05/11/2007

Les valeurs ne se perdent pas, elles se consomment

Il fut un temps où les "valeurs" structuraient la société, qu'elles fussent morales, politiques, religieuses. Les lois se construisaient sur le socle de ces valeurs, et s'en affranchir signifiait rapidement se retrouver hors la loi. Cela avait du bon (la règle était connue) et du mauvais (immobilisme, obscurantisme, intolérance, ...).

 

Ce temps est révolu à un point que nous commençons seulement à découvrir : les valeurs sont devenues objets de consommation courante, où chacun estime que son désir personnel l'autorise à "s'inventer ses propres valeurs" (version politiquement correcte), c'est-à-dire tout simplement à décider que son désir personnel est supérieur aux valeurs, aux lois, aux règles de la société à laquelle il est censé appartenir.

 

Ainsi, de ces parents français qui décident que leur SEULE solution pour avoir des enfants est la "mère-porteuse", pratique interdite en France ; qui font réaliser cette "gestation par autrui" aux USA, où la pratique est légale ; et qui s'insurgent que la justice française peine à reconnaître leur paternité légale. Le problème n'est pas la justice, ni la loi française, mais bien que ce couple s'est affranchi du cadre de son propre chef sans prévoir d'en supporter les conséquences.

 

Ainsi, de cette association trouble, où "sauver les enfants du Darfour" revient, par le jeu de noms différents (Arche de Zoé, Children Rescue), de lettres d'intention changeantes (construire un dispensaire, "accueillir" des enfants, "adopter" des orphelins, ...), à une tentative illégale d'emmener des enfants tchadiens hors de leur pays, en faisant fi de toutes les lois internationales, de toutes les pratiques délicates de la diplomatie en zone proche de conflit.

 

"Mon droit est le bon droit, car mon intention est bonne" : combien d'enfers se prépare-t-on ainsi à affronter ?