27/05/2009

La note de toutes les notes

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15/07/2008

Lente heure officinale

L'urbanité quotidienne, le salariat permanent, ne sont que l'antithèse de "morfondre" : "vie-fondre" serait plus exact, s'écoulant en heures grasses et lourdes du bruit des essieux, du grincement des ascenseurs, du ronronnement sale de nos climatisations anesthésiantes.

 

Ces scories n'ont que l'apparence du réel, programme télévisé de "Ma vie en société" sans public, sans audimat, puisque chacun est devant son propre écran, son propre trouble miroir.

 


A la coupure pub' (cafétéria), les écrans restent autocentrés, et deviennent gyratoires : moi à la face de la table, faute de vie face au monde. Le risible le discute au pathétique, le quart d'heure langue-de-pute pour se gonfler d'impuissance, même le menu de la cantine n'est que le recuit d'inter-monologues effondrés.

 

La vie de bureau est d'entomologie : observer à la loupe ces petits instants, ces petits e-mails, ces petits cafés, ces petites guéguerres directoriales pour se la jouer crocodile du marigot, éviter de se penser grenouille de flaque, alors que le roi-en-sa-demeure n'en a déjà plus cure.

 

***** 

 

Au fond, ailleurs autant qu'ici, se jouent les partitions de nos vies.

 

Je n'ai pas de passion pour la musique d'ascenseur.

22/04/2008

Topographies urbaines

La vie souterraine, avec ses cheminements en clair-obscur, solide mécanisation du voyage, réduit l'éventail des bifurcations au triste choix de l'aller ou du retour.

 

Le flux des voitures, lui, ne fait qu'abrutir la déclinaison des carrefours en salmigondis de cliquetis mous - le bruit du clignotant.

 

Comment justifier l'enfermement urbain, quand, à des lieues de là, le terminal aéroportuaire s'ouvre en arc-en-ciel de destinations ; quand le port, la mer, l'océan, appellent un par-delà où chaque route est sienne ?

 

Et quand mes pas dessinent les cartes que j'arpente.

25/03/2008

Ex-action

Lutter contre l'ennui administratif - celui de 9h30-17h -, contre l'inanité du "business", la versatilité des consignes, l'immobilisme des objectifs, la vacuité des enjeux stratégiques.

 

Le quotidien ouvré s'étale, s'étire, s'étend - tension et résistance élastiques.

 

Le soir, la vie, trois, unies dans la ville grise d'agressivité, urbaine triste et désirable à la fois.

 

"Il y a le ciel, le soleil et la mer."

 

Evader la nuit.

30/09/2007

La nuit de l'écrit

Le temps passe, au silence de l'écrit.

Les mots sont un puits, un affleurement du sens aux limbes de la pensée, la phrase y sourd en à-venir.

Le petit carnet à spirale gît, éventré, noire arabesque brisée de l'accordéon alphabétique.

J'espère, en toute illogique.

26/07/2007

Ecriture automagique : de Paris à Caen

La poétique du désir est une fonction inverse du temps comprimé : quand la seconde s'envole vers l'infini, il n'est plus trace de grammaire, à peine de mots, plutôt de quelques sons, de gorge ou de mains, ballet des éphémères.

 

Rossignol chantant à l'oganisation du monde : l'oiseleur au filet prend l'air musical, envole son vocabulaire.

 

Ceci n'est pas une note, dit-elle ; à rebours du commencement : c'est cela qui m'ensorcElle, la collection petit-cailloutesque des notes in-scansées.

 

Par l'aléatoire des vertiges se dessine panorama la champignonnière glauque des nébuleuses béton : à chaque fenêtre sa touche, clavier lumineux phare sonore des cantates incorporées.

 

Que la grammaire soit : et la musique fut.

04/06/2007

Die hard 48

Je crois que j'ai décidé de ne pas me laisser aller.

 

A l'ennui professionnel, aux tensions imbéciles des relations hiérarchiques en période de stress, à l'étirement filasse des jours ouvrés en solitaire, au vide comptant pour rien (films, télé, internet, transports du commun, entreprise, ...) ne s'opposent au final que l'absolution éthylique - dont je me méfie d'expérience - et l'assomption samedi-dominicale de la présence de Elle. Un ou deux livres, aussi, pour meubler les heures bancales.

 

Techniquement, à l'aune des obligations démagogiques des "activités pour le week-end", je suis nul. Rien de planifié, pas d'idée préconçue dans la lenteur oiseuse des heures professionnelles, une tendance certaine à contourner les horresco referrens du tout un chacun (courses - par Internet -, lessives - en semaine -, ménage - sous-traité -) : cela sonne comme un programme d'inaction.

 

Pourtant, chaque fin de semaine est le début de la mienne. Chaque fin de semaine est "moteur, action !" de la vie à deux, si deux qu'il n'est nul besoin de bulle. Imaginer, concevoir, partager ; par opposition aux comptabilités tristes des agitations.

 

Suki da.

29/05/2007

De la distance

Kilométrique, s'entend.

 

A l'excitation masochiste de l'installation d'un double foyer, plus de deux cents kilomètres de l'un à l'autre, succèdent les heures vides et pleines.

 

"Auraient dû succéder", plutôt.

 

L'attente d'un vendredi soir, une gare, un train. Les courses en prévision du week-end. La première seconde où l'on se revoit, prélude à des milliers d'autres. L'infime instant du premier contact entre nos peaux arrachées à l'éloignement. La proximité de corps juxtaposée aux coeurs.

 

La voix téléphonique, à l'usage, ne suffit pas. Nos silences sont plus riches qu'un pauvre transmetteur.

 

Une seule image radio : trop et pourtant innécessaire. L'essentiel est là, en nous. "Et je ne saurais te dire comment le soleil factice des lampes s'en arrange".

 

Suki da. Tu manques.

25/05/2007

Car rien n'est éternel

La passion ambiante pour l'immobilisme est un ferment délétère du quotidien : comment penser vivre dans une suite géométrique d'arrêts - version signal d'alarme ? A retenir son souffle (universitaire, professionnel, familial, alimentaire, ...), comment ne voient-ils pas l'asphyxie venir ? Sont-ils si certain de l'optimum de leur situation que tout changement ne pourrait qu'être pire ?

 

Même pas, puisque leur plainte est récurrente. Aucun animal n'agit ainsi, immobile sur son rocher, criant à la blessure : il serait rapidement dévoré.

 

Je fais le choix du mouvement, le choix de la puissance de la volonté.

 

Ou, comme on me l'a dit un jour : "de la volonté de vouloir".

 

Coeur, eau, armes et bagages : je ne risque rien, puisque l'essentiel est léger, et essence.

 

Jouir du jour, en route pour demain !

26/01/2007

Instants-années d'hier

... à Lyon, l'arche livresque d'une librairie, "le bal des Ardents"... vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? Mais DES LIVRES (délivre), alors ? ... 

 

... le paysage figé de neige de part et d'autre du TGV... pendant les tours de garde, pour passer les heures, je lisais "La compagnie des glaces" : "l'immobilisme, c'est la mort"...

 

... le terminus mouvant d'une rame de la ligne 14 : incident à St-Lazare, à Madeleine tous les voyageurs sont invités à descendre ; la rame avance puis repart en arrière, de l'autre côté... où conduisent les terminus de nos lignes souterraines ? L'autre côté du métro...

 

... à l'angle de la rue de la Gaîté et du boulevard Edgar Quinet, un bus immobile, cadavre hameçonné par un 4x4 garé dans le virage ; aucun conducteur, une vieille dame qui reste assise... rêver la ville sur "pause" et seul à s'y mouvoir...

 

Être sur le gué, entre deux rives : dérive et gai

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