05/06/2008

Le greffier du luthier

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15/05/2008

Du pont à l'arc-en-ciel

La grâce de l'aqueduc du 8 au 12 mai nous a permis de partir, enfin !, présenter le dernier (en date) arrière-petit-fils à son arrière-grand-père auvergnat.

 

J'avoue être chaque jour surpris par Solal. Prendre l'avion à quatre mois et demi (un bi-turbopropulseur vibrant et chuintant - ATR 42 pour les connaisseurs) n'est pas médicalement contre-indiqué, mais comment allait-il supporter le bruit de l'aéroport, les formalités de sécurité, l'envol, le vol, l'atterrissage, le transbahutage en taxi, ... ?

 

Réponse : bien. Aucun pleur, aucun cri. Une vague tentative de chouinage quand le commandant de bord l'a réveillé en sursaut pour un communiqué. On va dire qu'il a une personnalité épanouie, et des parents formidables ;-)

 

Que peuvent se dire un vieil homme de 94 ans et un enfant de 20 semaines ? Solal s'est immédiatement senti à l'aise, malgré la fatigue et l'heure tardive (dix heures passées). L'échange de leurs sourires.

 

Sur place, mon père et son fils (un demi-frère de 7 ans, ça fait un demi-tonton ?).

 

Des journées lentes, sans planning particulier, hormis les décisions cruciales sur le menu des repas.

 

Un barbecue, un déjeuner à l'ombre du grand sapin dans le jardin.

 

Quelques heures de MarioKart sur la DS de mon petit frère (qui m'a, évidemment, mis en pièces).

 

La visite heureuse de mon oncle et ma tante, de retour du Sud, le dimanche.

 

Et dire qu'il a fallu rentrer !

 

C'était bien. A peine ombré par le sentiment que chacun de ces moments approche la fin plutôt que le début d'un cycle. Ce n'est pas, encore, de l'ordre de la transmission, du passage de témoin.

 

Une parenthèse de sérénité, peut-être de bonheur, brièvement.

 

(Je pense aux photos, elles sont encore dans l'appareil.)

11:16 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : voyage, orly, auvergne

04/05/2008

A long journey, ou tout comme (2)

Copenhague.

Peut-être en accord inconscient avec la campagne alentour, la ville est plate et basse. Quelques tours semblent exulter hors de l'uniformité à six étages, hôtels de luxe avec vue sur l'horizon.

Après quelques heures intenses et décontractées en réunion - le style danois, sûrement : profusion de pauses nourrissantes, powerpoints imprimés, le patron soixantenaire en jean clair et cravate - dans la banque ! -, bureaux clairs en perspective sur un petit lac animé de quelques pêcheurs : totalement hors norme pour le Français travaillant à la Défense ! -, je décline l'invitation d'un taxi partagé et m'éclipse à pied dans le centre-ville.

De ces quelques heures passées, reste l'impression d'un respect urbain, d'une cohabitation tranquille entre voitures, vélos (en très grand nombre !), bus et piétons.

Le Tivoli, immense lieu de récréation - son jardin, son théâtre, son exposition temporaire, ses attractions, point nodal d'une ville au ralenti.

La gare, en réfection, des centaines de vélos le long des flancs, ouvre sur l'horrible immeuble décati de SAS, apogée du non-style des années soixante. De l'autre côté, commence un étrange quartier d'immeubles ternes, tous devenus hôtels, tandis que des femmes, jeunes et âgées, attendent au carrefour le passage du client en voiture.

Tous les voyages du monde ont le sexe tarifé en arrière-cour.

J'ignore pourquoi.

A quatre heures, c'est le rush : sortie des bureaux, un long week-end qui commence. Je comprends mieux ma difficulté à trouver un taxi pour l'aéroport. Eux aussi font le pont.

Retour à l'aéroport.

La foule des grands départs.

Les boutiques duty-free dégorgent de produits chers, certains de luxe. Le Danemark n'est pas bon marché.

A nouveau la carlingue étroite d'un A321.

Le vol se pose à Roissy à 22h.

Onze heures : le taxi me dépose au pied de l'immeuble.

Porte ouverte. Elle. Le chat.

Et Solal qui sort un bref instant du sommeil pour me sourire.



*****


Levé à 4h, couché à minuit.



Une longue journée.

12:10 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, copenhague, paris, roissy

03/05/2008

A long journey, ou tout comme (1)

Paris - Copenhague, et retour.

A cinq heures du matin, la pluie noie la nuit et freine le petit matin. Le taxi se prend pour un surfeur au milieu de l'autoroute A3 : bref moment d'effroi. 'électronique allemande corrige le mauvais réflexe - freiner - du chauffeur, et la route reprend son défilement épileptique : bandes blanches, phares rouges.

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Le vieux terminal camembert en béton projeté se rhumatise à devoir respecter les nouvelles règles de sécurité. L'élégance initiale des salles d'embarquement en pétales se trouve pénétrée par l'ombilic obscur des scanners, un de chaque côté du satellite, qui transforment ces loges privées en enfilades chitineuses de sas ouverts.

Le Boeing du vol Scandinavian Airlines de sept heures est quasiment vide. Quelques hommes d'affaires, une famille de quatre, jeunes gens et jeunes femmes épars. Une personne d'âge mûr, connue de l'hôtesse.

Vol au-dessus d'un glacier de nuages ridés, vallonnés, rarement percés. Le soleil, le ciel bleu : hors-terre du voyage aérien.

L'avion plonge dans le blanc, la mer gris-vert et son port-container en sillage, quelques fermes, un ou deux clochers.

Copenhague.

19:05 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, copenhague, paris, roissy

19/03/2008

Audacity of Hope

Je ne me sens pas, pour le moment, capable d'avoir des idées suffisamment claires pour parler de l'effroyable demande de Mme Sebire. [Edit à 23h : Mme Sébire a été retrouvée morte, chez elle. Les questions théoriques s'éteignent, au moins pour quelques heures.]

Je ne vois aucun intérêt à commenter le vide, le creux, l'inanité des joutes post-municipales, la nomination de ministricules dont on espère, surtout pour Nadine Morano, que ce sera l'occasion qu'ils ferment leur gueule et arrêtent de sortir des monstruosités.

Je me tamponne le coquillard de la chute des marchés, que j'ai annoncée depuis deux ans au moins, et dont la rationalité économique - c'est-à-dire ce qu'on ne lit que rarement dans la presse, et ne voit jamais à la télé - oblige à dire qu'elle n'est pas finie.

Les émeutes au Tibet ? Rien ne changera, avec ou sans boycott des JO, pardon, de la cérémonie d'ouverture des JO, une menace propre à faire peur aux dirigeants chinois, n'est-ce-pas... Ils doivent en trembler la nuit.

Mais il y a quelque chose qui m'a impressionné, aujourd'hui.

 

Je n'ai pas envie d'être ironique, anti-américain, si franco-français, quand je lis l'adresse de Barrack Obama à Philadelphie.

Je ne peux qu'espérer que cet espoir-là n'est pas qu'une envolée lyrique, que les moyens lui seront donnés de vivre et s'épanouir.

Lisez-le, en oubliant l'Irak, les multinationales, Monsanto et le reste.

 

16:25 Publié dans Des mots m'émerveillent , Détours du monde , Polis, -itis : la Cité , Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, philadelphie, obama

07/03/2008

Abidjan (2)

(le début ici)

 

La lagune qui divisait la ville est désormais progressivement comblée. Pour commencer, des tombereaux de terre, qui se transforment en champs. Bientôt, c'est certain, des logements et des routes.

 

Cela donne une étrange allure au réseau actuel : routes surélevées, ponts qui n'enjambent rien de plus que le sol. L'allure en oscille entre la décadence d'un réchauffement climatique accéléré et la folie d'urbanistes amoureux de piliers de béton.

 

Les taxis rouges filent dans le chaos (et les cahots) des avenues. Ici, il y a des feux tricolores, qui fonctionnent. Mais ici, le soir tombé, la police ou l'armée sort et arrête les voitures - de préférence les taxis - en cherchant tout moyen "légitime" d'imposer une amende - de préférence en liquide et sans reçu. A Douala, on les appelait les "mange-mille" (billets de mille Francs CFA). Ici, pas de surnom, mais des kalachnikovs agressives. Que l'on soit ivoirien ou non n'y change rien.

 

Ne pas avoir peur de sa propre police : c'est peut-être cela, le confort de nos sociétés pacifiées.

 

A l'arrière de nombre de ces taxis, un surnom ou un slogan : "Bloffeur", "Sita ma fille aime", "Dieu t'écoute", peint en lettres appliquées, travaillées, presque gothiques, en blanc sur le pare-choc noir.

 

Une ville africaine : aux immeubles récents de six, sept étages, répondent les abris de tôles, les cases de planches des quartiers pauvres. Il n'y a qu'un pont de distance, et pourtant un monde.

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Ici, dès qu'on en a les moyens, on achète une parcelle et l'on construit en dur, en parpaings. Quand les finances sourient à nouveau, on rajoute un étage. Puis un autre, encore un, ainsi de suite. Rues entières d'immeubles aux façades peintes en rez-de-chaussée, inachevés du haut, comme si les immeubles s'évaporaient dans la chaleur humide de la lagune.

10:55 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, afrique, abidjan, cote d'ivoire

22/02/2008

Abidjan (1)

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Cité lagunaire, Abidjan est souvent perdue dans une brume légère qui s'élève tardivement dans la journée. La chaleur, en cette fin février, milieu de la saison sèche, est facilement supportable : 24° la nuit, environ 30° la journée.

L'arrivée nocturne est très différente de celle de Douala. Route à plusieurs voies, très carrossables, lampadaires en état de fonctionnement. On passe sous le symbole de la Côte d'Ivoire : deux éléphants dressés, trompe contre trompe. L'aéroport, déjà, tout en carrelage et couloirs sans vie, indiquait un niveau économique plus développé.

07:55 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, afrique, abidjan, cote d'ivoire

21/02/2008

Retour d'Afrique

Trois longues, chaudes et pleines journées à Abidjan, pour le boulot.

Dont une journée d'incentive sur une île au milieu de la lagune...

Le vol de nuit annule l'idée de distance.

Paris embouchonné à sept heures du matin.

Je suis crevé, mal au crâne.



*****



Il faisait trente degrés, et l'eau de la piscine était chaude.


Photos et récit à suivre.

10:51 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, afrique, abidjan, cote d'ivoire

03/02/2008

La ville vide

Séminaire de direction à Lyon.

Le tôt réveil pour un TGV matinal de plus, retrouver les collègues, arriver à l'hôtel.

Journée de palabres, d'échanges à l'intérêt variable. Les objectifs atteints de l'année écoulée, ceux à atteindre de celle qui commence. Notre petite structure a l'avantage d'éviter la mauvaise foi, en presque totalité de ses membres.

Dîner dans la ville, quartier de l'Opéra. Sympathique. La rue de la République sombre doucement dans la suspension nocturne.

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L'air est immobile, givré. Peu à peu, il n'y a que les patrouilles de police pour animer la nuit.

Vers une heure du matin, la place Bellecour est immensément vide.

Le monument aux Arméniens monte la garde, dans l'attente d'un hypothétique péril.

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Je retrouve l'hôtel et le scandaleux moelleux d'un matelas de plumes.

Demain sera d'une autre couleur.

08:45 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lyon

18/10/2007

Week-end normand

Après avoir pris la grande décision de poser quinze jours de vacances, et en tardive réponse à l'invitation de mon oncle, nous sommes partis pour Rouen et la côte normande.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, surtout mi-octobre, il a fait beau et chaud.

D'où tourisme : Rouen, son cimetière-bâtiment du Moyen-Âge, Saint-Maclou et la cathédrale. Trouville, sa longue plage de sable fin. Mais surtout :

Honfleur.

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La lieutenancerie
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Notez le sens du commerce local :
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12:23 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, rouen, trouville, honfleur

23/09/2007

Oui + 365 = ...

Il y a un an, c'était ça :

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Puis, on s'est enfui à Venise, et ça ressemblait à ça :

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Et maintenant, les choses se préparent pour un Noël unique :

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(atelier ponçage du berceau transgénérationnel de ma famille)


Et la vie est toujours aussi belle, chaque jour que je passe avec Elle.


Suki da

14:15 Publié dans Détours du monde , Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

11/08/2007

All that jazz ! (New Orleans, stage 8)

Dos au Mississipi, on se découvre presque au XIXe siècle, à attendre la calèche d'Autant en emporte le vent.

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Et juste au moment où l'on commence à se dire que la musique a fui la ville, deux trois notes aigrelettes s'aventurent à nos oreilles, des mains qui claquent en rythme, le jazz qui surgit de nulle part, au milieu d'une petite place devant la cathédrale.

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La Nouvelle-Orléans n'est pas morte : le jazz y bouge encore.



(Au retour, siège 1K d'un Boeing 747-400, juste derrière le nez, sous les pilotes : je me dis que je n'ai jamais été aussi proche du ciel qui s'ouvre devant nous.)

10:25 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, nouvelle-orleans

08/08/2007

All that jazz ! (New-Orleans, stage 7)

Fidèle au poste, l'emblème des vapeurs du Mississipi, le Natchez.

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Dans notre dos, une musique métallique, le tram revit : la première ligne est réouverte depuis quelques jours, comme un exorcisme.
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Et comme un crescendo, après la découverte de Bourbon Street maquerelle, du quartier français endormi sous le soleil de fin d'après-midi, du fleuve Mississipi immense et paisible, alors que nous commencions à désespérer d'enfin voir l'âme de la Nouvelle-Orléans, celle-ci surgit sans crier gare, et c'est tout notre imaginaire qui se réalise.

(à suivre)

07:55 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, nouvelle-orleans

04/08/2007

All that jazz ! (New-Orleans, stage 6)

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Après la triste surprise de la nuit, Bourbon Street de jour prend l'air fatigué d'une vieille catin démaquillée.

Nous décidons, entre la fin de la journée de travail (cinq heures...) et le dîner (sept heures trente !) de donner une deuxième chance à la ville : partir en vadrouille, dans le quartier français.

La chaleur est pesante, les rues sont vides. Quelques échoppes sont ouvertes cependant, entre deux panneaux "A louer" ou "A vendre" accrochés aux balcons de fer forgé.

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Quartier-musée, la partie française recèle de jolies rues, de belles maisons endormies au soleil d'un 35° déclinant.
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Soudain, la mer, le fleuve.
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Immense flaque d'eau paisible, à peine le courant de déplacer quelques "flotteurs" - morceaux de bois égarés, branches mortes. Ainsi cette horizon paisible cache-t-il bien son jeu : imaginer cette eau dans la ville semble jeu imbécile. Pourtant, réel.

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27/07/2007

All that jazz ! (New-Orleans, stage 5)

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La nuit tombe. Nous sortons de l'hôtel pour découvrir Bourbon Street. Le choc n'est pas celui qui nous espérions.

 

Quelle décalage entre la ville rêvée et la sinistre réalité !

 

Bourbon Street est une longue rue en décadence finale, hormis une "maison de jazz" cultivant des restes de nostalgie. Tout le reste n'est que foule errant sans but, néons vulgaires, spectacles de strip-tease, bières vendues par gobelets plastique de demi-litre, bars laids, sans décoration, bruyants de la pire pop mal rechantée en direct (MC Hammer, c'est dire...) !

 

L'oeil est constamment agressé de placards de femmes dénudées, certaines même réelles, en maillot de bain sur le pas de la porte pour attirer le chaland alcoolisé. L'oreille subit la cacophonie de mauvaises musiques dégueulant des bars. Le nez souffre de l'immonde odeur à mi-chemin entre l'eau stagnante et le vomi : ce sont les poubelles vidées qui exhalent ce détestable parfum, au point qu'à chaque poubelle enlevée, un employé pulvérise une giclée de désodorisant désinfectant - son effet ne dure que quelques minutes, dans la chaleur tropicale de la baie.

 

Les trois agressions mêlées forment l'image décadente d'une Sodome et Gomorhe de pacotille pour prédicateur enragé. Delenda est Cartago : certains de ces illuminés ont même appelé le cyclone "un châtiment divin"...

 

La déception est immense, submergeante. Quoi ?! Ce serait cela, La Nouvelle-Orléans ?

 

Heureusement, pas uniquement.

10:28 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, nouvelle-orleans

26/07/2007

All that jazz ! (Paris - New-Orleans, stage 4)

Le trajet entre l'aéroport Louis Armstrong et la ville ne prend que quelques minutes.

 

Oui, nous sommes bien en Amérique : routes à quatre voies (dans chaque sens), échangeurs sur trois hauteurs de pylônes de béton, la gueule allongée des trucks rutilants. Tout cette circulation irrigue le centre ville où pointent vers un ciel balafré les têtes carrées de quelques buildings.

 

L'hôtel retenu est en plein quartier français : Bourbon Street. Couvrant la moitié d'un block, ses façades en brique abritent un patio arboré - et moite - et, au troisième niveau, une piscine en plein air - moite aussi.

En fait, tout est moite, l'air est caribéen ou presque.

 

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Contrairement à mes collègues, j'aime bien ces hôtels luxueux un peu défraîchis, leur côté kitsch, presqu'assoupi. D'immenses couvre-lits molletonnés font écho aux fauteuils lourds à l'assise élimée. Le système de climatisation est bruyant, rudimentaire (off-slow-medium-maximum) mais offre l'option indispensable pour éviter les réveils nocturnes frigorifiés : le bouton OFF. La porte-fenêtre de la chambre donne sur un balcon commun et, au bout, sur la piscine. Mini-bar fermé à clé : nous sommes bien dans une zone touristique.

 

Au petit déjeuner, apparaîtra comme flagrant un des poncifs sur "les gens du Sud" : leur extrême politesse. Loin de l'accueil mécanique de New-York, pas un "good morning sir " qui ne soit suivi de "how are you today ?", pas un "thank you" acquitté par un "mmm mmm" en deux tons, ou un "you're welcome". Aucune sensation que cela est forcé, qu'il ne s'agit que d'un apprêt vernissant une éducation passable. Les gens ici sont réellement polis. Un vrai bonheur. C'est "Savannah" de Clint Eastwood.

 

Nous décidons une première balade nocturne, pour découvrir cette Bourbon Street refuge de nos imaginaires de jazz, de blues et de France abandonnée.

Le choc allait être rude.

14:05 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, nouvelle-orleans

24/07/2007

All that jazz ! (Paris - New-Orleans, stage 3)

L'embarquement dans le MD-88 à destination de La Nouvelle Orléans une fois terminé, on se dit que nos déboires tirent à leur fin.

 

Que nenni !

 

Un orage (au sens américain : en Europe, on appellerait plutôt ça une tempête...) au-dessus du Texas perturbe toute la circulation aérienne. Austin est fermé, les vols sont déroutés.

 

Quinze minutes passent, l'avion s'est seulement écarté du sas d'embarquement et attend, immobile, inutile, ni au terminal ni sur le taxiway. Le commandant nous informe de l'origine du souci et de son incapacité à nous préciser l'heure de notre décollage : il y a VINGT avions en attente sur la piste Sud et DIX-NEUF sur la piste Nord.

 

C'est la première fois de ma vie que je vois un bouchon d'avions, de toutes tailles, de tous constructeurs, sagement alignés, à la queue-leu-leu, roulant au pas quand le premier de la file a fini de s'élancer, distribués sur les différentes bretelles d'accès à la piste d'envol en fonction de la longueur de piste qui leur est chacun nécessaire.

 

C'est à la fois magnifique (quel accomplissement humain ! quelle organisation rendue visible par les retards !), ironique (un simple orage est capable de désorganiser le balai mécanique du contrôle aérien...) et humble (des centaines de personnes, dans des dizaines d'avions - littéralement -, minuscules coffrages d'aluminium sur le sol béton de l'immense hub d'Atlanta...). Totalement américain.

 

Le décollage, enfin.

 

Vingt-deux heures pleines que nous sommes partis : voilà l'aéroport Louis Armstrong, la climatisation glaciale en contraste de la chaleur moite de la Louisiane perçue dans le "cordon ombilical" entre l'avion et le terminal. Il n'y a pas ici de "musique d'aéroport", mais du jazz, du blues, des voix chaudes et des trompettes étouffées. La salle fait "provincial", comparée à l'immensité de l'escale précédente.

 

En route vers la ville, pour une arrivée complètement inattendue.

11:55 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, atlanta, nouvelle-orleans

19/07/2007

All that jazz ! (Paris - New-Orleans, stage 2)

L'arrivée à Atlanta se passe dans le cauchemar voulu par l'administration Bush pour être certain que Ben Laden ou Kim Jong-Il ne débarque pas d'un vol commercial, et pour s'assurer que les américains qui rentrent au pays ont de bonnes raisons de le faire.

 

A chaque voyageur - touriste ou professionnel - de pays considérés comme présentant un risque (en gros, tous, sauf la Suisse, peut-être), le questionnaire se transforme en interrogatoire, les trois minutes habituelles en un bon tiers d'heure. Parfois résonne l'appel à un traducteur, d'allemand, d'albanais, ou à un "superviseur" - le terme pudique qui cache le refus d'entrée sur le territoire.

 

Quand j'atteins la file du guichet n° 34, indiquée avec cette politesse automatique légèrement comminatoire de l'employé qui passe sa vie à jouer les aiguilleurs, il n'y a que deux familles et une personne seule devant moi.

 

Amérique latine et Afrique.

 

Environ une demie-heure d'attente patiente (par force !)... et au total, plus de deux heures trente pour passer l'immigration. La correspondance pour La Nouvelle-Orléans est partie depuis longtemps.

 

Nos billets échangés, nous nous retrouvons, un collègue et moi, enregistrés sur le prochain départ, dans moins de vingt minutes. Un métro rapide nous emmène d'un terminal à l'autre. Au comptoir d'accueil du vol, le personnel nous informe que nous sommes en liste d'attente, avec cependant la priorité d'accès que confèrent nos billets "Affaires" et nos statuts de Frequent Flyers. Un écran diffuse en continu les quatre premières lettres du nom des personnes en attente et l'ordre dans la file - ainsi que les règles d'attribution des priorités : je trouve ce système lumineux, bien loin de la gestion quasi-secrète et propice à tous les soupçons de nos aéroports français.

 

Nos noms s'affichent sans prévenir en premier et deuxième. Quelques minutes passent, nous avons été rétrogradés en deuxième et troisième positions, mais nous sommes finalement appelés à embarquer dans un MD-88 au mileage avancé.

 

Assis compact dans cet appareil étroit, le commandant nous souhaite la bienvenue, nous indique qu'il est en partance pour La Nouvelle-Orléans et qu'il espère que c'est bien là que nous allons aussi ! Cette gentille décontraction me fait sourire, et presque oublier que nous avons déjà plus de deux heures de retard sur le programme prévu.

 

Retard qui ne va pas se réduire, au contraire.

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16/07/2007

All that jazz ! (Paris - New-Orleans, stage 1)

Charles de Gaulle, 8h du matin.

 

Le nouveau terminal, accessible par navette, a la laideur fonctionnelle d'une zone partagée à parts strictement égales entre commerce (hors taxe) et sécurité. Au gris terne des portiques, anthracite des tapis défilant sous le jet continu des rayons X, répond la vulgarité crasse du clinquant d'un pseudo-luxe de marketing. Rose, or, argent, pilastres faux-bronze en temple cosmétique, le tout posé sur un parquet d'ersatz de bois : ces lieux n'existent pas, ces lieux n'excitent pas, un hors-la-vie dédié au culte du "sac plastique transparent refermable d'une contenance maximale de 1l" et à la cabale des quatre chiffres de votre Visa pucelée.

 

Boeing 767, plusieurs heures en parallèle.

 

L'immense chuintement sourd de l'expiration mécanique des réacteurs, de l'air glacé autour de la carlingue, ne berce ni n'endort. Le vol se perd en verticale des immensités arctiques - ou est-ce le caviar délavé d'une formation nébuleuse ? A 10 000 pieds mètres, cela n'a plus tant d'importance. Ni d'intérêt.

 

A l'inverse de l'Air France quasi-snob, la compagnie américaine a ceci de surprenant que l'on y est constamment servi - "attended". Presque trop : un verre vide, un réveil en creux, et déjà l'hôtesse est présente, le steward aux ordres. L'hilarité factice des voyages professionnels m'ennuie - jusqu'ici l'interdit du silence. Rien de tout cela n'est propice à l'envolée déconnectée, au surgissement libérateur des calligrammes obscurs.

 

Ce qui surgit est sur ma peau, mes paupières, mes mains, informulé de l'impensé, littéralement : la distance n'est qu'un contact, c'est le temps qui fuit pour un "dont acte" que je redoute et que j'attends. L'espoir d'une vie nouvelle, à plusieurs sens du terme, lui-même à plusieurs sens, mise en abîme des signifiants pour contourner, borner, le réel de ce qui va advenir par une ironique nativité du calendrier.
Par là, peut-être suis-je prêt pour le jazz, ready for the blues.

 

Voyageur de luxe dans l'univers des faux-semblants de compagnie.

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13/04/2007

Fragments d'Afrique (3)

Douala, capitale économique du Cameroun.

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Après l'étrange traversée de la zone portuaire, pour rejoindre l'hôtel, la contradiction de tout cela me saute au visage.

Je n'ai jamais vécu entouré d'agents de sécurité. Deux à l'entrée, un aux ascenseurs, un par étage.

Je n'ai jamais été réellement inquiet à l'idée de croiser la maréchaussée, comme le manager local qui nous ramenait d'un restaurant, quand il a su que deux d'entre nous n'avaient pas leur passeport sur eux. Les "mange-mille" (... francs CFA) ne sont pas que papivores : la discussion est, d'expérience (la sienne), rarement administrative et toujours désagréable.

J'ai souri au manège des hétaïres de bar. De belles, ou qui l'ont été, femmes, sur-maquillées, habillées à la mode (une certaine mode, celle des cagoles marseillaises), aux faux cils kilométriques, au regard de biche dressée à tuer, aux sourires carnassiers, perchées sur pilotis. Leurs manoeuvres, face à un vieux type, un peu gras, un peu dégarni, un peu seul sûrement, mais un peu beaucoup prêt à leur payer à boire. Ce qui arrange le barman. Un baiser en moins d'une heure, mais à quel tarif ?
Le lendemain soir, d'autres assistantes de vie locale, plus jeunes, jettent leurs grapins sur un groupe de trois occidentaux. Elles en seront pour leurs frais : à minuit, tout le monde se sépare. Bec dans l'eau cette fois.

J'ai vu que "tous les expats finissent alcooliques". Un couple à la cinquantaine bien entamée, lui whiskhy, elle bière, en train de s'engueuler quasiment à voix haute. Elle, visiblement excédée, le geste brusque, sec, cassant. Lui, complètement amorti, la moustache poivre et sel aussi tombante que ses paupières fatiguées, qui argumente à peine, l'air à la fois agacé de tout ce cirque et habitué à ces représentations. Je les retrouverai dans l'avion, lui tout sourire aux hôtesses, elle tout équilibre approximatif entre deux rangées de siège.

J'ai dîné au vent, sur le ponton du "dernier comptoir colonial" - d'où partaient les hommes et les femmes enlevés ou faits prisonniers par d'autres tribus, vers une terrible traversée de l'Atlantique, sans espoir de retour. Brochette de zébu : très bon.

J'ai mangé du varan, de la chèvre, goûté du porc-épic. Je connaissais déjà le goût du crocodile.

Je me suis senti en contradiction lorsque nous avons été reçu à déjeuner par sa femme chez le manager local. Un grand appartement, pas complètement décoré, dans l'immeuble où réside la majorité des officiers français : "on est sûrs d'être évacués, en cas de problème : le jardin est entretenu pour permettre l'arrivée d'un hélicoptère". Une dorade rose, chassée le dimanche précédent : délicieux. Mais cette terrible opposition entre l'aménité à notre égard de sa femme, fille d'expatrié, et la dureté obsidienne de sa voix quand elle s'adresse à leur cuisinière locale.

Des contrastes aussi violents, des découvertes aussi radicales, sur le monde et sur soi, je ne les ai trouvés qu'en amour.

Je comprend que l'on puisse tomber amoureux de l'Afrique.

19:45 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, cameroun, afrique

C(aen) déco !

Retour, ce matin : la brume fantomatique à l'odeur vague, un peu nauséeuse, d'une lointaine marée déjà retirée.

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Hier a été une course en solitaire, mi-joyeuse mi-épuisante, pour équiper le studio de quelques jolis meubles. Le montage Fly est moins aisé que celui d'Ikea... mes doigts s'en souviennent encore. Mon dos aussi - des colis de 15 à 39 kg, de la camionnette à l'entrée - deux portes -, de l'entrée à l'ascenseur - cinq marches -, de l'ascenseur à l'appartement, et divers portages pour poser, ouvrir les cartons, sortir les morceaux, ...

Le soir, Elle arrive, et nous finissons - presque : deux vis sur un fond de tiroir, remises au lendemain - le montage.

Plusieurs déplacements de-ci, de-là : je crois que nous avons trouvé la moins mauvaise - peut-être la meilleure - organisation de la pièce.

Et je comprend Valérie Damidot.


C'est jouissif, le regard de surprise de l'autre qui découvre son nouvel intérieur.

17:10 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : caen

09/04/2007

Fragments d'Afrique (2)

Atterrissage : une poignée d'enfants sur un terrain de jeux improvisé, à quelques dizaines de mètres de la piste, se dispute un ballon.

 

A la descente d'avion, la chaleur moite - par contraste - tombe sur les épaules. Elle n'est pas si redoutable que je le craignais.

 

Le hangar marronnasse qui sert d'aérogare mijote dans son jus depuis une trentaine d'années. Les suspensions majestueuses de tubes multicolores, de longueurs différentes, sont ternes, éteintes, poussièreuses. Trop usé et cassé pour être "vintage", mais restorées, elles feraient fureur dans les décors design des catalogues d'art. Ce contraste violent : un endroit idéal pour un shoot des plus beaux mannequins du monde.


Contrôle du carnet de vaccination. Contrôle du visa. Pas de contrôle à la douane. On sort.

 

Le manager local nous attend, en costume au milieu d'une petite foule de porteurs officiels, officieux, de racketteurs et de quelques familles. Il bondit à notre rencontre et rattrape de justesse la valise d'un collègue qu'un gamin d'une quinzaine d'années "se proposait" d'amener à la voiture. La voiture est garée en sous-sol, parking protégé et surveillé. Car, nous explique-t-il, il est fréquent de voir une nuée de gamins se précipiter sur le chariot d'un touriste décalé de fatigue, qui se retrouve en quelques secondes bredouille devant... son chariot vide.

 

Le trajet en voiture, de l'aéroport à l'hôtel, rend réelle, tangible, cette arrivée dans un autre monde.

 

De part et d'autre du ruban de goudron, des cahutes de quelques tôles assemblées, le rythme de lampadaires greffés sur des poteaux de bois ("l'appel d'offres disait poteaux métalliques, mais on a dû leur trouver une autre destination... officieuse", sourit notre collègue local), la barrière de sécurité par endroit manquante, à d'autres déchiquetée par un accident, ailleurs encore trouée de rouille. Le chauffeur ralentit parfois, pour passer au pas sur d'immenses nids de poule. "Douala était une ville de l'opposition. Il y a quelques années, les habitants ont mis le feu à des pneus pour protester. Le gouvernement a laissé les routes en l'état pour leur faire payer." Charmante démocratie...

 

L'hôtel Méridien se situe à la limite du port de commerce. Zone tant industrielle qu'industrieuse - à en juger par les voitures coffres ouverts, les discussions de part et d'autre des grilles entre vigiles et... et quoi ? des "commerçants indépendants" ? ;-)

 

A dix-neuf heures, après une douche froide, je n'ai plus chaud et ressens moins la fatigue du voyage.

09:35 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, cameroun, afrique

01/04/2007

Et demain, c'est Caen

La faible activité récente sur ce blog tient essentiellement à deux facteurs : quelques voyages professionnels pour moi (Cameroun, Portugal) et le choix important d'Elle relatif à une proposition de poste à Caen.

A deux cent cinquante kilomètres de la maison.

Maintenant que les choix sont faits et actés, nous nous rendons compte que nous avons réagi émotionnellement à contre-temps. Ca n'a pas facilité la communication. Ajouté à cela, notre mode (commun celui-là...) de fonctionnement du type : ne rien dire jusqu'à n'en plus pouvoir, nous faisait osciller entre le mutisme de l'huître et l'explosion d'encre d'une sèche effarouchée (désolé pour l'image, j'ai pas mieux pour le moment).

Tout est clair, désormais.

Mêmes les aspects sociaux (caution Loca-pass, subvention au déménagement : salariés non fonctionnaires, il existe des tonnes d'aide !) et fiscaux (merci aux Impôts pour leur réponse rapide et précise).


Ne restent que les détails de l'installation et le stress de la réussite.


Or donc, aller-retour en Calvados mardi et vendredi dernier. Un petit studio sur le port, côté opposé à celui des bars et restaurants. Immeuble récent, aux couloirs tapissés de vert sombre (au sol) et de velours bordeaux (aux murs) : du post-néo-victorien à tendance maison close... Ne manquent que les appliques en bronze !

Une pièce presque carrée, avec une baie vitrée donnant sur un petit balcon, au-delà sur une pelouse amusée de quelques arbres. Rien en face, un ou deux toits, et le ciel.


Contrat de travail signé. Elle démarre le 4. Nous préférons profiter de ce dernier weekend de "notre vie d'avant" à Paris, plutôt que de courir pour déménager un lit, un frigo, un lave-linge, un micro-ondes, dispersés entre Tours, Paris et Rouen. On fera ça le weekend de Pâques.


D'ici là, trouver un hôtel pour les trois premières nuits.

Acheter une carte Fréquence SNCF.

Entamer quelques cartons.


Et surtout, passer du temps ensemble.

Suki da

13:45 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : caen

Fragments d'Afrique : images (en)volées

Siège 1K de l'Airbus A340 d'Air France. Plus à l'avant de l'appareil, c'est les pilotes.

La France défile sous nos ailes, claire et ensoleillée, teintes vert sombres parsemées de l'ocre des villes et villages. C'est toujours aussi beau, même après des dizaines de voyages.

A l'heure du déjeuner, au loin, la barre neige lumineuse des Pyrénées. En réalité, une illusion de blancheur : plus on s'en approche, plus sombre se font les crêtes, il n'y a en réalité que quelques adrets encore enneigés, partout ailleurs le sol nu, sienne du massif a repris ses droits.

Dès la frontière franchie, c'est le sable espagnol qui se révèle : tout y a l'air sec, poussière.

Je n'ai pas vu Gibraltar. La mer que je devine a la couleur saumon du désert, nous devons être au-dessus de l'Algérie. Ocre d'un cours d'eau sur le brun d'une terre brûlée. Pas un nuage, la brume de chaleur qui noie l'horizon. L'avion vole bas, ou alors la notion de perspective n'a plus cours. Il me semble distinguer l'épave d'un tronc échoué, teinte grise des bois plus que morts - mais comment serait-il arrivé ici ?

Tempête de sable : le ciel est sable sous nos pieds, ou que se porte le regard. Nous volons légèrement au-dessus d'un coussin ocre. Il n'y a plus qu'un seul repère : au-dessus, c'est le ciel, bleu métal ; en dessous, seule la certitude logique que la terre est là empêche de s'imaginer au bord du monde.

L'eau enfin, grasse et grise dans les méandres du fleuve, encadrée du sombre vert de la forêt tropicale. La frontière entre arbres et eau est à la fois nette - pas de plages, un tracé au scalpel dans la terre argileuse - et rendue floue par des traînes d'eau tourbeuse au gré des saillies de terrain dans le courant.

Quelques brûlis, les troncs immenses et décharnés qui s'élèvent au dessus de la canopée.

Des routes humaines comme une saignée.

La ville enfin, étale, brouillonne, immense.

"Bienvenue au Cameroun"

10:40 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, cameroun, afrique

26/03/2007

Retour d'Afrique (teasing)

Nougaro chantait : "Dès l'aérogare/J'ai senti le choc/Un souffle barbare (...)".

 

C'est exactement ça.

 

Le hors-monde d'une aérogare qui a dû être neuve du temps où Sean Connery jouait Bond, qui a vieilli sous la chaleur et l'incurie politique locales, où la foule en sortie de douane est pour moitié composée de pickpockets.

 

Et ce n'est pas non plus que cela.

 

Un choc total.

 

Le même qu'en amour.

14:05 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, cameroun, afrique

21/03/2007

Il est 7h, Orly s'éveille...

Hier mardi, aller-retour pour Lisbonne, une journée de réunion.

 

Le réveil de 5h me trouve déjà yeux grands ouverts. Et vibre. Au pied du lit, le chat lève sa tête paresseuse, m'observe et finit, après un long monologue en son for intérieur, par s'étirer et frayer son chemin entre les replis de la couette, pour s'installer dans la position du sphynx, ronronnant, sur mon torse.

Elle, ensommeillée, bouge et m'enlace. L'aube point. Je savoure cet instant, en appréciant la rareté à l'aune des demains à distance.

 

Je suis bien.

 

Debout.

 

Café (pour moi), croquettes (pour le chat), douche, rasage, le rituel du quotidien. Costume, cravate, vérification du billet et du passeport. En route.

 

Départ à 6h15 en taxi.

 

Ca ne me frappe pas immédiatement, mais il n'y a, dans tout le trajet d'approche de l'aéroport, aucun mouvement aérien.

 

Ce qui, à Orly, n'est pas normal.

 

L'approche de l'aérogare est traditionnelle : un bus, quelques taxis déversent leur cargaison humaine, transports de valise, dos courbé sur l'anse d'un gros sac, encostumés pressés le téléphone à l'oreille (il n'est même pas sept heures !).

 

J'entre...

 

... dans le noir !

 

Seuls quelques néons subsistent, teintant de blafard le style passé d'Orly Ouest, tandis que des policiers désabusés écoutent la complainte d'un couple âgé. Les deux tiers du bâtiment sont dans l'obscurité, péniblement éclairée par l'aube brouillard.

 

Check-in, dans une zone à peine mieux éclairée.

 

Le hall 1 est quasiment plein. On n'y distingue plus les files pour l'enregistrement et celles pour accéder aux portiques de sécurité. La foule est calme, un peu perdue, probablement encore dans les brumes de l'après-sommeil. Rien ni personne n'avance, sauf l'heure.

 

Au bout d'une dizaine de minutes, un responsable de la sécurité passe de portique en portique, donnant l'autorisation de reprendre le travail. Probablement par peur de manquer, certains se précipitent sur les baquets blancs où s'entassent sacoche, ordinateur, portable, veste et écharpe. Le stock est tout juste suffisant, et cela n'accélère en rien l'écoulement.

 

Avec un peu de ruse, un peu de patience, mon collègue et moi passons l'épreuve et rejoignons la porte 10D.

 

Quelques vols sont retardés, d'autres embarquent avec insistance des passagers encore loin du portique libérateur. 

 

L'avion ne décollera qu'avec dix minutes de retard. 

 

Panne d'électricité matinale à Orly : un seul watt vous manque, et tout est surpeuplé...

15:03 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, orly

19/02/2007

A l'air gratuit

A Tours, on a marché des heures.

 

Le dernier jour des soldes affiche une intense contradiction. Aux "Dernière démarque !" hurlants leur réduction en rouge sur de grands placards blancs s'oppose le démontage en cours des panneaux intérieurs. Abandonné, un présentoir vide affiche le "solde" rendu à zéro par la frénésie consommatrice. Ce qui reste est laid, comme si la pustule "-50%" sur fond orange se prenait pour un baiser de princesse.

Ce n'est pas non plus la "Nouvelle collection" : quelques articles, sagement alignés, avant-garde absurde de cartons à déballer. La contradiction flagrante entre ce qui reste et ce qui va arriver : le plus laid et le plus récent n'ont rien à se dire, ou pas encore. Quelques vendeuses rangent nonchalamment. Les caissières trompent l'ennui en papotant. Le grand magasin est avachi.

 

Dehors, c'est déjà le printemps. L'énergie parcourt les rues de la ville, groupe de lycéens, familles en tranquille goguette. Non consommée, ni accumulée, elle est libre, rayonnante.

 

Gagner son temps à le perdre ou perdre son temps à le gagner ?

11:30 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tours

15/02/2007

Le panneau disparu

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15:03 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : auvergne

13/02/2007

Globe-trotting

16/02 Paris-Touraine
18/02 Touraine-Paris 

22/02 Paris-Auvergne
25/02 Auvergne-Paris

un saut à Lisbonne début mars - boulot

10/03 Paris-Bruxelles
11/03 Bruxelles-Paris 

12/03 Paris-Douala (Cameroun) - boulot
14/03 Douala-Paris (arrivée le 15 à l'aube)

16/03 Paris-Marseille
18/03 Marseille-Paris

et cinq jours à La Nouvelle-Orléans en avril ou mai - boulot

 

On n'a toujours pas décidé pour le voyage de noces :-D

 

15:35 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

28/10/2006

En miroir de l'onde

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13:08 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise

14/10/2006

Venise (private joke)

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(Ya même un hôtel, avec vue sur le canal...)

17:20 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise

08/10/2006

Dolce vita à Venise

Elle envisageait une semaine un peu comme ça (oué, c'est la chambre, et les poils de yéti blancs, c'est le peignoir). Bon, en fait, on a beaucoup marché, aussi...

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Et comme il fallait bien se remettre...

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(café Florian - il y a des poncifs à NE PAS éviter !)

20:40 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise

05/10/2006

Venise... et revenir

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On s'est perdu, on s'est reperdu, on s'est retrouvé. Il n'y a pas vraiment de "coin de rue" - un coin de canal, plutôt -, ce qui n'empêche l'émerveillement constant d'une ville qui cache derrière chaque sotoportego une cour, un puits, une ruelle, un passage.

08:10 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise

27/09/2006

On voit ça de la chambre, et on est là

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17:31 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise

19/09/2006

Paris - New York, fragments

Lever 5h30. Départ. Au-delà des contrôles multipliés, le vol paisible.

Réunion en sortie d'avion, un peu étrange, un peu incommodante.

medium_DSCN0223.JPGUn dîner en face de Manhattan, à côté du débarcadère du ferry. La vue extraordinaire sur la ville au couchant, lune rouge puis ronde enfin lumineuse. Comme une carte postale, un décor de série télé. La fatigue pèse, cela fait bientôt trente heures d'éveil. Ca fait tissu coton en écho au pastel du crépuscule.

medium_DSCN0001.JPGMatin. La ville bruit. Travaux de destruction, reconstruction d'immeubles : envolées de poutres métalliques. Nos immeubles grandissent, les leurs s'habillent, squelettes de métal rivetés, vitres et léger ciment pour lier le tout.

Eté indien, près de vingt degrés dès huit heures du matin. Trucks and cracks and whistles and horns : la ville permanente.

medium_DSCN0234.JPGCinquième avenue le long de Central Park. La ville s'étouffe devant la richesse des immeubles et des gens. Le parc : nature organisée en bulle de silence. Soudain, le son d'un saxo qui réveille la voûte victorienne.

Greenwich Village : rues étroites, immeubles bas en volées de marches. Les arbres sont signées d'une plaque com