31/03/2007

Zhang Yimou goes to Bollywood...

medium_18740180.jpgOn a vu "La Cité Interdite", très mauvaise traduction du titre anglais "Curse of the Golden Flowers".

J'aime beaucoup le cinéma asiatique. Sa finesse, son esthétique, la beauté des scènes de guerre, une certaine retenue imposée par les conventions sociales couplée à la violence des sentiments : je suis fan. De "Tigre & Dragon" à "Hero" en passant par "Le secret des poignards volants", vraiment j'aime beaucoup.

Mais là, c'est impossible.

Si je comprend que la Chine est à son apogée à l'époque du film, l'indigestion visuelle de couleurs s'ajoute à la multiplication des figurants (certains numériques, d'ailleurs) pour créer une sorte de dégoulinade pastel. On se croirait à Bollywood : il ne reste plus que le pied des lanternes pour être blancs...

Les scènes de combat ? Misérables ! Un duel maladroitement filmé au début, de l'équarrissage en gros à la fin, une musique lourdingue. Si Zhang Yimou a bien appris son "Seigneur des Anneaux", il a oublié que l'intensité des combats tient aussi à la présence de seconds rôles... Ici, la piétaille n'est que de la viande et n'a qu'à peine le droit de pousser son dernier cri.

Les très très méchants ? Grotesques : on dirait Scream...

Alors quoi ? C'est le genre de film dont les critiques mesurent la qualité à l'aune du nombre de costumes et de pots de chrysanthèmes... Et puis, on va être un peu obligés de dire que c'est bien, parce que Yimou, parce que Gong Li (excellente actrice, mais qui s'empâte en vieillissant), parce que Chow Yun Fat (impérial, parfait dans tous les registres !).

Ben en fait non. C'est lourdingue, sans aucune finesse, plein de longueurs.



Mais comment a-t-on pu gâcher un scénario d'une telle ampleur ? Une histoire qui convoque TOUT le registre de la tragédie, de la Grêce antique à Shakespeare, avec un détour par Freud ?


Quel gâchis, mais quel gâchis !

26/03/2007

Retour d'Afrique (teasing)

Nougaro chantait : "Dès l'aérogare/J'ai senti le choc/Un souffle barbare (...)".

 

C'est exactement ça.

 

Le hors-monde d'une aérogare qui a dû être neuve du temps où Sean Connery jouait Bond, qui a vieilli sous la chaleur et l'incurie politique locales, où la foule en sortie de douane est pour moitié composée de pickpockets.

 

Et ce n'est pas non plus que cela.

 

Un choc total.

 

Le même qu'en amour.

Joyeux jubilé !

medium_europe.jpg Il y a cinquante ans, soit à peine une dizaine d'années après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, six pays décidaient d'unir une partie de leurs destins pour assurer la paix aux générations futures. Le Traité de Rome, acte fondateur de ce qui devint l'Union Européenne, était signé.

 

Les générations futures, c'est nous.

 

L'Europe, c'est : la paix entre les peuples depuis 1945 - ce qui ne s'était jamais vu auparavant -, des échanges multipliés de citoyens (Erasmus, quelqu'un ?), un espace économique ouvert, de grandes réalisations industrielles, une monnaie partiellement commune, ...

 

C'est, parfois, aussi : des lourdeurs administratives, un bouc émissaire commode pour les politiques en mal d'idées, une absence de politique étrangère commune qui nuit à la force de notre position dans le monde, une valse-hésitation permanente entre la vision politique (une Europe unie) et la vision économique (un marché unique).

 

Peu importe ses défauts actuels. Il vaut mieux s'engueuler exprimer des désaccords francs dans un hémicycle ou une commission que sur le terrain, armé.

 

Ce qui a été accompli est et reste unique dans l'Histoire.

 

Vivement la suite !

 

Merci l'Europe et joyeux jubilé !

25/03/2007

On a vu La Môme

Marion Cotillard hallucinante.

Mais pourquoi insister autant sur la maladie et la mort de Piaf, pourquoi ces figures de style, ce montage court, ces allers-retours entre les époques ? Vouloir faire intelligent, c'est pénible, à la longue...

Un film typiquement français : ça aurait pu être grandiose, mais les affèteries de style plombent le propos.

Ah, et rater l'histoire d'amour Cerdan-Piaf, c'est impardonnable...

23/03/2007

Ressusciter un graveur CD/DVD de MacMini Intel

(Note lancée dans l'océan internetique, car ça peut servir à quelqu'un.)

 

Il y a quelques jours, le lecteur-graveur interne du MacMini du salon (MacMini Intel Core Duo) nous abandonne lâchement à l'heure où je voulais importer l'intégrale de Georges Brassens.

 

Symptôme : avale le disque (CD du commerce comme DVD du commerce comme DVD maison), fait un peu de bruit, le recrache.

 

Damned.

 

Ce que je trouve sur les forums n'est pas pour me rassurer : "le Matshita UJ-846 porte bien son nom" (à lire en anglais : MatSHITa), il est super fragile, certains en sont à leur deuxième en moins d'un an, etc.

 

Comme j'ai ajouté de la RAM au MacMini, il n'est plus garanti (Apple refusant qu'on ouvre la bête...). 

 

Le problème est-il matériel ou logiciel ? Au bruit, la mécanique de la tête à l'air de fonctionner. C'est déjà ça.


Avant d'investir 100€ sur un nouveau graveur, un CD/DVD de nettoyage à 9,90€ peut être une expérience utile. J'insère le CD/DVD de nettoyage, et là, miracle, iTunes s'ouvre, la musique commence, les instructions sont diffusées par les hauts-parleurs.

 

Chouette ? Beh non. Si le CD/DVD de nettoyage fonctionne, aucun des autres n'est reconnu. Je me vois déjà me délestant d'une centaine d'euros, puis, couteau à enduit en main, réouvrant l'infâme caisson clipsé. La dernière fois, je n'ai presque rien cassé, mais bon, à tenter le diable...

 

Heureusement, la nuit porte conseil.

 

Si le CD/DVD de nettoyage est reconnu et affiché dans iTunes, c'est donc que tout fonctionne au niveau matériel. Le problème est logiciel. Or, je viens de faire la mise à jour 10.4.9. en mode "mise à jour automatique" et non, comme à mon habitude prudente, par le "combo update" à télécharger (les utilisateurs Mac comprendront). Tel l'inspecteur Maigret (version en noir et blanc), "bon sang mais c'est bien sûr !" : c'est logiciel !.

 

Une petite recherche forumique m'indique qu'un reset pram (en langage PC : réinitialiser le BIOS) peut aider.

 

Extinction. Démarrage, avec les touches pomme (cmd)-option (alt)-p-r maintenue enfoncées (ce qui vu leur position et la situation à l'arrière de l'interrupteur du MacMini, nécessite une grande main et de bons réflexes ou une deuxième personne), tzoing de démarrage, le Mac s'éteint et redémarre (re-tzoing) tout seul (vous pouvez lâcher les touches).

 

Et ça remarche.

 

Version anglaise : In case your Matshita UJ-846 (Superdrive) does not work, ie swallows a disk, makes a few noises and rejects the disk, first insert a cleaning CD/DVD disk : if your hear music and/or instructions, then the problem is NOT hardware, but software. Therefore, first attempt should be resetting the PRAM (shut down the Mac ; start it pressing and keeping pressed command-option-p-r keys until the Mac restarts by itself ; release the keys). It shall solve low-level software issues, ie communication between Superdrive and the system. If it doesn't work, try reinstalling the last MacOS X Combo update. In last resort, make an "Archive & Install" of the full OS.
Why resetting the PRAM before reinstalling the OS ? First, because that's not Windows - you don't reinstall the OS every other day (just kidding !). Second, because resetting the PRAM takes approximately 40 secondes, whereas installing the Combo update lasts up to 10 minutes, and reinstalling the full OS (plus the last Combo update) can take you between 40 to 60 minutes... Be lazy : be smart !

21/03/2007

Il est 7h, Orly s'éveille...

Hier mardi, aller-retour pour Lisbonne, une journée de réunion.

 

Le réveil de 5h me trouve déjà yeux grands ouverts. Et vibre. Au pied du lit, le chat lève sa tête paresseuse, m'observe et finit, après un long monologue en son for intérieur, par s'étirer et frayer son chemin entre les replis de la couette, pour s'installer dans la position du sphynx, ronronnant, sur mon torse.

Elle, ensommeillée, bouge et m'enlace. L'aube point. Je savoure cet instant, en appréciant la rareté à l'aune des demains à distance.

 

Je suis bien.

 

Debout.

 

Café (pour moi), croquettes (pour le chat), douche, rasage, le rituel du quotidien. Costume, cravate, vérification du billet et du passeport. En route.

 

Départ à 6h15 en taxi.

 

Ca ne me frappe pas immédiatement, mais il n'y a, dans tout le trajet d'approche de l'aéroport, aucun mouvement aérien.

 

Ce qui, à Orly, n'est pas normal.

 

L'approche de l'aérogare est traditionnelle : un bus, quelques taxis déversent leur cargaison humaine, transports de valise, dos courbé sur l'anse d'un gros sac, encostumés pressés le téléphone à l'oreille (il n'est même pas sept heures !).

 

J'entre...

 

... dans le noir !

 

Seuls quelques néons subsistent, teintant de blafard le style passé d'Orly Ouest, tandis que des policiers désabusés écoutent la complainte d'un couple âgé. Les deux tiers du bâtiment sont dans l'obscurité, péniblement éclairée par l'aube brouillard.

 

Check-in, dans une zone à peine mieux éclairée.

 

Le hall 1 est quasiment plein. On n'y distingue plus les files pour l'enregistrement et celles pour accéder aux portiques de sécurité. La foule est calme, un peu perdue, probablement encore dans les brumes de l'après-sommeil. Rien ni personne n'avance, sauf l'heure.

 

Au bout d'une dizaine de minutes, un responsable de la sécurité passe de portique en portique, donnant l'autorisation de reprendre le travail. Probablement par peur de manquer, certains se précipitent sur les baquets blancs où s'entassent sacoche, ordinateur, portable, veste et écharpe. Le stock est tout juste suffisant, et cela n'accélère en rien l'écoulement.

 

Avec un peu de ruse, un peu de patience, mon collègue et moi passons l'épreuve et rejoignons la porte 10D.

 

Quelques vols sont retardés, d'autres embarquent avec insistance des passagers encore loin du portique libérateur. 

 

L'avion ne décollera qu'avec dix minutes de retard. 

 

Panne d'électricité matinale à Orly : un seul watt vous manque, et tout est surpeuplé...

20/03/2007

Interlude

Non, non, je ne suis pas mort au blog !

Entre Bruxelles, le Cameroun, quelques anniversaires en famille, Elle qui prépare son arrivée à Caen, Lisbonne aujourd'hui (aller-retour express), ... c'est un peu chargé, hein, comme "actualité".

Mais promis, j'ai des tas de photos belges, africaines et familiales pour accompagner les textes.


I'll be back.

06/03/2007

Richard (Léo Ferré)

[Le père d'une très bonne amie est mort le 18 février. Le père de l'oncle de Elle est mort avant-hier. Ma grand-mère s'efface progressivement. In the mood for...]

 

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous, avec des problèmes d'hommes, simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard, ça va ?

Nous avons eu nos nuits comme ça, toi et moi
Accoudés à ce bar devant la bière allemande
Quand je nous y revois des fois je me demande
Si les copains de ces temps-là vivaient parfois

Richard, ça va ?

Si les copains cassaient leur âme à tant presser
Le citron de la nuit dans les brumes pernod
Si les filles prenaient le temps de dire un mot
A cette nuit qui les tenait, qui les berçait

Richard, ça va ?

A cette nuit comme une sœur de charité
Longue robe traînant sur leurs pas de bravade
Caressant de l'ourlet les pâles camarades
Qui venaient pour causer de rien ou d'amitié
Nous avons eu nos nuits...

Richard eh ! Richard !

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous avec des problèmes d'hommes, simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors on boit un verre en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard ! Encore un p'tit pour la route ?
Richard ! Encore un p'tit pour la route ?
Eh ! M'sieur Richard, encore un p'tit pour la route ?
Allons ! Richard... Richard... encore un p'tit !

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