24/07/2007
All that jazz ! (Paris - New-Orleans, stage 3)
L'embarquement dans le MD-88 à destination de La Nouvelle Orléans une fois terminé, on se dit que nos déboires tirent à leur fin.
Que nenni !
Un orage (au sens américain : en Europe, on appellerait plutôt ça une tempête...) au-dessus du Texas perturbe toute la circulation aérienne. Austin est fermé, les vols sont déroutés.
Quinze minutes passent, l'avion s'est seulement écarté du sas d'embarquement et attend, immobile, inutile, ni au terminal ni sur le taxiway. Le commandant nous informe de l'origine du souci et de son incapacité à nous préciser l'heure de notre décollage : il y a VINGT avions en attente sur la piste Sud et DIX-NEUF sur la piste Nord.
C'est la première fois de ma vie que je vois un bouchon d'avions, de toutes tailles, de tous constructeurs, sagement alignés, à la queue-leu-leu, roulant au pas quand le premier de la file a fini de s'élancer, distribués sur les différentes bretelles d'accès à la piste d'envol en fonction de la longueur de piste qui leur est chacun nécessaire.
C'est à la fois magnifique (quel accomplissement humain ! quelle organisation rendue visible par les retards !), ironique (un simple orage est capable de désorganiser le balai mécanique du contrôle aérien...) et humble (des centaines de personnes, dans des dizaines d'avions - littéralement -, minuscules coffrages d'aluminium sur le sol béton de l'immense hub d'Atlanta...). Totalement américain.
Le décollage, enfin.
Vingt-deux heures pleines que nous sommes partis : voilà l'aéroport Louis Armstrong, la climatisation glaciale en contraste de la chaleur moite de la Louisiane perçue dans le "cordon ombilical" entre l'avion et le terminal. Il n'y a pas ici de "musique d'aéroport", mais du jazz, du blues, des voix chaudes et des trompettes étouffées. La salle fait "provincial", comparée à l'immensité de l'escale précédente.
En route vers la ville, pour une arrivée complètement inattendue.
11:55 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, atlanta, nouvelle-orleans
19/07/2007
All that jazz ! (Paris - New-Orleans, stage 2)
L'arrivée à Atlanta se passe dans le cauchemar voulu par l'administration Bush pour être certain que Ben Laden ou Kim Jong-Il ne débarque pas d'un vol commercial, et pour s'assurer que les américains qui rentrent au pays ont de bonnes raisons de le faire.
A chaque voyageur - touriste ou professionnel - de pays considérés comme présentant un risque (en gros, tous, sauf la Suisse, peut-être), le questionnaire se transforme en interrogatoire, les trois minutes habituelles en un bon tiers d'heure. Parfois résonne l'appel à un traducteur, d'allemand, d'albanais, ou à un "superviseur" - le terme pudique qui cache le refus d'entrée sur le territoire.
Quand j'atteins la file du guichet n° 34, indiquée avec cette politesse automatique légèrement comminatoire de l'employé qui passe sa vie à jouer les aiguilleurs, il n'y a que deux familles et une personne seule devant moi.
Amérique latine et Afrique.
Environ une demie-heure d'attente patiente (par force !)... et au total, plus de deux heures trente pour passer l'immigration. La correspondance pour La Nouvelle-Orléans est partie depuis longtemps.
Nos billets échangés, nous nous retrouvons, un collègue et moi, enregistrés sur le prochain départ, dans moins de vingt minutes. Un métro rapide nous emmène d'un terminal à l'autre. Au comptoir d'accueil du vol, le personnel nous informe que nous sommes en liste d'attente, avec cependant la priorité d'accès que confèrent nos billets "Affaires" et nos statuts de Frequent Flyers. Un écran diffuse en continu les quatre premières lettres du nom des personnes en attente et l'ordre dans la file - ainsi que les règles d'attribution des priorités : je trouve ce système lumineux, bien loin de la gestion quasi-secrète et propice à tous les soupçons de nos aéroports français.
Nos noms s'affichent sans prévenir en premier et deuxième. Quelques minutes passent, nous avons été rétrogradés en deuxième et troisième positions, mais nous sommes finalement appelés à embarquer dans un MD-88 au mileage avancé.
Assis compact dans cet appareil étroit, le commandant nous souhaite la bienvenue, nous indique qu'il est en partance pour La Nouvelle-Orléans et qu'il espère que c'est bien là que nous allons aussi ! Cette gentille décontraction me fait sourire, et presque oublier que nous avons déjà plus de deux heures de retard sur le programme prévu.
Retard qui ne va pas se réduire, au contraire.
11:00 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : voyage, atlanta, nouvelle-orleans





