14/06/2007

Soleil de fer

La pluie de soirée a eu l'heur de rafraîchir la nuit et son petit matin.

Sous le soleil de neuf heures, je bifurque et descend la rue de la Gaîté, vers la ligne 6. Si la vie souterraine est supportable au coeur de l'hiver ou de l'automne, chaque minute de soleil en plus la rend à son inanité moderne, chaîne logistique de salariés conformés.

De Paris vu du ciel d'une ligne aérienne, je suis frappé par les arbres, la chaude lumière qui vibre des façades hausmanniennes ravalées de frais. Les platanes se font à nouveau immenses, feuillus, verts. Il n'y a pas tant de bruit, quelques immeubles en travaux. Le rythme des ondulations de métal figure la ville comme un vieux film nitrate.

La population du métro est un tranquille mélange de premiers touristes, de quelques costumes veste à l'épaule, de la garde-robe légère et bigarrée des filles et des femmes. Pas d'agression sonore, il doit être un peu tôt. Il m'arrive de détailler une paire de chaussures, un sac, un chemisier, de penser : "Que donnerait cela sur Elle ?"

Ni tout à fait présent, ni tout à fait absent, immobile dans des lignes cintrées, accueillant les perceptions de la ville, j'erre dans le confort trouble de l'entre-deux lieux.

Bonne journée, mon amour.

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