31/01/2006

Ouistes et nonistes 2, le retour : le CPE

[Préambule : je remonte la note du 25 janvier. Le projet de loi est devant l'Assemblée ce jour, on sait donc ce qu'il contient. Je mettrai à jour en cas d'amendements modificatifs.]

 

Très amusant. Enfin, façon de parler.



D'un côté, les syndicats étudiants, sur un blog "Stop CPE", avancent des arguments, qui, hélas, à la lecture du texte proposé, sont à tout le moins erronés, voire carrément mensongers. [edit du 27/01 : le domaine est déposé par le Mouvement des Jeunes Socialistes]
De l'autre, un blog "Oui au CPE", qui n'arrive pas à démontrer que les arguments des nonistes sont faux et se contente d'anathèmes du style "on vous ment". [edit du 27/01 : créé par "cybermilitant.com", une émanation de l'UMP]
[edit du 31/01 : Du troisième, un sondage commandé par l'Humanité dit qu'une majorité pense que ce contrat peut réduire le chômage des jeunes, et une autre majorité qu'il peut augmenter la précarité. Rien n'est tout blanc ou tout noir...]

 

Ca ne vous rappelle rien ?

 

Pour information, quelques faits, rien que des faits, sur le CPE lui-même (et sauf erreur de ma part ou modification lors du dépôt du projet d'ordonnance) [edit du 31/01 : le CPE est contenu dans l'amendement n°3 au projet de loi sur l'égalité des chances.]. Par décence, je mets en italique mes commentaires personnels :
- le CPE est un CDI. Il est simplement faux de dire que ce n'en est pas un : il est conclu sans limitation de durée, donc à durée indéterminée. Ca n'est pas de l'idéologie, c'est du vocabulaire...
- ses particularités :
* il peut être rompu par l'employeur ou le salarié sans raison explicite pendant une durée de deux ans. C'est ni un mieux, ni un pire. Il y aura des "CPE à la place de CDD" (un mieux), des "CPE à la place de CDI" (un pire), et, c'est le pari du gouvernement, des entreprises qui oseront embaucher grâce à ce contrat, c'est-à-dire des "CPE à la place de rien" (un mieux). C'est un pari. Je ne sais pas ce qu'il donnera du point de vue de l'emploi global, ni personne d'ailleurs.
*
au bout de deux ans, il devient un CDI "normal". Ce que tout les opposants se gardent bien de rappeler...
*
il y a un préavis en cas de rupture. Il est faux de dire le contraire.
* la durée de préavis en cas de rupture est ramenée à entre deux semaines et un mois. Si la rupture est du fait de l'employeur, c'est un pire pour le salarié PAR RAPPORT AU CDI (de un à trois mois) ET AU CDD (rupture anticipée impossible). Mais un contrat d'interim peut être rompu sans préavis.
[edit du 10/01 : il semblerait que le salarié n'a aucun préavis] Si le salarié est à l'origine de la rupture, c'est une plus grande souplesse, donc un mieux, pour lui PAR RAPPORT AU CDI (de un à trois mois) ET AU CDD (rupture anticipée uniquement en cas de CDI). Pour l'intérim, je ne sais pas.

La flexibilité, ça marche dans les deux sens. Et pour trouver un DEUXIEME emploi, mieux vaut en avoir eu un PREMIER d'abord.
* en cas de rupture à l'initiative de l'employeur, l'entreprise doit verser 8% de la totalité des salaires bruts au salarié et 2% aux ASSEDIC. Pour mémoire, l'indemnité légale de rupture d'un CDI en cas de licenciement est de 10% du dernier salaire mensuel, soit... 1,2% du dernier salaire brut annuel par année d'ancienneté, maximum sur dix ans = de 1,2 pour un an, 2,4 pour deux ans, à 12% pour dix ans. Ici, clairement, le CPE apporte un bénéfice au salarié, pas à l'employeur : licencier un CPE, c'est payer 10% d'indemnités, dont 8 pour le salarié, quelle que soit l'ancienneté. Licencier un CDI, c'est payer, sur la même période (deux ans max), 1,2 à 2,4% d'indemnités.
* il ouvre droit à une indemnité forfaitaire de chômage (460 euros par mois) si la rupture intervient après le 4ème mois du contrat, alors que dans le droit commun il faut avoir travaillé 6 mois pour prétendre aux ASSEDIC. Au-delà de 6 mois, c'est l'indemnisation normale qui s'applique. Ca n'existe que pour les CNE et CPE. Il y a quelque chose plutôt que rien entre le 4ème et le 6ème mois... ce qu'il serait difficile de qualifier de "moins" pour le salarié.
*
il ouvre droit au droit à la formation dès le premier mois. Pour un CDI normal, c'est au bout d'un an seulement. Avantage CPE, même s'il ne s'appliquera que dans le futur, avec le transfert des droits à formation d'entreprise à entreprise.
* un CPE rompu ne peut être renouvelé en CPE avec la même personne avant un délai de trois mois. Là réside, à mon avis, l'erreur de construction du CPE : cette clause ne limite pas assez le risque de magouille. J'aurais préféré que le renouvellement d'un CPE soit interdit à tout ancien salarié de CPE pour un poste dans la même entreprise : soit le salarié fait l'affaire, soit il ne la fait pas. Comme avec les CDD, quelques  patrons véreux s'arrangeront avec certains salariés pourris pour dire : je te signe un CPE, je le romps pendant l'été, tu touches le chômage, je t'en resigne un à la rentrée et ainsi de suite. C'est de la fraude aux ASSEDIC, pas un comportement de patron normal.

 

Quelques réflexions :
* pourquoi un chef d'entreprise embauche-t-il ? Parce qu'il a de l'activité. A court terme : CDD ou intérim. A long terme : CPE ou CDI. Or les patrons surtout de PME ont PEUR d'embaucher en CDI à cause de ses lourdeurs. Mais je n'ai pas vu qu'un patron ne licencie pas A CAUSE de la difficulté à licencier... On ne licencie pas par plaisir, et encore moins dans une TPE/PME qui repose sur le travail de quelques personnes.
* à quoi cela servirait-il de licencier un salarié faisant bien son boulot après l'avoir vu travailler pendant deux ans et en payant une pénalité de 10% des salaires versés depuis le début, si l'activité est toujours là ? C'est tirer une balle dans le pied de sa propre entreprise.
* quand bien même un tel patron, sans raison économique, le ferait, le salarié aura acquis une PREMIERE expérience de quelques mois à deux ans - ce qui rend plus facile le fait de trouver un DEUXIEME emploi.
* il y a cependant un risque supplémentaire : les patrons de TPE/PME sont des créateurs, souvent des individus entiers. Le risque de "licenciement après coup de gueule" est augmenté par ce contrat. Et ça, c'est dommage.
* il y aura certainement des effets d'aubaine (CPE à la place de CDD, CPE à la place de CDI). Mais dire par avance qu'aucune création nouvelle n'aura lieu est une connerie : personne n'en sait rien. Il semble que pour le CNE, il y a 28% de créations nouvelles (enquête parue récemment, bien que très parcellaire).
* d'un point de vue macro-économique, le timing semble bon : les indicateurs paraissent signifier que l'on renoue avec la croissance depuis cette année. Un cycle de croissance dure 5-6 ans. Les CPE seront transformés en CDI normaux d'ici 2-3 ans, c'est-à-dire au plus fort du nouveau cycle de croissance... En revanche, si la croissance fait un faux départ, les CPE seront rompus mais le risque de faillite pourrait être moins élevé. Ce ne sont que des hypothèses, hein. Mais vu qu'on ne nous parle que des pires hypothèses, je parle des bonnes aussi.

 

N'oublions pas que ce contrat s'adresse à ceux qui sont en recherche de leur premier emploi - c'est-à-dire ceux qui n'ont droit ni aux ASSEDIC (car ils n'ont pas travaillé avant), ni au RMI (car ils ont moins de 26 ans).

 

PS : le point de vue d'un patron de PME

You're brave !

Commentaire lors d'une réunion internationale où j'ai dû expliquer à un country manager pourquoi ce qu'on lui avait promis pour fin décembre 2005 ne pourrait se faire avant la fin du premier semestre, par décision de la direction générale du groupe.

 

Comme il insistait ("mais pourquoi ?"), obligé de lui dire que c'était comme ça, que je comprenais sa position et ça me peinais autant que lui, vu que je suis le responsable projet de la bonne installation du truc dans son pays...

 

Silence.

 

Puis, une voix à côté de moi : "You're brave."


 

Venant d'anglo-saxons, je prend ça pour un p***** de compliment.

 

Ca ne rend pas la couleuvre plus facile à avaler, mais au moins la crédibilité est sauve.

 

*ya des jours...*

30/01/2006

On a fait une grosse bêtise

medium_samsung.jpg


Ca, là, juste au-dessus... mercredi matin, à la maison.


Pas bien, hein ?


Mais les Aliens ou Star Wars (les vrais, les anciens) en 55 cm 4/3, on en avait assez.
Là, 82 cm 16/9eme (32 pouces pour les geeks), on va enfin pouvoir sursauter.


*quelle honte, hein, participer ainsi à la société de consommation, les freemen vont me bannir à jamais de ChampG ;-)*

*c'est bon, la honte, ...*


*et pis on s'en fout, des justifications*

29/01/2006

Il était une fois...

medium_18465600.jpg ... une petite fille avec un chaperon rouge.

Ok. Vous connaissez l'histoire depuis votre plus tendre enfance ?

Enfin, c'est ce que vous croyiez.


Mais si l'on nous avait caché certaines vérités, si la vision que nous connaissons de ce conte n'était PAS la bonne ? Que se passerait-il si aucun des protagonistes du conte de Perrault n'avait les intentions que le conteur leur assigne ? Si la Grand-Mère avait un secret, si le loup avait un job, si le bûcheron avait l'accent allemand, si..., si..., si...



Week-end animation. Après un Pompoko que je ne recommande ni aux grands (trop gniangnian) ni aux petits (trop long), La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge.


Shreck avait initié le mouvement, version gentille.
Là, c'est carrément du délire. Malgré quelques défauts dans l'animation, un film époustouflant, une bande-son jouissive, des répliques qui fusent, des clins d'oeil par dizaine (ET, Mission Impossible, Les Sopranos, James Bond, La Fièvre du Samedi Soir, ...) et une histoire... imprévue.


A voir absolument !
(en VO de préférence : les deux-trois chansons sont sous-titrées et hilarantes)

27/01/2006

Récursivité

Je viens de bloguer.

 

;-)

Se disputer avec tout le monde

Je suis sidéré, et de plus en plus violemment, par certaines évolutions des comportements humains. Notamment l'usage des mots et la perte du discours-agir au profit du discours-pour-le-discours.

 

A force de vider de sens tous les discours, quelle que soit leur nature (sauf peut-être le discours religieux, puisque son but est de dire le sens), je crois que l'on est arrivé au formalisme pur, à l'esthétique creuse, à la communication par le vide.
Il est instructif à cet égard de lire certains commentaires d'articles sur Agoravox : au discours sur les idées ("je dis ceci" "je ne suis pas d'accord avec vous, et voici pourquoi") s'oppose l'emploi de la technique rhétorique de bas étage ("comment pouvez-vous le dire ? c'est inadmissible !" ou bien "si vous dites ceci, c'est qu'en fait votre but non avoué est..." ou encore "en disant ceci, vous démontrez bien que vous n'avez rien compris."). L'échange de petites phrases, de critiques de forme, d'accusations de mensonges, de "vérités orientées", de postulats de "dessein caché" ne fait pas un dialogue. Et ne construit pas une société.

 

D'un point de vue historique, la perte du sens est une réaction qui me paraît naturelle.
Les XIXème et XXème siècles ont été marqués de tant d'idéologies, c'est-à-dire de tant de diseurs de sens, qu'il est normal que nous en supportions le retour de flamme. Le siècle dernier a subi tant de violences dans sa jeunesse qu'il est logique qu'il ait poursuivi ensuite l'utopie d'une absence totale de violence, y compris verbale. En dernière extrêmité, ça nous a donné "le consensus mou", "le politiquement correct", les "chiennes de garde", toutes ces illusions qui s'appuyait sur le postulat (faux) : si ce n'est pas dit, ce ne sera pas pensé et donc on évitera que les conséquences se reproduisent.
Cette vision mécaniste (marxiste ?) de l'histoire humaine, "mêmes causes, mêmes effets", met de côté deux phénomènes fondamentaux : l'histoire ne se répète pas, puisque qu'il y a la mémoire ; si la violence n'est pas maîtrisée par le verbe, elle se libère dans les actes.

 

Je crois qu'il n'est pas possible pour un être humain de vivre dans l'absence de sens.
Pour compenser la perte du discours commun, se construisent des fragments de discours de sens, portant sur un micro-aspect de la réalité, qui aboutissent à la création de communautés autistes et de tics de langages dépersonnalisés ("il faut", "nous devons", "il est nécessaire", "il est important" - ce qui explique par ailleurs le succès du discours de N. Sarkozy : un discours d'action à la première personne).
Il n'y a plus que des porte-paroles, mais la parole portée, qu'elle soit tournée vers un passé mythique, un présent idéologisé ou un futur performatif, est vide de sens.

 

Par là se délite une société. Par là se délitent les rapports humains : quelle différence entre des mots vides de sens et la violence ? Aucune : les deux sont insensés. Et, contrairement à la parole, la violence est plus "facile", plus im-médiate (= sans médiation).

 

Mais dialoguer, ce n'est pas qu'écouter : écouter n'est pas forcément entendre, tout comme entendre n'est pas forcément approuver.
Les apôtres de la sollicitude méprisante et de l'écoute-vidange ("les pauvres, ce n'est pas de leur faute, on ne les écoute pas"), les chantres du bon conseil, les esthètes du yakafaukon, les adeptes du cépascomsakilfaufaire ne font que détruire un peu plus le sens du commun, de la communauté. L'écoute est évidemment nécessaire, mais à condition qu'elle soit cadrée par les règles communes (ne pas se couper la parole, ne pas préjuger, ne pas brûler des voitures, etc.).
L'écoute pour l'écoute est vide, creuse, inhumaine.

 

Aussi, de grâce, disputons-nous ! *Jusqu'au XVIIème, une "dispute" est une discussion...*
Sans anathèmes, même quand les idées de l'autre nous paraissent immondes et révulsantes.
Sans "tolérance", ce masque hypocrite de la haine de la différence de l'autre.
Sans "certitude de notre bon droit", cette parure de la surdité.

 

Osons passer de "c'est inadmissible" à "je ne suis pas d'accord".

26/01/2006

Netizen #01

medium_couverture_netizen_n1.jpgSoirée de lancement de Netizen hier.

 

Une foule bizarre, mi-bloggeuse, mi-communicante, avec un peu de politique, se presse dans l'Atelier Richelieu. La musique ambiante est... ambient.

C'est assez étrange, en fait. Comme on ne sait pas différencier les blogueurs des non-blogueurs, il est plus difficile d'aller droit vers l'autre pour appliquer la formule décryptée par Christophe : "Salut. C'est quoi ton blog ?"

 

Deux fois, l'une par un inconnu, l'autre par une journaliste de France 5, avec Ron et Matoo, on me demande de définir ce blog-ci. Je n'ai AUCUNE idée de la réponse. *Serait temps que je fasse un pitch...*
Revu H. Resse. Laurent m'a très rudement tourné le dos alors que je discutais avec Neuro ("on se connaît, non ?" "oui, on s'est vus à un Paris-Carnet") : quand on arrive dans une discussion, la moindre des courtoisies est de saluer tous les présents, Laurent - et c'est à celui qui ARRIVE qu'échoit ce devoir de politesse.

 


Félicité Christophe et j'espère qu'il transmettra à toutes les parties prenantes à ce beau projet. Pardon, ce n'est plus un projet : c'est un magazine. Papier. Du vrai.

 

Présentation de Netizen : le n°1 sur les blogs politiques, avec un montage d'images rappelant certaines keynotes d'Apple ;-)

 

Au départ, Fred de Mai m'alpague pour une bonne raison. J'ai dû horriblement bafouiller, et je compte sur le montage pour garder le semblant de dignité qu'il me reste...

 

Et puis il est là, entre mes mains fébriles, dans le métro du retour (et bien visible, ya pas de petite publicité). J'y reviendrai plus tard.

23/01/2006

L'enfant de la ligne lune

Elle était assise, un peu assourdie, les mains jointes paumes tournées vers le ciel. Son visage mutin paraisait perdu dans les tumultes des pensées de l'adolescence. Une note, un devoir ? Une dispute familiale ? L'inconfort ignorant d'une histoire d'amour compromise par trop d'heures de skate et de console ?

 

Peut-être tout simplement la nostalgie du départ.

 

Ses cheveux sous les épaules étaient effilés, tenus sur le côté par un simple élastique, un peu lâche. C'était un joli mouvement, qui offrait son visage à la lumière blafarde d'une rame de la ligne 1.
Sur ses genoux, un vieux sac en toile militaire, taché d'encre et de tipp-ex.

 

Dans l'exploration d'elle-même, elle ne relevait pas la tête aux bousculades d'une porte, au crin-crin absurde des mendiants enviolonnés. Elle gardait les pieds sous le strapontin, cachés dans la largeur démesurée d'un jogging à pattes d'éléphant. Noir, deux bandes fuschia.
Le vieil homme au discours mécanique "pièce - ticket restaurant - sourire" ne la perturbait pas non plus.

 

Petit à petit, elle devenait imperceptible à la masse urgente.
Petit à petit, la jeune fille au regard lent se dissolvait.
Petit à petit, elle disparaissait dans l'autre dimension.

 

A Concorde, le strapontin se leva doucement, une larme en suspension.
A Concorde, elle changea de monde sans changer de rame.

 

Elle poursuivrait son voyage dans l'onirimonde des effacés.

22/01/2006

Est-ce si important ?

Ca n'est pas vraiment grand chose.

L'histoire d'une histoire bêtement humaine.

L'histoire d'un gars et d'une fille, ex devenus amis très chers. Malgré les huit mille kilomètres d'un continent à l'autre. Ils s'étaient rencontrés, ils s'étaient rapprochés, ils s'étaient fait mal, aussi. Mais ils s'étaient retrouvés dans une amitié sincère débarrassée de toute arrière-pensée.

La fille rencontre un autre gars.
Qui fait tout un pataquès du fait qu'elle soit en contact avec son ami, par delà la distance voyageuse.
Qui l'interroge, enquête : l'as-tu appelé ? vous êtes-vous écrits ?
Qui lui reproche que le contact existe et soit maintenu.
Pour finalement, d'une façon ou d'une autre, lui dire : c'est lui ou moi. Non négociable.

Alors après des semaines que j'imagine difficiles, la fille écrit à son ami : nous n'aurons plus de contacts.

Ca arrive tous les jours, je pense.

"Ya toujours un crétin", c'est sûr.
Ce qui n'aide pas forcément.


Sabes que cuando quieras, puedes contactarme. TQM.

21/01/2006

Proviseur, blogueur, mais plus révoqué ?

Trouvé grâce à Embruns, qui décidemment aura été une des sources d'informations fiables sur l'affaire Garfieldd : un communique de presse du ministre de l'Education.

Petite analyse :
1. Rien n'oblige le ministre à rendre public le fait qu'il va revoir le dossier dans une approche "mieux proportionnée". Au contraire, serais-je même tenté de dire.
2. Quelle est alors la cause de ce communiqué ? Certainement l'emballement médiatique (Libé avant et après correction, TF1, Le Monde, RTL, L'Express, ...). PAS les blogs.
3. Mais cet emballement médiatique est né de l'incendie blogosphérique qu'a déclenché la décision de la commission paritaire et du premier article complètement à côté de la plaque de Libération.

Peut-être venons-nous d'assister à quelque chose d'intéressant : une première manifestation des blogs comme pouvoir d'influence SUR UN SUJET NON BLOGOSPHERIQUE.

A noter aussi que, à ma (faible) connaissance, c'est la première fois que les citoyens (blogueurs) ont contrôlé les journalistes et leur on fait remarquer EN NOMBRE et AVEC SUCCES leurs erreurs factuelles. Jusqu'ici, c'était plus de l'ordre du chouinage (ouinnn, c'est même pas vrai ce que tu dis dans ton journal) ou de l'ironie creuse (pffff, encore une connerie des journalistes).

Donc.

Un groupe de citoyens auto-saisis a réussi à se fédérer en quelques heures, en un mouvement "boule de neige", d'ailleurs ; a contraint un journal national a publier un correctif et des excuses ; a créé un tel "buzz" autour d'un sujet que les médias traditionnels ont jugé utile de reprendre l'info Y COMPRIS DANS SON LIEN AVEC LES BLOGS ; tout cela a finalement conduit un ministère a publier un communiqué de presse critiquant explicitement le caractère disproportionné de la décision d'une commission administrative et annonçant une décision à venir !
Au passage, l'honneur d'un homme est sauvé.

C'est NOUS qui sommes en partie à l'origine de tout ça ????

Je suis très heureux pour Garfieldd.
Je suis heureux pour les blogueurs.

Je suis intrigué par ce qu'annonce cette prémice : une presse plus libre, car plus contrôlée sur la réalité des faits ; un rapport plus direct des citoyens au politique ; un engagement rapide et fort ("shock and awe" *oops pardon*).

J'ai hâte de vivre la suite.

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