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22/07/2008
Au chevet libéral
Il est assez étonnant de constater les ravages de l'annonce d'une réorganisation sur un corps social.
Un peu comme si, à l'annonce du bistouri, les organes se muaient en cartilages, s'enkystant au plus profond pour échapper à la lame.
Nous n'avons de cesse d'imaginer toutes les raisons pour lesquelles le plan directorial est mauvais. A vrai dire, ce n'est pas difficile, il suffit de ramasser les restes de l'actualité. Crise de crédit (notre matière première), crise de croissance (notre énergie), crise informatique - les grands chantiers qui patinent faute de ressources - (notre usine), tout enjoint à la critique mezzo-voce sur l'air du "ce n'est vraiment pas le moment de lancer une réorganisation".
Je ne partage pas ce point de vue.
D'une part, il est trop tard pour s'inquiéter de la perspective des changements à venir : ils sont en cours. Plutôt se consacrer aux points de chute, parachutes et autres amortisseurs.
D'autre part, c'est clairement le meilleur moment : si jamais le plan ne se déroule pas parfaitement, la cause est toute trouvée, externe, "indépendante-de-notre-volonté".
A l'annonce du bistouri, si l'opération se passe mal, ce sera la faute du chirurgien.
*****
(Pour filer la métaphore : le système immunitaire est en surchauffe, ça bombarde dans tous les sens...)
15:32 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la compagnie
Les heures claires
Elle est rentrée hier, tard ; si tard que Solal, reclus de fatigue, avait déjà rejoint la nacelle de son sommeil.
Elle m'a parlé de sa journée. De ces patients qui ne tiennent plus en vie que par un fil, celui de leur désir. De leur famille qui se débat, comment le dire, comment faire ? De cet interne ou de cet infirmier, prêts à accélérer la fin de vie - et la réaction furieuse du chef de service : "qui vous donne le droit de décider pour eux ?". L'interne y a gagné son surnom : "Couic-couic". De l'accueil et des conseils que lui prodigue celle qu'Elle a remplacée.
Elle avait l'air fatiguée.
Triste de n'avoir pas vu son fils.
Et heureuse.
13:37 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15/07/2008
Lente heure officinale
L'urbanité quotidienne, le salariat permanent, ne sont que l'antithèse de "morfondre" : "vie-fondre" serait plus exact, s'écoulant en heures grasses et lourdes du bruit des essieux, du grincement des ascenseurs, du ronronnement sale de nos climatisations anesthésiantes.
Ces scories n'ont que l'apparence du réel, programme télévisé de "Ma vie en société" sans public, sans audimat, puisque chacun est devant son propre écran, son propre trouble miroir.
A la coupure pub' (cafétéria), les écrans restent autocentrés, et deviennent gyratoires : moi à la face de la table, faute de vie face au monde. Le risible le discute au pathétique, le quart d'heure langue-de-pute pour se gonfler d'impuissance, même le menu de la cantine n'est que le recuit d'inter-monologues effondrés.
La vie de bureau est d'entomologie : observer à la loupe ces petits instants, ces petits e-mails, ces petits cafés, ces petites guéguerres directoriales pour se la jouer crocodile du marigot, éviter de se penser grenouille de flaque, alors que le roi-en-sa-demeure n'en a déjà plus cure.
*****
Au fond, ailleurs autant qu'ici, se jouent les partitions de nos vies.
Je n'ai pas de passion pour la musique d'ascenseur.
13:43 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Défilé des instants
Un vrai week-end de juillet.
Le train bondé au départ, une heure de trajet et voilà la Touraine.
Jardin, terrasse, champagne et bons vins, barbecue à chaque repas. Le soleil est bon, chaud comme il faut, vent léger entre deux rayons pour se rafraîchir. L'odeur du bois en fumée claire montante.
Visites familiales : le facteur rajeunissant d'un petit homme de près de sept mois au contact de son arrière-grand-mère. Oncle, tante et cousine le soir.
Déjà lundi, il faut rentrer. De toute justesse, on monte dans le train (16h20 pour un départ à 16h22...).
Et Paris, un soir d'été, qui se vide et s'étire.
11:16 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tours
11/07/2008
9,6 millions et moi
Cela fait plusieurs années que je regarde peu la télé, et quasiment plus TF1. Je n'aime pas les coupures pubs dans les films, je préfère la VOST à la VF - même pour les blockbusters -, je n'éprouve aucune sorte d'intérêt pour le sport télévisé et, quand j'ai cessé de le regarder, le 20h m'insupportait par la portion congrue accordée aux événements internationaux.
Pourtant, hier, comme 1,6 million de personnes supplémentaires, j'ai regardé le dernier journal de PPDA. Etrange départ, dans la dignité et un vrai professionnalisme (remercier l'entreprise qui vous vire, il faut une certaine dose de classe...).
Quelle élégante incongruité, une citation de Shakespeare dans un JT !
10:12 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ppda, tf1, jt








