20/04/2007
Le jour de ma rupture avec Nicolas Sarkozy*
(* titre recopié de Nuesblog)
Quand NS est arrivé au ministère de l'Intérieur, j'ai été séduit par son parler vrai, sa capacité à rebondir, sa volonté d'action, son discours de la preuve par l'acte. Son intelligence et son côté "grand fauve politique", qui me faisaient penser, sous des manifestations différentes, à Mitterrand.
J'ai aimé que l'on dise enfin qu'un agresseur est d'abord un agresseur, et une victime est une victime. Je n'adhère pas au discours "ce n'est pas la faute de l'agresseur, c'est le contexte qui l'a amené à ça" : on a toujours le choix de ses actes. Bien sûr, des circonstances peuvent atténuer la responsabilité. Mais jamais ni l'excuser ni l'exonérer.
Et puis, il y a eu le projet de loi sur la détection des troubles de conduite chez les très jeunes enfants. J'avais signé, chose rare, la pétition "Pas de zero de conduite pour les enfants de trois ans", qui s'élevait contre les conclusions d'une étude de l'INSERM. Je mettais ce projet de loi sur le compte d'un affichage politique. Il est tellement imbécile, après des années où l'on nous a seriné "ce n'est pas leur faute, c'est le contexte" - un bon moyen d'évacuer la question de la responsabilité et de l'éducation -, de basculer dans le "ils sont prédestinés à cela et on peut le détecter dès le plus jeune âge" - un bon moyen de ne pas se poser la question du contexte - que je n'imaginais pas que le texte passe en l'état. Le dépistage précoce a finalement été sorti du texte.
Je n'ai pas rompu à ce moment-là. La politique est aussi un jeu : j'ai cru que c'en était une carte.
Mais il y a eu l'entretien à Philosophie Magazine.
Ce que j'y ai lu m'a fait froid dans le dos. Je n'ai aucune passion pour Michel Onfray : ses positions caricaturales sur les religions, sa philosophie en recyclage des idées d'extrême-gauche m'indiffèrent. J'étais plutôt intéressé de voir un politique prendre du recul et discuter avec un philosophe.
Mais à la lecture de TOUT l'article, ce que je n'imaginais pas m'est apparu comme un choc : oui, Nicolas Sarkozy est convaincu que violence, pédophilie, suicide, que des comportements procèdent d'un déterminisme personnel (peu importe ici qu'il soit génétique). Cela met en lumière toute sa pensée, toute son action à l'Intérieur : si déterminisme il y a, il n'y a alors que deux réponses.
Détecter les déviants et en protéger la société.
Bienvenue à Gattaca et Minority Report.
Je suis un humaniste : je crois en la capacité de l'homme à s'améliorer, à changer, à évoluer, à se libérer des ses chaînes, de ses peurs, de ses pulsions. A dépasser la violence primordiale qui est en chacun de nous, au plus profond, avant tout rapport à l'autre, toute éducation, toute morale. Je ne dis pas que c'est toujours possible, mais que c'est toujours à essayer, pour soi et pour les autres. Je crois aussi que l'on est ce que l'on choisit de faire.
Pas lui.
Le jour de la parution de cet article, j'ai su que JAMAIS je ne voterai pour lui.
(J'aurais un vrai problème de conscience si le second tour est Sarkozy-Le Pen...)
12:04 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, presidentielle, humanisme, anti
19/04/2007
Jean-Marie Colombani, ce visionnaire
Après avoir soutenu à longueur de colonnes Edouard Balladur en 1995, JMC s'était fait fervent défenseur de Lionel Jospin en 2002. Depuis, Le Monde n'a pas eu de mots assez durs sur Raffarin, Villepin et Chirac. Contre Sarkozy ? Tout au plus des "recommandations".
Aujourd'hui, il signe un éditorial appelant de ses voeux au imposant comme un "impératif démocratique" le vote NS-SR dès le premier tour, de manière à ce que le second se joue entre Nicolas Sarkozy, candidat "le mieux préparé", qui "a travesti sa nature de républicain sincère. C'est du moins ce que l'on voudrait croire." et dont le projet "s'appuie sur une force politique capable de gouverner", et Ségolène Royal, qui "devra s'assumer telle qu'elle est en réalité, c'est-à-dire convaincue de cette nécessaire évolution ["faire émerger une force social-démocrate moderne"], et non telle que le PS voudrait qu'elle soit" - autrement dite : seule.
Bayrou ? une candidature qui ne soit son succès qu'à "une posture nouvelle (une forme d'union nationale)" et qui "[spécule] sur un enchaînement miraculeux autant qu'improbable"... (Dieu que les Français sont cons de se laisser séduire par une posture !)
Mais bien sûr, comme chacun sait, et notamment depuis l'affaire Clearstream, l'objectivité est le paradigme fondamental du "quotidien de référence" et de son directeur...
Jean-Marie Colombani s'est toujours trompé dans ses analyses politiques : il oublie toujours le même paramètre.
Les Français.
Ca va être à ce point une surprise, dimanche ?
14:00 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : le monde, presidentielle, colombani, sarkozy, bayrou, royal
14/04/2007
L'appel de Michel Rocard
Si Nicolas Sarkozy est élu dans quelques semaines, nous n’aurons aucune excuse. L’UMP gagnera les élections législatives qui suivront ; et pendant cinq ans, la France va souffrir.
Tous les Français ne souffriront pas de la même façon : les plus riches vivront encore mieux. Les classes moyennes et les petits salariés vivront plus mal. Les exclus seront plus seuls que jamais.
Nous pouvons éviter ce gâchis social dont la majorité des Français ne veut pas. Comment ? Simplement, en unissant nos forces avec ceux qui sont les plus proches de nous. Ceux qui pensent comme nous que le marché doit être régulé, que l’Etat doit défendre la solidarité, que l’égalité des chances doit être assurée pour tous et entre toutes les générations.
Socialiste et européen depuis toujours, j’affirme que sur les urgences d’aujourd’hui rien d’essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c’est-à-dire les socialistes et les centristes. Sur l’emploi, sur le logement, sur la dette, sur l’éducation, sur l’Europe, nos priorités sont largement les leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l’intégration, sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs. Isolés, ni eux ni nous, n’avons aucune chance de battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Mais rassemblés avec les Verts, la gauche sociale-démocrate et le centre démocrate-social constituent une majorité dans le pays. Et dans deux semaines elle peut devenir la majorité réelle. C’est la chance de la France.
Il ne faut pas attendre l’après-second-tour pour créer la dynamique de l’alliance. Dans quelques jours, les Français décideront qui, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, sera le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Et ils le feront d’autant mieux qu’ils sauront que, dans tous les cas, une alliance sincère et constructive défendra au second tour puis aux législatives un projet commun d’espoir pour la France.
J’appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s’exprimer devant les Français pour s’engager dans la voie de cette alliance. Qu’ils fassent confiance aux Français pour que les Français leur fassent confiance.
Je ne me prononce qu’au nom d’une seule ambition : l’amour de mon pays. L’envie que la France retrouve confiance en elle ; que nos jeunes portent l’espoir d’une vie meilleure ; que notre Etat se modernise dans le respect de chacun ; et que triomphent nos idéaux démocratiques dans un monde en mouvement.
Pour la première fois depuis longtemps, j’atteste que ce chemin nous est ouvert. Nous pouvons déplacer les lignes politiques pour qu’elles soient fidèles à nos convictions. Nous pouvons faire repartir la France sur les rails du progrès économique, de la justice sociale, d’une démocratie impartiale et apaisée. Offrons ce choix aux Français et je suis sûr qu’ils l’approuveront.
Si nous ne saisissons pas cette chance, oui nous n’aurons aucune excuse…
Source : Le Monde
Tout l'enjeu du premier tour est résumé ici. (c'est moi qui souligne)
14:15 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, sarkozy, bayrou, royal
10/04/2007
Le gêne de la pédophilie localisé en Inde
(à lire au second degré, au moins)
Après la révélation de haute teneur scientifique, digne d'un prix (ig)Nobel, du candidat Nicolas Sarkozy, selon lequel "on naît pédophile", une étude récente nous apprend que l'endroit où ce gêne s'exprimerait le plus est l'Inde, quatre régions de l'Etat-continent en particulier.
En effet, une étude commandée par le gouvernement indien révèle qu'un enfant sur deux en Inde subit des abus sexuels. Dans 88.6%, le ou les agresseurs sont des parents.
On peut donc en déduire, à la lumière de la brillante intuition du future Génie des Carpettes français, que le gène responsable de ce comportement est présent chez au moins un parent de ces enfants.
Comme il s'agit d'un gène, et non d'un comportement acquis, les enfants seront, avec une probabilité de 50%, porteur de ce gène, et, avec une probabilité de 25% (le gène pourrait être récessif), futurs agresseurs. Cependant, la constance de ces comportements violents, dénoncée par les associations sur place, ne plaide pas en faveur du caractère récessif.
Je propose donc qu'à titre scientifique, une étude génétique soit menée sur la population indienne, pour identifier le fameux gène. Et qu'à titre humanitaire, politique et sécuritaire, on envoie quelques bombes atomiques sur les régions concernés de ces pays, de manière à éradiquer les auteurs actuels et les futurs auteurs (les victimes actuelles ou leurs frères et soeurs) de ces agressions.
"Demain, tout est possible." qu'il disait.
Mais à ce niveau de connerie avérée, ça devient dantesque. Le premier cantique, surtout.
Plus sérieusement, NS se rend-il compte que chercher une origine génétique à des comportements :
- entraîne logiquement une totale exonération de responsabilité pour les agresseurs, et par là rend caduc le code pénal sur ces crimes-là. Comme disait Jessica Rabbit : "je ne suis pas mauvaise, je suis juste dessinée comme ça".
- a pour conséquence une condamnation automatique à vie : si c'est génétique, c'est incurable.
- conduit naturellement à un dépistage et une contrainte légale AVANT tout acte, comme dans Minority Report, c'est-à-dire à la totale négation d'un fondement philosophique majeur de notre civilisation, la liberté individuelle de ses choix, corollaire de la responsabilité individuelle de ses actes.
- prive une partie de l'humanité de son caractère d'être humain, puisque ni libre de ses choix, ni responsable de ses actes.
- dans le cadre des agressions sexuelles familiales, interdit à la victime tout espoir de reconstruction et de résilience quant à sa volonté de mener sa vie, puisque la simple présence du gène indiquera qu'elle pourrait être le prochain agresseur - épée de Damoclès qui devrait augmenter le nombre de suicides. Ah, j'oubliais, "les suicides, c'est génétique" aussi.
- en fait, tout bien considéré, une victime d'inceste familial devrait immédiatement être soumise au dépistage du "gène de la pédophilie", puisque les gènes, ça se transmet.
- rend caduc, mais est-ce le plus important, un pan entier de la psychologie - tout ce qui se rapporte à la construction narcissique du sujet.
(PS : les lecteurs habituels connaissent la mesure de mon expression, et seront surpris par le ton de cette note. Mais là, c'est tellement énorme que j'en perds mon calme. Jusqu'ici, je n'étais que très gêné à l'idée de devoir peut-être voter au second tour pour NS. Maintenant, c'est carrément en dehors du champ des possibles : entre "l'efficacité de la justice chinoise" royaliste et le "on naît pédophile" sarkoziste, je préfère la connerie appliquée à la connerie conceptuelle.)
14:35 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, inde
05/04/2007
Logique et politique font-elles bon ménage ?
Disclaimer : la question de mon vote personnel ne se pose pas. Comme tout être humain ayant rencontré la Lumière et vivant dans la béatitude de Sa Divine Félinité, adhérent jouyeux et volontaire - à jour de ses cotisations - au J2XMMUFC, je voterai Jean-Xanax. (Mortissa, pose ce bazooka, s'il te plaît !)
J'observe avec un certain recul la campagne. Recul basé sur mes souvenirs de 1995 (Arlette Chabot à Jacques Chirac, sur Europe 1 : "M. Chirac, allez-vous vous retirer de la course ?". Il était à 17%.) et de 2002 (pas besoin de m'étendre).
Il y a quelques leitmotivs qui me tourmentent, cependant :
- "Il faut voter utile à gauche, c'est-à-dire voter Royal" - la notion de "vote utile", outre que je la trouve culpabilisatrice (sous-entendu : les autres votes sont inutiles et donc vouloir autre chose que l'affrontement PS-UMP est inutile), manifestant un échec du politique (si la seule raison pour voter, c'est l'utilité...) et méprisante ("Pauvres naïfs ! Voter suivant vos envies, mais vous n'y pensez pas ! Il faut voter u-ti-le !), étrangement, ne s'applique qu'au vote du premier tour : ce qui compte c'est que Royal soit au second tour, quelles qu'en soient les conséquences prévisibles. Cf. point suivant.
- "Il faut voter Royal pour faire barrage à Sarkozy" - pourtant, (quasiment) TOUS les duels de second tour Royal/Sarkozy se terminent par la victoire de ce dernier. A l'heure actuelle (souvent sondage varie, bien fol est qui s'y fie), Royal au second tour EGALE victoire de Sarkozy. Alors que TOUS les duels Bayrou/Sarkozy voient le centriste l'emporter. La conclusion logique serait donc : "Il faut voter Bayrou pour faire barrage à Sarkozy".
- Ce qui nous ramène au premier point : le "vote utile", c'est-à-dire le vote qui assure de la façon la moins improbable la défaite de Sarkozy est... le vote Bayrou !
- "Si Bayrou l'emportait, il ne pourrait pas gouverner : il n'a personne avec lui" - ah bon ? Chirac en 1995 n'avait ni parti ni soutiens, à part Michel Debré et Alain Juppé. Ca ne l'a pas empêché de faire un gouvernement. Je gage que dès le 22 avril au soir, le grand bal des ralliés sera ouvert... "Paris vaut bien une messe", l'histoire bégaie souvent.
- "Si Bayrou l'emportait, il n'aurait pas de majorité" - en 1981, les Français ont donné une majorité à Mitterrand, qui avait certes le PS et le PC (ce qui n'était pas anecdotique, alors) à ses côtés. Mais on ne sache pas que les 15% de Français qui ont fait la majorité rose se soient convertis à la gauche à vie. Cf. 1986, retour à droite. Je crois que Mitterrand et Bayrou ont tout à fait raison quant à la cohérence des Français dans leur choix. Cf. 1988 et la "majorité présidentielle" tontonmaniaque ; 2002 et la "vague bleue". Seule inconnue : l'ampleur de la "vague orange" aux législatives.
- Quand bien même Bayrou n'aurait pas de majorité, qui l'aurait ? Il en résulterait soit un gouvernement de cohabitation, soit un gouvernement de compromis entre le PS, l'UDF/majorité présidentielle et l'UMP. L'option de la motion de censure n'est pas viable car le président répondrait par une dissolution, avec cette fois LA PREUVE PAR LA CENSURE qu'il faut lui donner une majorité... La Constitution de la Veme République est fondamentalement incapable d'enclencher une situation d'instabilité permanente - c'était même son objectif initial, pour fuir les errements de la IVeme.
- "Le Pen pourrait être au second tour" - dans ce cas, il n'y a même pas à s'inquiéter (sauf de la faille entre les Français et leurs politiques. Personnellement, dans ce cas, je jette plutôt la pierre aux politiques : comment ont-ils pu à ce point nous désintéresser ?) : le Président, élu à 70%, sera son adversaire du moment, quel qu'il soit. Même Bové y arriverait.
- A l'heure présente, quel adversaire Sarkozy a-t-il intérêt à avoir au second tour ? Tous, sauf Bayrou. Sarkozy a donc objectivement besoin de flinguer Bayrou.
- Quel adversaire Royal a-t-elle intérêt à avoir au second tour ? Aucun, sauf Le Pen. Mais encore faut-il qu'elle soit au second tour : elle a donc objectivement besoin d'appeler au "vote utile" (pour sa gauche) et de flinguer Bayrou (pour sa "droite").
- Quel adversaire Bayrou a-t-il intérêt à avoir au second tour ? Aucun en particulier, mais un bémol pour Royal. Il a objectivement besoin de piquer le maximum de voix de gauche, Sarkozy le bloquant à droite.
- "Bayrou fera un mauvais président" - franchement, depuis quand se soucie-t-on de la compétence des politiques ? :-)
Tout cela n'est que la énième redite (Mitterrand-Giscard-Chirac en 1981, Mitterrand-Barre-Chirac en 1988, Jospin-Chirac-Balladur en 1995, Jospin-Chirac-Le Pen en 2002) de l'impossible recherche de la "Troisième Voie". Ca a toujours échoué jusqu'ici, SAUF en 1995.
Comme au poker, "the winner takes it all".
On va vivre une période intéressante...

17:50 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, royal, bayrou, sarkozy, le pen
23/10/2006
Bienvenue en dém(ag)ocratie
Avec une régularité quinquennale que lui envie même le virus de la grippe (la vraie, pas le buzz aviaire de l'an dernier), l'ânerie politique refait surface dans sa profondeur la plus abysmale.
A ma gauche droite, un candidat-ministre qui souhaite, demande, exige, qu'une forme récurrente (hélas) de délit devienne un crime, passible des assises. Maitre Eolas démonte avec verve l'inanité juridique d'une telle proposition. Je n'ai pas grand chose à y ajouter, si ce n'est une remarque de fond : caillasser un pompier, un policier, serait passible des assises. Caillasser un bus, une ambulance, une voiture postale, une camionnette municipale, son voisin, du tribunal correctionnel : ce ne sont pas "des représentants de l'autorité". Avec une telle réforme, je gage que la désagrégation du lien social (ou ce qu'il en reste) ira croissant dans ces quartiers. J'ai bien conscience que ce que cherchent ces bandes de voyous (qui ne sont pas TOUS les habitants d'une cité, ni même TOUS les jeunes d'icelle), c'est à délimiter un territoire dans lequel ils pourront se livrer à des trafics en toute tranquillité, une "zone franche" du délit. Mais la réponse consistant à dire : tu caillasse un flic, tu vas aux assises ; tu caillasses un postier, tu passes en correctionnelle est absurde et contre-productive. Tactique de guerrilla urbaine : caillasser le postier et s'éparpiller comme volée de moineaux à l'arrivée de la maréchaussée.
A ma droite gauche, la st-just de la démocratie participative propose de placer les élus sous la vigilance d'un "jury populaire", "tiré au sort", devant lequel l'élu devrait "rendre des comptes". Ainsi, la plus intense manifestation de cette belle démocratie participative serait que les journaux municipaux soient délivrés en direct devant un tribunal populaire. On attend déjà l'autocritique du maire pris en flagrant délit de retard dans l'aménagement d'un rond-point, ou pire : le député à genoux, implorant le pardon du Peuple pour avoir été obligé de créer un étrécissement de voie lors de travaux sur une partie de la chaussée... D'après le Figaro, cette idée saugrenue serait la réponse à une question sur des "mesures coercitives qu'on pourrait mettre en oeuvre pour empêcher les politiques de faire des promesses mirobolantes". Personnellement, j'en connais déjà deux : ne plus y croire, et ne pas voter pour ces candidats-là. Outre la vision stupidement "les politiques contre le peuple" que représente une telle question, demander la mise en place de mesures COERCITIVES laisse mal augurer du caractère intelligent des citoyens qui seront amenés à composer ces tribunaux populaires...
Partant d'un même constat, tragique - la perte de confiance des citoyens en toute parole, toute action de l'Etat - , M. Sarkozy et Mme Royal s'engouffrent dans la voie du populisme comme démission de toutes les représentations nationales, de tous les instruments de l'Etat, devant les haut-le-coeur et les sautes d'humeur de la foule.
Plutôt que de s'interroger sur le remède à apporter à cette situation, l'un comme l'autre, avec ces idées insanes, ne nous proposent en fait que le règne de l'éphémère, de l'émotion et des manchettes de journaux. Ils reprennent en choeur l'antienne la plus démagogique qui soit : le peuple, lui, ne ment pas..
C'est pas gagné...
(et lire l'excellent article de Nico sur Nuesblog)10:20 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, royal, présidentielles
16/06/2006
Florian Bourges connaît-il Nicolas Sarkozy ?
Un article du Parisien, reprenant (peut-être) l'info que j'ai trouvée selon laquelle Florian Bourges est président d'une association subventionnée par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, pose hâtivement la question de l'existence d'un lien entre les deux. Est-ce crédible, probable, possible ?
Relations F. Bourges - CG Hauts de Seine : subventions en 2005 pour l'association "Toupty" dont Bourges est président.
Sarkozy est-il au courant de cette association de Bourges ? Uniquement si l'on suppose que le Président de la République connaît tous les récipiendaires de la Légion d'Honneur, vu que c'est lui qui signe le décret... De même, un patron de PME (ou son directeur commercial) signe les contrats rapportés par ses commerciaux : cela veut-il dire qu'il connaît tous les clients ?
A mon avis, là, on est dans la reconstruction intellectuelle pour que ceux qui le souhaitent continuent à être persuadés qu'il y a une "manipulation dans l'affaire". Le plus souvent, l'explication est plus simple... (après toutes les circonvolutions de l'affaire Clearstream, on en revient quand même à l'hypothèse initiale : Gergorin did it...)
Admettons que Bourges et "le clan Sarkozy" se connaissent. (NB : une "hypothèse forte" est MOINS crédible qu'une "hypothèse faible", en langage scientifique)
Quatre hypothèses :
- une super-forte (tout l'affaire est un coup monté depuis 2001 par "le clan NS"),
- une forte ("le clan" a missionné Bourges dès juillet 2003),
- une moyenne ("le clan" a "fait une fleur" à Bourges par le biais d'une association d'icelui subventionnée en 2005),
- une faible (Bourges connaît des personnes "du clan" pour son association et fait mention de l'affaire. On lui répond : "merci, si vous avez besoin de quelque chose..." et lui d'enchaîner : "ben justement, j'ai une association qui..."),
- une super-faible (les deux sont sans relation de cause à effet).
A noter que dans les hypothèses moyenne et faible, il aurait fallu que Bourges fasse le rapprochement entre "Nagy", "Bocsa" et Sarkozy, ce qui n'est pas, à nouveau, l'hypothèse la plus simple.
Le nom de domaine Toupty.org a été créé en le 6 mai 2003 par Bourges, et toupty.net le 21 septembre 2005 par l'association Toupty. Cela est conforme à la date de création de l'association (créée en 2003, mais enregistrée en 2004 à la Préfecture - les associations sont le plus souvent créées avant d'être enregistrées, contrairement à une entreprise).
La première crêche de cette association est, d'après son site, à Ivry (94). Elle a reçu une subvention de la ville (communiste) en juin 2005, ville qu'elle avait contactée dès novembre 2003 (source : CR de séance de conseil municipal du 23 juin 2005, avant-avant-dernier lien, pp. 53 et 54). A noter d'ailleurs que la ville (communiste) d'Ivry adhère à l'association.
L'autre ville qui a subventionné est Hordain, ville du Nord, dont le maire est de gauche (cf. dépôt d'une requête au C. Constitutionnel CONTRE le candidat de droite). F. Bourges a fait ses études dans le Nord.
Ca rend beaucoup plus compliquées les hypothèses autres que la super-faible...
Enfin, dans le cadre de "l'affaire Clearstream", il n'y a AUCUNE nécessité que Bourges et Sarkozy se connaissent.
L'hypothèse la plus probable est que Toupty et Clearstream n'ont aucun lien entre eux.
18:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, sarkozy
07/06/2006
Clearstream ou... Incredible-stream ?
(Bruno, cette note-là, elle va vous faire plaisir)
Ainsi, la "source" serait Florian Bourges, ex-employé d'Arthur Andersen, lequel cabinet d'audit aurait audité Clearstream en 2001 sur demande de la justice luxembourgeoise. Demande faisant suite à la parution du livre de Denis Robert.
Pour le Nouvel Obs, M. Florian Bourges a reconnu avoir donné (et non vendu) les fichiers non trafiqués à Imad Lahoud. Imad Lahoud dit que Bourges a voulu les lui vendre, toujours selon l'Obs citant le Canard. [edit du 8 : Le Figaro indique que Bourges a dit aux juges avoir rencontré Lahoud en juillet 2003, présenté par Robert]
Florian Bourges, si c'est bien le même est :
- diplômé de l'EDHEC en 2001. Il aurait donc été "junior" stagiaire chez Andersen au moment de l'audit.
- passionné de voile, de catamaran, en particulier
- fondateur de www.strategicwatch.com
- s'il ne s'agit d'un homonyme, président d'une association gérant une crèche à Asnières et une à Bois-Colombes, subventionnée en 2005 par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, le signataire étant... son président, vous savez qui :)
Non ????
Si !!!
(merci Google, domaine.fr)
Ca devient de plus en plus rigolo :-D
21:10 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, sarkozy





