21/03/2008

Le citoyen, l'Etat et la mort (2)

Encore un excellent billet de Maitre Eolas, sur la situation légale actuelle.

 

A lire aussi, la tribune de Marie de Hennezel dans le Monde, sur les soins palliatifs en France.

 

[Edit du 27 mars : Et une autre tribune, le 27 mars, d'un professeur de droit (sur l'aspect juridique de la chose, donc), toujours dans le Monde.

 

Le débat sur le suicide assisté ne peut être pris sous l'angle seul de la souffrance - car la réponse est alors palliative - ni sous l'angle seul d'une "liberté/volonté personnelle" qui s'imposerait à la communauté.

 

Hors nos égoïsmes et nos peurs les plus intimes, la question reste fondamentale : le droit que j'ai de disposer de ma vie peut-il obliger l'autre à m'aider activement à mourir, autrement dit à me tuer ?]

10:30 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sebire, suicide assiste, euthanasie, etat, loi, humbert, justice

20/03/2008

Le citoyen, l'Etat et la mort

(vrac)

Sous-jacent : même si le citoyen peut agir sur sa vie, et l'interrompre, l'Etat peut, sans empiéter sur cette liberté, considérer que la vie d'un citoyen a une valeur en elle-même et pour la communauté, qui justifie qu'il intervienne pour limiter le plus possible la commission du suicide. L'Etat peut-il protéger les citoyens contre eux-mêmes ? Cf. internement psychiatrique, même si la question de "soi-même" en psychiatrie est non résolue (un psychotique est-il "lui-même" ? -> le "discernement aboli" en droit). Par extension, toute politique de prévention ?

Un citoyen "en bonne santé" peut-il mettre fin à ses jours ? Oui. A la fois dans les faits et dans le droit.
Quel rôle pour l'Etat ? Préventif du suicide ?

Un citoyen malade mais curable peut-il mettre fin à ses jours ? Oui. Idem.
Quel rôle pour l'Etat ? Préventif du suicide, curatif de la maladie ?

Un citoyen malade, incurable et dont on ne peut soulager la douleur peut-il mettre fin à ses jours ? Oui.
Quel rôle pour l'Etat ? Accompagner l'acte de suicide en soulageant la douleur, mais sans intervenir sur l'acte mortel lui-même. Cf. loi Léonetti. Autre problème : cette loi revient à dire que la volonté du malade est constitutive d'une "excuse de suicide" pour les praticiens qui, par un acte physique, interrompront les traitements. "Interrompre les traitements" n'est pas considéré comme un acte directement létal.

Un citoyen malade, incurable, incapable d'agir ? Théoriquement oui, mais il ne peut le faire. Il demandera donc de l'aide.
Quel rôle pour l'Etat ? Est-il un rôle possible de l'Etat qui soit actif, dans l'accompagnement vers le suicide ? "L'excuse de suicide" va-t-elle jusqu'à l'accomplissement de l'acte directement létal ?
Quelle valeur a "la volonté de suicide" au filtre de l'insupportable douleur ? Nécessité d'agir sur la douleur AVANT : le discernement, la volonté ne doivent pas être parasitées.

 

L'Etat peut-il, doit-il prendre en partie à sa charge le surgissement du Réel (de la mort), en organisant un Imaginaire (social) de l'assistance (et non de l'accompagnement, passif) à la fin de vie reposant sur le Symbolique de la loi ? (*)L'Etat, objet/sujet symbolique par excellence, agissant dans l'imaginaire et protégeant du réel ?

 

Est-ce son rôle ? La scène du suicide assisté dans "Soleil Vert" est-elle dans le rôle de l'Etat ?

 

 

 

Est-il dans le rôle de l'Etat d'accompagner par le dit législatif le chemin vers l'indicible absolu ? Et si oui, pour quels motifs ? Les dommages collatéraux du réel sur les autres membres de la communauté ? Dans quel objectif social ? Soulager celui qui part et ceux qui restent ? Un soin de confort ??!! Au nom de quoi protéger les autres de dommages en donnant la mort est-il recevable pour le suicide assisté et irrecevable pour la peine de mort ? Le "risque d'erreur judiciaire" n'est pas un argument recevable : un traitement pourrait apparaître plus tard et sauver celui qui voulait en finir, même logique. Donc ce n'est pas une question logique, mais une question de Valeurs. Donc de Sens. CQFD.

 

Le Sens de l'Etat peut-il aller jusqu'à assister la mort d'un citoyen, sans autre valeur que la volonté de la personne ? Accomplir la volonté d'un citoyen qui est incapable de passer sa volonté en acte est-il dans le rôle de l'Etat ? Version choquante : l'Etat doit-il se substituer aux citoyens pour accéder à leur désir ? Le Désir de l'un peut-il s'imposer comme Loi aux autres ? (**) (hors sujet : tiens, ça rappelle le diptyque Vengeance/Justice) (hors sujet : l'époque est à la toute-puissance...) (hors sujet : la guerre. Valeur : la défense de la communauté = il y a une valeur au niveau de l'Etat qui peut justifier l'intervention de l'Etat sur la vie privée) (hors sujet total : l'IVG. Pose la question de la définition de la "personne". Détecteur de cons : ceux qui feront le rapprochement IVG/euthanasie.)

 

Peut-on donner la mort par compassion et ne pas en porter le fardeau ? Ou en transférer le fardeau sur la communauté, c'est-à-dire sur tous, en s'imaginant ainsi le diluer, ce qui est faux ? (il n'y a qu'à voir les troubles chez les soldats retour de guerre, alors que la création de sens était présente et répétée au quotidien) (parallèle giraldien : le bourreau, définit par la société comme hors la société à cause de son rôle d'exécuteur des hautes oeuvres pour le compte de la société)

 

Extension : le "faire sens" judiciaire actuel est-il suffisant pour borner le réel de l'acte meurtrier ? => ce n'est pas une loi sur l'euthanasie qu'il faut, mais une "circonstance atténuante" ? Cf. jugement Humbert. Mais une "circonstance atténuante" impliquerait de définir le cadre dans lequel elle pourrait s'appliquer au juge => encadrer non pas l'acte létal (vous avez le droit de tuer) mais le processus qui conduit le responsable à décider d'agir (vous avez pris le droit de tuer, mais en mettant tout en oeuvre, conformément à la loi, pour vous assurer de n'être que l'agent de la volonté de la personne suicidée). Mouais... Cela dit, les Belges ont raison : la multiplication des étapes de procédure dissout la perception de la responsabilité de l'acte. Mais ça n'est que le cache-misère de l'absence de réponse à la question du rapport de la communauté et du desir de mort individuel.

 

Le monopole de la violence légale peut-il aller jusqu'à l'assistance au suicide ?

 

Autre approche : on pourra critiquer "assistance au suicide". L'euthanasie pouvant être vue comme la réparation d'un dysfonctionnement de la personne, qui ne peut elle-même mettre fin à ses jours. Renvoie à la toute-puissance, au désir de l'un comme loi des autres : en quoi/au nom de quoi/pourquoi l'Etat devrait-il se substituer à la capacité défaillante d'un de ses membres ? Illusion de l'égalitarisme à tout crin : s'il en était capable, il le ferait. il n'en est pas capable, l'Etat doit s'en charger -> l'Etat responsable des accidents de la vie ?! On retombe sur l'Etat remède au Réel ? Cf. la pénible rhétorique actuelle sur "le droit des victimes".

 

(A titre perso : comment articuler "compassion" et "donner la mort" dans une perspective chrétienne ? - hors sujet) (***)

 

(*oui, lacanien) (** freudien, aussi) (*** et croyant) Quand je vous dis que j'ai mes contradictions...

15:00 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sebire, suicide assiste, euthanasie, etat, loi, lacan, freud

19/03/2008

Audacity of Hope

Je ne me sens pas, pour le moment, capable d'avoir des idées suffisamment claires pour parler de l'effroyable demande de Mme Sebire. [Edit à 23h : Mme Sébire a été retrouvée morte, chez elle. Les questions théoriques s'éteignent, au moins pour quelques heures.]

Je ne vois aucun intérêt à commenter le vide, le creux, l'inanité des joutes post-municipales, la nomination de ministricules dont on espère, surtout pour Nadine Morano, que ce sera l'occasion qu'ils ferment leur gueule et arrêtent de sortir des monstruosités.

Je me tamponne le coquillard de la chute des marchés, que j'ai annoncée depuis deux ans au moins, et dont la rationalité économique - c'est-à-dire ce qu'on ne lit que rarement dans la presse, et ne voit jamais à la télé - oblige à dire qu'elle n'est pas finie.

Les émeutes au Tibet ? Rien ne changera, avec ou sans boycott des JO, pardon, de la cérémonie d'ouverture des JO, une menace propre à faire peur aux dirigeants chinois, n'est-ce-pas... Ils doivent en trembler la nuit.

Mais il y a quelque chose qui m'a impressionné, aujourd'hui.

 

Je n'ai pas envie d'être ironique, anti-américain, si franco-français, quand je lis l'adresse de Barrack Obama à Philadelphie.

Je ne peux qu'espérer que cet espoir-là n'est pas qu'une envolée lyrique, que les moyens lui seront donnés de vivre et s'épanouir.

Lisez-le, en oubliant l'Irak, les multinationales, Monsanto et le reste.

 

16:25 Publié dans Des mots m'émerveillent , Détours du monde , Polis, -itis : la Cité , Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, philadelphie, obama

27/02/2008

La France (des riches malhonnêtes) a peur

Emoi à Neuilly, Megève et au Cap d'Agde.

 

Coup sur coup, dans un pays pourtant aux mains (d'après les théories gaucho-conspirationnistes en vogue) des défenseurs du Grand Capital, des amis des patrons et des copains des nantis, trois événements jettent le trouble et distillent l'inquiétude dans les heures oisives bien que rémunératrices des rentiers affairistes et des capitaines mafieux d'industries louches.

 

A Neuilly, heureuse commune sans HLM, une pauvre propriétaire qui, poussée par son trop bon coeur, hébergeait presque gracieusement deux immigrés polonais dans un 9m² aux normes de 1920, est condamnée à six mois de prison après qu'un incendie eut coûté la vie à cinq pompiers.

 

Si en plus il faut louer des appartements salubres à tous les niaquoués de la terre...

 

Dans toute l'Europe, à la suite d'une rocambolesque affaire d'achat de fichiers luxembourgeois, le fisc s'intéresse de très très près aux malheureux robin-des-bois défenseurs du revenu âprement gagné, qui, pour éviter les injustes et absurdes ravages du shériff "Impôts" et de ses deux acolytes "ISF" et "TVA", n'ont eu d'autre solution que de placer leur argent entre les mains supposées avisées de banquiers allogènes.

 

Si en plus il faut nourrir les pauvres et les fonctionnaires avec nos impôts...

 

Dans toute la France, les plus grandes multinationales de produits ménagers sont sous le coup de descente d'une chienlit financière à écusson "RF", accusant ces fleurons de l'industrie mondiale d'entente et de cartel.

 

Si en plus il faut respecter les règles de la concurrence pour faire plaisir aux pauvres cons-sommateurs...

 

Ploutocrates, deux-cents familles, initiés et émules de Stavinsky, craignant le grand soir fiscal, poussent un cri unanime : "Vraiment, ce pays marche à l'envers", avant  de retourner se réfugier dans le silence et la peur.

 

Et, espérons-le, la honte.

 

Mais j'en doute.

 

(et moi, je trouve tout cela d'une ironie cinglante)

13:17 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

31/01/2008

La France grotesque

Grotesque, indécent, méprisable.

 

Pas une ligne d'un quotidien, section France, un reportage télé qui ne me fassent immédiatement surgir ces mots à l'esprit.

 

Le "président bling-bling", son tourisme du coeur au mépris des sensibilités locales, ses réparties manipulatrices "mais qu'aurait-on dit si... pensez-vous vraiment que...", son culte des signes extérieurs de richesse et ses copains beaufs clinquants.

 

Grotesque.

 

L'oeil énamouré des journalistes sur son "anniversaire-surprise" organisé par sa nouvelle compagne. (et noter que le JT de France2 reproduit fidèlement le Figaro du jour)

 

Grotesque.

 

La pitoyable épopée des pieds nickelés de l'humanitaire, l'absence totale de remise en question de leurs actions par Breteau et consorts, la grêve de la faim "contre l'injustice" du premier, les cris et les insultes anti-juges au tribunal.

 

Grotesque.

 

La connerie absolue incarnée par ce député, ce marchand de tabac, ce buraliste, ce malade du sida qui pensent s'exprimer, et surtout être entendus, au moyen de grêves de la faim ou des soins.

 

Grotesque.

 

La rhétorique anti-sarko, le prurit des belles âmes à chaque action du gouvernement, la critique permanente, populiste et imbécile des Montebourg, Emmanuelli et consorts.

 

Grotesque.

 

Les explications fumeuses opposant la pureté d'une banque récompensée pour ses procédures de contrôle et la noirceur d'un trader solitaire, qui a probablement basculé dans l'irréel des milliards en jeu avec la passive complicité de sa hiérarchie (tant qu'il rapporte...). 

 

Grotesque. 

 

Sainte-Ségolène-des-Familles, qui, s'emportant contre la Société Générale et sa une perte de 7 milliards, demande que 7 autres milliards soient distribués aux familles endettées. C'est sûr qu'avec 14 milliards de trou, la situation ne pourra que s'améliorer...

 

Grotesque.

 

Les poussées d'urticaire des taxis et autres corporations parce qu'un rapport (dont on ne sait s'il sera appliqué) suggère de mettre certains métiers au service des consommateurs, ce qu'ils entendent comme "moins à notre bénéfice" (en quoi est-ce contradictoire ??).

 

Grotesque.

 

Les "interventions des auditeurs", paravent de l'interactivité des médias, où la connerie moyenne du citoyen sûr de la finesse de son diagnostic se déverse jusqu'au ras-la-gueule sur les neurones anesthésiés du consommateur matinal. "C'est la faute à... Il faut faire en sorte que... C'est scandaleux !", etc. : cache-misères de l'imbécillité moyenne.

 

Grotesque.

 

Le café du commerce est remonté jusqu'au plus haut échelon. "On ne nous dit pas tout" à heures de grande écoute tient lieu de stratégie.

 

"Mort aux cons !" : le programme n'a jamais été aussi vaste.

10:55 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, politique

23/12/2007

22/12 11:22 53 3,880

Tutti va bene

23:35 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

10/12/2007

Mauvais esprit du lundi

Les membres de l'Arche de Zoé retenus au Tchad menacent de commencer une grêve de la faim.

 

Au moins, ça résoud la question du paiement des plateaux-repas servis par l'armée française...

 

Hin hin hin (SD Folie Privée)

15:27 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

05/11/2007

Les valeurs ne se perdent pas, elles se consomment

Il fut un temps où les "valeurs" structuraient la société, qu'elles fussent morales, politiques, religieuses. Les lois se construisaient sur le socle de ces valeurs, et s'en affranchir signifiait rapidement se retrouver hors la loi. Cela avait du bon (la règle était connue) et du mauvais (immobilisme, obscurantisme, intolérance, ...).

 

Ce temps est révolu à un point que nous commençons seulement à découvrir : les valeurs sont devenues objets de consommation courante, où chacun estime que son désir personnel l'autorise à "s'inventer ses propres valeurs" (version politiquement correcte), c'est-à-dire tout simplement à décider que son désir personnel est supérieur aux valeurs, aux lois, aux règles de la société à laquelle il est censé appartenir.

 

Ainsi, de ces parents français qui décident que leur SEULE solution pour avoir des enfants est la "mère-porteuse", pratique interdite en France ; qui font réaliser cette "gestation par autrui" aux USA, où la pratique est légale ; et qui s'insurgent que la justice française peine à reconnaître leur paternité légale. Le problème n'est pas la justice, ni la loi française, mais bien que ce couple s'est affranchi du cadre de son propre chef sans prévoir d'en supporter les conséquences.

 

Ainsi, de cette association trouble, où "sauver les enfants du Darfour" revient, par le jeu de noms différents (Arche de Zoé, Children Rescue), de lettres d'intention changeantes (construire un dispensaire, "accueillir" des enfants, "adopter" des orphelins, ...), à une tentative illégale d'emmener des enfants tchadiens hors de leur pays, en faisant fi de toutes les lois internationales, de toutes les pratiques délicates de la diplomatie en zone proche de conflit.

 

"Mon droit est le bon droit, car mon intention est bonne" : combien d'enfers se prépare-t-on ainsi à affronter ?

10:55 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, arche de zoe

12/10/2007

Peut-on encore regarder les Guignols ?

Depuis quelque temps, les Guignols de Canal + ont entrepris une sorte de croisade hystérique contre les expulsions de clandestins.


Et c'est de pire en pire.


Après avoir parodié hier une pub Air France en la concluant par "Faire de la France le pays le plus blanc de la terre", ce qui est profondément insultant pour les Antillais, les Guyannais, les Polynésiens et les Réunionnais, entre autres, ce soir, ils ont osé "faire un sketch" adaptant "La vie est belle" avec Roberto Begnini.


C'est-à-dire : comparer la police française aux exterminateurs nazis.


Peu importe ma position personnelle par rapport à cette politique. Mais il y a des symboles qui font tache, des comparaisons qui me choquent, des attitudes qui quittent le droit de critiquer, le droit légitime de caricaturer.


Les Guignols ont franchi ce soir la limite de la liberté d'expression : ils sont entrés dans le champ du nauséabond, en franchissant le point Godwin.


Comme Gringoire et Je suis partout, Staline et les khmers rouges : amalgames en miroir, où une partie de la population est désignée à la vindicte populaire (les Juifs, les koulaks, les intellectuels ; ici : la police).


Il n'y a aucune différence de fond.


Aucune.

20:15 Publié dans Polis, -itis : la Cité , Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guignols, canal +, police

09/10/2007

Si on arrêtait de dire des conneries ?

"L'euro est trop cher, ça nuit aux exportations."
... et pendant ce temps, nos voisins allemands ont retrouvé leur place de 1er exportateur mondial. A moins qu'ils ne soient en dehors de la zone euro ?
Au fait, l'euro cher, c'est aussi ce qui fait que les importations sont moins chères. Or la croissance française (hélas !) repose essentiellement sur la consommation. Et les deux tiers de notre consommation sont importés.

 

"De toute façon, les Français sont nuls à l'export."
De tous les pays de l'OCDE, la France est le deuxième pays exportateur par habitant. En 2006, les exportations françaises ont crû (en valeur) de 6,2% contre 3,2% en 2005. C'est le meilleur score enregistré depuis 2000.(*) Il y a évidemment un effet mécanique dû à l'euro fort, mais pas au point que l'euro nous empêche de croître à l'international.

 

Ce n'est pas là qu'il faut chercher des explications.

 

Bon, ça obligerait à arrêter de chercher des causes et des responsables extérieurs...

 

(*source : document de La Compagnie)

15:05 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France, export, OCDE, Allemagne

29/08/2007

Quel est le coût de notre santé ?

On parle souvent du "trou de la Sécu", plus ou moins abyssal ; des franchises, des déremboursements, du nomadisme médical, ...

 

Mais j'avoue avoir été surpris lors de la sortie de Elle de l'hôpital.

 

Les dépenses étant prises en charge par l'Assurance-Maladie et la mutuelle, non seulement je n'ai rien payé (soit) mais je ne SAIS même pas combien cela a coûté.

 

Je ne peux que l'estimer à partir du prix de la nuit affiché dans la chambre : environ 850€ plus 60€ de chambre individuelle. Soit 5400€ pour le séjour. Auquel il faudrait, je pense, ajouter une échographie foetale aux urgences, une échographie rénale, les prescriptions, les analyses biologiques. Je suis incapable de dire si c'est "cher" ou pas, ne connaissant rien aux coûts réels d'un hôpital et ne faisant pas partie des poujadistes pleurnichards. 

 

Je suis heureux d'être en France, qu'un tel système de protection sociale fonctionne aussi bien. Dans un autre pays, et à défaut de mutuelle, je ne vois pas comment de moins favorisés que nous auraient pu régler la note.

 

Mais je reste choqué de ne même pas savoir ce que cet incident a coûté à la collectivité.

 

Comment peut-on imaginer responsabiliser les usagers, si on ne leur communique pas le coût réel de leur santé ?

16:13 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : hopital, assurance maladie

17/08/2007

Pitoyable rentrée

Bientôt la rentrée. Et ce que l'on en perçoit n'est pas des plus réjouissants quant à une supposée capacité d'intelligence humaine.

 

Le pourtant raisonnable Michel Sapin qui affirme calmement que le fait que le Conseil Constitutionnel ait retoqué l'article sur la déductibilité des intérêts des emprunts passés est "un échec de Sarkozy". On doit donc en conclure que la validation de la loi sur le service minimum par le même Conseil est un succès de Sarkozy. De même, un autre socialiste juge bon de dire que cet article "ne concernait que les plus riches". Acheter sa maison à crédit est donc un privilège de riche. Qu'en pensent tous les ouvriers, employés, fonctionnaires, retraités qui sont propriétaires à crédit ? Au moins, cela clarifiera, pour M. Hollande qui "n'aime pas les riches", le fait que oui, il ne s'aime pas. Puisqu'il est propriétaire.

 

De l'autre côté, la botoxée Ministre de l'Economie Mme Lagarde court les plateaux-télés pour dire que "non, ce n'est pas une crise boursière, mais un réajustement brutal". Outre que cela ne veut rien dire, faut-il être naïf (ou banque centrale) pour croire qu'une incantation étatique, fût-elle ministérielle ou à coups de milliards, peut redonner confiance (= faire changer d'avis) des agents économiques irrationnels qui, après avoir mis tous leurs oeufs dans le même panier, les retirent tous en même temps ? La crise est nécessaire, la bulle de crédit DOIT exploser : est-ce maintenant, est-ce à cette vitesse ? On verra dans deux mois.

 

Pendant ce temps, la presse et l'Internet bruissent de l'angélisme froissé de Wikipedia. Ciel, des personnes modifieraient à leur avantage les articles les concernant ? Mon Dieu quelle horreur au paradis du savoir désintéressé ! Sont-ils donc si naïfs ? Bien sûr, c'est beaucoup plus intéressant quand c'est signé CIA ou TF1 que quand il s'agit d'agités conspirationnistes rédigeant des articles à la gloire de leurs hallucinations. Non, je n'ai pas dit "11 septembre".

 

En parallèle, des crétins moyens de diverses nationalités réduisent toute personne ressemblant de près ou de loin à un musulman à un terroriste, du moment qu'il prend l'avion (et je ne regrette pas d'avoir fait exprès de lire le Coran bien ostensiblement, dans le métro, en 1995...); d'autres, souvent journalistes, sélectionnent les faits ou les bribes de faits qui les intéressent pour en faire des opinions, voire des anathèmes, surtout quand ça touche l'Eglise catholique ou l'Islam ; d'autres encore, quand un accident arrive, et par définition accidentellement c'est-à-dire de manière imprévisible, n'ont de cesse de chercher des responsables-coupables ou pire, de récrire le déroulement des faits pour y trouver "ce qu'il aurait fallu faire" ; d'autres enfin, quand un récidiviste récidive, en appellent à l'Etat - qui en joue, le minable - pour exorciser leur peur, quitte à mettre tout le monde en prison à vie.

 

C'est peut-être la fatigue, peut-être le découragement.

 

Mais j'ai peur que l'époque ne soit plus à l'esprit critique, ni à la raison.

 

Comment peut se résoudre une crise d'imbécillité généralisée ?

 

Au jeu du plus crétin, c'est toujours le manipulateur qui l'emporte.

15:35 Publié dans Blogo-sphérique , Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, journaliste, objectivité, wikipedia, recidive

05/07/2007

Quand le journaliste se fait corbeau...

Affaire Clearstream, le retour.

 

Je n'ai aucune affection particulière pour D. de Villepin, mais le traitement qui lui est infligé rappelle les pires heures de la chasse aux sorcières. Cela dit, il est en tout point conforme à ce que nous subissons depuis le début de l'affaire Clearstream : amalgames, à peu près, manque d'esprit critique, déformation du "possible" en "réel", etc.


La Croix équilibre l'attaque par la défense : "En cause dans l'affaire Clearstream, Villepin dénonce des accusations infondées", ce qui est totalement factuel.
Le Figaro reste proche des faits, grâce au conditionnel : "Clearstream : Villepin aurait donné des instructions à Gergorin" - il aurait fallu ajouter "selon Lahoud", pour être exact.
Libé prend le témoignage indirect pour un fait : "Clearstream: nouvelles notes de Rondot sur Villepin et Chirac", ce qui n'est pas faux, mais pas complètement vrai. Les notes de Rondot ne sont pas sur Villepin mais citent Villepin. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose...
Le Monde - comme d'habitude et malgré le tag de l'article "les faits" - fait fi de la vérité la plus basique dans un titre à la Plenel : "Clearstream : devant les juges, le général Rondot accuse M. de Villepin" (ce qui est absolument faux). Euh non, pas du tout. Rondot a simplement reconnu devant les juges que les notes reconstituées par l'expertise judiciaire de son ordinateur étaient correctes, lesquelles notes rapportaient que Lahoud lui a dit que Gergorin avait dit avoir reçu des instructions de Villepin... et que Gergorin lui a dit que Villepin était très excité par cette affaire. Ca fait beaucoup de on-dits, tout ça.

 

Mais bien sûr, Gergorin est l'archétype de l'honnête homme, incapable de mentir. Tout comme Imad Lahoud, autre parangon de vertu.

 

Les deux l'ont suffisamment prouvé depuis le début de cette affaire, n'est-ce pas.

 

Un autre point, qui a moins été médiatisé : toujours d'après les notes reconstituées de Rondot, Sarkozy était au courant depuis 2004. Pourquoi ne suis-je pas étonné ? :-D (note aux conspirationnistes : et non, le fait qu'il ait été au courant n'en fait pas l'organisateur)

 

Tout cela est d'un ridicule...

17:05 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, villepin, sarkozy

11/06/2007

Une certaine idée de la France...

A lire : comment le journaliste suisse du Temps a vécu cette conférence de presse

Sarkozy complètement à l'ouest, la vidéo

On notera la conception du choix selon Sarkozy :
"Qu'est-ce que vous préférez ? Que je réponde aux questions ? Alors... y a-t-il des questions ?"
Un choix à une seule option : je comprend mieux le ralliement de certains. ;-)

Pour info : Michel Dardenne est un ministre belge, connu pour son alcoolisme, et que la télévision belge a interrogé en état d'ébriété avancé - qu'il a reconnu en direct...

[Edit du 13 : ce dont on parle en France, ce n'est pas de l'état du Président, mais du fait qu'un journaliste belge ait osé insinué que NS "n'avait pas bu que de l'eau", alors qu'il paraît qu'il ne boit pas d'alcool. Outre le côté minable de reprocher à un journaliste de diffuser une séquence politique officielle (ok, le commentaire qui l'accompagnait l'était beaucoup moins, officiel...), je trouve cela encore plus inquiétant. Personne ne peut dire que NS est dans son état normal dans cette vidéo, ni dans celle, plus longue, où on le voit traversé de tics bizarres, se rengorger comme pour retenir plusieurs rots, etc. Donc, si l'on convient que NS n'était pas dans son état normal, que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui a pu le mettre dans cet état ???!!!]

19:45 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, g8, video

30/05/2007

Renouveau politique (note futile)

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Le renouveau politique, c'est plutôt pas mal.

(pour les aigris : un peu de légereté ne nuit pas à la santé)
(pour les féministes obtuses : non, je ne réduis pas un candidat, homme ou femme, à son physique)

15:15 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : legislatives, ps, najat vallaud belkacem, pc, clementine autain, modem, quitterie delmas

16/05/2007

Français, sans commentaires

Trouvé grâce au blog de [moi], une excellente initiative : "les INDIvisibles : Français, sans commentaires".

 

Enfin, en réaction à l'addition du politiquement correct (qui m'agace au plus haut point), du communautarisme (que j'exècre quand il ne vise qu'à cloisonner), aux tics journalistiques du "Français d'origine savoyarde" ou du "jeune d'origine girondine" (ça vous choque ? et "Français d'origine maghrebine" ou "jeune d'origine africaine", cela vous choque-t-il autant ?), se constitue un groupe de personnes qui ont pour projet de "déconstruire les clichés avec humour, sans jamais nous positionner en « police de la formule correcte »".

 

En plus, c'est amené de façon très drôle. :-) 

 

Bravo ! Bon courage ! Je vous suis !

 

Jerome, Français donc indivisible.

14:30 Publié dans Blogo-sphérique , Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indivisibles, France, politique

11/05/2007

L'euro fort est une catastrophe pour la balance commerciale

[Edit du 19 mars 2007 : cet article n'est plus tout à fait d'actualité. Autant il tenait la route avec un rapport EUR/USD inférieur à 1.40, autant à 1.50 et au-delà, l'impact de la nature des produits diminue au regard de l'impact du cours de change : à un moment, la différence de prix est telle que l'acheteur élargit son choix de produits "substituables". Exemple a contrario : à 1 EUR/USD, peu de touristes considèrent l'idée de résider dans un 4 étoiles à New York. A 1.5 EUR/USD, c'est une considération à prendre en compte : payer, en euros, à peine plus que le budget prévu pour dormir dans un hôtel de luxe. Autre facteur, la croissance mondiale ralentit, ce qui est un effet non négligeable sur les exportations, quelle que soit la devise de la facture...] 

 

Déplombage de la bien-pensance, suite. 

 

On n'arrête pas de nous le dire, politiques, industriels : si la France perd des marchés, si sa balance commerciale plonge, si Airbus doit se restructurer, tout ça et le reste, c'est la faute à l'euro fort.

L'euro fort, c'est essentiellement contre le dollar américain, comme on le voit ici :

medium_euro_graphique.gif

Pourtant, l'Allemagne fait partie de la zone euro, non ? Voici la balance commerciale allemande, depuis 1988. Concentrons-nous sur la partie droite du graphique, à partir de 2001 :

medium_balance_commerciale_allemagne.gif

 

Conclusion (aussi stupide que son inverse dans le titre) : quand l'euro monte, la balance commerciale allemande devient encore plus excédentaire. L'euro fort est bon pour la balance commerciale allemande (et j'ai le même graphique pour les exportations allemandes). Quand l'euro baisse en 2006, la balance commerciale allemande baisse aussi !

 

D'où vient l'erreur ? 

 

Si une monnaie forte pénalise les exportations, il ne faut pas oublier qu'elle favorise les importations. L'impact sur la balance commerciale n'est PAS linéaire ni même prévisible à long terme.

 

La position "euro fort = catastrophe" n'est vraie que si la croissance mondiale est relativement proche de la croissance européenne. Or la croissance mondiale est forte, et la croissance européenne faible : il y a de plus en plus d'acheteurs potentiels hors d'Europe, qui ont besoin de produits européens.
Exemple : en année 1, il y 100 acheteurs hors Europe et 20 acheteurs en Europe. Si la croissance mondiale est de 10% par an, et de 2% en Europe, on a en année 2 : 110 acheteurs hors Europe et 20.4 acheteurs en Europe. Il y a donc 10 acheteurs de plus pour les produits européens et... 0.4 pour les produits non européens en Europe. Même si la monnaie a monté, ce qui peut effectivement faire fuir quelques acheteurs, il y aura quand même entre 100 et 110 acheteurs pour les produits européens. A condition qu'ils soient utiles à ces acheteurs et qu'ils ne puissent pas les trouver ailleurs moins cher ("les substituer par d'autres"). Ce qui semble être le cas des produits allemands, et moins des produits français.

 

Les allemands, fabricants de biens intermédiaires (machines-outils, robots, ...), profitent à plein de la mondialisation et du développement rapide des pays qui s'industrialisent. Les français, fabricants de trains et d'avions, en profitent moins. Les trains ? Souvent des commandes d'Etat : ce n'est pas dans l'air du temps libéral. Les avions ? Il y a Boeing, Embraer, Tupolev. Seul le luxe s'en sort, car ses produits ne sont pas substituables.


Ca n'est pas une question de principe, mais une question d'adéquation de l'offre à la demande. Comme toujours.

 

Regardons nos produits et nos entreprises, plutôt que le contexte, pour expliquer la mauvaise performance française.

16:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : euro, poncif

10/05/2007

L'esclavage est un crime contre l'humanité

Discours de Mme Taubira, le 18 février 1999, à l'assemblée nationale

"Le sujet dont nous nous sommes emparés n'est pas un objet froid d'étude. Parce qu'il s'écoulera encore quelque temps avant que la paix et la sérénité ne viennent adoucir la blessure profonde qu'irrigue une émotivité inassouvie, parce qu'il peut être rude d'entendre décrire par le menu certains aspects de ce qui fut une tragédie longue et terrible, parce que l'histoire n'est pas une science exacte mais, selon Fernand Braudel, toujours à recommencer, toujours se faisant, toujours se dépassant, et parce que, enfin, la République est un combat, comme nous l'enseigne Pierre Nora, je propose, quoiqu'il ne soit pas d'usage de procéder ainsi, de convenir de ce que n'est pas ce rapport.

Ce rapport n'est pas une thèse d'histoire. Il n'aspire à aucune exhaustivité, il ne vise à trancher aucune querelle de chiffres, il reprend les seules données qui ne font plus litige.

Il n'est pas le script d'un film d'horreur, portant l'inventaire des chaînes, fers, carcans, entraves, menottes et fouets qui ont été conçus et perfectionnés pour déshumaniser.

Il n'est pas non plus un acte d'accusation, parce que la culpabilité n'est pas héréditaire et parce que nos intentions ne sont pas de revanche.

Il n'est pas une requête en repentance, parce que nul n'aurait l'idée de demander un acte de contrition à la République laïque, dont les valeurs fondatrices nourrissent le refus de l'injustice.

Il n'est pas un exercice cathartique, parce que les arrachements intimes nous imposent de tenaces pudeurs.

Il n'est pas non plus une profession de foi, parce que nous avons encore à ciseler notre cri de foule.

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13:10 Publié dans Des mots m'émerveillent , Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : esclavage, france, taubira

09/05/2007

Le bal des faux-culs (histoire sans fin)

Et alors ?

"Invité par un ami" sur un yacht, le FUTUR président est l'objet de toutes les critiques.

Ah bon ?

Bien sûr, AUCUN dirigeant socialiste n'a JAMAIS été invité par un riche ami dans une villa luxueuse du Lubéron, n'est-ce pas...


Alors oui, c'est une faute politique. Mais de là à en faire une "polémique", il n'y a que les journalistes pour transmuter ainsi l'actualité en bouse.


Au fait.


Rationnellement, le président d'un pays fait partie de l'élite.

L'élite est aussi composée d'artistes, de magnats, de capitaines d'industrie.

C'est le même monde.

Et ça ne me choque pas : De Gaulle est mort depuis longtemps.


Si Mitterrand avait la faveur du lit de certaines artistes, pourquoi attaquer Sarkozy sur quelques jours de vacances ?

20:25 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy

La curée commence

"Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme" (François Mitterrand, discours lors de l'enterrement de Pierre Bérégovoy)

 

Lues dans un magazine auquel je conservais une certaine estime, malgré son biais péniblement gauchiste tendance bobo, les soit-disant "bonnes feuilles" d'un "livre" de deux "journalistes au Monde" (ah déjà, je comprend mieux).

 

Comment dire ?

 

Je me fous que ce soit vrai ou faux. C'est de l'immondice. "De la merde dans un bas de soie", en paraphrasant un autre grand personnage.

 

Mais à ce niveau de ragots, de sous-entendus et d'insinuations malsaines, c'est la pire de l'affaire Clearstream appliqué au couple Hollande-Royal.

 

Les chiens seront bien nourris, cette fois encore...

 

Vae victis.

17:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, royal, hollande, le monde

06/05/2007

Bienvenue en Sarkoland

Blam blam.

54/46 - comme je l'avais annoncé, l'écart a augmenté APRES le débat...

Bon, on se bourre la gueule, on digère, et on s'inscrit au MD.



La bataille des législatives commence.

Il reste aussi le Conseil Constitutionnel, garant des libertés fondamentales.



PS1 : deuxième baffe en 15 jours pour Le Pen, avec 86% de participation ! Youpi !!!!

PS2 : au fait, où est Cécilia ?

PS3 : mon pronostic d'il y a quelques jours pour le PS (chez Jean Veronis) reste d'actualité : un front Hollande-DSK, avec Chevènement en supplétif, pour faire basculer le PS vers, enfin, une position sociale-démocrate. Perdants : Fabius - il a retourné sa veste une fois de trop le soir du premier tour -, Emmanueli. Et Montebourg en dindon de la farce, comme d'habitude (et il le mérite).

20:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, bayrou, royal

02/05/2007

Royal-Sarkozy (live-blogging)

Stratégie de Royal : faire sortir Sarkozy de ses gonds... et ça marche plus ou moins au bout de 15 minutes de débat ! Problème : ça la rend agressive.
Stratégie de Sarkozy : renvoyer à Royal les positions du PS, pour montrer l'incohérence de celle de la candidate. Ca n'a pas encore marché, à 21h15 minutes. Mais ça le montre calme et posé.

A 21h20 il lui renvoie les 35h dans la fonction hospitalière. Blam.
21h23 : Royal EXPLOSE EN VOL "je demande que les pédophiles ne soient pas relâchés tant qu'un comité d'experts ne garantit pas leur non-nocivité" !!!! Hallucinant !!! Il y a dès aujourd'hui deux types de condamnés : les normaux (assassins, serial killers, cannibales, ...), relâchés à la fin de leur peine, et les pédophiles, qui ne seront plus relâchés (car AUCUNE commission n'osera relâcher un condamné pour pédophilie). Le retour des lettres de cachet...
A 21h27 Sarkozy va à la faute : il se la joue Giscard, contre Mitterrand 74 - le professeur... Royal le rembarre, à juste titre.
21h30 : Royal a perdu sa stratégie. Elle ne fait que réagir à ce que dit Sarkozy. Elle ne maîtrise plus le débat.
21h32 : Balle de set pour Sarkozy. Il vient de la piéger sur les budgets de l'Etat et de la fonction publique hospitalière...
21h39 : Deuxième balle de set pour Sarkozy. L'institut Rexecode, "dont le directeur est M. Didier, nommé expert économique par M. Jospin"... alors que Royal essayait d'en faire "l'institut du Medef".
21h44 : Royal est sur la défensive. "Vous voyez que je peux regarder la réalité telle qu'elle est."
22h04 : la faute ! Elle rappelle aux Français que Sarkozy a promis une énorme baisse d'impôts !
22h05 : sur les retraites, Royal : "moi j'ai une recette". "C'est d'une précision bouleversante" répond-il <- voilà la phrase qui devrait rester de ce débat
22h06 : "parce que moi j'ai une recette" ! Elle le répète, en plus !!!
22h08 : Royal "cessez de m'interrompre !" ! On dirait Fabius contre Chirac en 1986 ("Vous parlez au premier ministre de la France"). C'est la bérézina !

Game over. Il a gagné, comme prévu. Je ne pensais pas que ça arriverait si vite, dès la première demi-heure...
Sarkozy maîtrise les dossiers au niveau national, tandis que Royal ne fait que se raccrocher à son statut de présidente de région. Ils ne boxent pas dans la même catégorie...

22h55 : Royal s'emporte contre "l'immoralité" de Sarkozy... Quelqu'un sait-il ce qu'est le plan "handiscole" (quel horrible nom) ?

22h59 : il vient de lui balancer "vous n'avez pas le monopole du coeur" à deux mots près !!!! HALLUCINANT !!! On se rejoue 74 !!!!

23h11 : Sarkozy, à propos de la Turquie de l'Europe : "quand on aura fait du Kurdistan un problème européen, on n'aura pas fait avancer les choses." Blam blam.

23h15 : Sarkozy : la "justice commerciale chinoise"... Le "commercial", excuse post-gaffe de Royal, permettant de ne laisser aucune prise à la critique. C'est petit, mais ça marche...

Depuis une heure environ, les plans larges montrent Royal qui parle, et Sarkozy qui prend des notes... comme Giscard en 1974 : c'est clairement elle qui est sur la défensive.

23h20 : "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" (DJ Sarko featuring Rocard...)



Mais où est la classe, ancienne et magistrale, des monstres de la politique :-) ?

(A destination des socialo-agressifs : je suis centriste, tendance CDS (la gauche du centre, donc), et je vote Royal au second tour en fait, je ne sais plus.)

Conclusion : Sarkozy va gagner, par une majorité plus grande que celle que prédisent les sondages.

21:15 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, bayrou, royal

29/04/2007

Ecran plat

Est-ce de vivre des moments personnels autrement plus forts que les échanges d'amabilité convenue entre les candidats du second tour ?

Est-ce de suivre avec gourmandise l'occupation médiatique du terrain par un François Bayrou déjà positionné sur les élections législatives ?

Est-ce de n'être que dans l'attente DU moment fort, le "duel" du 2 mai ?


Mais je trouve que le quotidien de la campagne, hormis la geste béarnaise, est plutôt morne...

22:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, bayrou, royal

25/04/2007

Sarkozy sur TF1, Royal sur France 2

Lui : VRAIMENT inquiétant.
Exemple : sur le service minimum, "je donnerais aux syndicats jusqu'au mois d'août pour arriver à un accord avec leurs entreprises. S'il n'y a pas d'accord, je ferais voter une loi en septembre 2007." Ca, c'est de la conception du "dialogue social" et de la "négociation laissée aux partenaires" !

Elle : étonnamment bonne, mais vraiment bonne -rien à voir avec sa prestation catastrophique de l'après premier tour- jusqu'à 21h55. Question sur les enfants scolarisés de clandestins : "ils seront regularisés au cas par cas, sur critères". "Quels critères ?" "Mais... euh... je ne peux pas vous le dire, puisque ce sera au cas par cas."

Et merde ! Elle avait failli me convaincre qu'elle commençait à avoir la carrure.

Encore raté !

(mais je vote toujours Royal au second tour)

22:03 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, royal

Le choix de la confiance de toutes nos forces dans la rupture tranquille de l'ordre juste

Communiqué du J2XMMUFC

 

"Le J2XMMUFC communique : Jean-Xanax, notre Sauveur Félidivin, annoncera ce soir à la face du monde plongé dans l'émerveillement, son choix pour le poste de président de la République Française.

 

C'est dans l'intense émotion des moments historiques que Jean-Xanax, Lumière de notre Félinité, a laissé tomber jusqu'à nos pitoyables oreilles sa décision.

 

"J'entends les souffrances et les désirs de la fraction française de Mon peuple. J'ai accueilli avec magnanimité le choix malheureux d'un deuxième tour classique. Je perçois, à chaque seconde, la désorientation d'une masse d'humains ayant perdu leurs repères, à la recherche - mais le savent-ils - de la Vérité de Mon Divin Postérieur.
Du haut de mon Olympe à gratter, j'ai écouté, j'ai pensé, j'ai décidé.

Ma Magnanimité Féline se réjouit d'annoncer dans quelques heures le nom du candidat, tristement humain, que J'appellerai à soutenir. Voter pour ce candidat, sera comme voter pour Moi. Ce n'est donc pas une option mais un engagement total que Je vous adresse.

Heureux les fidèles à Ma Parole : ils atteindront la litière éternelle."

 

Le J2XMMUFC rappelle que tout citoyen surpris à ne pas voter pour le choix de l'Ultime Félin sera passible des sanctions les plus infâmantes.

 

Gloire à Jean-Xanax !

18:35 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : J2XMMUFC, jean-xanax, presidentielle

L'espoir ? (2) : extraits du discours de François Bayrou du 25 avril

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(photo Mori/AP)


"[...] Il y a désormais dans notre pays trois forces politiques, une à droite, une à gauche, et une au centre. Et c’est le centre qui est la force nouvelle.

Je veux vous parler de l’avenir.

La France a trois problèmes : nous sommes un pays à la démocratie malade ; nous sommes un pays au tissu social déchiré ; nous sommes un pays en manque de croissance.

Notre démocratie est malade de la confiscation du pouvoir, de l’incapacité à faire vivre le pluralisme, des difficultés de la presse, de l’absence de séparation des pouvoirs, y compris du pouvoir économique, de la connivence entre les mondes des affaires, médiatique et politique, de la crise de la justice. Le citoyen n’a pas l’impression d’y trouver sa place. La société civile y est méprisée.

Nous avons à reconstruire, depuis les fondations, notre démocratie.

Le tissu social est déchiré. Partout on croise de lourdes misères, personnes âgées aux ressources très faibles, travailleurs pauvres, difficultés de logement, partout la couleur de la peau, la consonance du nom, la religion, dressent les Français les uns contre les autres, partout le quartier où l’on vit, l’adresse postale, forment ghetto. Entre les policiers et les jeunes, entre les différents quartiers, entre personnes au travail et personnes au chômage ou aux minima sociaux, on se regarde du coin de l’œil, on s’épie, et on est prêts à s’affronter. L’école elle-même, le lieu même de l’égalité des chances, est en situation de doute et d’échec.

Nous avons à retisser notre société.

Nous sommes en panne de croissance. À ce sujet, on prend souvent l’effet pour la cause. Nombre de nos compatriotes par exemple considèrent que le chômage et la faiblesse du pouvoir d’achat sont des maux de notre pays. Ces maux sont des symptômes. Le mal c’est l’absence de croissance. Si nous avions de la croissance, nous aurions des emplois (beaucoup sont à libérer) et nous aurions du pouvoir d’achat à répartir. Beaucoup de nos compatriotes considèrent que l’immigration est la cause de nos maux. La situation de l’immigration est une conséquence. Un pays qui va bien sait intégrer, faire vivre ensemble. C’est l’emploi qui intègre. J’ai rencontré des milliers de jeunes Français d’ascendance immigrée. Ils m’ont tous dit une seule chose : donnez nous du travail et tout le reste s’arrangera ! Donnez nous du taf !

Ma conviction est celle-là : les trois maux de la France, ils doivent être soignés et réparés ensemble !

Or, parlons franchement : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, dans le face à face sempiternel de la droite sempiternelle et de la gauche sempiternelle, vont non pas réparer mais aggraver l’un ou l’autre de ces maux.

[...]

Notre pays a un problème de démocratie, un problème de fracture sociale, un problème d’économie, un problème de dette. Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social, Ségolène Royal, par son programme, va aggraver durablement les problèmes de l’économie et l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette.

De surcroît, par leur choix de l’affrontement camp contre camp, ils affaiblissent durablement la France.

Dans les deux cas, sauf correction forte que je n’aperçois pas, et dont je tiendrai compte si elles intervenaient, ce qui se prépare, après les belles promesses, c’est une nouvelle déception du pays, une impuissance, une paralysie.

Dans cette situation, je ne donnerai pas de consigne de vote. J’estime que les Français qui ont voté pour moi sont en conscience des citoyens libres de leur choix.

Je ne reviendrai pas en arrière sur notre chemin de liberté. Je ne cherche ni n’accepterai aucune soumission ou ralliement à l’un des deux camps.

Je veux au contraire garantir aux Français que quel que soit le vainqueur, ils trouveront pour les représenter une force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens. Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des réflexes du toujours pour et du toujours contre, pour défendre l’intérêt général."

18:05 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, bayrou, parti democrate

Les OGM, c'est mal, c'est le diable

Vraiment ?

 

"Un moustique OGM anti-paludisme ?"

 

La technique est neutre, c'est l'usage que l'on en fait qui est bon ou mauvais.

15:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm

23/04/2007

Pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle !

On a quand même un peu oublié de se réjouir d'un fait majeur :

medium_Image_9.png
Le Pen à 10%

et surtout, cette image de Le Pen dépité, furieux, insultant les Français et en particulier les électeurs de Sarkozy ("des cocus").

La vie est belle :-)

20:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, bayrou, royal

22/04/2007

25,6 à l'écrit, zéro à l'oral !

Je veux bien voter Ségolène Royal, mais si elle continue à être aussi NULLE, non seulement elle va se faire atomiser par Nicolas Sarkozy lors du duel, mais en plus elle va dissuader un paquet de gens de voter pour elle !

22:11 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, bayrou, royal

Au second tour, on élimine.

J'ai toujours été centriste.

Je le reste.


Pour le second tour, la question n'est plus : "pour qui voter ?" mais "qui ne voulez-vous pas à l'Elysée ?"

J'ai choisi, je l'ai déjà dit ici il y a quelques jours.

Au second tour, je vote Ségolène Royal.

J'aime trop la France, et ce qu'elle représente, pour vouloir à sa tête Nicolas Sarkozy.



Merci M. Bayrou.

Et rendez-vous aux législatives !

20:00 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) |