15/10/2004

Soirée paisible

Octobre s'étend sur la ville. J'ai rallumé le chauffage. L'hiver avance à pas de loup, masqué sous un soleil déchiré de nuages. Carnaval des thermomètres.

Il y a eu quelques averses, aujourd'hui. Brêves. Violentes. Lessivage d'automne. Les coulures de peinture à l'angle des rues, oeuvre d'un artiste anonyme, font repère entre les feuilles à peine tombées. Les arbres sont pourtant encore verts. Est-ce normal, si tard dans la saison ?

Près du bureau, les enfants de l'école bilingue marchent en rangs... chaotiques, pull bleu pantalon gris. L'uniforme de rentrée en écho à mes hivers stanislasiens. Horribles hivers, ceux-là. Ceux d'aujourd'hui sont légers et glacés.

Dans le métro, on se prend à rêver de vacances : tentations des journaux aux photos ensoleillées. *ils le font exprès ou quoi, ces journalistes ?*

Hier, j'ai vécu une de mes plus belles expériences théâtrales : le "déjeuner chez Wittgensten" de Thomas Bernhard, avec Pierre Vaneck et Catherine Rich. Hallucinant. Les mots à se concentrer, pour n'en rater aucun. Une mise en scène subtile. Pierre Vaneck possédé par le génie/folie du philosophe-mathématicien-millionnaire enfermé volontaire dans son sanatorium autrichien... Cynique au sens de Diogène.

Une merveille.

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