30/01/2007
Heureux d'être Français
Constitution française, titre VIII.
Nouvel article, voté le 30 janvier 2007 :
Art. 66-1. – Nul ne peut être condamné à la peine de mort.
Ps polémique : avec la "démocratie participative", si on était "de l'avis des Français", la peine de mort ne serait pas définitivement abolie et pourrait même être rétablie... Grandeur de la politique.
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Lectures récentes
Un vieux juif polonais émigré aux Etats-Unis se souvient de son unique amour... Une jeune fille est prénommé Alma en référence à un livre, offert par son père disparu à sa mère... Un écrivain publie au Chili, dans les années 50, le livre d'une amour absolue, l'histoire de l'amour.
Six destins se croisent et s'entremêlent entre New-York, la Pologne pendant la Guerre, le Chili d'il y a un demi-siècle. Papillonnant du souvenir à l'envie, de la perte à l'espoir, Nicole Krauss écrit la sarabande improbable de parfaits inconnus, sans histoires, pour composer celle, unique, qui donne son titre au livre.
Un roman d'une grande maîtrise littéraire, exigeant, couronné par le prix du meilleur livre étranger 2006.
(lecture en cours) Immense roman au substrat analytique, sur l'inqualifiable (au sens propre) relation entre Marilyn Monroe et Romi Greenson, son dernier psychanalyste.
Extraordinaire et profondément humain.
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26/01/2007
Instants-années d'hier
... à Lyon, l'arche livresque d'une librairie, "le bal des Ardents"... vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? Mais DES LIVRES (délivre), alors ? ...
... le paysage figé de neige de part et d'autre du TGV... pendant les tours de garde, pour passer les heures, je lisais "La compagnie des glaces" : "l'immobilisme, c'est la mort"...
... le terminus mouvant d'une rame de la ligne 14 : incident à St-Lazare, à Madeleine tous les voyageurs sont invités à descendre ; la rame avance puis repart en arrière, de l'autre côté... où conduisent les terminus de nos lignes souterraines ? L'autre côté du métro...
... à l'angle de la rue de la Gaîté et du boulevard Edgar Quinet, un bus immobile, cadavre hameçonné par un 4x4 garé dans le virage ; aucun conducteur, une vieille dame qui reste assise... rêver la ville sur "pause" et seul à s'y mouvoir...
Être sur le gué, entre deux rives : dérive et gai
16:12 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24/01/2007
Heureux qui comme Ulysse...
Il aimait la mer et la connaissait.
Il allait où le portait le devoir et l'honneur, là où le guidaient ses valeurs profondément humanistes.
Il était un homme à la parole chaude, légère, au courage intense.
Il donnait l'impression de mettre ses actes en conformité avec son verbe, et réciproquement.
Il était de ceux que l'on avait envie de suivre.
En mer ou en livre.
Ecrivain, homme d'Etat, voyageur, humaniste, engagé dans le siècle : Jean-François Deniau est mort aujourd'hui.
"Et pourtant rien, jamais rien n'est inutile" (Mémoires de sept vies : croire et oser)
15:40 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : deniau
18/01/2007
Coïncidence ?
Hier soir, au JT de France 2 de David Pujadas.
Reportage sur Airbus, filiale d'EADS. Pour la première fois, l'avionneur enregistre une perte (comptable, certes) de 1,7 milliard d'euros !
Le journal continue.
"L'Europe veut lancer un robot sur Mars". Avec reportage sur le robot pas fini et guidé au joystick par un gentil ingénieur. Sur quasiment TOUTES les images du reportage, et en gros plan sur le robot, que voit-on ?
"EADS Astrium".
1. Parler d'un projet européen déjà vieux de plusieurs années simplement pour dire qu'il est "en cours", est-ce une info ?
2. Montrer plusieurs fois, et en gros plan, la marque du fabricant, est-ce un usage journalistique courant ?
3. Par quelle incroyable coïncidence ce reportage sans caractère d'urgence est-il diffusé le jour où EADS annonce des pertes pour sa filiale Airbus ?
Je suis allergique au conspirationnisme en tout genre, mais là, je trouve la coïncidence... intéressante.
Ils ont des spin doctors, chez EADS ?
15:45 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : EADS, Airbus, Astrium, Pujadas, France 2, journalisme
L'humour est un sport de cons bas (mais pas seulement)
Mercredi 17 janvier, Arnaud Montebourdebourg sur Canal + : "Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, son compagnon". Gros blanc. "Je pensais vous faire rire ; c'était pour rire !". Flop. Et crash médiatique en direct.
Jeudi 18 janvier : suspendu pour un mois par la candidate, Arnaud Montebourg a présenté sa démission de "sa fonction de porte-parole".
Comme il y a quelques années, ils vont finir par ne même plus avoir besoin de la droite...
12:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : montebourg, royal, hollande, presidentielle
17/01/2007
"Layers ! Onions have layers !!"
Cérémonie des "voeux au personnel" de La Compagnie, hier soir.
Discours convenu (2006 a été une année difficile ; nous avons fait mieux que nos concurrents ; 2007 sera très difficile), petits fours, champagne. Normal.
Des collègues du quotidien, des têtes connues, des perdus-de-vue retrouvés, des inconnus. Normal.
D'où vient que, finalement, et champagne mis à part, je déteste ces raouts ?
Je n'ai pas envie de parler de foot. Il n'est pas très sage de parler politique.
Littérature ? Je dois être un ovni, on me dit "roman policier, Lévy, Weber", je réponds "Murakami, Artaud, le Petit Nicolas". Décalage.
Voyages ? Ils partent en groupe, ou au Club Med, organisé, et ne retiennent que l'hôtel, les achats et la qualité de la nourriture. Je pars avec Elle, un bon hôtel, on marche des kilomètres, on se perd aussi, les achats sont superflus et la nourriture est un accessoire très secondaire. Sauf cas de coup de coeur ou de découverte grandiose.
Cinéma ? Elle et moi avons rarement le même avis que les critiques... Il n'est jamais très agréable de dire "ah bon, tu as aimé ? on a trouvé ça très ennuyeux". Mentir ?
Vacances ? Ils ont réservé depuis le mois de novembre le séjour au ski, et parlent déjà des congés d'été... Elle et moi, on ne sait même pas quand on part - ça peut être le week-end prochain -, où, ni pour combien de temps !
Musique ? Emilie Simon ne fait pas le poids devant Madonna... Quant au classique, restons discret.
Oublions l'opéra et le théâtre, la plupart n'y vont pas. Un directeur il y a quelques jours : "ah, mes filles m'ont offert une place de théâtre, ça fait une éternité que je n'y suis allé. C'est la pièce de Laurent Baffie, vous connaissez ?" - et dire que j'allais lui parler de celle où joue Pierre Vaneck...
Internet ? Poncifs en tout genre : "oulala, acheter par Internet, c'est dangereux il paraît, tu l'as déjà fait ?". Oui, depuis l'origine. Non, je n'ai jamais eu aucun problème.
En ce moment, il y a les soldes. Sujet neutre : il suffit de dire si "on les a faits" et ce qu'on y a trouvé (une paire de chaussures de ville, un gilet - ne pas préciser plus avant).
Il y a eu la préparation du mariage, aussi. Mais je restais très superficiel : c'est du ressort de l'intime, pour moi. Je le vois d'autant plus que ça fait quatre mois que je remets l'inévitable "pot" au bureau... (bon, c'est le 30 janvier, on m'a fait deux fois la remarque, ne pas attendre la troisième).
Ajoutez à cela une propension à l'enthousiasme sur les sujets qui m'émerveillent - si "l'enfer, c'est les autres", l'enthousiasme des autres, c'est souvent l'enfer, donc je ne veux pas être cet autre ; une incapacité chronique à parler de la pluie et du beau temps - que dites-vous après avoir dit "il fait beau, on a de la chance en ce moment ?" ; un agacement face aux jérémiades permanentes de la vie de bureau - il y en a même qui disent "bon courage !" après déjeuner !!!! ;
Ajoutez tout cela, et vous comprendrez.
Pourquoi j'ai un blog.
17:37 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
12/01/2007
A LIRE : Kafka sur le rivage (Haruki Murakami)
Fabuleux roman, à déconseiller aux esprits trop cartésiens.
Un jeune garçon de quinze ans décide de fuguer. Il parle souvent au "garçon qui s'appelle Corbeau". Il porte en lui le poids d'une malédiction lancée par son père.
Une classe entière, seize enfants s'évanouissent simultanément lors d'une sortie en forêt, en 1945, puis se réveillent sans aucun souvenir des heures passées.
Un vieux monsieur, simple d'esprit, retrouve des félins perdus. Il parle aux chats qu'il croise et rencontre Johnny Walker (le personnage du whiskhy).
Murakami écrit un roman magnifique. Dans une structure classique - des fils narratifs qui convergent vers l'événement final -, il déploie un style imagé et descriptif, par touches délicates, pour créer un ouvrage d'une finesse, d'une érudition et d'une richesse magiques. Son Japon est habité d'un très léger décentrement par rapport à la réalité : on y fabrique une flûte à partir d'âmes de chats, on y rencontre des soldats déserteurs de 1940 au coeur d'une forêt, il y pleut des maquereaux (les poissons). On pense souvent aux dessins animés de Miyazaki, en moins candide.
Tout cela sans fausse note, sans ficelle visible : ce qui arrive... arrive ; ce qui doit être fait, est fait. Chercher une explication n'a pas beaucoup de sens pratique : mieux vaut agir. Le destin, le fatum, est une force meilleure accompagnatrice qu'adversaire - de toute façon, on ne saurait y échapper. Se l'approprier, c'est en devenir l'acteur, et non plus le jouet.
Là est ce qui nous rend libre.
(Difficile d'en parler sans trop déflorer les nombreux rebondissements, les très belles idées, le foisonnement culturel, la subtilité du roman.)
13:30 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : murakami, kafka sur le rivage
09/01/2007
Et tonnant !
J'ai décidé de combattre l'hydre.
De double nature, elle nidifie en soi et en contexte. Le métro rabotant des matins loirs. Le bureau tipp-ex des envies bleues. Les heures abrasives des remises à demain. Les impossibles gnomes du confort charentaises.
L'hiver m'ennuie à se coucher trop tôt, à cracher sa brume graisseuse sur mon visage sévère.
Le seul rictus qui vaille est le sourire certain. Le seul masque qui sied s'appelle sérénité. Le seul habit, de lumière. C'est dessiné que l'on décide : la destinée se contente du mou.
J'ai décidé de combattre libre. Par ce que tant Elle que moi réfutons l'à-valoir.
17:05 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/01/2007
Andromède
J'ai le sentiment de perdre cette forme d'attention flottante, passerelle de la rêveréalité.
Nevermore ?
15:15 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





