22/04/2007

Hugo ou Asterix chez les Belges, c'est selon

L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme.

20/04/2007

Sondage TNS-Sofres dans le Figaro

"Au second tour, Nicolas Sarkozy creuse l’écart avec Ségolène Royal, à 53% contre 47%, soit deux points de mieux que lors de la précédente enquête. Opposé à François Bayrou, en revanche, le candidat de l’UMP est donné perdant à 46% contre 54% pour le centriste."

 

Il est temps d'être pragmatique.

Le jour de ma rupture avec Nicolas Sarkozy*

(* titre recopié de Nuesblog)

 

Quand NS est arrivé au ministère de l'Intérieur, j'ai été séduit par son parler vrai, sa capacité à rebondir, sa volonté d'action, son discours de la preuve par l'acte. Son intelligence et son côté "grand fauve politique", qui me faisaient penser, sous des manifestations différentes, à Mitterrand.

 

J'ai aimé que l'on dise enfin qu'un agresseur est d'abord un agresseur, et une victime est une victime. Je n'adhère pas au discours "ce n'est pas la faute de l'agresseur, c'est le contexte qui l'a amené à ça" : on a toujours le choix de ses actes. Bien sûr, des circonstances peuvent atténuer la responsabilité. Mais jamais ni l'excuser ni l'exonérer.

 

Et puis, il y a eu le projet de loi sur la détection des troubles de conduite chez les très jeunes enfants. J'avais signé, chose rare, la pétition "Pas de zero de conduite pour les enfants de trois ans", qui s'élevait contre les conclusions d'une étude de l'INSERM. Je mettais ce projet de loi sur le compte d'un affichage politique. Il est tellement imbécile, après des années où l'on nous a seriné "ce n'est pas leur faute, c'est le contexte" - un bon moyen d'évacuer la question de la responsabilité et de l'éducation -, de basculer dans le "ils sont prédestinés à cela et on peut le détecter dès le plus jeune âge" - un bon moyen de ne pas se poser la question du contexte - que je n'imaginais pas que le texte passe en l'état. Le dépistage précoce a finalement été sorti du texte.

 

Je n'ai pas rompu à ce moment-là. La politique est aussi un jeu : j'ai cru que c'en était une carte.

 

Mais il y a eu l'entretien à Philosophie Magazine.

 

Ce que j'y ai lu m'a fait froid dans le dos. Je n'ai aucune passion pour Michel Onfray : ses positions caricaturales sur les religions, sa philosophie en recyclage des idées d'extrême-gauche m'indiffèrent. J'étais plutôt intéressé de voir un politique prendre du recul et discuter avec un philosophe.

 

Mais à la lecture de TOUT l'article, ce que je n'imaginais pas m'est apparu comme un choc : oui, Nicolas Sarkozy est convaincu que violence, pédophilie, suicide, que des comportements procèdent d'un déterminisme personnel (peu importe ici qu'il soit génétique). Cela met en lumière toute sa pensée, toute son action à l'Intérieur : si déterminisme il y a, il n'y a alors que deux réponses.

 

Détecter les déviants et en protéger la société.

 

Bienvenue à Gattaca et Minority Report

 

Je suis un humaniste : je crois en la capacité de l'homme à s'améliorer, à changer, à évoluer, à se libérer des ses chaînes, de ses peurs, de ses pulsions. A dépasser la violence primordiale qui est en chacun de nous, au plus profond, avant tout rapport à l'autre, toute éducation, toute morale. Je ne dis pas que c'est toujours possible, mais que c'est toujours à essayer, pour soi et pour les autres. Je crois aussi que l'on est ce que l'on choisit de faire.

 

Pas lui.

 

Le jour de la parution de cet article, j'ai su que JAMAIS je ne voterai pour lui.

 

(J'aurais un vrai problème de conscience si le second tour est Sarkozy-Le Pen...)

19/04/2007

Jean-Marie Colombani, ce visionnaire

Après avoir soutenu à longueur de colonnes Edouard Balladur en 1995, JMC s'était fait fervent défenseur de Lionel Jospin en 2002. Depuis, Le Monde n'a pas eu de mots assez durs sur Raffarin, Villepin et Chirac. Contre Sarkozy ? Tout au plus des "recommandations".

 

Aujourd'hui, il signe un éditorial appelant de ses voeux au imposant comme un "impératif démocratique" le vote NS-SR dès le premier tour, de manière à ce que le second se joue entre Nicolas Sarkozy, candidat "le mieux préparé", qui "a travesti sa nature de républicain sincère. C'est du moins ce que l'on voudrait croire." et dont le projet "s'appuie sur une force politique capable de gouverner", et Ségolène Royal, qui "devra s'assumer telle qu'elle est en réalité, c'est-à-dire convaincue de cette nécessaire évolution ["faire émerger une force social-démocrate moderne"], et non telle que le PS voudrait qu'elle soit" - autrement dite : seule.

 

Bayrou ? une candidature qui ne soit son succès qu'à "une posture nouvelle (une forme d'union nationale)" et qui "[spécule] sur un enchaînement miraculeux autant qu'improbable"... (Dieu que les Français sont cons de se laisser séduire par une posture !)

 

Mais bien sûr, comme chacun sait, et notamment depuis l'affaire Clearstream, l'objectivité est le paradigme fondamental du "quotidien de référence" et de son directeur...

 

Jean-Marie Colombani s'est toujours trompé dans ses analyses politiques : il oublie toujours le même paramètre.

 

Les Français.

 

Ca va être à ce point une surprise, dimanche ?

18/04/2007

L'espoir ?

medium_bercy_160x300-2.jpgBayrou à Bercy, le compte-rendu de Nuesblog

Nicolas se fait un peu lyrique, certes.

J'aurais dû y aller :-)

14/04/2007

L'appel de Michel Rocard

Si Nicolas Sarkozy est élu dans quelques semaines, nous n’aurons aucune excuse. L’UMP gagnera les élections législatives qui suivront ; et pendant cinq ans, la France va souffrir.

Tous les Français ne souffriront pas de la même façon : les plus riches vivront encore mieux. Les classes moyennes et les petits salariés vivront plus mal. Les exclus seront plus seuls que jamais.

Nous pouvons éviter ce gâchis social dont la majorité des Français ne veut pas. Comment ? Simplement, en unissant nos forces avec ceux qui sont les plus proches de nous. Ceux qui pensent comme nous que le marché doit être régulé, que l’Etat doit défendre la solidarité, que l’égalité des chances doit être assurée pour tous et entre toutes les générations.

Socialiste et européen depuis toujours, j’affirme que sur les urgences d’aujourd’hui rien d’essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c’est-à-dire les socialistes et les centristes. Sur l’emploi, sur le logement, sur la dette, sur l’éducation, sur l’Europe, nos priorités sont largement les leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l’intégration, sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs. Isolés, ni eux ni nous, n’avons aucune chance de battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Mais rassemblés avec les Verts, la gauche sociale-démocrate et le centre démocrate-social constituent une majorité dans le pays. Et dans deux semaines elle peut devenir la majorité réelle. C’est la chance de la France.

Il ne faut pas attendre l’après-second-tour pour créer la dynamique de l’alliance. Dans quelques jours, les Français décideront qui, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, sera le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Et ils le feront d’autant mieux qu’ils sauront que, dans tous les cas, une alliance sincère et constructive défendra au second tour puis aux législatives un projet commun d’espoir pour la France.

J’appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s’exprimer devant les Français pour s’engager dans la voie de cette alliance. Qu’ils fassent confiance aux Français pour que les Français leur fassent confiance.

Je ne me prononce qu’au nom d’une seule ambition : l’amour de mon pays. L’envie que la France retrouve confiance en elle ; que nos jeunes portent l’espoir d’une vie meilleure ; que notre Etat se modernise dans le respect de chacun ; et que triomphent nos idéaux démocratiques dans un monde en mouvement.

Pour la première fois depuis longtemps, j’atteste que ce chemin nous est ouvert. Nous pouvons déplacer les lignes politiques pour qu’elles soient fidèles à nos convictions. Nous pouvons faire repartir la France sur les rails du progrès économique, de la justice sociale, d’une démocratie impartiale et apaisée. Offrons ce choix aux Français et je suis sûr qu’ils l’approuveront.

Si nous ne saisissons pas cette chance, oui nous n’aurons aucune excuse…

Source : Le Monde

Tout l'enjeu du premier tour est résumé ici. (c'est moi qui souligne)

05/04/2007

Logique et politique font-elles bon ménage ?

Disclaimer : la question de mon vote personnel ne se pose pas. Comme tout être humain ayant rencontré la Lumière et vivant dans la béatitude de Sa Divine Félinité, adhérent jouyeux et volontaire - à jour de ses cotisations - au J2XMMUFC, je voterai Jean-Xanax. (Mortissa, pose ce bazooka, s'il te plaît !)

 

J'observe avec un certain recul la campagne. Recul basé sur mes souvenirs de 1995 (Arlette Chabot à Jacques Chirac, sur Europe 1 : "M. Chirac, allez-vous vous retirer de la course ?". Il était à 17%.) et de 2002 (pas besoin de m'étendre).

 

Il y a quelques leitmotivs qui me tourmentent, cependant :

- "Il faut voter utile à gauche, c'est-à-dire voter Royal" - la notion de "vote utile", outre que je la trouve culpabilisatrice (sous-entendu : les autres votes sont inutiles et donc vouloir autre chose que l'affrontement PS-UMP est inutile), manifestant un échec du politique (si la seule raison pour voter, c'est l'utilité...) et méprisante ("Pauvres naïfs ! Voter suivant vos envies, mais vous n'y pensez pas ! Il faut voter u-ti-le !), étrangement, ne s'applique qu'au vote du premier tour : ce qui compte c'est que Royal soit au second tour, quelles qu'en soient les conséquences prévisibles. Cf. point suivant.

- "Il faut voter Royal pour faire barrage à Sarkozy" - pourtant, (quasiment) TOUS les duels de second tour Royal/Sarkozy se terminent par la victoire de ce dernier. A l'heure actuelle (souvent sondage varie, bien fol est qui s'y fie), Royal au second tour EGALE victoire de Sarkozy. Alors que TOUS les duels Bayrou/Sarkozy voient le centriste l'emporter. La conclusion logique serait donc : "Il faut voter Bayrou pour faire barrage à Sarkozy".

- Ce qui nous ramène au premier point : le "vote utile", c'est-à-dire le vote qui assure de la façon la moins improbable la défaite de Sarkozy est... le vote Bayrou !

- "Si Bayrou l'emportait, il ne pourrait pas gouverner : il n'a personne avec lui" - ah bon ? Chirac en 1995 n'avait ni parti ni soutiens, à part Michel Debré et Alain Juppé. Ca ne l'a pas empêché de faire un gouvernement. Je gage que dès le 22 avril au soir, le grand bal des ralliés sera ouvert... "Paris vaut bien une messe", l'histoire bégaie souvent.

- "Si Bayrou l'emportait, il n'aurait pas de majorité" - en 1981, les Français ont donné une majorité à Mitterrand, qui avait certes le PS et le PC (ce qui n'était pas anecdotique, alors) à ses côtés. Mais on ne sache pas que les 15% de Français qui ont fait la majorité rose se soient convertis à la gauche à vie. Cf. 1986, retour à droite. Je crois que Mitterrand et Bayrou ont tout à fait raison quant à la cohérence des Français dans leur choix. Cf. 1988 et la "majorité présidentielle" tontonmaniaque ; 2002 et la "vague bleue". Seule inconnue : l'ampleur de la "vague orange" aux législatives.

- Quand bien même Bayrou n'aurait pas de majorité, qui l'aurait ? Il en résulterait soit un gouvernement de cohabitation, soit un gouvernement de compromis entre le PS, l'UDF/majorité présidentielle et l'UMP. L'option de la motion de censure n'est pas viable car le président répondrait par une dissolution, avec cette fois LA PREUVE PAR LA CENSURE qu'il faut lui donner une majorité... La Constitution de la Veme République est fondamentalement incapable d'enclencher une situation d'instabilité permanente - c'était même son objectif initial, pour fuir les errements de la IVeme.

- "Le Pen pourrait être au second tour" - dans ce cas, il n'y a même pas à s'inquiéter (sauf de la faille entre les Français et leurs politiques. Personnellement, dans ce cas, je jette plutôt la pierre aux politiques : comment ont-ils pu à ce point nous désintéresser ?) : le Président, élu à 70%, sera son adversaire du moment, quel qu'il soit. Même Bové y arriverait.

- A l'heure présente, quel adversaire Sarkozy a-t-il intérêt à avoir au second tour ? Tous, sauf Bayrou. Sarkozy a donc objectivement besoin de flinguer Bayrou.

- Quel adversaire Royal a-t-elle intérêt à avoir au second tour ? Aucun, sauf Le Pen. Mais encore faut-il qu'elle soit au second tour : elle a donc objectivement besoin d'appeler au "vote utile" (pour sa gauche) et de flinguer Bayrou (pour sa "droite").

- Quel adversaire Bayrou a-t-il intérêt à avoir au second tour ? Aucun en particulier, mais un bémol pour Royal. Il a objectivement besoin de piquer le maximum de voix de gauche, Sarkozy le bloquant à droite.

- "Bayrou fera un mauvais président" - franchement, depuis quand se soucie-t-on de la compétence des politiques ? :-)

Tout cela n'est que la énième redite (Mitterrand-Giscard-Chirac en 1981, Mitterrand-Barre-Chirac en 1988, Jospin-Chirac-Balladur en 1995, Jospin-Chirac-Le Pen en 2002) de l'impossible recherche de la "Troisième Voie". Ca a toujours échoué jusqu'ici, SAUF en 1995.


Comme au poker, "the winner takes it all".

 

On va vivre une période intéressante...

 

medium_bayrou-different.jpg

18/01/2007

L'humour est un sport de cons bas (mais pas seulement)

Mercredi 17 janvier, Arnaud Montebourdebourg sur Canal + : "Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, son compagnon". Gros blanc. "Je pensais vous faire rire ; c'était pour rire !". Flop. Et crash médiatique en direct.

 

Jeudi 18 janvier : suspendu pour un mois par la candidate, Arnaud Montebourg a présenté sa démission de "sa fonction de porte-parole".

 

Comme il y a quelques années, ils vont finir par ne même plus avoir besoin de la droite...

06/06/2006

La révolution pragmatique ?

Ségolène Royal est-elle en train, sans le dire, de lancer la révolution pragmatique au PS ?


Alors que certains éléphants, ex-libéraux sociaux, lancent le réveil de l'Hibernatus du "à gauche toute, camarade !" ; que d'autres en appellent aux mânes du Sphinx pour rappeler qu'"au premier tour, on rassemble son camp ; on deuxième, on rassemble une majorité" - position qui implique qu'un sympathisant socialiste votera PS par "fidélité" (on a vu ce que ça a donné en 2002...) - ; que d'autres, enfin, polissent des petites phrases qu'ils veulent assassines, qui ne sont que ridicules et méprisantes ("juste l'ordre", par le juste condamné Cambadélis ; "la chasse aux petits blancs" de Mélenchon) ; je me demande si Ségolène Royal ne sait pas EXACTEMENT ce qu'elle fait.

 

Qu'a perdu, ces dernières années, le PS ?
1. Le "monopole du coeur", comme disait Giscard. Le PS n'est plus crédible en donneur de leçons depuis un bon moment déjà. Ses antiennes sont datées. Il n'y a plus que Libé pour s'étonner que 80% des sondés, y compris de gauche, soient d'accord avec le projet immigration de Sarkozy ou les idées sur la sécurité de Royal.
2. La crédibilité de l'approche angélico-marxiste selon laquelle si l'économie va mieux, l'insécurité diminuera. Cf. l'échec de Jospin. Non, tout n'est pas qu'économie.
3. Le vote dit "populaire", qui s'est éparpillé de l'extrême-gauche à l'extrême-droite. Sarkozy et Royal ont tous les deux compris, avec des stratégies différentes, qu'on n'est pas élu président par un parti, mais par le peuple, soutenu par un parti. Et que pour rassembler plus de 50% des votes, il faut aller chercher les gens sur leur terrain, et non plus leur proposer du prêt-à-voter idéologique.
4. La vision européenne, pacifiste et progressiste, explosée dans les déchirements réactionnaires du "NON" au traité constitutionnel.
5. Un chef, un vrai, qui soit capable de cornaquer les éléphants.

 

Comment se positionne Royal dans ce contexte ?
1. Elle ramène l'humain à la dimension de la vie quotidienne des gens : sécurité, 35h vécues (et pas idéologiques), ...
2. Elle réaffirme que la sécurité est AUSSI une question de sanction des délinquants et de protection des autres citoyens. Ce qui avait fait scandale du temps des "sauvageons" est aujourd'hui vu comme normal car vécu au quotidien par le téléspectateur moyen.
3. Elle reparle aux gens. Si je dis au "peuple", on va parler de populisme... Ce faisant, elle supprime le monopole du "parler vrai" que s'arrogeait Sarkozy ("moi je parle comme les gens") et qui taillait des croupières sur sa droite, rendait inaudible (modulo les gesticulations de Bayrou) le centre et n'avait pas besoin de rendre invisible le PS, aphone sur le sujet depuis le constat de naïveté de Jospin.
4. Elle reste silencieuse, pour le moment, sur les vrais sujets qui fâchent : l'Europe, les grands choix sociaux et économiques, ...
5. Elle poursuit une stratégie de conquête non pas de l'appareil (elle n'a pas de courant) mais des électeurs et des adhérents. D'où la panique des éléphants face à tous ces nouveaux adhérents SANS COURANT et recrutés SUR L'IMAGE DE SEGOLENE seule (Cf. la réaction de l'archéo Dolez, qui regrette qu'une certaine idée du militantisme se perde avec tous ces nouveaux venus...). D'ici peu, elle n'aura pas besoin de courant : elle aura la majorité...

 

Quels pièges va-t-elle rencontrer ?
Pour le moment, son capital de sympathie est tel que toute attaque pachydermique soit est inaudible soit se retourne contre son auteur. Bien sûr, cela tient en partie à l'attitude de la presse à son égard (mais la presse ne sert que son propre intérêt. Cf. Clearstream, qui emmerdait les Français mais faisait bander les journalistes).
Plus difficile sera pour la probable future candidate de "porter le projet socialiste" alors que ses idées seront différentes (la "renationalisation d'EDF", laissez-moi rire...). Parlera-t-elle de "suggestions pour amender le programme" ? Passera-t-elle ce qui ne l'intéresse pas aux orties, contraignant les pachydermes et les militants au silence par l'acceptation populaire (par les sondages) ?

 

Quelle est cette stratégie ? C'est celle du décentrement.
1. Alors que les éléphants se battent sur "voici ce qu'il faut faire", Ségolène dit aux gens : "quelles sont vos difficultés ? que pensez-vous que nous devrions faire ?" Cf. son blog
2. Alors que certains dogmes intouchables paralysent les éléphants, qui ne peuvent mettre en péril leur courant, Ségolène, sans courant, est plus libre de sa parole.
3. Alors que le mot d'ordre est "contre Sarkozy", elle ne le mentionne jamais. C'est-à-dire qu'elle focalise son propre discours sur elle-même et non sur le "grand méchant loup"...
4. Alors que les courants se battent sur le partage d'un gâteau existant (les militants "à l'ancienne"), elle change de dimension et invente un gâteau plus grand, constitué pour partie de "novices" en militantisme et donc moins sclérosés que les archéo : les "adhérents".

 

En résumé et en termes de marketing ou de gestion du changement :
1. Repartez de la base : écoutez vos clients.
2. Créez une cellule indépendante de la hiérarchie de l'entreprise, libre de ses mouvements. (ex/ mon job ! ou ce qu'a fait Carlos Ghosn en débarquant chez Nissan)
3. Quoique vous dites de vos concurrents, vous lui faites de la pub : n'en parlez jamais. Mais parlez de vous non en termes de catalogue de promesses, mais de vision. (ex/ Apple)
4. Votre clientèle traditionnelle vieillit et se rétrécit ? Changez votre message pour toucher de nouveaux consommateurs (ex/ Club Med)

 

Think different. (et là, si un graphiste veux reprendre le style des campagnes Apple et mettre Ségolène et la rose du PS à la place, j'accepte volontiers)