02/06/2006

Matière à penser

Intéressant article repris dans Nuesblog :

 

Nous sommes à la veille d'une révolution technologique et sociale

 

A mon avis, le concept même de "révolution" est un concept de l'ancien temps centralisé : on n'a pas besoin d'un événement radical.

 

Les formes d'auto-organisation dont parle l'article sont aussi à rapprocher des "Temporary Autonomy Zone", je pense : des auto-organisations ad hoc temporaires.

01/06/2006

La diagonale du fou : OGM et résistance aux OGM

Je trouve aujourd'hui  dans le (non-)journal de référence un article qui va dans le sens de ce que j'ai toujours pensé relativement aux OGM porteurs de gènes anti-insectes néfastes.

 

"La pyrale, insecte casanier dans les champs d'OGM"

 

D'un simple point de vue logique, je n'ai jamais cru que le recours aux OGM anti-insectes néfastes pouvait être autre chose qu'une vue à court terme : la nature est surprenante, la loterie génétique fascinante et l'apparition d'insectes résistants n'est qu'une question de temps, mais elle est absolument certaine. (Je suis plus nuancé, en revanche, sur les OGM enrichis en tel nutriment pour pallier des déficits alimentaires. Mais c'est un autre sujet.)

 

Il apparaît donc que pour cultiver des OGM résistants à la pyrale aux USA, il faut consacrer 20% de la zone à des maïs "habituels", de manière à constituer un refuge de reproduction de pyrale dite "naïve", visant à limiter l'apparition d'une pyrale résistante.

 

Premier enseignement : le législateur avait mesuré à l'avance que l'apparition d'une pyrale résistante était un risque. C'est plutôt une bonne nouvelle, je trouve.

 

Or une étude (Cf. l'article) semble montrer que la pyrale est casanière, et que OGM ou pas, elle n'a pas envie de déménager dans la zone "haute dose-refuge". Autrement dit, que le risque de reproduction en environnement OGM a au moins été sous-estimé. Or c'est de cette reproduction que peut naître un insecte résistant...

 

Et là, cette sublime phrase du journaliste : "De nombreux points restent cependant à trancher avant de rejeter la doctrine américaine, qui a tout de même permis d'éviter depuis une décennie l'apparition d'insectes résistants." (c'est moi qui souligne). Celle-là, elle est fabuleuse.

 

On transforme en avantage une méthode de contrôle d'un risque qui n'existe que parce que l'homme a créé de toutes pièces les conditions de son apparition !!!

 

Si l'on n'avait pas inventé l'OGM de maïs anti-pyrale, aurait-on eu besoin de se prémunir du risque d'une pyrale résistante aux OGM anti-pyrale ? Un peu de logique ne nuit pas, bon sang.

 

Dire que la non-réalisation d'un risque induit par l'existence même de l'activité est un argument positif... me paraît assez bizarre, on va dire.

 

Je ne crois que l'OGM soit fondamentalement "mauvais en soi"; je pense qu'il ne s'agit que d'une technique, neutre en elle-même. Sans OGM, je me doute aussi que le risque serait l'apparition (en cours de réalisation) d'une pyrale résistante aux insecticides. Je crois aussi que toute activité humaine n'est qu'une réponse à un rapport entre le gain (pas seulement au sens monétaire) et les risques associés (quand on peut les estimer, et on les estime de mieux en mieux).

 

Mais tant que l'on raisonnera en termes "il faut éliminer totalement la menace", on n'avancera pas.

 

Et pas seulement en agriculture.