de la Légion d'Honneur, vu que c'est lui qui signe le décret... De même, un patron de PME (ou son directeur commercial) signe les contrats rapportés par ses commerciaux : cela veut-il dire qu'il connaît tous les clients ?
A mon avis, là, on est dans la reconstruction intellectuelle pour que ceux qui le souhaitent continuent à être persuadés qu'il y a une "manipulation dans l'affaire". Le plus souvent, l'explication est plus simple... (après toutes les circonvolutions de l'affaire Clearstream, on en revient quand même à l'hypothèse initiale : Gergorin did it...)
Admettons que Bourges et "le clan Sarkozy" se connaissent. (NB : une "hypothèse forte" est MOINS crédible qu'une "hypothèse faible", en langage scientifique)
Quatre hypothèses :
- une super-forte (tout l'affaire est un coup monté depuis 2001 par "le clan NS"),
- une forte ("le clan" a missionné Bourges dès juillet 2003),
- une moyenne ("le clan" a "fait une fleur" à Bourges par le biais d'une association d'icelui subventionnée en 2005),
- une faible (Bourges connaît des personnes "du clan" pour son association et fait mention de l'affaire. On lui répond : "merci, si vous avez besoin de quelque chose..." et lui d'enchaîner : "ben justement, j'ai une association qui..."),
- une super-faible (les deux sont sans relation de cause à effet).
A noter que dans les hypothèses moyenne et faible, il aurait fallu que Bourges fasse le rapprochement entre "Nagy", "Bocsa" et Sarkozy, ce qui n'est pas, à nouveau, l'hypothèse la plus simple.
Le nom de domaine Toupty.org a été créé en le 6 mai 2003 par Bourges, et toupty.net le 21 septembre 2005 par l'association Toupty. Cela est conforme à la date de création de l'association (créée en 2003, mais enregistrée en 2004 à la Préfecture - les associations sont le plus souvent créées avant d'être enregistrées, contrairement à une entreprise).
La première crêche de cette association est, d'après son site, à Ivry (94). Elle a reçu une subvention de la ville (communiste) en juin 2005, ville qu'elle avait contactée dès novembre 2003 (source : CR de séance de conseil municipal du 23 juin 2005, avant-avant-dernier lien, pp. 53 et 54). A noter d'ailleurs que la ville (communiste) d'Ivry adhère à l'association.
L'autre ville qui a subventionné est Hordain, ville du Nord, dont le maire est de gauche (cf. dépôt d'une requête au C. Constitutionnel CONTRE le candidat de droite). F. Bourges a fait ses études dans le Nord.
Ca rend beaucoup plus compliquées les hypothèses autres que la super-faible...
Enfin, dans le cadre de "l'affaire Clearstream", il n'y a AUCUNE nécessité que Bourges et Sarkozy se connaissent.
L'hypothèse la plus probable est que Toupty et Clearstream n'ont aucun lien entre eux.
18:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, sarkozy
08/06/2006
Clearstream : et si on faisait une chronologie
En termes de chronologie, on a donc (en italique, ce qui n'est pas confirmé ou recoupé) :
- 2001, 28 février : sortie du livre Révélation$ de Robert et Backes
- 2001 : Bourges passe des fichiers à Robert
- 2002, 23 janvier : sortie du livre La Boîte noire de Robert
- 2002 : Lahoud rencontre Gergorin. Gergorin le mettrait en contact avec Rondot. Rondot ferait travailler Lahoud sur le financement du terrorisme international.
- 2003, janvier : Lahoud est présenté à Rondot par Gergorin. Rondot envoie Lahoud vers la DGSE qui "se serait occupé de lui pendant un semestre environ" (soit jusqu'à...juin / audition de Rondot)
- 2003, février : selon Rondot, la DGSE "crible" Lahoud et informe le général qu'il a des ennuis judiciaires.
- 2003, 19 mars : Lagardère père décède brutalement après une opération. Gergorin est persuadé que la mort n'est pas naturelle.
- 2003, mars : Lahoud, qui se dit envoyé par la DGSE, rencontre Robert qui lui remet des fichiers
- 2003, fin mai : Gergorin chercherait des preuves de mouvements d'actions Lagardère peu avant le décès du PDG.
- 2003, juin : la DGSE cesserait tout contact avec Lahoud (Rondot)
- 2003, juillet : Lahoud est embauché à EADS par Gergorin
- 2003, juillet : Lahoud rencontre Bourges, qui lui remet d'autres fichiers, plus complets (le fameux annuaire des 33000 comptes ?)
(pour le moment, ça corrobore la confusion sur "une ou deux sources ?" qui a eu lieu au début de l'affaire)
- 2003, septembre-novembre : Rondot fait travailler Lahoud sur des réseaux de financement terroristes, sans grand résultat.
- 2003, novembre : Gergorin remet une liste à Rondot, sur laquelle figurent des personnels militaires et du renseignement (dont le n°2 de la DST, Martini), ainsi que L. Casta et la chanteuse Alizée. Selon Rondot, les noms liés à Sarkozy y figuraient mais peut-être pas... (il varie dans ses déclarations). Gergorin confirme lors de son audition de fin mai que les noms de cinq politiques figurent mais élude sur Sarkozy...
- 2003, 15 novembre : Rondot a instruction de sa hiérarchie de n'enquêter que sur les personnels militaires cités dans les fichiers + Martini, adjoint à la DST
- 2004, 9 janvier : réunion Gergorin, Villepin, Rondot. Gergorin reproche à Rondot de ne pas s'activer. Rondot note dans son carnet : "Mon impression: doute persistant. Belle construction intellectuelle montée par JLG et qui accroche DDV - la théorie du complot?"
- 2004, mars : selon Gergorin, première mention des noms relatifs à Sarkozy dans les fichiers. Gergorin reconnaît qu'il a menti lors de son audition de fin mai.
- 2004, mars : Lahoud est arrêté pour ses ennuis judiciaires. Villepin téléphone à Rondot pour le faire libérer, mais Lahoud est déjà remis en liberté.
- 2004, 31 mars : Villepin devient ministre de l'Intérieur.
- 2004, 3 avril : Gergorin déjeunerait avec le patron de la DST. Florian de Bousquet dit que c'était le 6 mars et que Gergorin ne lui parle pas de Clearstream mais de la mort de Lagardère père
- 2004, avril : Rondot fait part de ses doutes à Villepin, qui lui aurait dit : "si c'est le cas, on arrête tout, et même, on réagit"
- 2004, 30 avril : Gergorin rencontre Van Ruymbeke chez l'avocat Montbrial
- 2004, 4 mai : première lettre anonyme. Les politiques n'y figurent pas. Delmas, ennemi de Gergorin, y figure.
- 2004, 7 mai : Van Ruymbeke place Delmas en garde à vue. Delmas est relâché.
- 2004, 12 mai : assemblée générale d'EADS
- 2004, 12 mai : selon Gergorin, "la source" indique que 895 comptes ont été fermés brutalement
- 2004, mi-mai : Rondot informe son chef (Marland) et MAM de ses doutes
- 2004, 14 juin : deuxième lettre anonyme, dite des "895 noms" - des politiques, des membres du renseignement militaire et civil, dont l'adjoint de Florian de Bousquet (Martini), des artistes
- 2004, 4 juillet : Villepin demande une enquête à Florian de Bousquet, patron de la DST. FdeB confie l'enquête à une cellule dirigée par Gayrault.
- 2004, 8 juillet : dans un article, Le Point mentionne que le nom de Sarkozy figure dans les fichiers
- 2004, entre 7 mai et 3 septembre : Van Ruymbeke informe Delmas qu'il n'y a rien contre lui
- 2004, 3 septembre : dépôt d'une plainte pour "dénonciation calomnieuse" par Delmas
- 2004, octobre : sur conseil de Robert (qui connaît les deux), Bourges rencontre Van Ruymbeke. Bourges indique alors que les fichiers que le juge lui présente sont trafiqués
- 2004, 15 octobre : Lahoud rapporte que Marsaud, avec Gayrault de la DST (le commissaire qui avait été chargé par FdeB d'enquêter sur le corbeau des fichiers mentionnant Sarkozy), se rend chez Sarkozy
- 2004, 15 octobre (le soir même) : rencontre orageuse Sarkozy, Villepin, Florian de Bousquet (patron de la DST depuis 2002)
- 2004, novembre : Sarkozy démissionne du gouvernement et devient président de l'UMP
- 2005, février : Rondot coupe les ponts avec Gergorin
- 2005, 31 mai : Villepin quitte l'Intérieur et devient premier ministre
- 2005, juin : Sarkozy ministre de l'Intérieur pour "se protéger des complots". Sarkozy demande à la DST communication de leur enquête.
- 2006, 6 janvier : Sarkozy se constitue partie civile à la plainte
- 2006 : Sarkozy se pose régulièrement en "victime", attirant une énorme attention sur "l'affaire"
- 2006, mars : premières perquisitions
- 2006, mai : Lahoud est licencié d'EADS
- 2006, mai : Gergorin est licencié d'EADS
Les fichiers sont "non trafiqués" avec une certitude raisonnable (Robert + Bourges) jusqu'en juillet 2003.
A partir de juillet 2003, Lahoud travaille chez EADS, embauché par Gergorin (contre l'avis du propre frère de Lahoud, patron de la division Missiles).
Les fichiers "trafiqués" apparaissent soit en novembre 2003 (Rondot, Gergorin), soit en mars 2004 (Gergorin), soit en juin 2004 (corbeau).
Les fichiers sont reconnus comme "trafiqués" en octobre 2004 (Bourges).
De là, trois scénarios :
- Lahoud a manipulé Gergorin sur une durée de plusieurs années. Pourquoi et pour le compte de qui ? Et comment est-il rémunéré ?
- Gergorin a utilisé les fichiers de Lahoud et, pour être certain que ça fasse bouger, il rajoute une poignée de politiques, un zeste d'hommes du renseignement et une pincée d'artistes. Entre novembre 2003 et le 14 juin 2004 au plus tard. Problème : Rondot ne réagit pas comme prévu. Il le relance lors de la réunion de janvier avec Villepin. Rondot fait le gros dos. Une fois Villepin devenu ministre de l'Intérieur, Gergorin repart à l'attaque. En parallèle, il instrumentalise Van Ruymbeke.
- "Octogonia", cellule des coups fourrés de Villepin, existe. Villepin saisit ou organise l'occasion que lui présente Gergorin de nuire à Sarkozy à l'aide de cette histoire de fichiers en les trafiquant entre juillet et novembre 2003. Apprenant que le Point va sortir un article en juillet 2004, il demande à FdeB de mener une enquête, tout en sachant qu'elle ne débouchera sur rien. Villepin apprenant les résultats (négatifs) de l'enquête, il ne le dit pas à Sarkozy pour, pense-t-il, garder la main. Problème : Sarkozy ne se comporte pas comme attendu, c'est-à-dire "low profile", mais se pose en victime sur la place publique, d'abord sans porter plainte (comme une menace), puis en redevenant ministre de l'Intérieur, pour avoir accès aux RG, à la DST et à la DGSE (dont les moyens permettraient de remonter à la source en cas de complot), enfin en portant plainte.
Franchement, A CHAQUE FOIS que l'affaire menace de retomber, QUI la relance ? Gergorin. D'abord par Rondot, puis par Villepin, puis par Van Ruymbeke/Montbrial.
Ca fait beaucoup.
(sources : Le Figaro, L'Express, wikipedia, Libération, divers sites d'info)
[edit à 15h : magnifique ! Gergorin confirme que les listings étaient trafiqués dès novembre, d'après Le Monde]
13:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : clearstream
07/06/2006
Clearstream ou... Incredible-stream ?
(Bruno, cette note-là, elle va vous faire plaisir)
Ainsi, la "source" serait Florian Bourges, ex-employé d'Arthur Andersen, lequel cabinet d'audit aurait audité Clearstream en 2001 sur demande de la justice luxembourgeoise. Demande faisant suite à la parution du livre de Denis Robert.
Pour le Nouvel Obs, M. Florian Bourges a reconnu avoir donné (et non vendu) les fichiers non trafiqués à Imad Lahoud. Imad Lahoud dit que Bourges a voulu les lui vendre, toujours selon l'Obs citant le Canard. [edit du 8 : Le Figaro indique que Bourges a dit aux juges avoir rencontré Lahoud en juillet 2003, présenté par Robert]
Florian Bourges, si c'est bien le même est :
- diplômé de l'EDHEC en 2001. Il aurait donc été "junior" stagiaire chez Andersen au moment de l'audit.
- passionné de voile, de catamaran, en particulier
- fondateur de www.strategicwatch.com
- s'il ne s'agit d'un homonyme, président d'une association gérant une crèche à Asnières et une à Bois-Colombes, subventionnée en 2005 par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, le signataire étant... son président, vous savez qui :)
Non ????
Si !!!
(merci Google, domaine.fr)
Ca devient de plus en plus rigolo :-D
21:10 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, sarkozy
24/05/2006
Clearstream ou je vais bientôt écrire des scénarios
Petite note d'auto-congratulation :D (à prendre au deuxième degré, hein).
Le 12 mai, j'écrivais :
"Probables phases médiatiques suivantes :
- lynchage de Denis Robert, présenté comme un illuminé qui se vante d'avoir découvert "l'affaire de toutes les affaires"
- dézinguage de Imhad Lahoud, "l'informaticien de génie", qui sera ravalé au rang de "petit informaticien au passé sulfureux" - edit à 14h : ça y est , c'est parti : perquisition (la deuxième) à son domicile
- exil discret de Gergorin, sans bien sûr que l'on réponde à la question cruciale : quel aurait été son intérêt à orchestrer tout cela ? Ou alors, explication par "sa paranoïa et sa propension à voir des complots partout" - noté par Rondot (de mémoire : notes de la rencontre DDV, Gergorin, Rondot : "construction intellectuelle ?")
- crucifixion de Van Ruymbeke par son autorité de tutelle, pour faute professionnelle ; ce qui permettra aux intégristes du complot, d'ici un an, de sortir un livre sur "EADS : comment ils ont eu la peau d'un juge trop curieux"
- mise en retraite d'office de Rondot - quand même, un "maître-espion" qui laisse traîner autant de notes... ça la fout mal. [edit du 15 : Brice Hortefeux, affidé de Sarkozy, commence à en parler - alors qu'il n'a aucune autorité ni légitimité pour ce faire. Pourquoi en parler, alors ? Parce que NS nie que Rondot lui ai fait passer un message ? Allons, allons...]
- les questions qui resteront sans réponse : qui a trafiqué les fichiers et dans quel but ? qui est à l'origine de toute cette affaire ?"
Aaaalors :
- le lynchage de Denis Robert : commencé par Le Monde, curieusement pas repris par "ses confrères". Ca n'est pas aussi vendeur que la campagne anti-DDV et anti-Chirac. Si cette campagne s'effondre, ce sera le prochain os à ronger pour la presse : "l'homme qui a créé un scandale".
- le dézinguage de Lahoud : la presse hésite encore. Alors qu'il y a de quoi. Mais dézinguer Lahoud impliquerait logiquement de cesser la campagne anti-DDV. On verra quand la campagne s'effondrera.
- l'exil discret de Gergorin : ben, il est à Londres...
- la crucifixion de Van Ruymbeke : là, je pense que je me suis trompé. Ca n'aura pas lieu, ce serait politiquement suicidaire. Il y aura sûrement une sanction symbolique, mais pas une crucifixion.
- la mise en retraite d'office de Rondot : à venir, mais j'en suis sûr à 90%. D'autant plus que le bonhomme se contredit, se reprend, se tait, ne dit pas tout, etc.
- qui a trafiqué les fichiers et dans quel but : ça peut être Robert (pour mettre "l'affaire de toutes les affaires" sur la place publique), Gergorin (supposément pour faire tomber ses ennemis chez EADS - mais dans ce cas-là, il devient un sujet pour une thèse de psychiatrie : monter un tel truc, en plusieurs versions, mouillant les patrons du renseignement français, des ministres, des leaders d'opposition, ... pour écarter des rivaux professionnels !!!), Lahoud (mais pourquoi ?) ou une agence extérieure (pour faire tomber le gouvernement et le président anti-guerre en Irak ? naaaaaaaaan, voyons).
Plus le temps passe, plus tout cela ne ressemble à rien.
Et les Français s'en foutent : ils ont bien raison.
11:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : clearstream
17/05/2006
Clearstream ou abyss-stream ?
Deux cents députés UMP sur 364 qui n'étaient pas dans l'hémicycle au moment du discours de DDV...
NS tout de concentration et d'onction réunies, chez Pujadas (qui a cherché la faille deux minutes et a fini par rendre les armes), expliquant sobrement qu'il "n'a de soupçon contre personne"...
Visiblement, ses troupes en ont pour lui.
Van Ruymbeke qui pense qu'il n'y a qu'un seul corbeau (bien, l'hypothèse de plusieurs est fortement réduite) et que c'est bien Gergorin qui lui a remis le premier fichier via une lettre anonyme déposée par Me de Montbrial, et qui annonçait déjà "qu'il y avait des politiques parmi les noms"... (et au temps pour le secret de l'instruction, mais étrangement le Figaro ne monte pas sur les chevaux du "devoir d'informer", comme le Monde hier)
Finalement, on en revient à : Gergorin a-t-il trafiqué les fichiers ? Si oui, seul ? (le co-auteur du livre sur Clearstram, dans une interview, disait qu'il y avait des choses trop variées dans ce fichier pour qu'un seul homme les ait toutes connues). Pour le compte de quelqu'un, ou auto-investi d'une "mission" ? Si pour le compte de quelqu'un : qui ? ou quel organisme/groupe/organisation ?
Je vois déjà la presse faire le lien : puisque Gergorin et DDV se connaissent, hein... en plus, ils connaissent Rondot tous les deux. Et DDV est intervenu pour que Lahoud sorte de prison quand il a été interpellé. Ce Lahoud que Gergorin a fait entrer à EADS et que Rondot avait eu comme contact sur les financements terroristes.
Désolé, mais tant qu'il n'y a pas de preuve (ou d'aveux), il n'y a pas de lien. Il est possible que Gergorin et DDV aient partie liée, tout comme il est possible que Gergorin ait agi seul (ou sur ordre d'une "puissance extérieure" ?) puis ensuite ait embarqué Lahoud (facile à manipuler, ou complice), DDV (par calcul politicien) et Rondot (malgré lui) dans l'histoire.
Ou alors, on fait comme Libé ce matin : "Un camarade d'enfance de Sarkozy bientôt à la tête de la PJ". Quand on lit l'article, on s'aperçoit qu'ils ont été à la maternelle ensemble, ne se sont retrouvés qu'en 1993, et revus qu'en 2002. Ca fait un peu exagéré pour une "camaraderie d'enfance"... (si ça se trouve, en plus, ils se bagarraient à la récré).
Au fait, j'ai été dans la même classe qu'Eglantine Emeyé au lycée, et suis allé chez elle plusieurs fois pendant deux ou trois années de suite. Il m'est même arrivé de rentrer à cinq heures du matin. On habite maintenant à quelques centaines de mètres de ses parents, que j'ai croisés un soir au restaurant. Vous en concluez quoi ?
15:05 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : clearstream
15/05/2006
Clearstream ou cancelstream ?
Lu dans Libé du jour :
"Entre autres chicaneries procédurales à venir, le fait que Gilbert Flam, ancien de la DGSE aujourd'hui au parquet de Paris, s'est constitué partie civile - un motif de dépaysement du dossier -, l'audition «sauvage» d'Imad Lahoud, lors d'une perquisition au siège d'EADS, sans qu'il soit en garde à vue - un motif d'annulation -, et la «disparition» d'une pièce du dossier (l'audition du patron de la DST) après que les juges ont envoyé une copie au parquet - ultime embrouillamini."
Gilbert Flam n'est pas qu'un "ancien de la DGSE". Il aurait, ce qu'il nie, sous Jospin et quelques mois avant la présidentielle, enquêté sur l'existence du compte de Chirac au Japon. Ce que Rondot explique dans son audition, en disant d'une part qu'un agent de la DGSE a dénoncé Flam comme instigateur d'une campagne de destabilisation de Chirac avec cette histoire de compte japonais, que Flam enquêtait sur ce compte, et d'autre part en jugeant que Flam n'a pas outrepassé sa fonction au sein des services (ce qui n'est pas forcément contradictoire...). Flam a été débarqué/a quitté de la DGSE, et donc rendu à la magistrature. Flam figure aussi sur les fameux listings Clearstream...
Question subsidiaire : qui ment ? Flam ou Rondot ? Les deux ? Aucun ?
Question subsidiaire 2 : pourquoi ?
Question subsidiaire 3 : qui a inscrit Flam sur les listings Clearstream remis à Rondot en novembre 2003 par Gergorin ?
Question subsidiaire 4 : pourquoi ?
Ce qui est fabuleux, c'est que tout remonte toujours à Gergorin...
La seule conclusion logique, pour le moment, c'est donc que Gergorin sait. Soit qu'il soit l'instigateur, soit qu'il ait été victime de l'instigateur. [Edit du 16 : en fait , pas forcément. Lahoud dit que Denis Robert lui a remis des fichiers, qu'il a remis ensuite à la DGSE. Si c'est vrai, où sont ces fichiers-là aujourd'hui ? Autre question : qui a remis les fichiers à Gergorin. Autre question : les fichiers du "corbeau" reçus par Van Ruymbeke sont-ils les mêmes ? On parle maintenant de l'absence du nom de Sarkozy dans les fichiers lors de la fameuse réunion DDV-Rondot-Gergorin *j'ai un doute, là*. Plus sérieusement, on dit que Fabius est sur un fichier, puis pas sur l'autre. Combien y a-t-il de versions différentes ?
Tous les journalistes partent du principe qu'il n'y a qu'une ou deux versions, que les fichiers du corbeau sont forcément ceux de Gergorin, Lahoud, etc. Mais au départ, qui possède la toute première version des fichiers ? Denis Robert. J'aimerai bien entendre sa version, tiens... Question subsidiaire : d'où tient-on pour certain que les fichiers de Denis Robert sont absolument authentiques ?]
OU EST GERGORIN ?
Ca en devient presque amusant :-)
12:30 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clearstream
Clearstream ou fearstream ?
A peine la plainte pour "violation du secret de l'instruction" déposée, Jean-Marie Colombani himself se fend d'un éditorial pré-emptant la position de victime d'un "pouvoir" ayant ourdi une "ténébreuse machination" et dont le seul mode de défense serait de "multiplier les contre-feux".
Vieux diction : "Qui se sent morveux, qu'il se mouche".
Plus sérieusement, le contenu de cet édito est typique de certains tics du Monde selon Colombani :
1. "Le pouvoir a décidé d'ouvrir une information contre X... pour violation du secret de l'instruction." Traduction : eux ont le pouvoir, pas nous, pauvres citoyens-journalistes. Dans le contexte actuel où l'on voit des complots partout, surtout de "eux, les puissants", l'emploi du mot "pouvoir" est déjà l'incitation faite au lecteur à penser qu'il s'agit d'un coup fourré. Confirmé quelques lignes plus bas : "Multiplier les contre-feux, cibler margistrats et journalistes, serait, aux yeux du pouvoir, une réponse appropriée."
Les faits : le ministre de la Justice, comme il en a le droit (et le devoir, vu le foutoir ambiant), a demandé au Parquet d'ouvrir une information. Qui peut nier (comme dirait Sarkozy) qu'il n'y a pas "violation du secret de l'instruction" ?
2. "Nos lectrices et nos lecteurs doivent savoir que leur journal est particulièrement visé par cette offensive judiciaire décrétée au sommet." Ah bon ?
Les faits : aucun. En revanche, vu la façon dont Le Monde (et les autres journaux) a accès à des pièces d'instruction censées ne pas sortir du cabinet des juges, il est évident que le juge chargé d'instruire cette plainte va FORCEMENT poser des questions au journal sur ses sources.
Les postulats : la demande d'ouverture d'enquête est "une offensive judiciaire décrétée au sommet" (au fait, c'est qui, le sommet ? Chirac ou DDV ?). Elle est dirigée "particulièrement" contre le Monde (pourquoi ? ils ont quelque chose à se reprocher dans le traitement journalistique de cette affaire ? alors que toute la presse publie allègrement les actes d'instruction, seul le Monde serait visé ? ah oui, j'oubliais : "Le Monde, ultime rempart de la démocratie citoyenne" comme disait JMC à propos du livre de Péan et Cohen).
3. "Nous avons en effet de solides raisons de penser que[...]". Alors, celle-là, elle est magnifique. "De solides raisons de penser", cela veut dire : rien, aucun fait, aucune information. Comme disait Coluche : "On s'autorise à penser dans les milieux autorisés".
Que le "pouvoir" soit en colère contre le Monde en particulier et la presse en général me paraît normal et évident, vu le contexte, les fuites, les amalgames, les insinuations, les thèses, etc. Qu'au cours d'une conversation téléphonique avec un proche du pouvoir, le message "DDV est furieux contre Le Monde" ait été passé, me paraît humain et logique. Mais transformer cette colère en une espèce de complot particulièrement contre Le Monde, parangon de la vertu journalistique, de la vérité, que dis-je, du sacerdoce, c'est à hurler de rire (ou de dépit, au choix).
4. "Cette attitude [...] vient confirmer les doutes que nous avions émis[...]". Autre morceau magnifique. De l'hypothèse creuse "nous avons des raisons de penser", on passe à un factuel "cette attitude", et en plus, raisonnement circulaire, "cette attitude", qui n'est en fait qu'une hypothèse du Monde, "confirme les doutes"... du Monde, c'est-à-dire : ses hypothèses.
Ca, ça s'appelle de la manipulation, claire et nette.
Exemple ludique : "que fais-tu avec cet aérosol ?" "ben, c'est un anti-girafe" "mais il n'y pas de girafe par ici" "c'est bien la preuve que ça marche !". Hypothèse : l'anti-girafe fonctionne. Fait : il n'y pas de girafe. Donc l'hypothèse est bien un fait. CQFD.
5. "Ne soyez donc pas surpris, dans les jours qui viennent, si nous devons subir des perquisitions ou d'autres faits de justice manifestement déclenchés, à la demande de ce pouvoir, pour nous intimider." Est-il prévisible que le journal "subisse" (ah bon ? je croyais qu'on "faisait l'objet" d'une perquisition) une perquisition et des voies de fait auditions de journalistes. Oui, à 99%. On est ici encore dans la manipulation, même technique. Hypothèse : comme nous sommes victimes d'un complot, on va être "victimes" d'actes judiciaires. Fait : le juge d'instruction, en bonne logique, devrait procéder dans les prochains jours à une perquisition ou à des auditions. Conclusion : Donc nous sommes bien victimes d'un complot... "manifestement déclenché" (c'est à dire, on en sait rien, on en a aucune preuve), "à la demande de ce pouvoir" (Le Monde, seul contre-pouvoir en France), "pour nous intimider" (autre hypothèse creuse).
6. "Dans une affaire d'Etat, comme l'est devenue Clearstream, invoquer le secret de l'instruction revient à réserver l'accès aux informations aux seules personnalités du pouvoir concernées, et à en priver les citoyens." Etrange phrase. Respecter la loi serait priver les citoyens de l'information (ben oui, c'est le principe du secret de l'instruction), mais pas le pouvoir ? Et Le Monde n'a pas enfourché son cheval blanc sur le thème du : "eux peuvent violer impunément le secret de l'instruction, quelle honte !" ? Mais que fait Le Monde (et les autres), en ce moment et depuis des années, si ce n'est justement profiter impunément du viol du secret de l'instruction ?
7. "En outre, la réforme du code pénal était censée ne pas astreindre les journalistes au respect de ce secret." Elle est belle aussi, celle-là. "était censée" = présomption que la loi n'est pas respectée (sous-entendu : puisque eux ont le pouvoir). (Tiens, Le Monde fait dans le conspirationnisme, maintenant.)
Les faits : ce n'est pas le journaliste qui viole le secret, c'est son informateur. C'est contre lui que va être dirigée l'enquête - donc en interrogeant le journal. C'est purement logique : celui qui viole le secret est FORCEMENT partie prenante à l'instruction - ce qui n'est pas le cas du Monde. Mais pour remonter à la source, il faut interroger les "receleurs" du viol du secret, c'est-à-dire les journalistes... même s'ils ont un statut à part au regard du délit.
A quoi sert un tel éditorial ?
1. A postuler par avance l'innocence du journal, alors que pour les médias, "perquisition" et "auditions" sont des preuves a priori de culpabilité. Quand le Monde sera perquisitionné, on aura droit à un article : "Le Monde perquisitionné sur ordre du pouvoir : la liberté de la presse menacée". Mais je subodore que l'on n'aura pas droit à "la Police judiciaire au Monde"...
2. Si le juge d'instruction peut identifier un jour "l'informateur", Le Monde pourra dire : ce n'est pas notre faute, nous avons tout fait pour protéger notre source, ça n'est pas de notre fait, c'est "le pouvoir" (bouh ! le vilain !).
3. Quand on se rendra compte que tout cela n'était finalement que beaucoup de bruit pour pas grand chose, Le Monde pourra rejeter sa légèreté sur "la nécessaire information du public". Comme d'habitude, il n'y aura pas d'excuses. Vous vous souvenez de l'affaire Baudis ?
3. A passer les nerfs de JMC, qui doit être absolument furieux que la logique judiciaire d'une plainte pour violation du secret de l'instruction fasse courir le risque d'une perquisition ou d'auditions à son journal, être hors de lui que Le Monde, ce "journal de référence" que l'univers (au moins) nous envie, ne soit pas intouchable par essence. :-)
Vous avez dit "contre-feu" ? Pourquoi, il y aurait "le feu" à la maison Le Monde ? Le Monde n'aurait-il pas fait preuve de la plus grande rigueur journalistique, de la déontologie la plus "de référence", dans le traitement de cette histoire ?
*le plus rigolo serait que l'on apprenne que l'informateur du Monde est un proche de Nicolas Sarkozy... Comme disent Les Guignols, NS :"Le Monde, je les connais, j'y travaille" ;-)*
11:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, le monde
12/05/2006
Clearstream ou mudstream ?
Juste quelques questions que je me pose :
1. Est-il légal, habituel et normal que les procès-verbaux d'audition des différents intervenants se retrouvent textuellement (sauf quand le Monde fait des coupes...) dans la presse ? A noter d'ailleurs que PERSONNE ne met en doute la véracité de ces PV, ce qui indique que la "gorge profonde" est reconnue comme parfaitement sûre par TOUTES les publications.
2. Qui fournit ces documents, aussi rapidement ? Chaque journal à son tour y a droit, dès le lendemain, ce qui semble indiquer une distribution organisée.
3. Quel est l'intérêt de fournir ces documents, si ce n'est pour alimenter le battage médiatique autour d'une affaire dont je suis de plus en plus persuadé qu'elle fera pschittt ?
4. Pourquoi, alors que des fuites aussi énormes ont lieu, personne ne hurle à la "violation du secret de l'instruction", contrairement à l'habitude ? [Edit du 13 : ah si, l'inaudible Clément, ministre de la Justice, a demandé au Parquet d'ouvrir une instruction judiciaire, le 11 mai]
Suis-je le seul à trouver qu'il y a quelque chose qui ne colle pas dans toute cette "transparence" ?
Quelqu'un se souvient-il des définitions de "doute" et "déstabilisation (campagne de)" ?
[edit à midi : prédiction à deux centimes - d'ici quelques jours, maximum trois semaines, on va assister à "la contre-enquête", ou comment dégonfler la baudruche sans que les journalistes et les politiques - entendu l'irresponsable François Hollande sur France2, absolument effrayant de calomnie tranquille - ne passent pour des idiots. "L'affaire" devient tellement grotesque ("abracadabrantesque" ? :D) que le reflux arrive mécaniquement. Ca a commencé ce jour dans Le Monde, avec l'article assassin contre Denis Robert.
Probables phases médiatiques suivantes :
- lynchage de Denis Robert, présenté comme un illuminé qui se vante d'avoir découvert "l'affaire de toutes les affaires"
- dézinguage de Imhad Lahoud, "l'informaticien de génie", qui sera ravalé au rang de "petit informaticien au passé sulfureux" - edit à 14h : ça y est , c'est parti : perquisition (la deuxième) à son domicile
- exil discret de Gergorin, sans bien sûr que l'on réponde à la question cruciale : quel aurait été son intérêt à orchestrer tout cela ? Ou alors, explication par "sa paranoïa et sa propension à voir des complots partout" - noté par Rondot (de mémoire : notes de la rencontre DDV, Gergorin, Rondot : "construction intellectuelle ?")
- crucifixion de Van Ruymbeke par son autorité de tutelle, pour faute professionnelle ; ce qui permettra aux intégristes du complot, d'ici un an, de sortir un livre sur "EADS : comment ils ont eu la peau d'un juge trop curieux"
- mise en retraite d'office de Rondot - quand même, un "maître-espion" qui laisse traîner autant de notes... ça la fout mal. [edit du 15 : Brice Hortefeux, affidé de Sarkozy, commence à en parler - alors qu'il n'a aucune autorité ni légitimité pour ce faire. Pourquoi en parler, alors ? Parce que NS nie que Rondot lui ai fait passer un message ? Allons, allons...]
- les questions qui resteront sans réponse : qui a trafiqué les fichiers et dans quel but ? qui est à l'origine de toute cette affaire ?
LE DOUTE, LE DOUTE, LE DOUTE. Seule arme de la raison.
(et j'espère qu'aucun des protagonistes n'aura d'accident de voiture ou domestique dans les prochaines semaines... sinon, on va avoir droit à une hystérie conspirationniste)] [edit du 15 : ah, ça se met en place. Lahoud, hospitalisé pour "une grosse déprime", et qui indique qu'il "a peur physiquement"...]
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