15/07/2008
Lente heure officinale
L'urbanité quotidienne, le salariat permanent, ne sont que l'antithèse de "morfondre" : "vie-fondre" serait plus exact, s'écoulant en heures grasses et lourdes du bruit des essieux, du grincement des ascenseurs, du ronronnement sale de nos climatisations anesthésiantes.
Ces scories n'ont que l'apparence du réel, programme télévisé de "Ma vie en société" sans public, sans audimat, puisque chacun est devant son propre écran, son propre trouble miroir.
A la coupure pub' (cafétéria), les écrans restent autocentrés, et deviennent gyratoires : moi à la face de la table, faute de vie face au monde. Le risible le discute au pathétique, le quart d'heure langue-de-pute pour se gonfler d'impuissance, même le menu de la cantine n'est que le recuit d'inter-monologues effondrés.
La vie de bureau est d'entomologie : observer à la loupe ces petits instants, ces petits e-mails, ces petits cafés, ces petites guéguerres directoriales pour se la jouer crocodile du marigot, éviter de se penser grenouille de flaque, alors que le roi-en-sa-demeure n'en a déjà plus cure.
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Au fond, ailleurs autant qu'ici, se jouent les partitions de nos vies.
Je n'ai pas de passion pour la musique d'ascenseur.
13:43 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






Commentaires
Et aussi le sentiment d'être sur une autre planète quand un(e) collègue parle de son boulot (préférablement les aspects négatifs) comme si cela seul emplissait sa vie ?
Écrit par : Elise | 16/07/2008
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