31/01/2008
La France grotesque
Grotesque, indécent, méprisable.
Pas une ligne d'un quotidien, section France, un reportage télé qui ne me fassent immédiatement surgir ces mots à l'esprit.
Le "président bling-bling", son tourisme du coeur au mépris des sensibilités locales, ses réparties manipulatrices "mais qu'aurait-on dit si... pensez-vous vraiment que...", son culte des signes extérieurs de richesse et ses copains beaufs clinquants.
Grotesque.
L'oeil énamouré des journalistes sur son "anniversaire-surprise" organisé par sa nouvelle compagne. (et noter que le JT de France2 reproduit fidèlement le Figaro du jour)
Grotesque.
La pitoyable épopée des pieds nickelés de l'humanitaire, l'absence totale de remise en question de leurs actions par Breteau et consorts, la grêve de la faim "contre l'injustice" du premier, les cris et les insultes anti-juges au tribunal.
Grotesque.
La connerie absolue incarnée par ce député, ce marchand de tabac, ce buraliste, ce malade du sida qui pensent s'exprimer, et surtout être entendus, au moyen de grêves de la faim ou des soins.
Grotesque.
La rhétorique anti-sarko, le prurit des belles âmes à chaque action du gouvernement, la critique permanente, populiste et imbécile des Montebourg, Emmanuelli et consorts.
Grotesque.
Les explications fumeuses opposant la pureté d'une banque récompensée pour ses procédures de contrôle et la noirceur d'un trader solitaire, qui a probablement basculé dans l'irréel des milliards en jeu avec la passive complicité de sa hiérarchie (tant qu'il rapporte...).
Grotesque.
Sainte-Ségolène-des-Familles, qui, s'emportant contre la Société Générale et sa une perte de 7 milliards, demande que 7 autres milliards soient distribués aux familles endettées. C'est sûr qu'avec 14 milliards de trou, la situation ne pourra que s'améliorer...
Grotesque.
Les poussées d'urticaire des taxis et autres corporations parce qu'un rapport (dont on ne sait s'il sera appliqué) suggère de mettre certains métiers au service des consommateurs, ce qu'ils entendent comme "moins à notre bénéfice" (en quoi est-ce contradictoire ??).
Grotesque.
Les "interventions des auditeurs", paravent de l'interactivité des médias, où la connerie moyenne du citoyen sûr de la finesse de son diagnostic se déverse jusqu'au ras-la-gueule sur les neurones anesthésiés du consommateur matinal. "C'est la faute à... Il faut faire en sorte que... C'est scandaleux !", etc. : cache-misères de l'imbécillité moyenne.
Grotesque.
Le café du commerce est remonté jusqu'au plus haut échelon. "On ne nous dit pas tout" à heures de grande écoute tient lieu de stratégie.
"Mort aux cons !" : le programme n'a jamais été aussi vaste.
10:55 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, politique






Commentaires
Ah... y'a pas que moi que tout ça afflige et lasse.
Puis je monte sur ma moto et j'oublie.
Peut-être pas une attitude très mature mais j'assume.
Écrit par : Elise | 31/01/2008
Tu as raison, et Elise aussi, j'en ai ras le bol de cette ambiance "café du commerce" et du pessimisme général...
Écrit par : Régine | 31/01/2008
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