13/07/2006

Seuls les faibles répondent à la provocation

M. Zidane, vous avez tort.

Rien ne justifie de passer de la violence verbale à la violence physique.

"Woa l'autre, il m'a traité, j'y ai balancé un coup de boule, c'est de sa faute." Ben non, c'est de la vôtre.

Oui, la violence verbale peut être terrible, destructrice, paralysante, enrageante.
MAIS Y REPONDRE PHYSIQUEMENT est la pire des stratégies. D'autant plus à dix minutes de la fin, c'est-à-dire que vous saviez que tout cela allait mécaniquement s'arrêter dans une grosse poignée de secondes.

Question toute simple : pourquoi y a-t-il des provocateurs ? Parce qu'ils ont la quasi-certitude de tomber sur des êtres suffisamment impulsifs pour s'y laisser piéger.

La provocation n'existe que parce qu'il y a des gens pour y répondre par la violence physique.


M. Zidane, vous avez raison.

De vous excuser auprès des enfants et des éducateurs.

Car effectivement, comment apprendrons-nous à nos enfants qu'il y a TOUJOURS une différence entre la parole et le geste ; que la violence physique est par essence plus grave que la violence verbale (je laisse de côté le problème du harcèlement) ; que la meilleure des réponses face aux insultes ou à la rage éructante, est le calme apparent et le contrôle de soi - ce qui n'empêche pas de bouillir intérieurement - ?

Comment un parent, un éducateur pourra-t-il imaginer dire : "il t'a insulté mais cela ne justifie pas la violence" à un gamin qui lui répondre, provocateur à son tour : "Ouais, ben va dire ça à Zidane." ?


M. Zidane, je ne vous accable pas.

Oui, il y a un contexte, la fatigue, l'enjeu, la stratégie visant à vous faire perdre votre sang-froid.
Vous restez un des seuls joueurs qui, moi qui n'ai aucun intérêt pour le foot, m'émerveille par son jeu.

Je suis juste déçu qu'elle ait fonctionné, cette stratégie.


Car, hors de toute considération morale, cela prouve que les Italiens ont eu raison.

Et que le cycle de ces comportements nauséabonds n'est pas prêt de s'arrêter.