15/11/2004
Voyage en Auvergne
Qu'est-ce qui fait qu'un voyage se déroule bien ? Quels augures veillent sur les rails, le train ?
La journée (de mercredi 10) fut terrible de pression au bureau, flux et pouls tendus pour préparer les palmarès et le weekend. Je partis tard, le métro en décompte des stations encore à parcourir, mesurant la minute dans l'angoisse montante du train raté. Dix minutes, ouf !, trop et pas assez : je choisis le trop, bien sûr, sans plus prêter attention au panneau annonçant le changement de places pour certains voyageurs ni aux bouteilles d'eau en étalage.
Au milieu des "Corail" récents, un vieux wagon années 70, de ceux à l'inconfortable coussin proéminent derrière la nuque courbée en hommage rendu au service public ferroviaire. C'est le mien.
Ca commence bien.
"Mesdames et messieurs, à la suite d'un incident technique, notre train partira avec un retard de vingt minutes" pour finalement s'élancer une grosse poignée de secondes après. Un conducteur mal réveillé ? Le convoi s'ébranle, accélère, la nuit tombe sur les banlieues parisiennes.
Le vendeur de sandwich, dans son annonce répétitive, précise qu'il ne passera pas dans les voitures. Géographiquement, il est à l'autre bout du train, cinq voitures dodelinantes à remonter pour le trouver... pieds dans l'eau d'un bac à glace percé ! J'ai faim et soif. Mettons qu'une heure passe.
Nous ralentissons.
Nouvelle annonce : on stoppe le long des voies "pour votre sécurité, veuillez ne pas tenter de descendre du train", puis en gare de La Souterraine : il semble qu'il manque des rails sur une partie du trajet, les gremlins ont fait leur oeuvre. Nous roulons au pas, retard s'accumulant, déjà cinquante minutes.
On repart.
Finalement c'est Limoges à l'heure de Brive-la-gaillarde, puis Uzerche au ralenti, la destination du transit enfin - le TER a attendu. Mon wagon est à peu près à l'opposé du stationnement du régional. Beaucoup de monde : je me retrouve en encoignure, suffisant pourtant pour poser ma fatigue. Les gens restent calmes, lisent, parlent à voix basse, somnolent. Il est bientôt 23h, en route pour Laroquebrou. Encore cinquante minutes de nuit. C'est un TER moderne, climatisé et confortable : ç'aurait pu être pire.
Mon grand-père dit souvent : "C'est une réserve d'Indiens, ici". Pas faux, ce soir. Et moi, je suis quoi ? Le dernier des Mohicans ? Vivement le tipi...
18:20 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : auvergne






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