02/11/2006
Une soirée à l'Opéra Bastille
Les Troyens de Berlioz... quatre heures de musique, plus de cinq heures dans le lieu !
La salle est toujours aussi belle, malgré les années passées : son aspect design n'a pas vieilli.
Y a-t-il une école de scène allemande, qui fait qu'au premier coup d'oeil, on SAIT que le metteur en scène est d'outre-Rhin (thrichrome blanc, noir, rouge ; costumes noirs ; espaces fermés ; mobilité des acteurs qui ferait passer Derrick pour un cocainomane speedé...) ? Tout cela est froid, parfois convenu, au risque du poncif (ah les grandes traversées de plateau au pas de gymnastique pour se retrouver dos au mur, les bras en croix, la tête penchée...). Mais certaines inventions sont fulgurantes, comme (photo) ce moment où le peuple de Troie fête ce qu'il croit être sa victoire en jetant avec mépris armes et fleurs au pied de Cassandre éperdue.
L'orchestre joue clair et puissant, bien adapté à la richesse de l'oeuvre. Si Cassandre a parfois tendance à gueuler, en Didon (c'est la même cantatrice, Deborah Polaski), elle est parfaite. Enée manque de profondeur, ce qui colle bien au sujet : balloté par le destin de bout en bout... Anna, la soeur de Didon, oublie la délicatesse au profit du vibrato, ce qui donne parfois le son d'une sirène (pas l'animal mythique, l'alarme deux tons), d'autant plus catastrophique dans les duos avec Didon. Narbal lui a la grave parfaite et retenue qui sied à son rôle.
Et cette musique, cette musique !
Une très belle soirée, qui donne envie de réécouter l'oeuvre (que je ne connaissais pas).
Ah et au deuxième entracte, le directeur général de La Compagnie et son épouse...
Paris est un village.
11:25 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : troyens, berlioz, opera, paris






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