29/06/2006
De la pudeur
Sujet bateau, certes...
Il y a ici de nombreuses choses. Certaines qui me sont "extérieures", d'autres proches, voire intimes.
Il y a un certain nombre de lecteurs, aussi. Des inconnus, quelques connexions blogosphériques, des amis proches, la famille. Et Elle.
Parfois cela me réjouit : partager une émotion.
D'autres fois cela me gêne : que va-t-il/elle penser ?
Plus rarement, je m'abstiens.
Il y a des choses que je destine à la solitude intérieure. Pas ici, donc.
D'autres que je souhaite partager avec une, deux, quelques personnes. Pas ici non plus.
Mais que faire de celles que j'ai envie de voir discutées, notamment par des "inconnus", mais pour lesquelles j'appréhende la réaction d'une partie de mon entourage ? De celles qui sont en moi, qui font partie de moi, voire qui me constituent, mais qui n'ont pas à être abordées dans certains schémas relationnels.
Créer d'autres blogs ? Je trouve l'esquive un peu facile. Ou plutôt, ça colle mal avec mon narcissisme.
En parler au risque de choquer ? Ce serait égoïste. Et, parallèlement, un brouillage malsain des rôles.
"Ne pas cloisonner" certains aspects de sa vie me paraît une illusion dangereuse.
L'extime est un genre bien difficile...
Quelqu'un a-t-il la réponse ?
Moi, je ne sais pas.
16:55 Publié dans Blogo-sphérique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blog, pudeur, extime
27/06/2006
Quoi, "ce soir" ?
Ya quelque chose de prévu ?
Nous, on va au restaurant.
Les étoiles, je les préfère en cuisine que sur un maillot.
20:36 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Mécanique du souvenir
Cela fait presque un an et demi que j'ai quitté le petit studio que j'habitais depuis mon arrivée à Paris, en 1995. J'y ai vécu par intermittence en 96-97 - souvent en déplacement de plusieurs jours en province -, très peu en 97-98 - la Marine aux Antilles -, et retour. Je l'avais plus ou moins refait, enduits, peinture, moquette ; équipé, une nouvelle cuisine ; meublé avec les indemnités de stage et mes premiers salaires. Il avait souffert de dégradations dues à l'humidité - une tuile cassée sur le toit, un truc con, qui a pris plusieurs années AVEC INTERDICTION D'Y TOUCHER aux assureurs pour qu'ils se mettent d'accord... : quand il pleuvait fort, ça gouttait dans une bassine. Je m'en fichais un peu, je crois. Ma vie était essentiellement ailleurs.
L'impasse est toujours calme, mais un lierre envahissant a assombri la vue autrefois blanche de la façade d'en face : il fait désormais plus sombre.
Je m'y suis trouvé bien, triste, amoureux, solitaire, souvent en partance, parfois "à la maison". C'étaient les années de mes débuts professionnels, où l'on se retrouvait le soir, souvent, avec des collègues devenus amis du Grand Cabinet de Conseil. Je rentrai tard.
J'y ai vécu - traversé, allais-je dire -, trois histoires d'amour, toutes différentes, une one night stand, et commencé cElle qui change ma vie. Hebergé ma soeur, des cousins, quelques amies. Reçu la visite de parents et grands-parents - pas ensemble, on n'y aurait pas tenu debout ! Organisé quelques déjeuners ou dîners, à deux surtout : quelques thés ou apéros, à un peu plus.
J'y ai appris des départs, certains définitifs, d'autres où subsiste l'espoir du revoir.
J'y ai passé trois années de guerrilla avec un voisin vieux, fou, sale et bruyant. Ca s'est même fini au commissariat, le jour où, vers trois heures du matin, alors que sa télé, une fois de plus, hurlait et que je lui demandais de baisser le son, il m'a menacé d'un marteau et envoyé un coup de tête. Sur le coup, je n'ai pas eu peur : "si vous me touchez avec ça (le marteau), je vous envoie en prison", voix froide, calme et contrôlée. La peur est venue après. J'ai appelé la police, qui connaissait l'adresse (quelques visites pour tapage nocturne auprès du même voisin...). Il m'a entendu et est parti se promener. La force publique est venue, a constaté l'ecchymose et conseillé de porter plainte. Bien sûr classée sans suite.
Quelques dizaines de minutes après, le voisin revenu pleurnichait derrière sa porte : en la claquant trop fort, le verrou s'était bloqué. Il a frappé à ma porte. J'ai ouvert. Sans mémoire, peut-être, de la cause de sa mésaventure, il m'a demandé de l'aider. Et est passé de ma fenêtre à la sienne. Au troisième étage. Au milieu de la nuit. Après une agression. Rétrospectivement, c'était une belle connerie à faire : que se serait-il passé s'il avait chû ? Comment expliquer à un OPJ, un juge, un avocat, qu'une paire d'heures après une algarade, j'ai aidé mon agresseur à retourner chez lui par le toit, qu'il a glissé, etc. ?
(Quelques mois après, il fera une crise de diabète dans le couloir, le SAMU l'emportera. Il finit/finira sa vie à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne.)
Comme partout, j'ai eu droit au prototype du "voisin prévenant", qui s'occupe de tout dans l'immeuble, un peu inquisiteur, toujours "de bon conseil". Il me fut utile cependant, gardant les clés et relevant le courrier pendant les mois embarqué. Je n'ai jamais compris comment il faisait, lui ou sa femme, pour que quasi-systématiquement je le croise le matin ou le soir. Depuis que j'ai quitté les lieux, il n'est pas une fois où je ne l'ai croisé. Ca n'a pas raté non plus vendredi dernier. Et ce matin, ça a failli...
L'ancien légionnaire du second, aussi. D'origine polonaise, d'abord célibataire, puis marié, un puis deux enfants. Parfois des engueulades qui traversaient le plancher/plafond. De la musique, des cris d'enfants. Sa mère, charmante, me proposant toute l'aide que je pouvais désirer si jamais je devais faire des travaux dans le studio : "je connais de bons artisans polonais"...
L'immeuble a un peu changé, au fil des années : la courrette mal pavée s'est transformée en cour intérieure fleurie, un puits au centre - arceau de fer compris.
Mais ce qui m'étonne le plus, est que revenir dans ce local ne me fait au final pas grand-chose. Pas de tristesse, pas de joie, pas de remord ni de regret. Quelques souvenirs sans nostalgie.
J'observe serein le temps passé.
Je conjugue au présent et au futur.
12:00 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26/06/2006
Miller en pages
Nexus
A la croisée du réel
Plexus
Un coup porté au corps, plié dressé - le coeur en chamaille
Lexus
Droit, avancer à travers l'étau, à l'impression de la finitude
Si l'or du temps ne se gaspille pas, que fais-je derrière ce bureau ?
L'orpaillage est-il suffisant ? Ou faut-il, au risque du néant, chercher la veine ?
14:15 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/06/2006
Emotion superlative
Pièce extraordinaire : ça faisait longtemps que je n'avais pas eu une telle émotion au théâtre.
Le texte est subtil et magnifique, tout en nuances - bourrins adeptes de Ruquier s'abstenir.
La comédienne est... au-delà des mots, en finesse et émotions.
La mise en scène de Jacques Weber, belle, logique et discrète : elle sert le texte et la comédienne au lieu de s'en servir.
Un moment très (trop) court (à peine une heure...), mais la plus belle pièce de théâtre vue depuis... depuis Dejeuner chez Wittgenstein, tiens (bien que ça n'ait rien à voir).
Dernière semaine cette semaine : courrez-y, si vous trouvez encore des places !
21:15 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, theatre
22/06/2006
La notte finita
Il ne reste plus grand chose de la nuit. Les cannettes éparses s'assemblent en monticules sous les coups de balai des hommes en vert. Les déchets au sol, liquides collants, traces pâteuses et grasses des excès de la veille cèdent la place à l'aspect bitume habituel sous le jet des voiturettes blanches. Les badauds sont depuis longtemps rentrés, il n'y a presqu'aucun autre bruit.
Elle était là, oubliée probablement. S'était-elle endormie ? Elle gardait des mémoires confuses de la veille : certaines envolées, des rondes folles, des rebonds de façade en façade, des étirement langoureux ou de sèches ponctuations. Elle se rappelait s'être nourrie de rires, d'alcool et de fumées. Avoir claudiqué, parfois. S'être sentie gauche ou étouffée.
L'aube approchant, elle se rend compte que la vie reprend sa mélodie quotidienne. Alors elle se lève, se redresse, essuie d'un soupir un peu de poussière grise, et part à la recherche d'une activité à sa portée.
La ville est silencieuse dans le matin des gueules de bois. Il y a bien quelques bruits sourds, des éclats de radio, le grincement rauque d'un rideau métallique qu'on relève, le jappement sec d'un quelconque caniche, le fouillis soyeux des feuilles au vent si frais.
Rien qui la concerne.
Elle erre dans la cité, sans rythme. Echappe de justesse au klaxon de ce camion qu'elle n'a pas vu venir. Fuit les lignes aériennes du métro, du RER. Elle tourne de ruelle en avenue, de place en quai. Même le Pont des Arts ne lui est d'aucun secours.
Soudain, débouchant sur la rue de Buci, une résonance lointaine la tire de son hébétude. Un appel, une sorte de grâce qui semble venir de haut, de plus haut. Elle s'élève dans ce flux chatoyant, happée par la mystérieuse beauté d'un homme noir, seul dans un studio mansardé à la clarté chancelante.
S'illuminant de bonheur, elle se rend en un souffle.
Captivée, capturée, posée sur quelques lignes, balancée dans le tempo précis du trompettiste habité, une note de musique s'envole sur la partition d'Ascenseur pour l'échafaud.
"Merci, Miles".
12:00 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris
18/06/2006
Une parabole de Jean-Xanax
Le sélectionneur de l'équipe de France de [censuré] a trouvé la Voie de la Vérité Eternelle de Jean-Xanax.
Après le nul du match nul, Raymond D. errait, hagard et tourmenté, dans les chambres fades de l'hôtel propre de la délégation, répetant les mantras hypnotiques enseignés autrefois par le Grand Maître de la Tranche Molle, Aimé Jacquet : "On joue pour gagner" "Il faut être bon sur le terrain" "C'est simple, il faut mettre le ballon au fond des buts".
C'est alors, d'après certains témoins, que, vers trois-zéro du matin, Raymond s'est violemment pris le pied dans un cendrier du couloir. Sa décision était prise, il allait s'arrêter de fumer, et "on fera les comptes à la fin de la compétition". "Tout le monde essaie, il y en a qui y arrivent, d'autres pas. Je n'ai pas de recette.", ajoutait-il devant une poignée de femmes de chambres trinidad-et-tobagiennes.
Cette décision illuminationnante fut pour lui l'ouverture vers un nouveau monde. En effet, Jean-Xanax voyait, Jean-Xanax savait la souffrance intérieure de cet homme déchiré, obligé de porter des survêtements ridicules et de baigner, même par 40°, dans le jus de ses chaussures de sport à bandes.
Jean-Xanax vit, Jean-Xanax entendit.
Touché par la triste humanité de cette âme en peine, fidèle à son serment de "sauver les oiseaux, les fleurs, [de] protéger les enfants", Jean-Xanax, qui sera vainqueur, envoya un signe : un poil chût de l'Eternelle Fourrure, qui se posa au front du petit R.
Raymond eu alors la révélation ultime. Inutiles, les échauffements ("il faisait très chaud"), les vidéo porno d'avant rencontre ("On n'a pas fait de vidéos encore sur les Coréens"), les stratégies d'approche digne d'un site Mets-la-moi-ic(i) ("Avant la Suisse, il y avait de l'excitation, on ne voulait pas se rater."). Inutiles, les costumes identiques qui rendent fous les joueurs.
Toutes ces approches infra-humaines ne sauraient ouvrir la voie de la victoire Ultime, au nom du Grand Chat Pichapo.
Pour gagner, il lui fallait une arme fatale.
Pour gagner, il lui fallait le pouvoir combiné du double Heeeeey retourné et de la Capoiera en survêt à paillettes.
Pour gagner, il devait "greffer ce brin de Folie" à l'équipe.
Gloire éternelle à Jean-Xanax !
(On nous apprend que la DGSE, la DST, les RG, le GIPN, le GIGN et Marc-Olivier Fogiel sont d'ores et déjà en route vers le Sud de la France, pour mettre la main sur le muguet entier de Folie et en prélever un brin. L'opération devrait avoir lieu ce soir.)
(Source : le Figaro - normal, pour un chat)
10:35 Publié dans Jean-Xanax mon amour (by Mortissa) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : J2XMMUFC, folie privee
16/06/2006
Le premier blogueur de l'Histoire
"Moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache."
Raymond Devos (22 novembre 1922 - 16 juin 2006)
Le rire est un peu plus con, ce soir.
20:50 Publié dans Des mots m'émerveillent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : raymond devos
Florian Bourges connaît-il Nicolas Sarkozy ?
Un article du Parisien, reprenant (peut-être) l'info que j'ai trouvée selon laquelle Florian Bourges est président d'une association subventionnée par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, pose hâtivement la question de l'existence d'un lien entre les deux. Est-ce crédible, probable, possible ?
Relations F. Bourges - CG Hauts de Seine : subventions en 2005 pour l'association "Toupty" dont Bourges est président.
Sarkozy est-il au courant de cette association de Bourges ? Uniquement si l'on suppose que le Président de la République connaît tous les récipiendaires de la Légion d'Honneur, vu que c'est lui qui signe le décret... De même, un patron de PME (ou son directeur commercial) signe les contrats rapportés par ses commerciaux : cela veut-il dire qu'il connaît tous les clients ?
A mon avis, là, on est dans la reconstruction intellectuelle pour que ceux qui le souhaitent continuent à être persuadés qu'il y a une "manipulation dans l'affaire". Le plus souvent, l'explication est plus simple... (après toutes les circonvolutions de l'affaire Clearstream, on en revient quand même à l'hypothèse initiale : Gergorin did it...)
Admettons que Bourges et "le clan Sarkozy" se connaissent. (NB : une "hypothèse forte" est MOINS crédible qu'une "hypothèse faible", en langage scientifique)
Quatre hypothèses :
- une super-forte (tout l'affaire est un coup monté depuis 2001 par "le clan NS"),
- une forte ("le clan" a missionné Bourges dès juillet 2003),
- une moyenne ("le clan" a "fait une fleur" à Bourges par le biais d'une association d'icelui subventionnée en 2005),
- une faible (Bourges connaît des personnes "du clan" pour son association et fait mention de l'affaire. On lui répond : "merci, si vous avez besoin de quelque chose..." et lui d'enchaîner : "ben justement, j'ai une association qui..."),
- une super-faible (les deux sont sans relation de cause à effet).
A noter que dans les hypothèses moyenne et faible, il aurait fallu que Bourges fasse le rapprochement entre "Nagy", "Bocsa" et Sarkozy, ce qui n'est pas, à nouveau, l'hypothèse la plus simple.
Le nom de domaine Toupty.org a été créé en le 6 mai 2003 par Bourges, et toupty.net le 21 septembre 2005 par l'association Toupty. Cela est conforme à la date de création de l'association (créée en 2003, mais enregistrée en 2004 à la Préfecture - les associations sont le plus souvent créées avant d'être enregistrées, contrairement à une entreprise).
La première crêche de cette association est, d'après son site, à Ivry (94). Elle a reçu une subvention de la ville (communiste) en juin 2005, ville qu'elle avait contactée dès novembre 2003 (source : CR de séance de conseil municipal du 23 juin 2005, avant-avant-dernier lien, pp. 53 et 54). A noter d'ailleurs que la ville (communiste) d'Ivry adhère à l'association.
L'autre ville qui a subventionné est Hordain, ville du Nord, dont le maire est de gauche (cf. dépôt d'une requête au C. Constitutionnel CONTRE le candidat de droite). F. Bourges a fait ses études dans le Nord.
Ca rend beaucoup plus compliquées les hypothèses autres que la super-faible...
Enfin, dans le cadre de "l'affaire Clearstream", il n'y a AUCUNE nécessité que Bourges et Sarkozy se connaissent.
L'hypothèse la plus probable est que Toupty et Clearstream n'ont aucun lien entre eux.
18:40 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, sarkozy
14/06/2006
Mode [absorb]
Les mots se déchirent au tissu réalité.
C'est juste la trame de l'instant que je ne veux pas oublier.
On prend parfois des coups de là où on ne s'y attend guère.
Un twister dans la gueule, pour s'élever - j'espère.
P(e)ace at a quiet p(e)ace.
10:03 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





