01/08/2011

Istanbul

Istanbul.jpg

 

Ville multiple, moderne et décatie, active et indolente.

Très surprenante.

14/07/2011

Moleskine

Dans les carnets noirs de mes en-vie, des kilomètres de noir, de bleu, défilent.

 

Certains retranscrits ici.

 

D'autres à l'état de (n/r)atures. Quelques chiffres (9A, 6F, A380, A320), des lettres.

 

Des milliers de kilomètres.

 

Quelques qui-l'homme-être. (Facile, Jacques L.)

13/07/2011

Mais avant de partir (en vacances)

Début août.

 

Le Cameroun, saison des pluies.

 

Le Gabon.

 

Entre les deux, la Compagnie m'interdit de prendre Air Nigéria : ce sera South African Airways.

 

C'est peut-être mieux... :-)

28/06/2011

Avril 2012

A380.jpg

(non, ça n'a rien à voir avec la note précédente)

31/03/2011

De quoi demain est-il le nom ?

Pourquoi n'arrivé-je pas à m'ôter de la tête le sentiment que les cadres du monde actuel s'effondrent les uns après les autres ?

Le vingtième siècle, celui qui s'est achevé le 11 septembre 2001, prenait place dans un petit nombre de cadres au sein desquels les théories explicatives se déployaient. Par exemple, la science, le progrès, MEME S'ILS pouvaient conduire aux horreurs les plus absolues, étaient essentiellement au service de l'amélioration de la condition humaine. De même, ce que l'on a appelé "les grandes idéologies" façonnaient l'organisation des régimes et de leurs révolutions : MEME "la fin de la guerre froide" s'inscrivait dans ce cadre - jusqu'à "la fin de l'histoire" de F. Fukuyama. Au quotidien, le système économique, MEME SI des dérives pouvaient avoir lieu, permettait de diffuser l'innovation, l'éducation, la santé, etc. Le système bancaire, lui, et MEME SI des escroqueries étaient révélées ici ou là, se plaçait au service du progrès économique. Les technologies de communication, MEME SI elles permettaient aux pires délires de gagner en visibilité, "rapprochaient les hommes" (vieux slogan), sans qu'il soit nécessaire de s'interroger (sauf Régis Debray) sur les influences réciproques entre le médium et le message. La santé progressait, l'espérance de vie s'allongeait, nous vivrions mieux que nos parents et nos enfants vivraient mieux que nous.

 

Tout cela me semble remis en question.

Comment expliquer des révolutions arabes sans programme, sans leader, sans organisation ? Comment expliquer le printemps des "contre-enquêtes" sur l'alimentation, l'eau, l'énergie, le médicament, qui ne sont plus aujourd'hui considérées comme la production d'hurluberlus paranoïaques mais reçus comme la révélation du dévoiement de tout un système ? Comment expliquer la défiance profonde à l'égard de la finance, des banques, des grandes entreprises, validée par une suite apparemment sans fin de scandales, de manipulations, de mensonges ? Comment analyser la perte totale du sens de l'action en politique au profit de l'action politique directe, le déclin du syndicat au profit des "coordinations" ponctuelles ? Comment comprendre la perte absolue de la valeur de la parole des gouvernements, des experts et de leurs diffuseurs traditionnels (presse, télé, ...) ?

 

Ne sommes-nous pas en train de vivre l'orée d'une transition de civilisation ?

Quels seront les nouveaux cadres ? La coopération, le partage, la modestie, la proximité physique couplée à la communication globale, des structures auto-organisées, temporaires, souples, au sein du flux massif des données immédiatement disponibles ?

 

Si les cadres anciens disparaissent, et que les nouveaux ne sont pas encore en place, que reste-t-il ?

 

Un foisonnement évolutif dans la soupe primitive des données ?

 

La fin de l'ère des stocks, au profit de l'âge des flux ?

08/01/2010

Dix-courir

Je pense que je vais revenir.

 

Deux voyages au Caire, un à Moscou et St Petersbourg. Quelques photos, pour ce dernier.

 

2010 verra Tel-Aviv, Johannesbourg, Douala et Istanbul peut-être, toujours Casablanca et Le Caire.

22/07/2009

La ville qui n'existe pas

Chaleur du désert.

 

Il fait entre 35 et 39° l'après-midi, ce qui reste supportable, nous disent les locaux : d'ici quelques mois, ce sera plus chaud et très humide, étouffant. Pour l'heure, dans la poussière des travaux, les ouvriers indiens ou pakistanais se couvrent la nuque d'un foulard, se masquent le visage pour échapper au soleil, à la chaleur et au sable.

 

Ce qui était une ville en perpétuelle construction gît, quasi-immobile. Pas de piéton, un flot de voitures, depuis les petites japonaises jusqu'à l'énorme 4x4 américain.

 

Ici, tout devait être plus grand, plus haut, plus "beau". Plus riche.

 

L'internationale consumériste s'y dévoile dans des malls immenses, enfilades de boutiques hyperlumineuses autour de patios béants et d'escaliers mécaniques rutilants. Mais désormais s'ennuient les quelques vendeurs (indonésiens, d'Europe de l'Est). L'absence de touristes, de badauds, est frappante : hangars propres et achalandés rendus à leurs dimensions, inhabités.

 

Ces centres commerciaux, ces hôtels dessinent une Las Vegas de pacotille (stuc au carré, donc), sans les casinos, désastre écologique de climatisation forcée, de peinture dorée, de marbre et de modernité kitsch. Le jardin intérieur du Grand Hyatt, par exemple : trois coques de navire au plafond, un jeu d'eau courante et de cascades serpentant autour de la vision hollywodienne d'une oasis.

 

Devant cette supercherie en milliards de pétrodollars, le muezzin s'efface. Qui l'entendrait, derrière les troubles vitrages ?

 

Le sable du désert s'est vitrifié en buildings à l'arrogance perdue.

 

Il attend de reconquérir Dubaï.

30/03/2009

As time goes by... (2)

Soudain, l'appel à la prière se fraie un chemin dans la cacophonie urbaine. L'air est humide, atlantique, chaud dès que le soleil apparaît. La ville subitement bascule : ce n'est pas l'Afrique seulement, c'est aussi l'Islam, dans sa version apaisée (sunnisme malékite, pour les plus intéressés d'entre vous).

 

Le chant du muezzin efface les buildings : des minarets tombe la parole, et la ville s'y blottit.

 

Dans la Medina près du Palais Royal (la plus petite, la plus marocaine des deux - l'autre est derrière le Hyatt, grosse de néons et autres pièges à touristes), l'enfilade de colonnes abat le couchant sur les échoppes étroites où s'empilent jusqu'au plafond les babouches, les pièces d'argenterie, les faiences, les vêtements. Une saignée au sol graisseux mène à une petite cour : le marché de gros aux olives. Immenses bidons en plastique bleu, où se serrent des dizaines de variété. Le pavé de la cour dégorge son trop-plein d'huile et de poussière mêlées, ça colle et glisse en même temps, de façon surprenante.

 

La nuit tombe, nous dînerons de fritures et d'un poisson grillé.

19/03/2009

As time goes by...

Le feulement des réacteurs accompagne la version aérienne du "petit déjeuner continental" (sucré, salé, chaud, froid). Il est peu après 7h30, siège 12D d'un Airbus A318 d'Air France en route pour le Maroc, trois heures de vol.

 

En approche, la première impression est : "C'est vert !", plus vert que je ne l'imaginais. J'apprendrai plus tard que le Maroc aride est aux portes de Marrakech. Ici, c'est l'influence atlantique, la brume de mer matinale.

 

Et les conséquences bourgeonnantes d'un hiver pluvieux.

 

Casablanca : pour moi, un mythe. Celui de maisons blanches, de foules compactes en burnous et jellabas, un air de piano intemporel, un homme qui aime encore une femme qui a renoncé à lui. La France, aussi, celle des pages d'une histoire sombre et glorieuse.

 

Casablanca l'européenne, ville africaine au rivage atlantique.

 

Les immeubles des années 50 cotoient les récents buildings de verre des banques et des industries. Cela n'empêche pas l'absence quasi-totale de trottoirs, ou, quand ils existent, fleuves de petits carreaux posée sur du sable ("sous les trottoirs, la plage" : c'est ici vrai !), incomplets, déchirés, troués. A côté d'un flot de Logan neuves, de vieilles guimbardes improbables discutent la route à une âne tirant sa charrette. Au carrefour, la population mêle sans logique apparente burnous, voiles, uniformes d'écoliers, costumes cintrés et mini-jupes cheveux au vent : l'injonction vestimentaire se nourrit de tant de sources, sans qu'aucune ne l'emporte (hormis dans les quartiers populaires, plus traditionnalistes), qu'il en résulte une impression de joyeux désordre, éclat de rire permanent à la face des tristes sires. Un confluent qui n'est pas sous influence : j'aime beaucoup.

 

Côté circulation, c'est l'anarchie. La signalisation routière, hormis quelques rares feux, ressemble à une aimable suggestion du préfet de police : lignes blanches, clignotants, stop - autant d'accessoires devant le couple originel de l'appel de phares et du klaxon. Joyeusement jouissif la plupart du temps, sauf quand la droite est occupée par un bus vert clair et blanc (d'anciens modèles de la RATP rebaptisés) et la gauche par une mobylette pétaradante - et fragile.

 

 (à suivre)

26/11/2008

A jour tendu

Paris-Billund (Danemark) et retour.

 

L'avion ferme ses portes à 19h20, je suis enregistré et sans bagages. Un départ à 17h30 me paraît donc raisonnable (le site de la RATP m'indique 1h10 de trajet jusqu'à Roissy).

 

C'était sans compter avec la loi de Murphy.

 

Devant le guichet électronique de l'accès à la gare, un lent s'embrouille, ne sait pas trouver sa destination, perd dix minutes avec l'improbable rouleau de sélection. Ca commence bien.

Ligne A : incident voyageur. Le trafic s'écoule très lentement jusqu'à La Défense, où je décide de changer pour la ligne 1. Tout va bien, je n'ai mis que trois quarts d'heures pour rejoindre Les Halles (au lieu de 25 minutes...).

Ligne B : incident, de la fumée dans un tunnel. Une rame stationne, qui ne va pas à Charles-de-Gaulle, pendant plusieurs minutes. Les voyageurs à valise commencent à échanger sur la façon d'arriver à l'aéroport. Avec un couple en partance pour l'Espagne, rencontré sur le quai, nous prenons un taxi à Chatelet.

 

A 18h15, dans Paris... on se jette dans les bouchons. Quelle que soit l'itinéraire, nous roulons moins vite qu'au pas.

 

Le chauffeur nous propose de prendre les choses en main. Direction les petites rues, où seuls les feux rouges nous ralentissent. Nous rejoignons finalement l'A3, mais il est déjà presque 19h !

 

A un certain moment, il n'est plus utile de s'inquiéter. Toute angoisse s'évapore, quand la plus faible probabilité n'est plus de rater l'avion mais bien de l'avoir. Et s'agacer contre des événements extérieurs n'a aucun intérêt.

 

Je suis au terminal 2B à 19h12. Un vigile m'arrête croyant que je me trompe, je le rassure. Encore une minute de perdue.

Personne à la sécurité : les agents me font remarquer que l'embarquement est probablement clos. Peu importe, je reviendrai, si c'est le cas. Je passe.

 

Et arrive le dernier, essoufflé, dans la file attendant de monter dans le bus.

 

Direction l'avion.

 

Un Dornier 328 à deux hélices (turboropulseurs ?), 32 places au total ! Hormis le bi-moteur au-dessus du Grand Canyon (six places), je n'ai jamais voyagé aussi petit.

 

Deux heures de vol, fauteuils en cuir crême, dans la nuit bourdonnante au-dessus de la France, la Belgique, l'Allemagne.

 

Je lis les tragédies de Racine, Phèdre, Iphigénie, à quelques milliers de pieds au-dessus du sol.

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