04/08/2005
Transhumanités
La rue Saint-Denis est un étrange concentré des passions humaines.
Face à l'Eglise St-Leu-St-Gilles, coincés entre une boutique de vinyls technoïdes et une sandwicherie à la nationalité approximative, les sex-shops interdisent l'entrée au moins de dix-huit ans. D'une petite porte surgit une habitante, tout ce qu'il y a de plus estivale et parisienne, saluée par le vendeur entre les voix hautes et grasses des clochards bourrés affalés sur les marches de l'édifice en cérémonie. 360°. Et 50% de réduction pour les militaires - ce n'est pas la même religion.
Les portants de vêtements d'été, jeans, t-shirts, pantalons de coton, ricanent des couvertures en bikini (et moins si...) des magazines "pour adultes" enfermés dans le tupperware d'une vitrine fânée.
Plus loin, les deux étages de jeux en réseau affrontent le regard placide du pierceur-tatoueur-bijoutier fantaisie. c'est pratique finalement : passer de l'ennui cérébral au trouble corporel, et inversement. Marchands de fringues ou de vêtements, encore des sex-shops - pardon, "magasin d'articles pour adultes", cinémas X aux rideaux de velours sombre, aux portes automatiques aveuglées. Quelques bars semés ici et là, sans beaucoup d'âme.
Il n'y a pas, plus de trace de la gouaille péripatéticienne des films de Melville ou Audiard.
Aujourd'hui, la rue St-Denis hésite, virevolte, se contredit, se laisse aller au futur pour se reprendre au passé, un peu perdue, hésite entre la Passion et les pulsions, le chant sacré se marie-t-il en techno ?
Parisienne, va !
10:20 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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