07/08/2004
Le montreur, Louis Aragon (tiré de Les Poètes)
Ici danse le zéro vide
L'absence ronde
Le vent blanc
Le repos clair de la pensée
Et peut-être avez-vous assez
De ce joli monde à sanglots
Ah qui nous débarrassera dites-vous des poètes
Mesdames messieurs
Vous vous faites de la poésie apparemment une idée
Sommaire et je vais ouvrez bien les yeux
Avoir à vous en montrer d'une sorte
Qui n'est plus à votre habitude
Mais regardez encore un peu
Ce beau néant de ma lunette
Ah si vous aviez l'âme honnête
Il vous suffirait de ce feu
Comme une bouche que tu baises
Comme un coup de poing sur le front
Comme la chute d'un marron
Dans la braise
Le soleil de la vérité
Cède à la lune du mensonge
Passons passons passons l'éponge
Eclaire ta voix pour chanter
Ici danse le zéro vide
L'absence ronde
Le vent blanc
18:10 Publié dans Des mots m'émerveillent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aragon, poesie





